29/11/2015

Degolio LXXV: dans l'antre des Ogres

ellison_cave_mini.jpgDans le dernier épisode de cette terrible série, nous avons laissé nos trois héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils s'apprêtaient à descendre l'escalier fatidique menant au royaume des Ogres; Captain Corsica venait juste d'exiger de passer le premier, pour ne laisser personne être blessé à sa place.

Solcum tourna la tête vers lui, et sembla comprendre. Il le laissa passer. Le Génie d'or ensuite regarda le Cyborg d'argent, et lui demanda de marcher devant lui, entre les deux, afin qu'il pût surveiller leurs arrières et voir de loin ce qui pouvait se tramer: car avec son bras en moins, le Cyborg était maintenant sûr d'être le plus faible des trois. Celui-ci acquiesça, et descendit les marches à la suite de Captain Corsica, déjà descendu.

Dans l'escalier, des torches éclairaient de loin en loin, placées dans des têtes de dragon gravées dans l'or. Les trois héros ne pouvaient douter qu'ils étaient attendus; et ils sentaient qu'on les observait. Dans les ténèbres des rochers, ils distinguaient parfois des lueurs, qui aussitôt disparaissaient.

Ils descendirent ainsi de nombreuses marches, presque étonnés que le repaire des Maufaés fût si profondément enfoui. L'escalier était tout droit, et une paroi rocheuse l'enserrait de chaque côté. Mais bientôt, le plafond s'éleva, et sur la gauche, le rocher s'arrêta, laissant le bord des marches dans le vide. La roche, d'abord, en pente douce, tombait de plus en plus vite dans un gouffre où les trois héros ne distinguaient rien, malgré leurs yeux semi-divins.

Soudain, à leur droite, d'une faille dans le rocher, surgit un tentacule, qui agrippa Captain Corsica, et le saisit au bras, l'attirant vers la faille; un autre tentacule surgit, et le saisit au cou, et encore un autre lui saisit l'autre bras, le privant de toute possibilité de mouvement. Le Cyborg d'argent voulut bondir à son secours, back_pipe_2_1.jpgmais un marteau énorme se fit voir, brandi depuis la faille; et une main le maniait, et l'abattit sur le Cyborg, qui s'en trouva assommé, et envoyé au bas des marches, qu'il dévala. Le Génie d'or vit qu'un Ogre puissant et massif secondait le monstre aux tentacules pour lui permettre de saisir Captain Corsica sans être gêné par ceux qui voudraient l'empêcher. S'arrachant à la faille, il apparut, vêtu d'une armure épaisse, et d'une taille qui dépassait celle du Génie d'or.

Mais, sans attendre, celui-ci se changea en sa fumée bleue ordinaire, et l'Ogre, lorsqu'il voulut abattre sur lui son marteau, ne rencontra que le vent. Il reprit sa forme solide derrière le guerrier géant, et, de l'extrémité inférieure de son bâton munie d'une pointe d'argent, il lui frappa le dos, lui causant une douleur formidable; car il brisa sa cuirasse et fendit sa peau, pourtant dure comme de l'écorce de chêne, et un sang noir coula. Tenant toujours son bâton arraché à la plaie du monstre, le Génie d'or se retourna et fit jaillir, de l'émeraude qui l'ornait, un rayon fin et vert, trait de feu concentré à l'extrême, qui troua le tentacule qui tenait le héros corse au cou. Le souffle libéré, Captain Corsica put s'arc-bouter sur la paroi rocheuse et empêcher le monstre de l'attirer plus avant dans la faille.

Le Génie d'or voulut envoyer un autre trait de sa gemme luisante, mais l'Ogre derrière lui avait tourné sur lui-même, malgré sa blessure sanglante, et, du revers de son lourd marteau, il le frappa. Le coup ne fut pas porté avec une force énorme, car le géant avait fait au plus vite et son élan était faible; mais il suffit à jeter violemment le Génie d'or sur la paroi rocheuse.

Captain Corsica perdait du terrain: le monstre caché de nouveau étirait un tentacule vers son cou, et il avait le plus grand mal à l'empêcher de le saisir, et ne parvenait pas à se libérer les bras.

Déjà l'Ogre, son équilibre repris, se précipitait vers le Génie d'or pour lui asséner un autre coup, plus décisif. Et Solcum, encore étourdi, n'avait point la force de se concentrer pour se changer en brume bleue. Il évita, en se couchant, un coup latéral du marteau, qui fit un trou profond dans la roche.

Mais cet épisode commence à être long; il faudra, pour la suite de ce terrible combat, attendre une autre fois. Il ne fera que s'amplifier, croyez-le bien.

