25/06/2014

La liberté et les partis en France

Marine-Le-Pen1.jpgLe soir des élections européennes, j’ai été frappé par la récurrence, dans la bouche de Marine Le Pen, du mot liberté. Je trouve en principe que les partis n’en parlent pas, qu’ils n’abordent que l’égalité, ou l’intérêt supérieur de l’État. Or les gens ont réellement besoin de se sentir libres.
 
Sans doute, lorsque le Front national évoque la liberté, il s’agit de celle de la nation: déjà la liberté, du temps de la monarchie, passait par celle du roi de défier toute l’Europe! Napoléon se donnait même la liberté de changer les pays voisins en mieux, s’il lui en prenait l’envie.
 
De façon plus inconsciente, comme le Front national est stigmatisé, qu’un anathème a été lancé contre lui, beaucoup ressentent le vote en sa faveur comme un acte d’affranchissement, d’émancipation. Un paradoxe, car ce parti est issu de la tradition qui veut uniformiser la culture sur le modèle ancestral, et, par conséquent, limiter les possibilités de l’individu. Mais comme, par ailleurs, aucun parti ne se propose réellement de défendre la liberté individuelle, comme même ceux qui proposent d’affranchir les régions de la capitale sont marginalisés, frappés d’ostracisme, le sont peut-être encore plus que le Front national qui conserve une perspective unitaire, la politique fait son mouvement de balancier habituel: la liberté consiste simplement à changer de cap, à retourner en arrière, à contredire les élites - mais sans réformer la structure.
 
Il aurait pu y avoir, avec les écologistes, du temps où ils étaient alliés avec les régionalistes, une nouvelle forme d’utopie: le respect de la biodiversité se prolongeant dans celui de la diversité culturelle pour bâtir une société libre et fraternelle apparaissait comme un beau programme, et des succès Europe_écologie_les_Verts_logo_2011.pngélectoraux marquants en ont été l’effet. Mais le parti des Verts s’est recroquevillé sur l’État, sur le principe d’égalité, et sur l’idée que, pour réussir, l’écologie devait s’appuyer sur une administration forte qui imposerait ses beaux principes à tout le monde. L’impression est venue, que les écologistes étaient des bourgeois qui ne voulaient pas respirer un air pollué, mais qui n’avaient pas réellement le sens du bien commun, ou des libertés particulières. Leur manière de soutenir une méthode consistant à créer des taxes pour faire progresser l’écologie contre le sentiment naturel de la population est apparu comme ressortissant du même état d’esprit que d’habitude, celui qui regarde le peuple comme devant être contraint malgré lui, dirigé, conduit à la façon d’une vache sur tel ou tel pré. L’intellectualisme l’a emporté sur l’idéalisme, et le soufflé est retombé.
 
Je crois à l’essor d’un mouvement qui concilierait la liberté individuelle ou régionale avec l’intérêt commun, comme en rêvait Denis de Rougemont: quelque chose qui unirait l’écologisme, le fédéralisme et le régionalisme.

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