10/12/2013

Olaf Stapledon et les civilisations du futur

galaxy_universe-normal.jpgPoursuivant son exploration de l’univers, le narrateur de Star Maker, d’Olaf Stapledon, se détache progressivement de sa nature de Terrien pour pénétrer les mystères des autres civilisations, grâce à une perception toujours plus vaste, toujours plus profonde, toujours plus étendue dans le temps et l’espace - dont sa conscience peu à peu s’affranchit.
 
Or, c’est dans le futur que se trouvent la plupart des espèces qui sont allées plus loin dans l’Évolution que l’humanité. Stapledon montre alors l’étendue de son génie. Il affirme que les créatures éclairées par la raison se sont toutes trouvées à une sorte d’impasse, à un moment donné: quand le monde devenait unitaire, quand les consciences devenaient planétaires, l’on parvenait au stade où en est la Terre actuellement: toute évolution ultérieure se heurtait à des conflits inextricables, parce que l’espèce douée d’esprit aspirait désormais à un monde plus beau, une société plus juste, de type utopique, mais ne comprenait absolument pas de quelle façon y parvenir, et s’engageait dans des voies dont aucune n’avait d’issue.
 
Alors, dit Stapledon, advinrent les miracles. Du moins parurent-ils tels sur le moment mais ensuite, ils semblèrent naturels, on les regarda comme des événements décisifs conformes en réalité aux lois normales du monde, bien qu’on ne les eût absolument pas prévues auparavant! Remarquable définition de l’Évolution, assurément…
 
Un miracle commun est l’acquisition d’une forme de télépathie consciente qui a permis l’unité réelle des esprits au niveau planétaire: on est soudain alors entré dans l’utopie sans même s’en rendre compte. Le changement devait être spirituel, et non matériel: il devait constituer en l’acquisition d’une faculté nouvelle, en la capacité à vivre dans un monde tissé de sentiments et de pensées d’une façon aussi f8ac3f620c82cfb4bbdff093c613b2a94.jpgamilière que dans le tissu physique. Ainsi sont nés des superorganismes. Stapledon ici se fait prophète. Teilhard de Chardin aurait parlé d’éveil collectif à la noosphère…
 
Il est apparu, cependant, de nouveaux problèmes: la vie intérieure collective a déclenché une pulsion effroyable, le désir de civiliser les autres planètes en leur imposant les principes, les valeurs acquises grâce à  ce seuil  franchi dans l’Évolution. Il s’en est suivi d’affreuses guerres, dans lesquelles les espèces fanatiques ont exterminé ou asservi les autres, même celles qui restaient saines tout en ayant atteint le même stade. Des empires intersidéraux se sont créés, tendant à l’abomination.
 
Une attitude étonnante fut celle de plusieurs planètes se résignant à l’extermination, à l’anéantissement, les âmes entrevoyant la façon dont leurs aspirations leur survivraient au sein de l’univers pris globalement. Cela augurait d’un avenir encore inexplicable pour le narrateur, non encore parvenu à un degré de clairvoyance suffisant…
 
À son regard, à ce moment, un drame se joue: les civilisations au sein de la galaxie sont toutes menacées de disparition. La solution va venir d’une espèce depuis longtemps parvenue, par un biais particulier, à l’osmose mentale. J’en parlerai une fois prochaine, si je puis.

08:38 Publié dans Exploration spatiale | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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