12/03/2014

Qui a peur du saint Suaire? demande Brice Perrier

9782916546834.jpgJ’ai lu récemment un livre de Brice Perrier, Qui a peur du saint Suaire? (éd. Florent Massot, 2011), qu'il m'a obligeamment donné, et qui est consacré au linceul de Turin, relique, objet de culte. Comme on sait, il est lié à la Savoie; il a été exposé à Chambéry, avant de suivre le duc dans la capitale du Piémont.
 
L'impresion de Brice Perrier, en écoutant les diverses personnes impliquées dans la recherche sur ce tissu, est qu'il n’a pas été assez étudié, que les datations en particulier qui ont placé sa création au treizième ou quatorzième siècle ne sont pas fiables, qu’il faut recommencer. Le principal argument qu’il donne est que seul un bout du suaire a été traité, et qu’il pouvait faire partie d’une restauration. Il ajoute l'hypothèse d'un cousin qui, dit-il, l'a poussé à s'intéresser à l'objet: une décharge de particules aurait rajeuni le lin! Cela fausserait les datations. Même si ce cousin en nie la possibilité, Brice Perrier évoque un éventuel lien, à la fin du livre, avec la résurrection.
 
Cela me rappelle la science-fiction, et j’ai le sentiment que l'auteur cherche, inconsciemment, à remplacer les miracles du vieux catholicisme par une science futuriste reposant sur les propriétés inconnues de la matière...
 
Il affirme qu’il est invraisemblable qu’un éclair ait touché le corps de Jésus dans son tombeau; c’était pourtant l’opinion de Rudolf Steiner. Je ne pense de toute façon pas que cela puisse rajeunir le lin...
 
François de Sales évoquait encore autre chose: les visions que François d’Assise eut du Crucifié, créées dans l’espace céleste, dans l’air lumineux d’en haut, par les anges. Or, le Suaire fut dès le départ lié aux Franciscains, extrêmement puissants à Chambéry; et c’est un pape franciscain qui en a consacré le culte, au seizième siècle. L’Église a d’ailleurs dit l’image non créée d’une main d’homme
 
photos-spirites-02 (1).jpgCela me rappelle les idées de H. P. Blavatsky sur le spiritisme: les médiums eux-mêmes créaient les phénomènes étranges qui se manifestaient au cours des séances, leur volonté en réalité s’imprimant dans l’air ambiant au-delà de leurs membres; les images que les participants croyaient voir émanaient de ces médiums: elles matérialisaient ce qu’ils avaient à l’intérieur d’eux-mêmes. Le problème en effet de ce Suaire est que, s’il est un faux, on ne sait pas du tout comment on aurait pu fabriquer une telle image. Les expériences effectuées à cet égard sont peu convaincantes. Peut-être bien qu’elle a été créée par des propriétés inconnues de la nature humaine: des forces psychiques qu’on méconnaît. Est-ce que des volontés puissantes concentrées sur une matière peuvent lui imprimer une forme spécifique? Beaucoup l’ont pensé. Or les Franciscains étaient d’ardents mystiques, à l’origine.
 
Si la science se penche sur cet objet en particulier, en tout cas, ce n’est pas tant à cause de ses applications possibles en médecine ou en physique que parce qu’il reste nimbé de mystère.

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