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25/11/2015

La nécessité de la culture régionale (III)

J'ai évoqué, les deux dernières fois, la nécessité de rendre la République plus concrète, en France, de tirer l'allégorie de Marianne vers la mythologie et le merveilleux, et donc de cesser de l'opposer à la madone des églises, en suivant l'exemple de Charles de Gaulle. Or, cela renvoie à la culture locale, en tant qu'elle 1424898628.jpgs'oppose à la culture intellectualisée et agnostique qui prédomine à Paris, et qui a effectivement épuré la figure de la patronne de la France jusqu'à l'allégorie. Ce que je ne dis pas être mauvais en soi, mais partiel et insuffisant, et illusoirement satisfaisant pour l'ensemble du peuple.

Il faut à ce sujet évoquer Honoré d'Urfé, écrivain du début du dix-septième siècle qui sut, dans l'Astrée, redonner à la France une image d'elle-même qui fût palpable, après les tendances à l'abstraction et à la dispersion du siècle précédent: car on y avait dissous la France dans les peuples de l'antiquité, par exemple en inventant que les Francs venaient de Troie, à l'image de ce qu'avaient fait les poètes latins pour les Romains. Mais ceux-ci y croyaient, tandis que Ronsard, dans son épopée factice, ne s'adonnait qu'à une plate imitation, à une transposition presque littérale d'un procédé ancien.

Honoré d'Urfé inventa, lui, la figure de Galathée, mère de tous les Gaulois. Mais au lieu de la placer dans un pays étranger et lointain, en Phrygie, il éprouva le besoin de la relier au paysage visible, à une contrée qu'il connaissait bien, afin que cette allégorie redevînt charnelle, qu'elle s'insérât dans la réel - et il la plaça dans le Forez, au bord du Lignon, dont sa famille et lui-même étaient originaires.

Peut-être, somme toute, n'était-elle que le bon esprit du Forez, agrandie facticement par l'écrivain jusqu'au statut de mère de tous les Gaulois. Son orgueil régionaliste a pu le rendre invraisemblable. Mais il a quand même montré une voie, ou manifesté une tendance fondamentale dont il faut forcément tenir compte, notamment dans l'éducation: le besoin de relier les idées pures à la vie et de les placer dans le paysage qu'on a à portée de main.

La culture dite nationale, en France, est excessivement abstraite, déjà parce qu'elle se veut nationale, et que l'horizon des enfants est celui qu'ils ont sous les yeux. Ce n'est jamais la France tout entière, avec tous ses départements, que les individus ont à portée de main - qu'ils fréquentent couramment. Ils se sentent simplement appartenir à une région, qu'on s'en plaigne ou qu'on s'en réjouisse. Et c'est malencontreusement mépriser l'homme réel, l'homme inséré dans son corps - et, avec lui, dans un lieu -, que de le contraindre à n'appréhender la culture qu'au travers de principes globaux. Cela ne marche d'ailleurs pas, et dans le meilleur des cas, chacun fait comme Honoré d'Urfé, confondant l'esprit de sa vallée avec celui de la nation. Mais dans le pire, on peut rejeter cet esprit abstrait qu'on veut imposer, et s'en détourner.

J'en veux pour preuve ce qui s'est passé au lendemain des derniers attentats de Paris: les Parisiens n'ont pas invoqué alors la devise de la République, mais celle de leur cité, Fluctuat nec mergitur: elle date du temps fluctuat-nec-mergitur_resized.jpgdes rois, et définit l'âme de Paris. Mais pas de la France. L'esprit de Paris la murmure dans l'ombre - et jadis, peut-être, celle que la légende a appelée sainte Geneviève en fut l'oracle. Une belle devise; mais régionale: locale. Lorsque le danger se fait pressent, lorsqu'on retourne aux symboles enfouis, qu'on se raccroche à eux, on invoque la devise de la ville - pas celle de la République.

Les deux ne sont pas contradictoires: l'un est la déclinaison locale de l'autre, si on veut. Galathée n'était pas la mère de tous les Gaulois, peut-être - mais l'une de ses premières filles, mère à on tour des Foréziens. Il y a un rapport de filiation de ce type, entre l'esprit global, et l'esprit local. Mais cela ne signifie pas l'identité. Galathée n'est pas Marianne, le Forez n'est pas Paris.

En reliant la culture régionale à l'esprit de la République, on permettra que celui-ci apparaisse comme concret, charnel, physique. Or cela n'est pas du tout infaisable: car il n'est pas vrai que les régions s'opposent à la nation, comme trop de gens se l'imaginent – pensant, peut-être, qu'ils les seuls représentatifs de l'ensemble, et voyant les autres se différencier d'eux. J'en donnerai ultérieurement des exemples précis.

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23/11/2015

L'allégorie vivante de la République (II)

SophieAndersonTakethefairfaceofWoman.jpgAvant-hier, j'ai écrit que pour rendre vivante la République, il fallait tirer son allégorie vers la mythologie: en quelque sorte faire de Marianne une déesse, ou une reine des fées.

