22/03/2015

Degolio LVII: la transformation miraculeuse

Dans le dernier épisode de cette fantastique série, nous avons laissé le récit effectué par le Cyborg d'argent au Génie d'or et à ses amis alors qu'il raco390068.jpgntait qu'il avait accepté de signer sa transformation en homme-machine par le médecin éclairé par la science de Fantômas. Et voici qu'il continua par des mots tout aussi palpitants.

La femme dont j'ai parlé me félicita, disant que cette résolution était bien digne de moi et me ferait devenir ce que j’étais vraiment - manifestant mes mérites insignes, me faisant remplir les termes de ma destinée! Elle promettait de ne m’en aimer que davantage...

On m’emmena à l’hôpital, et je me plaçai sur la table de chirurgie, où on m’endormit. À mon réveil, j’étais tel que vous m’avez vu quand vous m’avez combattu - transformé en ce qu'on nomme un cyborg.

Je fus dès lors totalement attaché à Fantômas: il m'était impossible de me déplacer sans son ordre. J'étais en contact permanent avec lui: même quand il n'était pas physiquement présent, nous communiquions directement par la pensée. J'entendais souvent des voix, et il me fut dit qu'elles étaient celles du monde des hommes: je pouvais capter les ondes hertziennes, et les interpréter. Mais j'entendais aussi des murmures plus diffus, et Fantômas me révéla qu'ils étaient ceux d'êtres puissants et invisibles qui habitaient l'air et contrôlaient les âmes au-dessous de la conscience: je vivais dancingdemons.jpgdésormais à demi dans leur sphère. Ainsi devais-je apprendre à devenir l'un d'eux! Cela me fut néanmoins annoncé avec un rire; je me demandai si l'on se moquait.

Je découvris peu à peu que mes yeux refaits pouvaient, de ces êtres aériens, distinguer les contours - sous forme de flux électromagnétiques perçus et interprétés de façon appropriée par la science de mon maître. Je participais d'un monde supérieur, rempli d'êtres divins! Du moins fut-ce là ma pensée.

Pour ce qui est de la femme que j'aimais, elle ne reparut plus. Comme, m'en étonnant, je questionnai mon maître, il me dit qu’elle était partie pour ses affaires, et qu'elle reviendrait bientôt; mais je sus plus tard qu’elle l’aidait à séduire d'autres hommes dans le but de leur faire accepter les marchés proposés par Fantômas, qu'elle était sa créature, et qu'elle ne faisait rien qu'il ne lui eût dit de faire, de telle sorte que si je la revoyais, elle ne serait plus pour moi la même, puisque j'avais signé le contrat pour lequel elle avait feint de m'aimer; et il en fut ainsi, ainsi que je vous le montrerai le moment venu.

Cependant, j'avais l'impression de vivre dans un rêve, ou un cauchemar: ma conscience était embrouillée, Palpatine_disturbance.jpget je n'avais pas la force de mouvoir de claires pensées. J’étais désormais comme passif, même quand j'agissais, car je ne le faisais que mû par la volonté de Fantômas, qui me parlait à l'intérieur de moi. J'accomplissais comme un simple pantin ce qu’il ordonnait, sans pouvoir me révolter, mes membres ne m’obéissant plus, mon âme ne m'appartenant plus. Je n'avais que les pensées qu'on voulait que j'eusse.

J’avais pourtant accepté de signer en m’imaginant que, je pourrais, si je le souhaitais, échapper à mon maître, que je serais libre avec une puissance nouvelle; mais je sentais toujours en moi cet être qui dirigeait mes membres - et le chœur des voix maudites de l'air vide qui me chuchotait ce que je devais faire, dire, croire.

Mais la suite de ce récit ne pourra être donnée qu'une autre fois.

07:46 Publié dans Captain Córsica, Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.