12/08/2015

Hypothèses cosmologiques et science-fiction

image010.jpgJ'ai suivi à l'université de Grenoble un cours de cosmologie générale donné par un sympathique membre de l'équipe qui a fait partir le satellite Planck pour mesurer les ondes par-delà l'atmosphère terrestre. Ce qui m'a frappé est que la découverte d'une température constante et globale dans l'univers - c'est à dire d'une activité ondulatoire -, non explicable par les phénomènes visibles, a donné lieu à une théorie qui maintenant passe volontiers pour une vérité démontrée: l'existence d'une matière et d'une énergie noires (ou sombres), dont il s'avère qu'elles sont plus importantes en réalité que la matière et l'énergie visibles. L'aimable professeur andalou que j'ai eu face à moi précisait pourtant qu'il était possible que cette matière et cette énergie noires n'existassent pas. Dans le public, on aime croire à des certitudes. Des indices de leur existence ont pu être indirectement établis, notamment en observant les plus hautes fréquences perceptibles, celles des rayons Gamma. Mais aucun élément physique n'a pu être livré face à la théorie: il n'y a donc pas de preuve.

Ce qui m'a frappé n'est pas tant la promptitude du public à prendre pour une vérité ce qui n'est qu'une théorie cohérente, car cela arrive très souvent. Il n'aime pas que le monde soit plein d'ombres; il aime croire que les scientifiques patentés ont une clairvoyance surhumaine leur permettant de découvrir les théories qui sont des vérités. Non, ce qui m'a frappé, c'est, dans cette démarche scientifique, le lien avec la science-fiction. Le point commun n'est pas dans la capacité d'imagination, car elle existe aussi ailleurs, mais dans le pli spécifique à ce genre: l'imagination doit aller plus loin que le réel sensible pour trou-ver.jpgen chercher les fondements, mais en créant l'image d'une matière autre, plus profonde et plus essentielle que la précédente. Cette seconde matière, même si la plupart des auteurs du genre s'en défendent, a quelque chose en elle de divin, en ce qu'elle intègre des pouvoirs spirituels réservés dans les anciennes mythologies à Dieu, ou aux anges. Je les ai déjà résumés: la création de la vie, le voyage dans le temps, la téléportation instantanée. En cosmologie, on ne va pas si loin: la matière et l'énergie noires ne sont présentes que pour expliquer physiquement des résultats obtenus par des instruments. Mais la science-fiction aime suivre la même démarche jusque dans l'espace mythique.

La science expérimentale a pris un pli qu'avait essayé de rejeter la science romantique allemande, dans la première moitié du dix-neuvième siècle: Goethe, contre Newton, dénonçait l'obsession des découvertes obtenues par les instruments. Il préconisait, pour saisir les causes réelles des formes, d'entrer dans une démarche imaginative raisonnée, une forme d'imagination disciplinée, soumise à une logique propre. On ne l'a guère écouté. Peut-être pourtant qu'en ce cas le fond cosmologique diffus trouverait d'autres explications intéressantes.

On peut se souvenir de ce que disait Rousseau: la cause première est au-delà de la matière, parce que la matière qu'on peut établir comme cause a forcément elle-même encore une autre cause. Mais la science est libre de ne pas chercher les causes premières et, quand elle voit homme agir, de se demander comment ses muscles ont pu bouger ses bras, au lieu de regarder ce qu'a voulu faire cet homme. Ce n'est pas sans utilité: loin de là. Il est plus étonnant que la science-fiction se limite à ce KhOfvkox5EAekQRHsDRA11Gc89M.jpggenre de réflexions, car il est manifeste qu'elle entre dans le domaine de l'esprit. Le voyage dans le temps, par exemple, peut-il méconnaître que, dans les faits, le passé n'est que le présent de la mémoire, le futur seulement le présent de l'attente, comme le disait saint Augustin? Existent-ils objectivement? Est-il réellement logique qu'avec un corps soumis au temps, et vivant dans le présent, on puisse aller dans le passé?