Il y a quelqu'un d'important qui le savait bien, et qui l'a fait: Charles de Gaulle. La République, telle que la peignaient les philosophes, lui paraissait si abstraite! Il voulait la ressentir mieux, la rendre plus intime. C'est pourquoi – j'en ai souvent parlé – au début de ses mémoires il l'assimile à la madone des églises et à la fée des contes. Pour lui, elle était la France de toujours. La démocratie n'était que son habit du temps.

Il reliait celle-ci au merveilleux médiéval, plus concret que le fantastique républicain - ne tendant pas aussi nettement à l'allégorie, ou à l'intellectualisme. La France était pour lui une personne réelle: non une simple idée. Seulement s'il en était ainsi pouvait-on l'aimer, et se sentir aimé d'elle.

Au treizième siècle, les mots qui désignaient la France appartenaient à la langue française telle que les siècles l'avaient spontanément forgée: France, c'est le pays des Francs, et le mot a évolué naturellement à partir du latin médiéval; royaume, c'est le domaine du roi, et le mot est également spontané, naturel, populaire: il a été formé en France même.

Les mots de la République, au contraire, viennent tous des savants; ils ont été artificiellement importés du latin longtemps après l'apparition du français: même le mot république est dans ce cas, et il ne traduit pas la chose publique, comme on le prétend, mais la chose du peuple: car public est aussi un latinisme.

Je ne dis pas cela, qu'on le croie bien, pour qu'on en revienne à la royauté; les progrès intellectuels ne font aucun mal en soi. Mais la médaille a un revers, et j'en parle pour qu'on prenne conscience de ce que BelliniGiovanniMadoneDesFrari.jpgcela implique: il faut à présent faire redevenir la France populaire en intégrant mieux la république et ses termes spécifiques à la culture de tous, profondément liée à la nature du lieu. Le latin appartient à la Rome antique; en se déplaçant, il a changé de forme.

Il s'agit, pour lier en profondeur les concepts pris de l'antiquité au monde moderne, de passer par la France médiévale, en faisant apparaître la continuité. Ce qui s'est imposé depuis la science des juristes parisiens s'est ajouté à la France créée par les rois francs; mais cela ne l'a pas remplacé: pas du tout. La table rase est une illusion: que Paris ait été conservée comme capitale alors que ce sont les Francs qui en ont fait une ville puissante le montre assez. De Gaulle en avait simplement conscience.

On peut alors donner, à l'allégorie de Marianne, les traits des saintes médiévales, de façon légitime: oui, elle se confond avec sainte Geneviève patronne de Paris; c'est le visage qu'elle avait à une autre époque. Plus faux, peut-être, mais aussi plus parlant, plus vivant. Et il est mauvais de s'en couper, car dans sa part de vitalité et d'expressivité est aussi une vérité, qui échappe à l'allégorie.

Marianne ne s'oppose pas à la madone des églises: elle l'affine intellectuellement, mais il s'agit bien de la même personne.

Les allégories, de fait, ont un sens clair pour les citadins qui côtoient, peu ou prou, des universités, des grandes écoles; mais pour le peuple des villages, ou des petites villes, croire qu'elles éveillent en lui quelque chose de net est irréaliste: c'est ne voir le réel qu'à travers l'intellectualisme parisien. Il y a de l'orgueil, à croire que l'intellectualisme est le sommet de l'humanité et que ceux qui ne le partagent pas sont méprisables. C'est à cet orgueil - tentation spontanée - qu'avait su partiellement remédier De Gaulle avec sa fée des contes et sa madone des églises.

Il n'est donc pas bon de s'en prendre, depuis Paris, à ceux qui ont une dévotion à la sainte Vierge - symbole parlant, en un lieu donné, de l'âme collective. Ce qui m'amènera, dans un prochain article, à parler de la nécessité d'accorder une plus large place à la culture régionale.

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21/11/2015

La République et ses enfants (I)

ben3_francois_001z.jpgOn a pu établir que le nombre de partisans de l'État islamique était plus grand en France que dans aucun autre pays d'Europe. Or, les principes en sont contraires à ceux de la République et à ceux qui sont enseignés par l'école d'État en France. Comment l'expliquer? Comment expliquer que ces principes dits républicains parlent aussi peu à la jeunesse - parlent en tout cas trop peu pour empêcher cette situation?

L'éducation en France est essentiellement intellectualiste, et c'est peut-être en soi un signe d'intelligence, mais c'est aussi un signe de méconnaissance de l'enfant. On ne le voit trop souvent que comme un intellect en formation, alors qu'il est bien autre chose. Il appréhende le monde émotionnellement. Et c'est fondamental d'en tenir compte, lorsqu'on enseigne les valeurs de la République, car l'intellect dans l'absolu est relativiste, et une adhésion repose sur le sentiment.

