18/03/2015

Manuel Valls contre Michel Onfray

Onfray564.jpgOn a vu souvent les chefs des gouvernements de François Hollande s'en prendre à des particuliers parce qu'ils ne respectaient pas ce qu'ils regardaient comme la bonne morale – et qui se mêlait assez clairement, en fait, aux intérêts des gouvernements en question. Cela a été le cas avec Gérard Depardieu, et plus récemment avec Michel Onfray, accusé de perdre ses repères parce qu'il préfère une analyste juste d'un catholique réactionnaire à une analyse fausse d'un progressiste agnostique. Michel Onfray entend s'affranchir des lignes partisanes, rejette le sectarisme, et c'est ce que j'apprécie dans ses postures publiques: il se réclame de la liberté en tant qu'homme et du sentiment de la vérité comme philosophe. Peu importe ensuite si je partage ou non ses sentiments; d'ailleurs je n'ai pas lu ses livres. Mais le droit pour les philosophes de s'exprimer librement, de ne pas avoir de comptes à rendre aux chefs de gouvernements et de partis, me paraît fondamental. Les politiques doivent-ils se substituer aux autorités religieuses, créer une nouvelle religion d’État, purement laïque - ou dite telle? Je ne crois pas. Leur rôle est d'exécuter la volonté du peuple, et non de la modeler selon ce qu'ils croient être un bien supérieur.

Michel Onfray a saisi depuis longtemps que le centralisme a un effet culturel dévastateur: contre les intellectuels parisiens trop proches du pouvoir, il a constamment réclamé la liberté de s'adonner publiquement à la philosophie à Caen, en Normandie. Naturellement, autant que je puisse en juger, il den48_tony_001f.jpgest assez centré sur lui-même - ou alors sur la tradition normande, et s'il a fait l'éloge dans un petit livre de sa compatriote Charlotte Corday, qui tua Marat, il n'a pas généralement pas défendu le régionalisme ailleurs: or la Normandie, même si elle a ses originalités, est culturellement proche de Paris. Il ne semble ainsi pas être conscient que l'athéisme, qu'il prône, est une philosophie plus régionale qu'on ne s'en aperçoit en général: certaines provinces l'ont plus développé que d'autres. Les guerres de Vendée sont liées par exemple à cette réalité historique. Mieux encore, il parle de l'Islam sans sembler savoir que l'arianisme par plusieurs philosophes fut rapproché de cette religion; or, dans certaines régions de France, loin de la Normandie, cet arianisme, notamment sous la forme du catharisme, eut beaucoup de succès.

Je suis persuadé, pour ma part, que le climat est pour beaucoup dans la forme que prend la religion ou la philosophie dans une région du monde donnée, et que la liberté individuelle consiste aussi à assumer ce climat. Le catholicisme savoyard s'est toujours nourri du paysage alpin, le catholicisme breton toujours nourri de la lumière tamisée des forêts, ou de l'éclat de la mer: Victor Hugo l'a dit, il a eu raison.

Dans une région très soumise à l'ordre rationnel, Dieu tend à s'estomper. L’État semble pouvoir assumer son rôle d'ordonnateur cosmique. Et le fait est qu'Onfray propose souvent d'imposer depuis l’État central une protection sociale renforcée, comme s'il pouvait créer la justice sur terre. Ce qui n'est d'ailleurs pas une position très originale. On peut aussi la penser liée à son éducation catholique, ou à son ancien statut de fonctionnaire.

Cela dit, il est libre de penser ce qu'il veut, et je m'oppose à ce qu'un gouvernement lui fasse à cet égard la leçon; pour moi, face aux philosophes, les politiques ont un devoir de réserve. Ils n'ont pas à s'en prendre à tel ou tel. La bonne philosophie ne surgit jamais de la contrainte: mais toujours de la liberté, dans laquelle la pensée, parvenant à assumer ses droits illimités, s'oriente selon une logique d'un ordre supérieur - caché, mais présent dans l'univers même. Qu'Onfray ne la suive pas toujours n'y change rien.

08:30 Publié dans Culture, France, Philosophie, Région, Société | Lien permanent | Commentaires (35) | |  Facebook

Commentaires

La psycho-biographie de Michel Onfray sur Freud a de quoi faire pousser un cri d'horreur: "Scandaleux"!
Mais scandaleux faux ou scandaleux vrai?


