22/08/2014

Nouveau recueil des Poètes de la Cité

4406.pngLa société littéraire genevoise des Poètes de la Cité, dont je suis un membre, vient de faire paraître son nouveau recueil collectif. Il se nomme Ensemble, parce que, quoique très divers dans leur style, et sans doctrine distincte, les poètes, à force de se fréquenter, dégagent de leur groupe une cohérence, un esprit. Il n’est pas, bien sûr, réductible à des manifestes, aussi géniaux soient-ils, ou à des positions de principe, aussi inspirées soient-elles - mais on pourrait lui donner un contour.
 
Car la plupart évoquent la nature en vers réguliers, et essayent, portés par le rythme des mots, de déceler dans cette nature une âme, un prodige, une clarté. Certains veulent trouver le merveilleux au fond de l’amour, ou au fond d’eux-mêmes, mais je dirais que ce recueil est genevois en ce qu’il est d’une forme assez classique mais d’une aspiration au sublime ailleurs qui n’est pas limitée par des considérations philosophiques extérieures, qui reste très libre. On ne sent pas peser sur les poètes une sorte de convenance agnostique qui empêcherait la parole de pénétrer les mystères, si elle le voulait. Il peut y avoir de la retenue; il n’y a pas de censure.
 
Bien au contraire, les poètes essayent souvent de créer des images leur permettant d’accrocher le mystère: Jean-Martin Tchaptchet évoque un vaisseau spatial qui l’emmène au pays des défunts, visiter des proches disparus; Linda Stroun parle d’un appel d’au-delà du réel émané d’un portrait peint, dans un musée; Yann Chérelle de voyages vers l’autre rive; moi-même de l’ange qui sonnera le réveil de la conscience au jour de l’endormissement sensoriel, en hiver!
 
Mais Valeria Barouch, Roger Chanez ou Nitza Schall prennent des éléments de la nature sensible, pour cristalliser leurs aspirations à la transcendance: ici un faon, là l’océan, là encore la rosée. Bakary Bamba s’appuie, lui, sur un glorieux symbole: le jet d’eau de Genève! Et Galliano Perut sur un autre: le Rhône.
 
Denis Meyer célèbre l’automne et ses pampres, Albert Anor, dans un style surréaliste, l’amour vainqueur de la destinée, Emilie Bilman, les merveilles du cosmos, Cécile Abrayre El-Shami, les lointains perdus dans la lumière, Kyong-Who Chon et Michaud Michel, l’âme des fleurs, David Frenkel, les souvenirs tendres de l’enfance, Anne de Szaday, la beauté d’une aube, Pascal Kiantede Nzogu, l’écho du désir dans l’obscurité des mots, Jeannette Monney, la cité d’Athènes, et Danielle Risse se souvient d’un passé enfoui. Tout un monde ainsi se crée, une mythologie collective, un monde intérieur qui étend ses ramifications vers les étoiles, les êtres invisibles, l’inconnu.
 

09:46 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook

Commentaires

On souhaiterait, Rémi Mogenet, que ces poètes de la Cité en leur amour de la nature "déteignent" sur nos amis écolos lesquels ainsi inspirés coloreraient leurs propos de couleurs et d'images...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 23/08/2014

Exactement Myriam, l'avenir réel de l'écologie, c'est le prolongement du souci de la nature et de son caractère sacré dans la sphère culturelle, dans le monde des images, des couleurs, de ce qui est créé par la peinture et la poésie.

Écrit par : Rémi Mogenet | 28/08/2014

Oui, Rémi, et je vous dirai une chose. Je souhaitai adhérer aux parti écolo dans ma commune rappliquai donc en disant, répondant à la question de connaître mes motivations, que c'est en tant que scoute, ex cheftaine de louveteaux, notamment, que l'écologie me "parle"! Camarades? sorte de stupeur... Je repris ma valise et mon petit sac... "Cocher"?! "Occupé"! Well!!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 28/08/2014

(pour raisons privées, Rémi Mogenet, je repasse à mon nom d'avant mariage) M. Belakovsky-Kaiser)


Ecologie et Poésie Mysticisme:



"Ame" "Prodige" "Clarté" seraient en mesure d'inspirer les écologistes: Souffle Apparition Levant

Par Prana Lumière blanche Energie des origines Subtile Messagère Souffle vital Respirant: Souffle de mon souffle Ame de mon âme Agent de guérison Mon corps irradie...

