10/04/2015

Science-fiction et religion des machines

11017241_771304966298852_990417100352798590_n.jpgLa science-fiction attribue aux machines du futur des prérogatives que les vieux récits attribuaient aux dieux: la création des êtres vivants, le voyage dans le temps, le déplacement instantané dans l'espace.

C'est Dieu soufflant dans l'argile et créant l'Homme, c'est Dieu à la fois dans le présent, le passé et le futur et embrassant le Temps d'un seul regard, c'est Dieu à la fois dans le Ciel et sur Terre, dans les astres et dans les êtres humains.

La science-fiction agit de cette façon sans une once de preuve que les machines aient de telles capacités; mais sa rhétorique est convaincante, et puis de toute façon on a envie d'y croire: du coup, peu d'efforts de persuasion sont nécessaires.

Elle se pose comme scientifique, à peu près comme la théologie catholique avant Galilée.

À cet égard comme à d'autres, l'humanité actuelle est relativement crédule, ayant besoin de merveilleux, et étant trop attachée à la matière, au corps, pour le chercher dans le monde spirituel. La science-fiction en profite, et la communauté scientifique, comme on appelle ce nouveau clergé, aussi: on met sur elle les espoirs de salut. Ce qu'elle dit est volontiers parole d’évangile.

En faisant comme s'il n'y avait pas de spécificité du vivant, comme s'il était indifférent que l'être humain soit mort ou vivant lorsqu'il entre dans un trou noir ou voit ses particules aller instantanément d'un endroit à un autre, elle l'absolutise, le théorise, le divinise - et rend aisée pour lui l'attribution de facultés divines. Or, il n'y a rien dont on rêve plus.

La foi en la Science découle également de la peur: l'incapacité de l'être humain à franchir les limites que lui ont imposées la nature crée une forme d'angoisse. Quand surgit un discours qui a l'air vrai et qu'illustrent des machines qui envahissent l'existence, l'âme prend feu: enfin la lumière se fait voir!

La science-fiction est la mythologie correspondant à cette foi.

08:46 Publié dans Culture, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Monsieur Mogenet excellent article qui rentre dans les cordes de tous ceux qui restent indépendants face au tout informatisé .
Car rien ne vaut un contact entre humains qui ne sont pas reliés 24 heures sur 24 à leurs gadgets virtuels
Il en existe encore et notre virus de l'anti informatique semble se propager chez des plus jeunes ,heureusement
Ce d'autant quand on peut assister aux nombreux résultats non réfléchis et qui font hurler de rire de nombreux citoyens bien bienheureux d'avoir pu grandir à l'époque ou les humains n'avaient pas encore peur de se saler les mains pour dire bonjour à leurs semblables
Trop de machine tue tout même la patience et l'effort qui sont de plus en plus absents du monde relationnel
Tous ceux trop virtualisés figurent parmi les premiers à dire à des connaissances isolées ,si vous avez besoin d'aide ,pas de problème il suffit juste de nous demander.
Heueusement les fantômes eux sont toujours bien présents,les seuls d'ailleurs /rire
Très bon week'end pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 10/04/2015

Merci pour ce commentaire. Il est vrai que les réseaux sociaux par voie mécanique et l'électronique donnent l'impression qu'ils multiplient les relations et donc les renforcent alors qu'en réalité ils les rendent superficielles, et empêchent d'entrer plus profondément dans l'âme de l'autre. A cet égard aussi il y a des illusions, et la négation de ce qui fait la spécificité du vivant, sa richesse, notamment dans la communication. Le ton, les gestes, la mine, l'éclat des yeux, mille choses imperceptibles créent une richesse qui finalement est niée par la machine, ou relativisée. Ce qui est nié, c'est la manière dont l'âme s'imprime directement sur le corps, le visage, dont elle modèle le corporel: en rien la machine n'épouse de façon souple, vivante, presque immédiate, les mouvements de l'âme.

Écrit par : Rémi Mogenet | 10/04/2015

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