21/09/2013

Degolio XXIV: Captain Corsica

1185765_433546910089428_1963250160_n (1).jpgDans le dernier épisode de cette dramatique série, nous avons laissé Docteur Solcum, notre héros, au moment où il s’apprêtait à subir le sort atroce d’une dévoration et d’une digestion devant durer plusieurs millénaires dans l’estomac d’un monstre arachnéen effroyable; et nulle issue ne semblait plus possible.
 
Or, soudain, un terrible fracas se fit entendre. Le sol trembla, et, surpris, le monstre suspendit son geste.
 
Une pluie de pierres s’affaissa; une toucha même Solcum au ventre. Mais la plupart churent sur la grande Veuve.
 
Fantômas se retourna, et Solcum s’efforça de regarder en direction du bruit; Dicaliudh fit de même.
 
Un nuage de poussière brillant, recevant les rayons du soleil, était au-dessus: une ouverture avait été pratiquée dans la montagne! Et bientôt, on vit paraître, au sein de ce nuage, un homme des plus étranges.
 
Il portait un costume entièrement noir, qui lui était comme une seconde peau, et lui recouvrait jusqu’à la tête: il pénétrait ses oreilles dans leurs moindres parties, en épousant leurs plus fins détails; même les conduits semblaient en être revêtus - sans pour autant qu’ils en fussent bouchés, sans que cela le gênât en rien pour entendre.
 
Sur son poitrail avait été brodé, en fils dorés, argentés et vermeils, un canon, de la marque Gribeauval: signe de sa puissance; lorsque le mal approchait, cette image étincelait, comme si des flammes cosmiques devaient en sortir: le fût était un lien avec les forces célestes.
 
Son nez aquilin dénotait du reste une vigueur de volonté unique en son genre.
 
Curieusement, ses yeux, qui avaient la forme d’amandes, n’avaient pas de blanc; pareils à du charbon, ils étaient un puits vers l’infini, au sein de son visage fermé: mais on y décelait de fins éclats d’or, reflet exact des étoiles. Et quiconque subissait son regard se sentait scruté jusque dans ses tréfonds!
 
À sa taille, une écharpe de soie bleu azur était attachée par un nœud léger, et laissait pendre ses pans le long de ses cuisses. Sur ses épaules, une capeline blanche flottait doucement.
 
Or, sa main droite, nue, longue et décharnée - telle était aussi l’autre main -, tenait un fusil encore fumant: et c’était d’un tir de cette arme incroyable qu’il avait fait un trou dans la montagne!
 
Car à l’origine simple fusil de chasse à un coup, elle avait été refondue totalement par les gnomes des profondeurs sous la direction de Cyrnos, le génie de la Corse; et voici! elle scintillait à tous les yeux. Le canon était être taillé que dans un bloc d’argent lamé d’or et serti de pierreries; une inscription avait été gravée en son sein par ce même Cyrnos, qui lui donnait ses pouvoirs miraculeux: il s'agissait d'une formule magique écrite dans le langage des ogres. Par sa grâce, un esprit l'habitait, qui lui donnait sa force!
 
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Quant à la crosse, elle était du bois le plus précieux, taillé dans l'arbre de vie des jardins de Cyrnos - celui dont les fruits rendaient immortel et qui était né de l'arbre de vie du paradis terrestre, aux franges de la Lune: en s'exilant de ce monde supérieur, l'immortel avait emporté la branche qui abritait son ancienne demeure, afin de s'en bâtir une semblable sur Terre; il l'y avait plantée, et il en était né son propre arbre de vie, copie du précédent. Les fruits, les feuilles, les racines, peu à peu, avaient créé, dans la nappe d'éther, une terre, et elle avait pris plus tard le nom de Corse. Mais il s'agit d'une histoire à raconter en détail un autre jour. Toujours est-il que la crosse de ce nouveau héros était faite de ce bois dont est fait celui de l'âme corse, qui est l'essence du pays: sur elle il pouvait s'appuyer lorsqu'il en déclenchait le feu cosmique.
 
Or, Solcum, dès qu’il le vit, reconnut en lui un homme vaillant qui lui avait été présenté par sa dame, lorsqu’il avait été envoyé en mission sur la Terre: elle avait, par son art magique, crée son image, et donné son nom, lui expliquant qui il était, d’où il venait, et quelle était sa destinée. Car il avait fallu lui présenter ceux qu’il devait craindre, et aussi ceux sur qui il pouvait compter, qui pourraient se révéler de sûrs alliés, dans sa lutte contre les puissances des ténèbres. Il avait en face de lui le propre fils de Cyrnos, du génie de la Corse, qui en son nom la gardait dans le mystère du monde éthérique, et qu'on nommait Captain Corsica!
 
Or, qui était cet être étrange, et ce qu’il advint ensuite, ne pourra être dit que dans un prochain épisode.

09:12 Publié dans Captain Córsica, Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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