De même il existe deux profils de Jésus.
Celui que nous connaissons, l'autre tout sauf édifiant!
Scandaleux faux ou scandaleux vrai?

Sommes-nous à la recherche de la vérité ou faut-il éternellement camoufler?

La contrainte contemporaine (en fait, contemporaine?!) à nous dire ce que nous avons à penser ainsi qu'à décider de ce que nous devons, pouvons ou avons le droit de savoir ou non est-elle..."républicaine"?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 18/03/2015

En tout cas en France on a gardé l'habitude de parler selon ce qu'il est moral et séant de dire, et non selon la vérité. La République a gardé cette habitude de l'époque catholique, même si elle a été créée grâce à une colère du peuple face au mensonge institué.

Écrit par : Rémi Mogenet | 18/03/2015

Les mots clés du moment, "laïcité" et "liberté d'expression" correspondent-ils précisément en France à "l'habitude de parler selon ce qu'il est moral et séant de dire, et non selon la vérité"?!
Les frondeurs, Mme Duflot, la ministre de l'écologie remerciée, Montebourg, Mélenchon?

Ouvrant juste Marianne du 27 février au 5 mars 2015, LE HOLLANDISME DE SOUCHE, au dernier alinéa: le "refus permanent de nommer les choses est bien l'essence du hollandisme de souche... Comme si on pouvait contourner l'obstacle, le défi ou l'enjeu en niant son existence. "Mal nommer, disait Albert Camus, c'est ajouter au malheur du monde. "(...) c'est assurément un grand malheur pour la gauche socialiste d'avoir à sa tête un homme atteint de procrastination verbale et qui a érigé l'évitement du réel en ligne de conduite permanente et presque en esthétisme." Par Joseph Macé-Scaron

Écrit par : Myriam Belakovsky | 18/03/2015

Il y a c'est vrai un côté jésuite dans ce gouvernement: on parle non selon le réel mais selon des principes abstraits qui brillent d'un éclat magique, cela permet de faire passer le discours en attestant de sa bonne foi, mais finalement on ne dit rien de véritablement utile, puisque le vrai seul est utile à tous.

Écrit par : Rémi Mogenet | 18/03/2015

....bof, sans doute tous des francs-maçons....le plus bel exemple de religion athée...(pour certains)

Écrit par : Anne Iversère | 18/03/2015

Le Grand Orient de France? Ses membres nient que ce soit une religion, je crois. Mais on peut douter.

Écrit par : Rémi Mogenet | 18/03/2015

"D'ailleurs, je n'ai pas lu ses livres" Dommage.

Michel Onfray dans la "POLITIQUE DU REBELLE", ses mots sont comme un coup de poignard. Il décrit la souffrance avec tsnt de force qu'elle devient la vôtre:
"Pour tous ceux qui n'ont connu de destin que dans les fours crématoires et les cheminées de brique des camps: pour ceux dont les peaux tatouées ont servi d'abat-jour: pour ceux dont la graisse est devenue savon, les cheveux tissus; pour ceux, enfants, femmes et hommes qu'on a salis, avilis, humiliés, détruits; pour ceux qui en sont revenus, brisés, habités par des failles, des fêlures, des cauchemars qui creusent dans leurs lits la raideur des paillasses et transforment en suaires les draps où ils risquent tant de nuits d'être ensevelis par une mémoire sombre"....

Écrit par : Noëlle Ribordy | 22/03/2015

C'est de la poésie...

Écrit par : Rémi Mogenet | 22/03/2015

A quand une une vision claire sur le présent?
L'état de la planète?

L'Amour?
Le Partage?

Le "Je ne profiterai pas de la souffrance de mon prochain au service de mon prestige, de ma gloire, de mes biens" ainsi qu'à la fructueuse prolifération indécente des besoins...?

La poésie?

Les égards, le respect, l'harmonie... la bonne foi?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 22/03/2015

Je suppose que des auteurs en parlent, Myriam...

Écrit par : Rémi Mogenet | 22/03/2015

Ces auteurs ont raison.

