12/01/2014

Degolio XXX: les origines de Fantômas

cyborg1.jpgDans le dernier épisode de cette effrayante série, j’ai évoqué les monstres mécanoïdes d’apparence humaine invoqués par leur créateur Fantômas contre le Génie d’or - dit aussi génie de Paris - et Captain Corsica.
 
À présent, ces cyborgs voyaient les ennemis de leur maître, auquel corps et âme ils étaient voués - dont ils étaient les esclaves. Car leur être profond, depuis leur transformation en hommes-machines, avait été confiné dans des ténèbres immenses, loin des corps qu’il avait autrefois habités. En secret, ils gémissaient de cette prison de noirceur dont ils ne pouvaient sortir - voyant que Fantômas les avait floués. Une autre conscience désormais logeait dans leurs membres, née de Fantômas même - ou introduite par lui depuis l’horreur de l’abîme. Et eux demeuraient impuissants, dans cette zone négative que l’ancien temps nommait les limbes.
 
S’ils s’étaient mis au service du spectre, autrefois, cela avait été pour l’argent - et aussi parce qu’il leur avait promis d’accroître leur puissance, de devenir des surhommes, d’acquérir les moyens de combler leurs désirs. Ils s’étaient dits qu’ils seraient ensuite assez malins pour s’arracher à l’emprise de leur maître. Hélas, celui-ci était bien trop malin, bien trop rusé pour eux: il avait vu clair en leur âme!
 
Il était, de fait, de très noble origine. Jadis, qu’on le sache, il avait appartenu à l’une des familles les plus distinguées de Rome: c’est lui qui, lieutenant du général Stilicon, avait eu l’idée d’attaquer Alaric et ses Goths le jour de Pâques, parce qu’ils le fêtaient, étant chrétiens. Rome se sentait trop au-dessus du christianisme pour se soumettre à ses règles: son salut lui semblait celui de l’humanité entière. Ce lieutenant de Stilicon, lui-même, adorait les anciens dieux, était un sectateur de Mithra: il se moquait de Jésus-Christ, et ne croyait qu’au Sol Invictus - lequel il situait au cœur de la Cité.
 
Alaric avait été vaincu - avant de mettre Rome à sac. Fantômas s’était alors exilé, et, plein de haine et d’esprit de revanche, il avait erré à la recherche de l’élixir d’immortalité - lequel il avait trouvé en se vouant aux puissances des ténèbres. D’elles, il avait reçu son nouveau nom, Itshifal: l’ancien sombra dans l’oubli; lui-même voulut fantômas 2.jpgqu’il fût effacé de la mémoire des mortels, si grand était son orgueil, et, dit-on, il assassina plusieurs personnes qui le connaissaient et le publiaient, et, plus tard, il le fit disparaître de toutes les annales et chroniques.
 
Son savoir était immense, son intelligence prodigieuse. Phénoménale était sa science des âmes. Entre ses mains les hommes n’étaient guère que des jouets; à sa guise il les maniait, comme des pantins.
 
Par une terreur sans nom, inspirée par la vision du gouffre auquel il avait couramment accès, avait-il enfoui les conscience qui s’étaient engagées à ses côtés: il les avait rejetées dans les caves du cosmos.
 
Quant à la force de ses cinq Cybernanthropes, elle était énorme. Une grande part de la science de l’abîme était entrée  dans leurs membres, y plaçant des forces arrachées à la Terre…
 
Or, la suite de ce récit ne pourra être dit qu’une prochaine fois.

09:10 Publié dans Captain Córsica, Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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