05/10/2013

Degolio XXV: glorieux fils de Cyrnos

6a12bd29.jpgAu sein du dernier épisode de cette insolite série, j’ai laissé mon héros, Docteur Solcum, au moment où, s’apprêtant à être dévoré par un monstre, il vit surgir, devant lui, le gardien secret de la Corse, l’insigne Captain Corsica!
 
Il était, dit-on, le fils de l’ogre Cyrnos et de la dryade Pénélopella. Il vivait parmi les mortels depuis que sa mère l’avait abandonné - ayant été séduite par un prince de la mer, un triton à la beauté radieuse. Il l’avait vue, et l’avait trouvée belle, alors qu’elle marchait sur le rivage; il l’avait appelée de sa douce voix, et, elle, oubliant soudain tout le reste, fascinée par ce son qui venait du large, s’était enfoncée dans l’eau, et à jamais avait disparu.
 
Le héros avait ensuite été trouvé par une mortelle du village de Borgo qui venait précisément de perdre son fils propre, d’une mort subite. Elle l’avait élevé, et c’est ce qui avait fait de lui un homme parmi les hommes: car il avait d’abord été diaphane, transparent, léger, pareil à une vapeur, mais le lait de cette femme lui avait conféré, aux membres, une épaisseur qui confina à la matière pleine et entière que chaque mortel a dans son corps - lui donnant, ainsi, la force de vivre dans l’espace physique.
 
Sans doute, il demeurait mince, et fin; mais sa vigueur n’en était pas moins considérable. Il commandait spontanément aux éléments, qui prolongeaient ses gestes: ils saisissaient sa volonté, et accouraient pour l’accomplir, la seconder. Bientôt il put même se faire obéir d’eux par la parole seule, puis par l’œil: tant fut grande sa puissance! Mais cela dépendait, aussi, du volume de matière à déplacer: plus elle est massive, plus la volonté rétive qu’elle a en elle se soumettait difficilement. Même quand l’âme du héros se projetait directement sur les choses pour les conduire à sa guise, il ne pouvait réaliser des miracles absolus: les lois naturelles continuaient à s’exercer. Il n’en est pas, à cet égard, comme certains croient!
 
Il tenait cette puissance occulte de son père. Dès l’enfance, il l’avait manifestée, attirant sur lui la peur et la haine des autres enfants du village; d’aucuns le nommaient fils du diable, mais d’autres pressentGardien.jpgaient en lui une noble origine, car il était prédisposé à bien faire: il n’utilisait son pouvoir que pour rendre service. Plusieurs fois il sauva des gens atteints de divers maux en posant les mains sur eux et en murmurant des paroles de commandement à l’intention des êtres invisibles qui les avaient infectés. Quoi qu’on le craignît, on éprouvait pour lui de la gratitude, et on mettait en lui de l’espoir: on attendait de lui des prodiges! Il passait pour un mage, et le village était fier de l’avoir en son sein.
 
Devenu adolescent, sa mère lui apprit les conditions dans lesquelles elle l’avait trouvé - et qu’il n’était pas issu de son sein propre, et que le lait qui l’avait nourri avait été destiné à un autre…
 
Alors s’était-il mis à la recherche de son père, suivant les signes qui lui semblaient briller dans l’air. Or Cyrnos vivait dans un palais fabuleux, au cœur de la Corse, au milieu des montagnes. Bientôt son fils le retrouva, guidé par un étrange milan noir. Il le vit, assis sur son trône, l’attendant. Il avait été prévenu de son arrivée par ses sentinelles!
 
Il lui apprit tout ce qu’il devait savoir, et l’envoya accomplir des missions, car telle était la volonté des dieux, et il le savait. Il devait racheter ses ancêtres, qui s’étaient fourvoyés et étaient devenus les ogres détestés des légendes, mangeurs d’enfants et violeurs de femmes…
 
Ce qui s’ensuivit, cependant, sera dit une autre fois.

08:45 Publié dans Captain Córsica, Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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