D'autres, itou

Admettriez-vous que dans l'ensemble ces idéaux sont peu au goût du jour aisément qualifiés d'"utopiques"?!

Écrit par : Myriam | 22/03/2015

"qu'il préfère une analyste juste d'un catholique réactionnaire "

Curieux de savoir à quelle analyse il fait référence... s'il en existe une...

Onfray n'est pas un philosophe, mais un professeur de philosophie et un donneur de leçon. Il va fouiller dans les poubelles de l'histoire quand il a pris qqn en grippe (Sade, Freud, Sartre), mais il évite soigneusement de le faire quand il couvre qqn d'éloges (Nietzsche, Camus). Il n'arrête pas de mentir sur Nietzsche qu'il n'a pas compris. C'est vrai que Nietzsche est une auberge espagnole et il est facile d'y picorer pour justifier ce qu'on veut: nietzschéen de gauche... Rien compris. Oeillères. Un point commun: la graphomanie. Même problème non résolu d'attachement suite à un manque.

Écrit par : Johann | 23/03/2015

"C'est de la poésie …" Que voulez-vous dire? Qu'il n'y a pas de vérité dans la poésie?

Écrit par : Mère-Grand | 23/03/2015

Comme disait Cicéron, il y a la vérité historique et la vérité poétique, ce n'est pas forcément la même.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/03/2015

L'analyse réactionnaire était celle d'Alain de Benoist.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/03/2015

Non, ce qui n'est pas au goût du jour n'est pas forcément utopique.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/03/2015

La preuve que c'est utopique est l'absence du commentaire qui vous inspire votre que "ce qui n'est pas au goût du jour n'est pas forcément utopique".
Ce commentaire, s'il vous est parvenu, faisait état du malheur d'un homme dans les ruines de son lieu de vie suite au changement de climat pas forcément étranger aux techniques humaines en lui faisant dénoncer l'égoïsme industriel.

Écrit par : MB | 23/03/2015

Mais lui-même utilisait un natel et un ordinateur, alors...

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/03/2015

Je n'ai pas compris tout comme Mère-Grand: "c'est de la poésie"... Alors que Michel Onfray décrit une situation réaliste des camps de concentration dans son ouvrage "la politique du rebelle. On peut parler de naturalisme, mais pas de poésie.

Michel Onfray est un philosophe et il devrait faire partie du paysage de l'enseignement. Dans le livre "manifeste hédoniste", il dit:

"Le judéo-christianisme a imprégné notre épistémè pendant plus de mille ans de la conversion de Constantin 312 à la décapitation du roi Louis XVI: Si les Eglises se sont vidées, les esprits restent pleins de l'enseignement chrétien: dépréciation du corps, des sensations, des émotions de la chair, des passions, des pulsions, des femmes, du plaisir, de la jubilation, surestimation de l'ascétisme, du dolorisme, du renoncement d'où misogynie et phallocratie....

Écrit par : Noëlle Ribordy | 23/03/2015

"Comme disait Cicéron, il y a la vérité historique et la vérité poétique, ce n'est pas forcément la même."
Rassurez-moi: vous ne faites pas allusion au texte cité par Noëlle Ribordy, qui précède votre remarque ...

Écrit par : Mère-Grand | 23/03/2015

Avez-vous vu cet homme marchant dans des décombres les pieds dans la boue utiliser un natel avec un ordinateur?

Le malheur d'autrui, du moment que pour vous, vos amis, tout joue à merveille, vous divertit-il à ce point?

Écrit par : MB | 23/03/2015

Non, je n'ai pas vu un homme marchant dans les décombres les pieds dans la boue autour de chez moi. Et si j'en voyais un cela ne me divertirait pas.