Olaf Stapledon est parti de la science des phénomènes physiques et l'a prolongée selon la méthode de Goethe par l'imagination philosophiquement disciplinée. C'est en quoi il fut un génie. Certains critiques (par exemple Simon Bréan) pourtant prétendent qu'il est du coup sorti de la science-fiction - qu'il est entré dans la fantasy (celle-ci devenant apparemment le genre qui évoque par des symboles le monde spirituel, comme l'épopée dans l'antiquité). Mais l'art a-t-il jamais accepté les limites imposées de l'extérieur? Si la science-fiction les accepte, c'est elle qui sort de l'art - de la littérature.

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Commentaires

Rémi Si on pouvait avancer en ce que vous nous rapportez ne pourrait-on pas à la longue en terminer avec nos écrits sacrés les plus anciens désormais uniquement pièces mémoires de musée ce qui permettrait enfin de parler pour de bon de paix et d'amour entre les peuples?

Écrit par : Myriam Belakowsky | 12/08/2015

Il faudrait pour cela pouvoir remplacer les textes sacrés par une vision directe du monde spirituel, car les valeurs ne deviennent vivantes que relativement à leur présence dans l'univers lui-même. Les textes restent donc nécessaires, car cette vision directe existe très peu.

Écrit par : Rémi Mogenet | 12/08/2015

Nous savons que notre soleil est condamné
Mythes solaires?
Osiris?
Mort et résurrection?

Plurivers?


Etre "à l'écoute" non hier, aujourd'hui?

Ne pas chercher à vouloir toujours avoir raison?

Au fond, pourquoi?


Préjugés?

Les... "Il ne sera pas dit que"!

Le serpent du paradis, que l'on risque "mental"?!

Écrit par : Myriam Belakowsky | 12/08/2015

Ne pas chercher à avoir toujours raison est une vertu, et cette vertu ne devient valide pour la volonté et l'action humaines que quand l'âme est bien convaincue qu'elle est une vertu de l'univers lui-même; sinon, elle reste pure intention théorique. Or, pour cela, il faut pénétrer l'univers de l'intérieur, dans son âme, et les textes sacrés s'y sont efforcés, il faut donc s'en nourrir.

Écrit par : Rémi Mogenet | 12/08/2015

Ne dit-on pas de l'univers qu'il s'en va mourant?

"Cherchez-moi parmi les vivants"! Plurivers:

Non les "sépulcres blanchis" qui peuvent ressembler à des bandelettes exactement comme du vieux papier jauni.

Si ces "papiers" vieux textes rapprochent, unifient, harmonisent ou pacifient donc, d'accord mais s'ils séparent tout en altérant ou dégradant: divisent? Ces jours on parle de ballets d'étoiles filantes... Se tourner ver l'Art avec mise en scène et/ou chorégraphie adéquates... Danseuses étoiles, certes, et/mais les enfants voire parents ou amis?

Plutôt les vieux mythes?

Tout en respectant évidemment, Rémi, votre sentiment.

Écrit par : Myriam Belakowsky | 12/08/2015

Ce qui divise, c'est la nature: les montagnes, les rivières, les mers, les peuples, les langues. Et les livres qui en émanent, en tant qu'ils en émanent.

Il ne s'agit pas forcément des "vieux" mythes, mais des mythes en tant qu'ils représentent l'âme de l'univers, ou même de l'humanité. Ils peuvent aussi être neufs, chez les écrivains inspirés actuels. Mais tous sont partiels, déterminés aussi par leur milieu, leur époque, aucun n'a de la chose une vision absolue. Il faut donc comparer aussi avec les vieux auteurs, qui sont salutaires.

En fait ce qui fait rejeter tel ou tel livre, ce n'est pas tant son contenu que les dispositions des gens, comme enfermés dans leur tradition propre, c'est à dire le lieu et le moment dans lesquels ils sont. Ce qui fait rejeter radicalement le Coran, souvent, c'est simplement qu'il a été écrit de l'autre côté de la Méditerranée.

Écrit par : Rémi Mogenet | 12/08/2015

Pénétrer l'univers au travers de la caberluche des religieux vous écrivez?

" Or, pour cela, il faut pénétrer l'univers de l'intérieur, dans son âme, et les textes sacrés s'y sont efforcés, il faut donc s'en nourrir."

