26/05/2016

L'égalité dans le droit à l'éducation

Place_de_la_République_-_Égalité.jpgJ'ai évoqué le problème d'une éducation laïque d'État qui fonctionnait bien quand le peuple auquel elle s'adressait était dominée par le marxisme mais qui perdait de son sens quand ce n'était plus le cas. Les familles pour ainsi dire plébéiennes attendent alors une autre sorte d'éducation, et une rupture se crée. Comment le résoudre?

En droit, selon moi, l'État ne doit pas forcément créer une éducation déterminée; l'éducation est un droit et l'Égalité implique que chaque famille doit pouvoir disposer de moyens pour l'éducation des enfants. Mais, dans les faits, si les familles font des choix culturels différents du gouvernement, il s'avère qu'elles ne peuvent l'assumer que si elles ont des moyens. Car même si les écoles confessionnelles accueillent les membres désargentés des communautés religieuses correspondantes, le budget s'équilibre grâce aux membres qui disposent d'importants revenus; mais si les membres d'une communauté religieuse sont majoritairement dans le besoin, cela ne s'équilibre pas, et les difficultés s'enchaînent.

Ainsi, une inégalité apparaît. Certains peuvent plus choisir que d'autres une éducation religieuse pour leurs enfants. Et le gouvernement ne peut pas résoudre le problème, parce que, secrètement, il voudrait qu'il n'y ait plus d'écoles confessionnelles: il n'a simplement pas pu empêcher qu'il y en ait.

Évidemment, on peut aussi créer la solution d'une hiérarchie plus ou moins factice entre les religions. C'est affaire de point de vue. Car, en théorie, les religions sont libres. L'avis qu'on a sur elles n'est pas censé avoir une valeur en droit.

Ma solution est que l'État se désengage progressivement du contenu éducatif même, quoique avec des systèmes de surveillance, et qu'il laisse les parents décider de la sorte d'école qu'ils veulent; son rôle essentiel est de veiller à l'égalité, et donc à ce que les familles dans le besoin disposent d'une bourse par laquelle elles puissent elles-mêmes payer les frais de scolarité. Car il s'agit de l'égalité dans le droit à l'éducation, et non de l'uniformité de l'éducation pour permettre hypothétiquement l'égalité de fait.

Naturellement, une telle orientation sera difficile, car on n'ignore pas que les gouvernements dirigent l'éducation aussi pour uniformiser la société et la diriger plus facilement. D'ailleurs la bourgeoisie qui met ses enfants dans les écoles confessionnelles privées ne voudrait peut-être pas que les classes populaires disposent de la même possibilité, car elle pense être sage, rationnelle, intelligente, et n'a pas les mêmes opinions sur les classes populaires. Si on les laissait éduquer leurs enfants comme elles voulaient, évidemment elles feraient n'importe quoi, et ce serait le chaos!

Toutefois, c'est bien à l'égalité des droits qu'il faut tendre.

06:52 Publié dans Education, France, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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