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/03/2015

Je réponds à l'idée que la poésie serait une vérité. Maintenant, on peut voir si ça s'applique à ce texte. Il n'y avait pas d'intention à cet égard, mais cela peut s'examiner. Prenons par exemple ce passage: "des cauchemars qui creusent dans leurs lits la raideur des paillasses et transforment en suaires les draps où ils risquent tant de nuits d'être ensevelis par une mémoire sombre". L'idée de cauchemars qui creusent dans le lit une raideur de paillasses n'est pas à mon avis une vérité historique, c'est une métaphore. Je la trouve poétiquement un peu compliquée, du reste, car je ne pense pas qu'une raideur puisse se creuser. Par ailleurs une mémoire sombre ensevelit aussi de façon métaphorique, non littérale. C'est à partir du moment où on s'efforce de représenter par des images l'intériorité humaine qu'on fait de la poésie. Cette poésie est-elle vraie, est-elle fausse? Je ne pense pas que de creuser une raideur puisse créer une image suffisamment claire pour qu'elle puisse être dite vraie. Je vais vous dire, il y a des membres de ma famille qui sont morts gazés à Auschwitz, mais je ne me sens pas tellement touché par le style d'Onfray pour autant. Quoi qu'il en soit, je ne pense pas qu'il s'agisse ici de philosophie, car je crois qu'Onfray fait beaucoup appel au sentiment du lecteur. Ensuite il va peut-être affirmer ceci ou cela, une fois qu'on a été ému par son évocation un peu fantastique, les cauchemars qui transforment les draps en suaires et la mémoire sombre qui ensevelit, on est prêt à lui concéder beaucoup d'idées qu'il pourra énoncer. Mais en philosophie je crois davantage à la logique pure.

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/03/2015

Le fait étudier à l'école qui veut.

Si la civilisation occidentale est encore chrétienne, alors Onfray le pauvre doit se sentir bien décalé. Je lui souhaite de ne pas en faire trop de cauchemars. Car peut-être qu'il dit cela parce que lui-même ayant été élevé par les Jésuites, il a des remords dès qu'il franchit les limites fixées par ses anciens maîtres. Ou alors il sent sa conscience le travailler, et il veut pouvoir l'assimiler à une tradition honteuse, pour ne pas avoir à l'écouter. Dieu sait. Mais en réalité que la France soit spontanément chrétienne ne me gêne pas spécialement. Il faudrait déjà savoir si c'est vrai. Amiel disait au contraire qu'elle était spontanément épicurienne et que le christianisme ne l'avait pénétrée que superficiellement. Maintenant je crois que tout homme a une conscience, qui le retient lorsqu'il s'agit de devenir l'esclave de son corps, car je considère que le corps est de la terre et l'âme du ciel, et je ne crois pas que ce soit propre au christianisme, je lis Horace qui n'était pas chrétien mais qui globalement pensait pareil. Il n'était pourtant même pas radicalement hostile aux épicuriens. Les païens aussi pensaient de cette façon.

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/03/2015

Madame Ribordy, vous avez une vision du christianisme...
Il y en d'autres: hôtelleries des débuts de cette religion, soins aux malades, aux indigents, aux prisonniers. Penseurs, philosophes, écrivains. Arts ("l'Eglise, théâtre du pauvre"). Médecins du corps et de l'âme (Dr Tournier, Genève pour n'en citer qu'un): médecine psychosomatique, par conséquent.

Enseignant prodigieux en aucun cas tous pédophiles...

Teilhard de Chardin, Charles de Foucault, les moines de Tibérine, Jeanne-Antide Thouret (au sortir de la Révolution française immense précurseur social)

En va-t-il des choses du christianisme, du judaïsme comme en une auberge espagnole on l'on trouve ce que l'on apporte?

A cette simple question à propos de votre démarche, Madame, l'Evangile: "Ne jugez pas de peur d'être jugé"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 24/03/2015

P.S. Le yoga des temps immémoriaux a toujours enseigné qu'il n'y a pas qu'une planète habitée.
Notre corps univers microcosmique comprend l'élément terre, puis l'eau, puis le feu, l'air, l'éther.
La tête représente le ciel avec entre les deux hémisphères cérébraux le corps calleux correspondant à la Voie lactée de notre galaxie.
A ses éléments se rattachent nos centres nerveux et de conscience: sécurité, sexualité, mental, sentiments, parole, capacités cognitives, domaine spirituel le tout non du christianisme mais de l'hindouisme.
En reprenant une pensée de l'aviateur français Pierre Brossolette: "Du lac aux cimes"! On ne voit pas comment une "raideur se creuserait". En revanche se créerait, oui, raideur vaniteuse, par exemple, susceptible de creuser un fossé entre(...)!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 24/03/2015

C'est très imagé, je le conçois mais en même temps lorsque je lis ce texte: les cauchemars qui creusent dans leurs lits la raideur des paillasses etc.... je vois exactement le calvaire des personnes qui se trouvaient à Auschwitz.

