02/04/2014

Degolio XXXV: la conversation des héros

th (1).jpgDans le dernier épisode de cette série pleine de componction, nous avons laissé nos deux héros, le Génie d’or et Captain Corsica, alors que, ayant vaincu les cybernanthropes de Fantômas, et celui-ci s’étant enfui, ils conversaient l’un avec l’autre. Et nous en étions au moment où le Génie d’or remerciait son compagnon de l’avoir sauvé des dents horribles de l’araignée géante: Sois béni, dit-il, ô Captain Corsica, toi dont m’a si souvent parlé ma bonne dame du ciel - autrefois, quand j’avais encore le droit de fréquenter sa cour, et que ma mission ne m’avait pas envoyé sur la terre périssable. 
 
- Ce n’est rien, ô Génie d’or - fit alors le héros de l’île de Beauté. Tu sais certainement que Fantômas et ses créatures hantaient depuis plusieurs mois la terre de Corse, et je prévoyais depuis longtemps déjà de les déloger de cette base: je ne compte plus les hommes qu’il a fait périr en les déchirant, en les jetant du haut des airs après les horla.jpgavoir séduits, en buvant leur sang la nuit, notamment à Bastia, en les abreuvant de songes mensongers, qui ont jeté plusieurs parties de l’île dans un chaos immonde, dressant les gens les uns contre les autres - le fils contre le père, la femme contre le mari, le voisin contre le voisin! 
 
Car, en vérité, il se nourrit de la haine, de l'orgueil, de la peur, du doute - et fait régner, ainsi, le mal. Les vapeurs infectées qui montent des cœurs alors le renforcent, solidifient la fumée qui lui sert de corps… Il pensait se nourrir du peuple corse; à présent, le voilà vaincu!
 
Dès, en effet, que j’eus entendu la voix de mon père - me parlant à distance, depuis son palais de la Restonica, alors que je me tenais dans l’immeuble que j’occupe comme simple mortel à Bastia sous une identité empruntée -, j’ai accompli ma métamorphose en Captain Corsica, suis monté dans ma nef de l180624__3d-spaceship_p.jpgumière, et ai accouru, volant à ton secours pour profiter de ta venue dans l’île et m’allier avec toi contre la monstruosité qui l’infeste depuis déjà trop de temps.
 
Est-ce peur? Excès de prudence? Négligence? Nonchalance? J’étais resté trop longtemps sans rien faire: ton arrivée m’a décidé!
 
- Ainsi, nous sommes complémentaires, fit le Génie d’or - et j’en suis heureux. Mais vois! un de ces malheureux hommes que le démon a transformés en machines bouge encore: il est toujours vivant; il semble respirer. Allons le secourir, et vérifier s’il ne peut être ramené à la lumière, à la raison - si sa conscience d’homme ne peut pas être replacée dans son corps de fer. Car nous avons dû frapper fort, pour vaincre, mais maintenant est venu le temps de la mansuétude.

th (4).jpg- Tu dis vrai, ô ami, ou devrais-je dire mon cousin? Car tu sais que nous avons un lien de parenté, par la famille de ma mère.
 
- Oui, je le sais, répondit Solcum: moi aussi j’ai eu pour mère, jadis, une nymphe des eaux; elle possédait un château au fond de la rivière de Seine. Mais l’heure n’est pas venue d’en parler. Avançons-nous de quelques pas vers cette pauvre créature, jadis trompée et flouée par le Malin.
 
Ce qu’il advint alors ne pourra cependant être évoqué qu’une fois prochaine. 

08:35 Publié dans Captain Córsica, Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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