21/10/2013

Les armures des chevaliers d’Arthur (Tacite)

excalibur.jpgJ’ai longtemps cru que les armures qu’on attribuait au roi Arthur et à ses chevaliers, dans la littérature médiévale ou le cinéma, étaient anachroniques, Arthur étant censé avoir vécu vers le cinquième siècle après Jésus-Christ; je croyais qu’alors les Celtes étaient des barbares qui se battaient à moitié nus. Or, j’ai lu récemment, chez Tacite, l’historien romain, que les Gaulois, au combat, avaient réellement un corps de spadassins qui se recouvraient entièrement de fer, ce qui empêchait les Romains de les blesser du glaive ou du javelot: ils durent employer des haches et des cognées, lors d’une révolte des Éduens qu’ils s’efforcèrent de mater, et qui était partie d’Autun.
 
On se laisse aisément persuader que les images traditionnelles sont mythologiques, et puis un jour on lit un historien antique et on découvre qu’elles sont on ne peut plus vraies: les Celtes, contrairement aux Romains, combattaient bien entièrement revêtus de fer! Le culte du fer est propre aux Gaulois et aux Bretons, et que la révolution industrielle soit née chez les peuples occidentaux a peut-être un rapport. Les armures animées qu’on 2498592-avengers_image_iron_man.jpgvoit dans la science-fiction, qu’Iron Man porte sur lui, sont sans doute une résurgence de figures des anciens Celtes, un souvenir archétypal propre à l’Occident. Des dieux, peut-être, en portaient de semblables, dans la mythologie de l’Ouest, et le progrès technique qui s’efforce de les matérialiser serait sous l’emprise - quoique de façon inconsciente, cachée - de traditions religieuses antiques. On ne s’en apercevrait pas parce qu’elles sont mal connues; mais cela semble plausible: la science-fiction au fond serait le retour inattendu de l’ancienne mythologie des Celtes, et c’est pourquoi on la trouve surtout chez les Anglo-Américains et les Français!
 
D’ailleurs, pour le confirmer, il ne faut que lire la littérature médiévale d’inspiration bretonne: s’y meuvent de véritables robots, automates de fer que combattent les chevaliers d’Arthur et que des sortes de démons ont créés, ou alors des sorciers. Le Lancelot en prose, en particulier, en est rempli.
Le passé est souvent plus merveilleux qu’on ne croit.

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