03/10/2015

Degolio LXXI: la porte des Ogres

Anemone_nemorosa-me.JPGDans le dernier épisode de cette exemplaire série, nous avons laissé nos héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils venaient de se transporter au-dessus des ruines de Noscl dans le vaisseau spatial de Captain Corsica; et celui-ci avait montré ses ruines, interrompant son discours.

Le Génie d'or regarda alors, et aussi le Cyborg d'argent. Une clairière, dans l'épaisse forêt, laissait passer l'éclat d'une rivière d'argent, et montrait des buttes de gazon pleines de fleurs, qui étaient les tombeaux des hommes de Noscl. C'est là, non loin de la rivière, sur la berge de sable clair, que Captain Corsica se posa.

Le vaisseau spatial toucha le sol sans bruit, et les trois héros, lorsqu'ils en sortirent, n'en firent pas davantage. Captain Corsica en tête, ils s'approchèrent de la tombe des parents de Sainte Apsara, Teledin et Salited.

Là, ils virent des anémones et de l'herbe écrasées, et des traces de sang. Certaines étaient rouge vif: elles venaient des veines de Talcarède, et brillaient encore, car telle est la vertu du sang des Immortels; et d'autres étaient noires et gluantes, et venaient des Ogres.

Des arbustes avaient des branches rompues; derrière l'un d'eux, dégageant une puanteur affreuse, un Ogre mort était étendu. Une plaie béait dans son torse, et l'on voyait son cœur noir; et les vers le ahriman steiner beeld.JPGdévoraient déjà, comme si dès son vivant son corps eût été pourri. Les membres n'étaient déjà plus liés les uns aux autres qu'à peine; et lorsque le Cyborg d'argent voulut lui arracher un long poignard qu'il tenait en main, celle-ci vint sans le bras, et celui-ci se détacha à demi de l'épaule. L'arme, sale, noire, hideuse, barbelée, fut rejetée par le Cyborg, qui vit sur la lame l'éclat glauque du poison.

D'autres taches de sang noir ponctuaient un chemin qui s'en allait vers le nord; parfois elles cessaient, mais d'autres traces d'un passage existaient: branches cassées, herbe piétinée, empreintes de pieds et de bottes. Les trois hommes les suivirent, et parvinrent à un rocher moussu, que surmontaient des halliers. Les traces y menaient, puis disparaissaient.

Captain Corsica connaissait les mœurs et le mode de vie, la manière dont se logeaient les Ogres; et il annonça qu'il fallait, dans ce rocher, chercher une porte.

Ils la cherchèrent, mais tout semblait normal; les pans de rocher ne bougeaient pas, et semblaient naturellement joints. Si camouflage il y avait, il était parfait.

Captain Corsica assura qu'il venait d'un sortilège qui en créait l'illusion. Alors le Génie d'or lui demanda de s'écarter, car il allait éclairer le lieu de sa lumière de vérité. Et il leva son bâton, et le cristal serti dans l'argent de son extrémité se mit à luire; il prononçait, d'une voix basse, sourde, des paroles étranges, dans la langue de son peuple; et cela ressemblait à une formule, à un charme.

La lumière verte s'accrut, et comme le Génie l'approcha du rocher, elle fit disparaître le prestige; les trois hommes purent voir ce qu'il en était: sur la droite du rocher, la forme d'une porte apparut, avec le loquet. Il était simplement en bronze. La porte était d'acier dépoli. Captain Corsica s'avança pour placer sa main sur le loquet, mais le Cyborg d'argent s'interposa, lui demandant de se souvenir de ce que lui avait dit son père; le héros de la Corse libre hésita, puis le laissa ouvrir la porte à sa place.

Nous ne saurons ce qu'il en advint qu'une fois prochaine: nous découvrirons quels étaient les horribles gardiens de la porte.

09:09 Publié dans Captain Córsica, Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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