31/07/2014

Saint Pierre Favre au Villaret

chapelle-villaret-marchet-159.jpgAvec des amis, je suis allé voir la chapelle consacrée à Pierre Favre, canonisé en décembre dernier par le pape François Ier. Elle est située au Villaret, dans la paroisse de Saint-Jean-de-Sixt, au sein de l’ancienne province du Genevois. Je lui ai consacré un article dans mon ouvrage La Littérature du duché de Savoie, car il est l’auteur d’un Mémorial (en latin) dans lequel il évoque sa vie, y compris les années passées en Savoie, à laquelle il restait attaché. Il continuait à dire que le duc de Savoie était son duc, même lorsque, devenu premier prêtre de la Compagnie de Jésus, il fut parti aux quatre coins de l’Europe. Comme le pape actuel est lui-même jésuite, il ne pouvait manquer de le déclarer saint - comme le souhaitait dès son temps François de Sales, qui recommandait qu’on le vénérât. 
 
Il est connu pour avoir été compagnon de chambrée, à Paris, des deux Basques illustres fondateurs de l’ordre des Jésuites, Ignace de Loyola et François Xavier, et pour avoir été d’un caractère modeste: il était celui qu’on choisissait pour arbitre des débats, pour aplanir les différences, résoudre les oppositions, concilier les contraires, plutôt que pour enflammer les foules par ses discours. On appréciait aussi la manière dont il introduisait aux Exercices spirituels d’Ignace.
 
Il était très mystique et disait qu’à chaque fois qu’il entrait dans une ville nouvelle, il se mettait intérieurement en relation avec l’ange de celle-ci, et quand il pénétrait dans une maison, pareillement, il adressPierre_Favre_(1506-1546).jpgait ses vœux à l’ange gardien de ceux qui y logeaient - notamment afin, disait-il, de vaincre en lui la concupiscence: il voulait n’avoir, à l’égard d’autrui, que des pensées pures!
 
De fait, tout jeune, il avait eu toute sorte de pulsions intérieures, de visions, mais dans un chaos qui l'effrayait; saint Ignace, dit-on, lui apprit à distinguer les esprits, à les différencier selon qu'ils venaient de Dieu ou du diable.
 
Son sens de la charité désormais alla si loin, qu’il recommanda de prier - et disait le faire - pour toutes les personnes illustres dont on disait souvent du mal - le pape de son temps, mais aussi le roi de France, le roi d’Angleterre, qui était protestant, et le Grand Turc, qui était, comme on sait, musulman. Pour lui, l’humanité était une, le Christ était venu pour tous les hommes, qu’ils s’en fussent rendus compte ou pas.
 
Il est mort à quarante ans, tel un poète ardent! Dans son enfance, il gardait les troupeaux de son père dans les Aravis, mais voulait absolument aller à l’école. On l’a placé d’abord à Thônes, puis à La Roche-sur-Foron; il vint ensuite à Paris, à la Sorbonne, où naquit l’ordre des Jésuites - qui fit tant, il faut l’avouer, pour faire connaître l’œuvre de François de Sales, et dont plus tard est sorti l’excellent Pierre Teilhard de Chardin - lui aussi une certaine sorte de montagnard, puisqu’il était auvergnat!
 
La chapelle même a été fondée par François de Sales. Elle est entretenue avec simplicité et bon goût; un gazon au vert profond l’entoure. On trouve à l’intérieur des portraits du saint, et une carte de ses pérégrinations. On peut dire que le Genevois savoyard a été un haut lieu du mysticisme catholique!

09:02 Publié dans Savoie, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.