28/12/2013

La Belle au bois dormant: un ballet russe

la-belle-au-bois-dormant.jpgJ’ai vu à Archamps, la semaine dernière, une retransmission filmée du ballet russe de La Belle au bois dormant, créé par Marius Petipa avec une musique de Tchaïkovski, et donné par le Bolchoï, à Moscou. Je n’ai pas vu beaucoup de ballets, mais suis toujours prêt à assister à des spectacles fondés sur la mythologie, et faisant intervenir le merveilleux. J’ai déjà évoqué ici ma déception face à deux opéras créés au Grand Théâtre, à Genève, parce que, selon moi, ils n’assumaient pas, dans leurs costumes, leurs décors, voire leur mise en scène, le mythologique inhérent à leurs sujets. Je dois dire que ce ballet m’a davantage plu dans la forme: le merveilleux m’y a paru cristallisé d’une façon plus authentique!
 
Il était peut-être moins ambitieux au départ, s’appuyant, non sur l’Edda ou le folklore tchèque, mais sur un conte français qui alliait le folklore allemand au style classique, et cherchant à rendre hommage à la cour des rois de France autant qu’à présenter un fragment du monde des fables. J’aime pourtant assez ce conte, que je trouve le plus beau de Perrault: le mystère de la septième fée oubliée y est magnifiqbolchoi-dornroschen_5087349.jpguement rendu. Mais le ballet faisait se vêtir le roi comme Louis XIV ou Louis XV, rappelant que la Russie des tsars, même romantique, regardait avec nostalgie vers ce moment glorieux de la patrie de Racine et de Voltaire!
 
La trame du livret en pâtit: le premier acte est magnifique, mais le second déçoit; au lieu d’un beau combat entre le prince, allié aux six bons génies qui accompagnaient les fées au début du spectacle, et les six démons de la sorcière, le baiser salvateur arrive rapidement, malgré les marques de colère de celle-ci. La fin, une revue dansée des personnages de Charles Perrault, donne l’impression que ce qui a précédé était artificiel et n’était destiné qu’à rendre hommage à l’ancienne France; cela gâche un peu.
 
Mais ce sont là des critiques adressées à Marius Petipa. Pour les artistes contemporains, je les ai
sleeping-beauty_bolshoi-10.jpgtrouvés très bons, et même si les sourires constants et les démonstrations athlétiques nuisent aussi à la dignité du tableau, l’esprit de la féerie était respecté maximalement. On entrevoyait, au-delà des ors, un monde plus beau, dont il venait des bouffées de lumière.
 
À cet égard, les Russes, davantage proches des Asiatiques que les Occidentaux, veulent peut-être plus souvent rester fidèles au merveilleux. Les Soirées du hameau de Nicolas Gogol, les poèmes de Pouchkine, l’ont jadis manifesté. La Belle au bois dormant, qui allie l’esprit oriental à celui de l’Occident, est quoi qu’il en soit une sorte de chef-d’œuvre.

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