Écrit par : Myriam Kaiser | 29/08/2014

En tout cas Myriam on peut aborder avec une pensée claire le monde élémentaire, qui est l'essence de la vie organique. L'écologie n'est pas religieuse, mais Goethe a montré que la science pouvait aussi pénétrer le monde élémentaire, que la pensée n'y était pas forcément dissoute.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/08/2014

Sans le monde élémentaire, Rémi, y aurait-il pensée?


Sans cerveau, pensée?


"Au paradis, écrivait un poète
Les chevaux de bois
Mangent de fine avoine

Il y a du pain pour tout le monde
Et de l'âme pour les animaux...


Ou


"J'aime tes mains qui font la soupe
La bonne soupe que je mange(...)

Persil y danse et chou-fleur y fleurit(...)


Fut mis en musique par un organiste lyonnais bien que misérablement "terre-à-terre"! matérialiste...

Écrit par : Myriam | 29/08/2014

Oui, Dieu pense et il n'a pas de cerveau et il n'est pas dans les éléments.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/08/2014

Dieu pense et n'a pas de cerveau du point de vue des croyants.

Cerveau reptilien
" des émotions
" cortex

Si nous sommes à l'image de Dieu?

Qui "sait" sur Dieu (aujourd'hui on enseigne que l'esprit n'est pas local)!

Pourquoi faut-il fermer les yeux pour penser "bien" à quelqu'un?
Pour bien ou mieux se concentrer ou, juste à côté, "fermer les yeux" si l'on vetx pouvoir penser du bien de quelqu'un voire en dire du bien. Volontairement "fermer les yeux" un fait connu du côté des amoureux.
Réveil?! On m'invite. Beaux habits. Bon restaurant. Champagne et fleurs.
Musiciens tziganes, refleurs... poésie... pour, finalement, faire franchement tout autre chose qu'un "grossier" personnage au "plumard"? Juste le temps de "faire chauffer" les marrons comme les radiateurs d'autrefois. Il fallait "brancher", et puis attendre, un, savoir attendre, et de deux. Un "grand" poète en définitive est-il moins "trivial" ou "vulgaire" qu'un lamentable manant? En tenant compte de tant de larmes, de cendres s'en suivant est-il tout faux de dire qu'il y a les amis qui offrent du poison tout net d'autres du poison "enrobé"! Mais le "papier" une fois retiré ou le "sucre" ou le "vernis"?
Non? Certains s'expriment d'une façon d'autres d'une autre mais l'"élan du cœur" aujourd'hui? En pensant avant tout à nos jeunes, à nos enfants?!

Écrit par : Myriam | 29/08/2014

Cela existe, mais le tout est de l'exprimer correctement et pour cela il faut le prendre assez au sérieux et Victor Hugo l'a reconnu, on ne le prend pas au sérieux s'il n'a pas Dieu en ligne de mire. Car sinon cela apparaît comme une pulsion limitée au corps qu'on porte avec soi.

Il y a l'esprit universel, et il y a l'esprit local, peu importe ce qu'on enseigne ici ou là, moi je dis que chaque lieu a son esprit, son génie, je l'enseigne dans mes textes sur mon blog.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/08/2014

"(...) chaque lieu a son esprit, son génie": souhaitons pour nous tous son bon génie.

Merci, Rémi.

Écrit par : Myriam | 29/08/2014

Je crois qu'un bon génie est avec tout un chacun, mais quand on ne le voit pas ou qu'on ne suit aucun de ses conseils secrets, il laisse les remords, les furies, les tourments hurler, il ne peut empêcher qu'ils arrivent, l'homme est libre.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/08/2014

Merci à vous de tous ces commentaires, Myriam. Je n'ai pas pu répondre tout de suite, j'étais en Corse.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/08/2014

Les commentaires sont fermés.