La République a des symboles, et, comme l'a dit François Hollande, elle aime tous ses enfants: on peut la ressentir en théorie dans son cœur. Mais elle demeure abstraite. Quand on la représente sous la forme d'une image, il s'agit d'une allégorie, de Marianne. Or, l'allégorie est une figure à peine arrachée à l'abstraction de l'intellect, et qui ne marque pas sa distance vis à vis de l'idée pure, de la sphère intelligible de Platon - qui ne descend pas jusqu'à la vie. Comme dit la Bible des idoles antiques, elle ne parle pas, ne se meut pas, n'est faite que de matériaux morts - les substances du cerveau, peut-être; et elle ne touche pas au cœur.

Pour y remédier, il faut la tirer vers la mythologie. Les poètes allégoriques chrétiens en ont donné l'exemple, de Prudence au sixième siècle à Jean de Meung au treizième. C.S. Lewis plaçait même, parmi eux, Dante.

Intellectuellement, le poète admet qu'il s'agit d'une allégorie; mais ensuite il compose son poème comme s'il s'agissait d'une réalité vivante, d'une expérience directe de l'existence. Chez Prudence les vertus et les vices louvreedu10.jpgpeuvent aussi être assimilés à des forces objectives, quoique cachées, mystérieuses; et chez Jean de Meung il en va de même, la fin de son Roman de la Rose voyant arriver, dans le monde théorique, la déesse Vénus.

Un auteur américain contemporain dont j'ai déjà parlé a pareillement rendu extraordinairement vivante l'allégorie: c'est S.R. Donaldson, dans sa série Thomas Covenant. Lorsque ses personnages, depuis ce monde-ci, sont plongés dans le monde allégorique, il s'agit d'une réalité à laquelle ils doivent croire, et dans laquelle leurs forces morales sont incarnées par des êtres fabuleux.

Victor Hugo, il faut le dire, a tendu, dans sa poésie, à faire, des allégories républicaines, des forces morales cosmiques, objectives. Il faut procéder de cette façon. La liberté, l'égalité, la fraternité, doivent être trois fées envoyées par la reine céleste, la brillante Marianne, pour inspirer les héros, ou ceux-ci doivent entrer dans des mondes parallèles dans lesquels ces idées sont de véritables personnes. Ils doivent rencontrer la liberté, l'égalité, la fraternité, et elles doivent les mettre à l'épreuve, sous la direction auguste de la reine des peuples. On peut en faire des contes.

Néanmoins, le genre en est nouveau. Il est difficile de tout inventer d'un coup. Les auteurs qui ont procédé de cette façon ont souvent, par conséquent, utilisé des figures préexistantes. J'en donnerai des exemples une autre fois.

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17/11/2015

Degolio LXXIV: un sang lunaire coulait dans ses veines

Weeping-woman.jpgDans le dernier épisode de cette horrifique série, nous avons assisté à la victoire de nos trois héros (le Génie d'or, Captain Corsica, le Cyborg d'argent) sur les hideux dragons qui gardaient la porte de l'antre des Ogres ainsi que sur leurs progénitures. Une restait vivante et au moment où le Génie d'or s'apprêtait à l'achever, il fut arrêté par ce qu'il aperçut au fond de ses yeux étranges.

Dans un abîme, il crut voir des formes de femmes luisantes - mais torturées, hurlantes, terrifiées -, et il sut de quoi étaient nées ces bêtes ailées; il en ressentit du dégoût, et de la peine - de la peur, lui-même. Ce que voyant, le monstre plissa les yeux, et une flamme sombre s'y plaça, et de son aile gauche, aux bords coupants, il tenta, par un coup, de trancher l'armure du Génie. Mais celui-ci l'avait deviné; et, avant que la bête ne pût achever son mouvement, il abaissa brutalement son bâton et la transperça, lui défonçant la poitrine.

Elle sursauta, violemment trembla, puis vomit un sang noir, fumant, et acide. Le héros se jeta en arrière, évitant le flot et ses gouttes; mais l'une d'entre elles atteignit sa cuirasse, qui se mit à fumer, et fondre. Il plaça aussitôt la gemme de son bâton au trou créé: l'œuvre de malfaisance s'arrêta, et l'armure ne subit point d'autre dommage. Mais en vérité, le liquide avait pénétré jusqu'à la chair, et Captain Corsica ne fut pas from-deadpool-to-moon-knight-these-superheroes-need-a-tv-show-434925.jpgsurpris de voir couler un sang blanc, qui étonna bien davantage le Cyborg d'argent; il regarda ce ruissellement semblable à du lait, mais luisant, et ne put en détacher de longtemps ses yeux.

Captain Corsica s'en aperçut, et lui dit: La Lune semble avoir imprégné le corps de notre ami de sa lumière; ou bien dans ses veines circule-t-il le sang de cet astre? Et il sourit, en regardant le Génie d'or. Celui-ci ne répondit rien; son visage, sous son heaume, demeura impénétrable. Mais ses yeux étaient orientés vers ceux de Captain Corsica. Dans sa plaie était un éclat de neige, mais Solcum la recouvrit de sa cape, en la ramenant sur son flanc.

