08/11/2013

République, éducation, symboles

la-statue-de-marianne-symbole-de-la-republique-francaise_700913_510x255.jpgJ’ai écrit récemment un article sur la manière dont selon moi il fallait éduquer au civisme: en donnant pour modèles des personnages qui ont agi d’une façon républicaine. Mais il y manquait des personnages historiques récents.
 
À cet égard, la carrière politique de Victor Hugo, mais aussi de Lamartine, peut soutenir la réflexion.
 
À l’époque de la révolution française, un Savoyard plein d’idéalisme, qui croyait en l’action mystérieuse du génie de la liberté, peut servir d’exemple: François-Amédée Doppet. Le Corse Pascal Paoli, lui, regardait la citoyenneté comme une chose sacrée. Le Niçois garibaldi2.jpgitalien Garibaldi, le Genevois Bonivard sont d’autres grandes figures, dignes d'être étudiées.
 
Mais la France, dira-t-on, n’étudie que sa propre histoire! Précisément, il faut qu’elle s’intéresse davantage à l’esprit républicain tel qu’il a pu se manifester dans le monde - qu’elle dépasse l’attachement archaïque à la nation. Il s’agit moins de glorifier la République par ses grands hommes que de proposer aux enfants de beaux modèles!
 
Trop souvent l’histoire a servi de prétexte à la sacralisation de l'État - tout en s’affichant comme scientifique. Le but ne saurait être d’amener les élèves à une sorte de culte superstitieux des institutions - lesquelles ont vocation à être modifiées, amendées, améliorées par les générations futures! Il faut seulement que l’esprit qui a présidé à leur création - et dont la connaissance doit parler - soulève d’enthousiasme afin que les jeunes aient des exemples à suivre, un élan à porter.
 
En rien il ne faut cacher les erreurs, ou les errements, des révolutionnaires; mais on doit faire apparaître la claire vision de l’idéal qui à l'origine les habitait - et qu’incarnent si bien les écrits autobiographiques de Doppet, ou les pages de Victor Hugo, dans Quatrevingt-Treize, sur l’époque de la Convention. La Liberté, l’Égalité, la Fraternité, sont des symboles élevés, qui devraient être représentés par trois fées planant dans le ciel d’azur! Car des féeries républicaines pourraient être créées, si on voulait.
 
Non seulement il ne s’agit pas de diviniser aveuglément tel ou tel personnage historique, mais il faut au contraire distinguer leurs actions de ces trois allégories vivantes qui ont agi en eux: un décalage a dup16_callet_001f.jpgtoujours existé. En 1789, on les sentait dans le cœur, mais si les révolutionnaires se sont autant affrontés, c’est parce que les têtes ne parvenaient pas à s’en faire une idée claire!
 
Les élèves de cela doivent être conscients, selon moi, afin que l’esprit civique se porte vers l’infini, vers un idéal toujours à quérir, symbolisé par ces anges féminins luisant par delà le sensible - et dont le professeur ne saurait être qu’un reflet passager: il est en avant sur le chemin, mais il n’en est pas le but. 
 
À l’image de l’État! Car chacun doit pouvoir construire le monde en devenir: cela ne peut pas être réservé à ceux qui obtiennent les plus beaux titres.

13:32 Publié dans Education, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

@Rémi Morgenet a lire et relire.Très beau texte merci!
Oh que je suis aise d'avoir conservé l'esprit Républicain de mes grands parents
En vous lisant j'ai l'impression de revivre l'époque Marat qui organisa des défilés dans notre cité sans compter les nombreux jeux de tarots et Lenormand laissés par les anciens habitants aux suivant qui eux parcontre baignaient dans la religiosité et considéraient ces jeux comme diaboliques Mais la descendance moins trouillarde y trouva matière à curiosité et surtout ouverture d'esprit
très belle journée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 09/11/2013

Merci de ce témoignage. Bonne journée à vous!

Écrit par : Rémi Mogenet | 09/11/2013

Les commentaires sont fermés.