21/01/2015

Dracula et la mythologie catholique

DraculaSmall.jpgPour des motifs professionnels, j’ai récemment relu en extraits Dracula, de Bram Stoker, et l’ai à nouveau bien aimé. Les apparitions du vampire cristallisent les rêves ou les cauchemars les plus enfouis - animent les archétypes les plus profonds. Et Stoker a réellement créé un mythe, avec ce personnage. Quand l’immortel comte roumain sort de la brume en laquelle au préalable il s’est changé, il ouvre une porte sur l’Infini! Car il se matérialise en s'épaississant lui-même, depuis sa volonté insaisissable. Il a trouvé le secret de la constitution de la matière!

Ce qui m’a frappé, également, c’est que ceux qui le combattent, dirigés par Van Helsing, usent de forces occultes matérialisées par les objets sacrés de la religion catholique: le crucifix et l’hostie, en particulier. Tels des talismans africains, des fétiches, ils ont un réel pouvoir.

Van Helsing apparaît lui aussi comme un être surhumain, disposant de forces magiques, quoiqu’il les place au service du bien. Le groupe qu’il forme est comme une équipe de héros de notre temps, préfigurant celle qui se regroupera autour de Doc Savage, puis celle du professeur Xavier - les X-Men, célèbres par les comics!

Mais il existe aussi une lignée de romans ou de films d’horreur accordant aux symboles catholiques une sorte de pouvoir occulte: L’Exorciste en est l’exemple le plus fameux. Un prêtre y combat un démon vivant dans le corps d’une jeune fille, et la lutte est cosmique.

Bram Stoker était d’origine irlandaise, mais il vivait à Londres. D’ordinaire, le catholicisme en reste aux images traditionnelles, lorsqu’il s’agit de merveilleux: le fantastique est perçu par lui comme une illusion diabolique. Les êtres ayant partie liée avec l’occulte sont donc en général démoniaques, mais Stoker a voulu faire une exception pour Van Helsing (même s’il est bien moins puissant que Dracula), en lui faisant manier avec succès les fétiches de la religion de Rome. C’est cela qui a tiré le fantastique vers la mythologie, chez lui.

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