Il n'est pas étonnant que pour les religieux et leurs royautés la terre était plate comme leur cerveau.

le père
Augustin de Angelis, du Collège Clémentin de Rome,
expliquant habilement le sujet des comètes:

« Les comètes ne sont pas des corps célestes, mais
proviennent de l’atmosphère de la Terre, au-dessous de
la Lune, car tout ce qui est céleste est éternel et
incorruptible, mais les comètes ont un commencement et
une fin, ergo, elles ne peuvent pas être des corps
célestes.»

Vous nous faîtes bien marrer "père Mogenet" ça change de l'actualité!!

Bonnes vacances sur votre blog.....

Écrit par : Pierre NOËL | 12/08/2015

Ce père Augustin des Anges ne devait pas avoir lu saint Augustin de Carthage, qui disait que les anges étaient à distinguer des corps matériels du ciel.

Écrit par : Rémi Mogenet | 12/08/2015

Bonjour,

Je suis astrophysicien et spécialiste du domaine. Avant toute réflexion pseudo-philosophique, je voudrais rectifier une misconception de votre article: non, l'existence de la matière noire et de l'énergie sombre n'est pas démontrée uniquement par la température du fonds cosmique micro-onde.

En réalité, les premières observations montrant l'existence de la matière noire datent des années 1930, soit plus de 30 ans avant même la découverte du fonds cosmique micro-onde. La matière noire est partout, nous l'observons dans toutes les galaxies (des plus petites aux plus grands amas) et même dans la distribution de matière à très grande échelle. Renseignez vous: en 2005, Douglas Clowe et Maxim Markevitch ont démontré de manière très élégante l'existence de la matière noire: ils ont observé dans un amas de galaxies (l'amas du Boulet, ou Bullet cluster) une différence de position entre la matière visible et la matière invisible. Aucune hypothèse provenant du fonds cosmique n'est nécessaire dans ce cas, et seule la présence massive de matière noire peut nous permettre d'expliquer ces observations.

Concernant l'énergie sombre, là aussi les premières observations datent de 1998 et ne requièrent pas d'hypothèses provenant du fonds cosmique. En mesurant la distance d'explosions lointaines (les supernovas) nous avons observé que l'Univers s'accélère, ce qui ne peut pas être expliqué sans énergie sombre. Ces observations ont été corroborées aujourd'hui par plusieurs autres techniques, dont le fonds cosmique.

Bref, l'existence de la matière noire et de l'énergie sombre est aujourd'hui un fait expérimental établi, et non pas "une théorie qui maintenant passe volontiers pour une vérité démontrée". Comprendre la nature de ces forces est une question majeure de la physique d'aujourd'hui, pas une vague hypothèse théorique.

Écrit par : Dominique Eckert | 13/08/2015

J'avoue que le cosmologue qui m'a donné des cours à l'université de Grenoble a dit que différents phénomènes avaient fait naître l'hypothèse d'une matière et d'une énergie noires pour les expliquer. Mais n'étant pas spécialiste, je ne me souvenais pas de tous. Peut-être que je ne me souvenais que du moins important, je ne sais pas.

Il ajoutait que cette énergie et matière noires n'avaient pas encore pu être observées directement. Et il a plusieurs fois utilisé la conditionnelle "si la matière noire existe".

Il a même donné d'autres théories possibles qui avaient été recherchées pour expliquer l'accélération de l'univers, notamment tournant autour de la question de la gravité, mais en précisant que ces autres hypothèses fonctionnaient mal. Il y avait du reste aussi des problèmes, quoique moins importants, liés à l'hypothèse de la matière noire.

Bref, tant qu'on n'a pas trouvé directement la chose, je ne crois pas qu'on puisse certifier absolument qu'elle existe. On peut seulement démontrer la haute probabilité de son existence, et j'ai apprécié la manière de s'exprimer de mon professeur de cosmologie.

Écrit par : Rémi Mogenet | 13/08/2015

J'ajoute qu'il est certainement important de comprendre les forces qui créent ces phénomènes inattendus, et inexplicables à partir de la matière et de l'énergie visibles, mais que j'ai voulu justement faire remarquer que la science actuelle, pour comprendre les forces inconnues, faisait systématiquement l'hypothèse d'une matière inconnue, et que c'est philosophiquement contestable, puisque certains philosophes l'ont contesté. Cela ne veut même pas dire que la matière noire n'existe pas, mais qu'il est possible qu'en fait elle n'explique rien, pas plus que la somme de matière et d'énergie disponibles n'expliquent en elles-mêmes par exemple l'apparition d'un corps vivant de façon autonome à l'intérieur d'un autre corps, dans le phénomène de reproduction - du moins je ne le crois pas. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas eu de matière ou d'énergie disponible naturellement.

