14/09/2016

De nouveaux échos de plumes

Bastet_dame_katzenkopf.jpgLe n°2 d'Échos de plumes, la revue des Poètes de la Cité (dont le suis le président), vient d'être publié en ligne. On y trouve les poèmes des membres, et leurs illustrations. Pour ma part j'en ai mis trois, dans mon genre mythologique habituel, avec un poème sur la déesse Bastet, un autre sur une fée sur une rivière, et deux qui sont en relation avec les contraintes formelles ou thématiques auxquelles nous soumettons nos amis lorsque nous cherchons à les motiver à produire un texte qui sera lu à la réunion prochaine. Il y eut cette fois le thème de l'exquise gastronomie, et la contrainte de l'animal dédoublé, conformément à la tradition de l'Oulipo: deux bêtes sont rapprochées par une syllabe qui les unit, comme le bélugazelle, que j'ai retenu.

Mais mes poèmes ne sont pas forcément les meilleurs! Loin de là. Et les excellents poètes de notre association, dans les différentes rubriques, ont composé des vers à côté desquels les miens volontiers pâlissent.

Écoutez seulement: on trouve des textes du prodigieux Albert Anor, héritier des Surréalistes; de l'auguste Valeria Barouch, adepte des contraintes formelles; de la sensuelle Maite Aragonés Lumeras aux pensées vite enflammées; de la mystérieuse Emilie Bilman aux métaphores qui déchirent (le voile du réel); de l'éloquente Catherine Gaillard-Sarron, dont le vers soulève par bourrasques les feuilles qu'on croyait destinées à la mort; de la délicieuse Linda Stroun, dont les évocations exotiques transportent aux marges de la Vivante Lumière; de la romantique Brigitte Frank, aspirant au nouveau triomphe du Poème; de l'énigmatique Kyong Wha Chon, dont les visions délicates passent dans le silence; de la tendre Francette Penaud, dont le regard évente les secrets des bêtes; du musical Loris Vincent, qui chante les vertus genevoises; de la pétulante Dominique Vallée, qui plonge son cœur dans les images étranges; de l'enthousiaste Giovanni Errichelli, toujours prêt à chanter les nobles amours; et du majestueux Jean-Martin Tchaptchet, penché sur l'humanité comme un sage pleurant ses malheurs et célébrant ses grandeurs.

Quant à moi, je l'ai dit, je suis mythologique et plutôt classique, quoique j'aie toujours essayé de lier les figures traditionnelles à mes sentiments les plus enfouis, à mes aspirations les plus secrètes: j'ai toujours tenté de les lier à l'inconscient, comme eût dit l'autre. Pareil pour les rythmes, dont j'estime que la régularité permet de mettre à jour ce qu'on a en soi. Il est vrai, certains l'ont dit, que cette forme en apparence ne permet pas de descendre dans des profondeurs insoupçonnées: on reste, dit-on, dans une sphère connue. Mais cela tend à faire affleurer des formes claires. Et ce qui a manqué à l'expérience surréaliste, c'est cela. Il sera toujours temps, un autre jour, de replonger dans les ténèbres de l'inconscient. J'en reparlerai, prochainement, à propos de la poésie de Michel Houellebecq, dont j'ai lu récemment un gros recueil.

En attendant, lisez cette revue, dont la conception graphique a été réalisée par l'excellente Nitza Schall!

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