Pendant ce temps, l'âme de la créature s'était enfoncée en gémissant dans les ténèbres, rejoignant l'abîme dont elle était issue.

De son œil qui perçait le voile des mondes, le Génie d'or la vit. Puis elle disparut: même ses yeux magiques ne purent plus la distinguer. Si profond était le gouffre des âmes perdues!

Dieux, s'écria le Cyborg d'argent, quelles bêtes infectes!

- Oui, répondit Captain Corsica, elles sont véritablement immondes; on les appelle Ternifels, et elles sont nées d'une union illicite entre des géants de l'abîme et des filles de Noscl, capturées et violées, asservies pour donner le jour à une nouvelle race de guerriers. C'est un des plus grands crimes d'Ortrocos et de ses sbires.

- Il en est d'autres, cependant, fit le Génie d'or de sa voix étrange, comme venant de très loin; et pour éviter que Sainte Apsara ne subisse le même sort, courons à son secours.

Aussitôt qu'il eut dit ces mots, il se dirigea vers l'escalier plongeant dans l'obscur gouffre. Et Captain Corsica le suivit, et l'arrêta: Cette fois, dit-il, c'est à moi d'y aller en premier; on ne marchera pas devant moi dans cette quête, quel que soit le danger.

Ce qu'il en advint ne pourra vous être dit, hélas, qu'une autre fois, cet épisode commençant à être long. On connaîtra alors de toute façon l'intérieur de l'escalier souterrain, et qui le peuple.

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15/11/2015

Paris

Paris_-_Blason.jpgJe suis né à Paris, et j'y ai vécu, et c'est la capitale de la France. C'est aussi une ville, où les gens vivent ordinairement. Les tueurs s'en prennent au peuple de Paris faute sans doute de pouvoir s'en prendre aux membres du gouvernement, qu'ils ne pourraient pas approcher. S'ils ne pouvaient pas approcher de Paris, ils s'en prendraient à des Français ailleurs, dans d'autres villes.

Néanmoins dans ces groupes de tueurs islamistes il est troublant qu'il y ait pour l'instant toujours des ressortissants de Paris ou de sa proche banlieue. Ils sont dirigés depuis l'étranger, c'est entendu, mais que ces organisations étrangères trouvent des alliés parmi les communautés qu'elles veulent assaillir montre que le problème est aussi social.

Paris ne fait plus rêver comme autrefois, ou du moins la République, et il manque un élément porteur, susceptible de créer une unité, un dynamisme polarisant.

Cependant, il ne faut pas s'imaginer que c'est parce que quelque chose de proprement républicain s'est effondré. Au temps où Saint-Germain-des-Prés et Jean-Paul Sartre rayonnaient sur le monde, les philosophes français prenaient parti pour des organisations et des régimes reniés par l'évolution historique: ils soutenaient Staline, Mao, Pol Pot. Alors, disait-on, la France parlait à l'humanité entière: elle était universaliste; elle s'intéressait aux autres nations. Mais de quelle manière? La chute de l'Union soviétique a aussi désenchanté l'histoire en ce qu'elle a fait apparaître le soutien des intellectuels français aux pays communistes comme ayant été une erreur.

Récemment, André Glucksmann est mort. Il avait été maoïste, puis il est devenu un soutien de la guerre en Irak. Jacques Chirac avait tenté de s'opposer aux Américains sur ce sujet, mais je ne me souviens pas qu'un soutien de masse des philosophes français ait alors existé. Rapidement, Nicolas Sarkozy en Lybie, François Hollande en Syrie, ont épousé la cause américaine, mettant fin, il faut l'admettre, à l'originalité française.

Celle-ci ne s'est pas vue davantage parmi les philosophes, qui s'en prennent aussi à ce qui est combattu par les Américains et leurs alliés français. Personne ne songerait à les en blâmer. Même s'il faudrait apporter des nuances, car il est admis que l'État islamique a un squelette fait de l'armée irakienne dissoute par les Américains. Mais ce n'est là qu'un aspect superficiel quant à ce qui fait réagir en profondeur les philosophes de Paris. Car Marx prétendait constituer une philosophie scientifique, fondée sur le matérialisme historique, et cela s'accordait avec la philosophie dominante de Paris, celle des Lumières, ou le positivisme de Comte. Le lien entre les régimes communistes et la philosophie parisienne était justifié par les soubassements, les Voltaire#1.jpgfondements théoriques. Ce n'est évidemment plus le cas avec l'État islamique, puisqu'il faut admettre que Voltaire, quand il critiquait Mahomet, ne le faisait pas différemment du Moyen Âge chrétien. Ses idées étaient bien les mêmes que celles de la Légende dorée. Il faudra attendre Victor Hugo et le romantisme pour que des écrivains s'intéressent de façon plus positive au contenu de la religion musulmane, et encore, chez Hugo, cela n'empêchait-il pas le rejet de son dogmatisme. Henry Corbin, passionné par le contenu ésotérique de la tradition islamique, rejetait, pareillement, l'Islam politique.