Je cite Olaf Stapledon parce qu'il dit que les corps que les astronomes croient mus mécaniquement sont de leur propre point de vue mus par leur volonté, leurs désirs; et effectivement les machines qui marchent toutes seules en fait ça n'existe que fictivement, on n'en a jamais vu.

Écrit par : Rémi Mogenet | 13/08/2015

Je me répète: concernant la matière noire, ce que vous dites n'est pas correct. Nous avons des preuves irréfutables de l'existence de la matière noire, bien au delà des observations du fonds cosmique micro-onde. Je vous renvoie de nouveau aux observations de l'amas du Boulet, voir wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Amas_de_la_Balle . Les théories de la gravité modifiée ne sont pas capables de reproduire les collisions d'amas de galaxies ou la distribution de matière à grande échelle.

De manière générale, votre approche n'est pas scientifique. Scientifiquement, on peut être certain de l'existence de quelque chose sans l'avoir vu, c'est le cas de la matière noire. Ce n'est pas parce que les preuves sont indirectes qu'elles ne sont pas fiables.

Il y a des choses que scientifiquement, nous ne comprenons pas, et c'est le cas (en particulier) de l'énergie sombre. Pour expliquer ce type de phénomènes, il nous faut donc chercher des réponses au delà des connaissances actuelles. C'est le principe même de la science.

Écrit par : Dominique Eckert | 13/08/2015

Comme je l'ai dit, mon professeur de cosmologie a énoncé des conditionnelles du type: "si elle existe". Vous dites autre chose, mais c'est avec lui que j'ai suivi une formation doctorale. Tout le monde ne pense donc pas que les preuves indirectes sont irréfutables. En tout cas tout le monde ne s'exprime pas comme si elles l'étaient. Lui attendait manifestement la preuve irréfutable consistant à montrer directement cette matière. C'est à partir de son cours que j'ai produit mon texte, ses conditionnelles m'ont frappé. Ce n'est pas moi qui ai réellement inventé l'idée de l'incertitude de son existence, je ne fais que répercuter un cours que j'ai suivi à l'université de Grenoble par quelqu'un qui était habilité à le faire, ce qui n'est pas mon cas. Pour moi c'est lui qui fait autorité, c'est donc plutôt à l'université de Grenoble qu'il faut s'adresser.

Par ailleurs, je faisais surtout remarquer que lorsque la science cherchait des explications, des causes, elle regardait essentiellement de la matière, ou du mesurable, et que finalement pour expliquer réellement les phénomènes beaucoup de philosophes avaient estimé que c'était vain, qu'on ne faisait que remonter vers des causes qui toujours échappaient, parce qu'elles étaient au-delà du mesurable.

Comme la matière qu'on découvre en suivant cette méthode fait partie des conditions d'apparition des phénomènes, on ne peut pas dire que cela n'aboutisse à aucun résultat; mais celui qui voudrait s'y prendre autrement en aurait à mon avis le droit. Cependant je n'en connais pas qui sont dans ce cas; je connais seulement des critiques littéraires qui dénient à certains écrivains le droit d'appartenir au genre de la science-fiction parce qu'ils vont effectivement plus loin. Je suppose donc que cela fait écho au refus d'appeler scientifique la démarche qui consisterait à aller plus loin, et qui était celle par exemple de Goethe. Mais le fond du problème n'est pas évidemment ce qui a le titre ou pas, mais de cerner les vraies causes ou non.