Michel Onfray dépeint une situation qui a existé et la description qu'il en fait représente simplement la réalité.

Je pense que vous êtes pour l'enseignement religieux à l'école, alors pourquoi ne pas inclure les ouvrages de Michel Onfray, par exemple le traité d'athéologie? (je l'ai mentionné plusieurs fois, mais je pense qu'il faut toujours et encore insister). Et, puis, je vous trouve un brin condescendant lorsque vous parlez de lui "Onfray le pauvre"!

Je ne suis certaienemt pas objective lorsque je parle de la pensée Onfray, mais je la trouve importante dans un monde qui se cherche au niveau de la spiritualité. Il faut abandonner le monde des fables créé par les Religions
qui nuit à l'intelligence.

Puisque les épicuriens pensaient d'une certaine façon et les païens d'une autre, alors pourquoi pas aujourd'hui, nous penserions différemment. L'éducation a apporté plus de savoir et de connaissances et a fait de l'individu un être doué de raison et d'intelligence.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 24/03/2015

Mme Belakovsky,

Lorsque je pense au christianisme, je pense au sang qui a coulé. Les persécutions, l'Inquisition.

Lorsque je pense au christianisme et autres religions, je pense au musellement de mon intelligence.

Lorsque je pense au christianisme, je pense à la culpabilité immense qu'elle a fait naître chez l'individu.

Etc. etc....

Écrit par : Noëlle Ribordy | 24/03/2015

Je pense que l'Etat n'a pas à dire aux enseignants ce qu'ils doivent enseigner, enseigne qui veut Michel Onfray ou saint Thomas d'Aquin, je suis contre les restrictions. La diversité est dans celle des individualités que constituent tous les professeurs. Ensuite les familles peuvent aussi sans doute choisir les professeurs qui leur plaisent.

Rendre une souffrance est une entreprise poétique, non philosophique. En philosophie, on arrache les larmes ou on suscite les rires par rhétorique, pour faire mieux passer les idées. Je m'oppose en principe à cette méthode héritée de la rhétorique antique, dont le caractère artificiel a été dénoncé par exemple par saint Augustin de façon selon moi efficace. Je préfère, en philosophie, la méthode fondée sur la logique pure.

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/03/2015

"Curieux de savoir à quelle analyse il fait référence..."

Ben... faut pousser un peu plus la curiosité mon vieux, car il ne fait référence à aucun. Il dit simplement qu'il préfère l'analyse juste d'un réactionnaire que celle fausse d'un gauchiste ou de qui que ce soit. C'est plus clair maintenant? Ou toujours pas?

Écrit par : Dan | 24/03/2015

"je crois qu'Onfray fait beaucoup appel au sentiment du lecteur."
Quelle horreur!

Écrit par : Mère-Grand | 24/03/2015

En tout cas je n'aime pas cette rhétorique héritée des anciens qui cherche à émouvoir pour mieux faire passer des idées dont le caractère arbitraire somme toute demeure. Les idées sont belles en elles-mêmes, pour moi, il n'y a pas besoin d'en rajouter en empruntant des tirades au théâtre.

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/03/2015

Quoi qu'il en soit, l'appréciation qu'il a faite concernant Valls est indiscutable.

Écrit par : Dan | 24/03/2015

Madame Ribordy, lorsque je pense au veau d'or biblique je sais qu'il représente notre époque aux besoins déchaînés tant matériels que sexuels (en aucun cas le lien entre amants, s'entend!) qui est celle de la banalisation favorisant le déclin d'une civilisation.
Beaucoup plus tragique la banalisation contemporaine par le Marché, la finance et ses financiers (pas les cakes, donc!) que les méfaits indéniables, indiscutables des religions en leur passé: maintenant, aujourd'hui, au présent... laissons les morts...!

Merci, Rémi Mogenet, qui nous donnez la parole...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 24/03/2015

Merci à vous.

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/03/2015

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