Néanmoins, un problème se pose. Si la politique de la France n'a plus rien d'original, doit-elle être en première ligne? Il me paraît évident qu'elle accomplit la politique américaine. Dire même qu'on ne veut ni de Bachar al-Assad ni de l'État islamique, n'est pas proposer une solution réaliste. On s'en repose pour le sujet à l'Amérique. Quand la Russie fait un choix clair, le gouvernement français reprend naïvement à son compte les critiques américaines. Les Américains, j'ai le sentiment, utilisent à cet égard la fierté nationale française, le désir de jouer un rôle important. La France ne devrait-elle pas se mettre en seconde ligne? A-t-elle les moyens de se protéger elle-même?

D'un autre côté, dit-on, si un gouvernement acceptait de jouer les rôles de second plan, le peuple ne le lui pardonnerait pas: il veut que la France soit en première ligne. Peut-être sur ce sujet faudrait-il le consulter.

Quoi qu'il en soit, puissent les victimes trouver la paix dans la lumière.

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12/11/2015

Adelin Ballaloud par Mickaël Meynet

Ballaloud 001.jpgMickaël Meynet, l'auteur des Frahans (2009), publie un nouveau livre, consacré à Adelin Ballaloud (1823-1881), homme politique savoyard du dix-neuvième siècle, libéral et nourri de symbolisme maçonnique, et qui a œuvré à Samoëns, dont il fut syndic et maire. Il est sous-titré Un républicain précurseur, et on voit apparaître sur la couverture, également, que j'en ai assuré la préface. Et quoi de plus normal? Il est excellent, et restitue parfaitement l'atmosphère politique de la Savoie du Risorgimento, à l'époque du Statut constitutionnel de 1848: un fort courant libéral s'est alors fait jour, plein d'enthousiasme, et a commencé à faire pièce au parti conservateur et catholique, majoritaire. En particulier, dans le Faucigny, il était puissant, par l'influence de Genève.

Ma famille étant de Samoëns j'ai été amené à étudier en particulier l'histoire de cette paroisse, et à travailler aussi sur Jean-Alfred Mogenet, mon arrière-grand-oncle, poète dialectal qui politiquement était à l'opposé de Ballaloud. Les positions étaient claires, et tranchées: pour Ballaloud, le progrès technique et scientifique amenait forcément un progrès social; pour Jean-Alfred Mogenet, il dénaturait l'être humain et provoquait sa déchéance morale en coupant son lien avec une Nature abritant la divinité.

Pour les progressistes la divinité était à l'horizon du progrès et du travail humains. Car Ballaloud n'était certainement pas athée, s'il rejetait le catholicisme.

Sa famille n'était pas originaire de Samoëns, mais de la vallée de l'Arve; lui-même s'est marié avec une Genevoise. Il plairait à mon camarade Philippe Souaille, grand libéral-radical devant l'Éternel.

J'ai bien aimé le livre de Mickaël Meynet parce qu'il fait apparaître l'intériorité de Ballaloud, son âme: il ne se contente pas des faits extérieurs. Il le montre fasciné par les symboles maçonniques hérités de ses ancêtres, qui les avaient acquis avant la Révolution: il les contemplait dans son château du48733410.jpg Bérouze et il sentait naître en lui la flamme. Celle-ci s'est cristallisée ensuite dans ses écrits, rédigés à l'intention de l'association de la Pipe-gogue, se réclamant de la fumée du tabac où sont enclos des mystères et des assemblées païennes jadis interdites par l'Église. Puis, devenu secrétaire de la Société des Maçons (issue de la confrérie des Frahans, ou tailleurs de pierre de Samoëns), il déploie, dans ses comptes-rendus de séance, un utopisme social mêlé d'humour.

Chez les Mogenet pendant ce temps on essayait de s'enflammer une fois encore pour les symboles traditionnels, les croix, les chapelles, les oratoires, et ce qui était lié aux ducs de Savoie; ce n'était pas facile. Les temps n'y étaient pas favorables. Ballaloud avait le vent en poupe et il devint maire sous Napoléon III, chargé de faire passer les décisions du Préfet auprès des habitants. Ce n'était pas facile non plus, et le romantisme était fini: Ballaloud était devenu une sorte de moraliste laïque.

Il faut dire que l'antagonisme symbolisé par ces deux camps existe toujours plus ou moins à Samoëns, et qu'il donne lieu à quelques batailles.

Un livre donc très éclairant que celui de Mickaël Meynet pour bien comprendre les enjeux politiques internes à la Haute-Savoie, le socialisme y étant resté assez minoritaire.