Écrit par : Rémi Mogenet | 13/08/2015

Par ailleurs mon professeur de cosmologie nous a bien présenté les faits concernant l'amas de galaxie; mais je ne sais pas comment cela aurait pu l'empêcher d'émettre de temps en temps des conditionnelles du type "si elle existe" pour la matière noire, alors que l'article de Wikipedia auquel vous renvoyez utilise des formulations qui vont dans le même sens: "les études de l'amas de la Balle constituent l'une des voies les plus prometteuses pouvant confirmer l'existence de la matière noire": pouvant confirmer, et non confirmant. Dans la phrase suivante, on évoque "l'hypothétique matière noire". On veut dire: "si elle existe". Il faudrait donc aussi entrer en débat avec Wikipedia. Mais avec moi c'est un peu absurde, je me fie à ce que je lis, ou à ce que j'entends à l'université de Grenoble.

Écrit par : Rémi Mogenet | 13/08/2015

Il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Je vous citerai dons l'article de Wikipedia:

"On a indirectement détecté la masse restante, attribuée à la matière noire, par effet de lentille gravitationnelle sur les objets situés derrière. Les théories qui n'incluent pas de matière noire, notamment la théorie MOND, ne prédisent qu'un effet de lentille dû à la matière baryonique, observée aux rayons X. La force bien supérieure de l'effet de lentille, qui par ailleurs est plus intense en dehors des régions de grande densité gazeuse, indique que l'essentiel de la masse se trouve sous forme non baryonique, c'est-à-dire que l'amas de la Balle est principalement composé de matière noire. Cette hypothèse est en accord avec les simulations numériques."

Et je vous souhaite une bonne soirée.

Écrit par : Dominique Eckert | 13/08/2015

Oui, mais ça reste une hypothèse, non une certitude, même dans votre passage.

Écrit par : Rémi Mogenet | 13/08/2015

@DE: Bref, l'existence de la matière noire et de l'énergie sombre est aujourd'hui un fait expérimental établi

Je ne suis pas entièrement d'accord. Disons que diverses expériences démontrent effectivement des phénomènes qui, si on applique les théories actuelles, impliquent la présence de matière noire et d'énergie sombre. Mais ce sont là des concepts "inventés" pour faire tenir les théories actuelles avec les observations: on n'a définitivement pas observé à ce jour ni l'une ni l'autre... pire on ne sait pas trop de quoi il pourrait s’agir !

Loin de moi de proposer une théorie alternative mais on peut pour le moins admettre l'évidence: la physique actuelle n'explique pas 90% de notre univers ! Peut être que la matière noire et de l'énergie sombre existent bel et bien... peut être sont-ce là que des constructions permettant de faire tenir une théorie erronée (ou incomplète), toutes proportions gardées comme la théorie des sphères homocentriques.

Écrit par : AlexT | 14/08/2015

En tout cas c'est dans ce sens qu'allait mon professeur, et même celui dans lequel au fond va cet article de Wikipedia, car l'attribution de la masse relevée à la matière noire ne semble pas pouvoir relever de la certitude.

D'ailleurs cette question de la source de la masse constamment placée dans de la matière est intéressante, car cela rappelle une idée de Teilhard de Chardin, selon laquelle on cherche le fondement physique de l'organisation de la matière en divisant celle-ci à l'infini sans jamais le trouver, cela ne débouche dit-il que sur une poussière dénuée de sens et de valeur.

Je ne suis pas sûr de saisir la théorie de la gravité modifiée, mais si elle se modifiait de façon aléatoire, peut-être que cela pourrait expliquer l'impossibilité d'en reproduire le modèle.

Si l'imagination s'affranchit de la matière et des rapports calculables, si par exemple comme le faisait Olaf Stapledon on assimile les éléments matériels cosmiques à des êtres vivants, d'autres explications peuvent surgir. Par exemple, lorsqu'on pèse sur une balance un objet, on peut appuyer avec le pouce sur l'autre balance, et cela en mesure la masse; mais elle ne dépend pas d'autre chose que de la volonté humaine, elle ne dépend pas du pouce, ou du premier objet.

Maintenant peut-être que la matière noire existe, je n'en sais rien. Je trouve simplement qu'on est prompt à rechercher des causes matérielles, alors que dans la vie humaine il y en a d'autres et que l'univers n'est pas forcément différent de l'être humain. Et le fait est que Stapledon disait que les nébuleuses et les astres étaient des êtres vivants.

C'était le sens de mon article.

Écrit par : Rémi Mogenet | 14/08/2015

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