22/11/2013

Thor 2

funeral.jpgJ’ai vu le second volet filmé de la série Thor, inspiré par un comic book de Stan Lee et Jack Kirby; je l’ai plutôt bien aimé, grâce à des scènes que j’ai trouvées très belles, en particulier celle des funérailles de la reine d’Asgard, reprise des rites scandinaves anciens mais sublimée par la mythologie, ici mêlée à la science-fiction. Le bateau transportant le corps sans vie de la dame, enflammé par des flèches, s’apprête à tomber dans la grande cascade cosmique; Odin alors frappe le sol de sa lance puissante: un bruit sourd retentit dans l’univers, et l’esquif est suspendu; un petit groupe d’étoiles s’en élève et monte vers une nébuleuse grandiose, apparemment le centre de la galaxie, qui est tout proche. Je ne sais où le réalisateur a eu l’idée d’un tel déroulement, mais je l’ai trouvé excellent. Les boules de lumière qui s’élèvent des mains des Asgardiens, alors, achève de faire penser aux plus belles scènes du cinéma asiatique à vocation mythologique.
 
Évidemment, certains passages étaient au contraire ridicules, faute de pouvoir être drôles comme ils l’auraient voulu, et d’avoir mêlé de façon répétitive la mythologie à la physique quantique a donné lieu à des enchaînements d’un burlesque excessif. Mais l’intensité dramatique, dans l’ensemble, était assez forte, et Thor lui-même très crédible: quand la foudre jaillit de son marteau, c’est sa volonté qu’on voit se manifester et qu’on ressent alors en soi; cela fonctionne bien.
 
Plusieurs fois j’ai pensé à Star Wars, comme si somme toute George Lucas avait créé des aventures contemporaines situées plus près du centre de la galaxie, et que Thor établissait un lien explicite entre les peuples semi-divins qui y résident et notre pauvre petite planète excentrée. Les Asgardiens ne sont pas des dieux, dit Odin, mais ils vivent quand même plusieurs milliers d’années, et le drame de Thor amoureux d’une mortelle dont la vie est éphémère fait écho à ce qu’on trouve chez Tolkien; l’élégie en toile de fond de l’amour est toujours émouvant.
 
L’humour du reste fonctionnait parfois bien, et n’empêchait pourtant pas l’existence de scènes épiques et prenantes, dans lesquelles le visage du héros, sur un fond rouge, faisait se détacher sa puissante loki-05.jpgvolonté tendue vers son but. Il arrive souvent, notamment en France, que l’humour autorise à ne pas prendre le mythologique au sérieux; ici, rien de tel: les deux coexistent.
 
Or, c’était déjà le cas dans la production dessinée de l’excellent Kirby, dans son genre un génie. Le film n’est pas indigne de lui.
 
Comme il s’enracine dans la mythologie scandinave, il m’a donné envie d’apprendre l’islandais. Jadis déjà après avoir vu le beau Kagemusha de Kurosawa j’avais voulu apprendre le japonais! Mais je ne l’avais pas fait…

18:21 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.