Mickaël Meynet
Adelin Ballaloud 1823-1881. Un républicain précurseur
Le Tour Livres
160 pages
18 €

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08/11/2015

Le vrai sens de l'histoire (Heimberg, Barbier, Hugo)

11 Antoine-Etex-Resistance.jpgLe 22 janvier 2014, le professeur à l'université de Genève Charles Heimberg signait sur Médiapart un article dans lequel il s'en prenait à un livre d'histoire de Claude Barbier, que je connais bien. Il lui reprochait, en un mot, de mettre sur le même plan les résistants et les nazis, durant la Seconde Guerre mondiale, au nom du fait objectif. Barbier évoquait en effet l'assassinat par la Résistance de traîtres ou de prisonniers.

Ce qui est intéressant, de mon point de vue, est que Charles Heimberg citait Victor Hugo à l'appui d'une conception de l'histoire qui ne se contente pas du vrai objectif, mais délivre aussi une vérité morale. Or, le problème, pour celui qui connaît bien Hugo, apparaît immédiatement. Dans ses poèmes, et même ses romans, il plaçait des images spirituelles du bien et du mal: des anges, des démons, des monstres. La substance morale était explicite, directement nommée. C'est même sa force et son génie d'avoir utilisé ces figures dans un autre sens que celui du catholicisme, qui jusque-là les avait véhiculées - de l'avoir fait en faveur du Progrès et de la Révolution. L'exemple le plus éclatant est contenu dans son chef-d'œuvre posthume La Fin de Satan: l'esprit céleste de la Liberté y anéantit l'esprit du féodalisme, un squelette dans un linceul. Ce caractère explicite est sans doute ce qui a empêché Hugo de publier le poème de son vivant. Mais le révolutionnaire Gauvain, dans Quatrevingt-Treize, est assimilé à l'archange de la Justice et de la Liberté par son ami Cimourdain, qui, au-dessus de lui, en a la vision. Ce n'était pas, chez Hugo, une simple ruse rhétorique pour contrer Joseph de Maistre et faire prendre un autre pli à son imagination mythologique: cela participait chez lui d'un acte de foi.

Il recommandait aux historiens de l'imiter. Mais c'est là que la difficulté surgit: l'histoire n'est pas la poésie, ni même un roman. Le merveilleux y est en principe proscrit. Or, c'est par le merveilleux que la substance morale se manifeste. C'est par lui qu'elle devient une forme de connaissance. Car sinon, en théorie, l'histoire ne s'appuie que sur les faits matériels avérés. Et c'est guidé par cette théorie que Claude Barbier s'adonne à un relativisme qui choque Charles Heimberg, pour qui il s'agit aussi de montrer le bien et le mal.

Mais Hugo n'aurait-il pas dit, dès lors, qu'il s'agit de montrer le diable inspirant Hitler et ses partisans, et william_blake_-_the_great_red_dragon_and_the_woman_clothed_in_sun.jpgles anges guidant les résistants? Car il se prévalait bien de dons de vision, d'une forme de clairvoyance prophétique.

Néanmoins, on voit apparaître l'écueil: chacun ajoute à l'histoire les images qui conviennent à son sentiment de la vérité. La poésie est libre. L'imagination l'est aussi.

Le souci est peut-être, plus encore, qu'on ne veut pas de ces images qui rendent substantielle la vie morale. Elles dévoilent que toute histoire porteuse de sens tend à la mythologie.

Pourtant, j'avoue penser comme Hugo qu'il faut l'assumer: qu'on peut faire du bien et du mal des principes objectifs, des impulsions qui s'imposent au raisonnement humain, et pénètrent les hommes et les femmes par le cœur, l'âme. Mais je suis sceptique sur une histoire qui, rejetant le symbolisme des bons et mauvais esprits, se pose comme s'appuyant sur des faits objectifs et en même temps comme établissant une vérité d'ordre moral. On ne voit pas forcément d'où celle-ci peut venir. Et le sentiment peut naître qu'elle est imposée par un gouvernement, une force publique, en fonction de ses intérêts.

Même si elle suppose une liberté totale qui est le propre des poètes, la voie proposée par l'imagination hugolienne est positive parce qu'enthousiasmante: je crois qu'elle serait bien plus à même de former les âmes aux vertus civiques qu'une histoire qui pose le sens moral comme évident, obligatoire. Car on s'illusionne, si on croit que, même à l'école, cela ne peut pas être contesté. La liberté est une donnée organique de l'être humain: elle suppose aussi celle de se tromper.

J'ai un jour écrit que les anges étaient sur les sommets du plateau des Glières lorsqu'on y célébrait les morts; pour moi, c'est par le déploiement du symbole que l'histoire peut être porteuse.

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06/11/2015

Jacques Peletier du Mans sur l'Almanach de Savoie

Almanach 2016 001.jpgL'Almanach des Pays de Savoie 2016 des éditions Arthéma est paru et j'ai l'honneur d'y avoir deux articles, un sur Jacques Peletier, poète français de La Pléiade, au seizième siècle, qui a écrit un poème sur la Savoie, et un autre sur Auguste de Juge, un poète savoisien du dix-neuvième siècle, charmant et élégant. Le premier révèle qu'on faisait en réalité couramment, à son époque, l'ascension des montagnes aisément accessibles, et que lui a fait celle du Môle, au-dessus de Bonneville. Comme on en fait toujours des tonnes sur l'histoire de l'alpinisme qui aurait commencé avant-hier, les vers où il en parle m'ont amusé. Le Môle notamment a été plus tard gravi par Horace-Bénédict de Saussure qui en parle comme s'il accomplissait un exploit, ou comme s'il inaugurait une ère nouvelle. Comme il n'arrivait pas à atteindre le sommet, il pensait la montagne plus ou moins enchantée. Il y avait le petit et le grand Môle et cela créait de la confusion.

D'autres écrivains ont placé des articles dans ce numéro. J'ai été intéressé en particulier par les textes de Joseph Ticon, président de l'Académie chablaisienne, car il a évoqué l'écrivain savoisien du dix-neuvième siècle Antony Dessaix, qui était sympathique et chatoyant mais se faisait mal voir parce qu'il avait la langue trop pendue et aimait la satire. Il a aussi évoqué Voltaire, qui a parlé d'une grotte aux fées du Chablais sans l'avoir visitée mais en ayant beaucoup fantasmé dessus.

On trouve d'autres articles passionnants, et je vous invite à vous procurer ce magazine, disponible dans les bureaux de presse de Savoie et Haute-Savoie.

Le Lac de Lamartine y est présenté avantageusement comme l'acte de fondation du romantisme, qui existait néanmoins depuis vingt ans en Allemagne, et cette erreur touche la fibre patriotique, elle flatte le chauvinisme, c'est toujours agréable.

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04/11/2015

Retour à Ripaille

amedeevii.jpgCette année encore, je serai au salon du livre du château de Ripaille, qui maintenant dure deux jours: ce sera samedi et dimanche prochains, les 7 et 8 novembre. L'invité d'honneur du salon sera Bernard Demotz, historien spécialiste du Moyen Âge savoyard. On se souvient que le château de Ripaille a été justement créé au Moyen Âge, et qu'après avoir été un manoir de chasse le duc Amédée VIII l'a aménagé en monastère.

Cela tombe bien, car j'aurai à proposer un vieux roman réédité cette année dont l'action se passe en partie dans ce même lieu: Le Sanglier de la forêt de Lonnes, par Jacques Replat (1807-1866), que j'ai préfacé et dont l'éditeur m'a donné plusieurs exemplaires, pour le public. Il raconte comment le comte Amédée VII a été blessé dans la forêt proche lors d'une chasse au sanglier, et en est mort. Il a de saisissants moments: par exemple, un sanglier énorme contemple la lune de ses yeux rouges, marquant le destin du dernier des comtes-chevaliers.

Et puis il y a le nain Jehan, conseiller privé du Comte qu'on raconte avoir vu prendre une taille de géant et avoir commandé aux tempêtes sur le lac. Toute une mythologie s'est bâtie autour de Ripaille et Jacques Replat y a participé; il a peut-être écrit le texte qui le fait le plus.

Je présenterai aussi des livres un peu plus anciens mais dont je suis entièrement l'auteur, notamment celui sur La Littérature du duché de Savoie, ainsi que mes Songes de Bretagne, mes Portes de la Savoie occulte et mes recueils de poésie, La Nef de la première étoile et Poésies d'ombre pâle.

Une belle occasion de faire un beau voyage dans ce château illustre. On pourra y rencontrer, en outre, mon ami Claude Barbier, auteur d'une thèse sur le bataille des Glières montrant qu'elle s'est surtout passée dans les têtes; mon ami Michel Dunand, excellent poète annécien; le grand Marcel Maillet, poète chablaisien de premier ordre; et d'autres camarades qui me sont moins proches mais que j'apprécie également: le bouillant Jean-Claude Bibloque, l'élégante Ornella Lotti-Venturini, la captivante Madeleine Covas, le jovial Gérard Aimonier-Davat, le sensible Michel Berthod, le haletant Roger Moiroud, la gracieuse Corinne Bouvet de Maisonneuve, le passionné Philippe Brand, la poétique Chantal Daumont, l'énigmatique Jacques Grouselle, le mystique Léo Gantelet, le sportif Jean Travers, le spirituel Patrick Jagou, le fin Thierry-Daniel Coulon, l'émouvant Patrick Liaudet, l'imaginative Florence Jouniaux, et, enfin, la talentueuse Jacqueline Thévoz, que je salue en particulier car elle me fait souvent des éloges, et cela procure toujours du plaisir. Il y en a d'autres, mais je ne crois pas les connaître bien.

Donc, venez nombreux.

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