29/05/2017

La victoire de la fée aux armes (Perspectives pour la République, XXIX)

blaze__fire_being__by_albaronmcboobear-db1d386.jpgCe texte fait suite à celui appelé L'Attaque des serpents de feu, dans lequel j'évoque un combat âpre entre la fée guerrière Ithälun et trois serpents de feu qui voulaient s'en prendre à moi. Si elle était parvenue à se libérer de l'un d'eux, un autre était parvenu à me saisir.

Comme dans un songe, à travers des flammes de douleur, je vis Ithälun essayer de trancher le serpent qui me tenait, de l'écarter de ses mains de mon corps, mais, soit qu'il fût d'une autre nature que les autres, soit qu'il se fût nourri de moi pour se renforcer, soit pour une autre raison encore, elle ne parvenait pas à desserrer son étreinte.

Je l'entendis alors crier, comme parlant à quelqu'un: «Tornither, dit-elle, Tornither, cesse ce jeu infâme, mets fin à cette épreuve, arrête ce crime, reviens de ton orgueil!» Elle disait cela, mais rien ne se passait, et la souffrance me plongeait dans l'inconscience. Elle reprit, et sa voix me parvenait comme de plus en plus loin: «Tornither, cesse cette action vile, et j'enrichirai ton cheptel de brebis de la Lune! Je te les apporterai moi-même. Ou si tu n'acceptes pas ce cadeau, sache que je viendrai moi-même briser ta porte et que tu auras affaire à mon bras!»

Dès cet instant, les serpents qui me tenaient se dissipèrent: ils s'envolèrent rapidement et se fondirent dans l'air. Je les vis brièvement pareils à deux spirales rouges, puis ils disparurent. Ils s'en étaient allés si vite que je les pris pour une illusion. En faisant cela, ils ne firent aucun bruit.

La douleur m'étourdissait encore, mais elle partit bien plus vite que je ne l'aurais cru au moment où je la subissais en plein. Je regardai mon bras, ma cuisse, m'attendant à trouver d'atroces traces de brûlure, des marques sanglantes de leur étreinte effroyable; mais mes membres étaient complètement intacts, et j'en fus stupéfait. J'étais même tout prêt à penser qu j'avais été rongé jusqu'à l'os, et voici que rien n'apparaissait, que tout était comme d'habitude!

J'avais été le jouet d'une illusion; elle avait été bien tissée, par un maître en la matière. Ou bien m'avaient-ils guéri juste avant de me laisser, réparant le mal qu'ils avaient commis sur l'ordre de l'être qu'Ithälun appelait Tornither? Je ne savais que penser.

De toute façon, j'étais exténué. J'avais posé les genoux à terre. Ma garde du corps se pencha sur moi, me plaça la main sur l'épaule, et ce contact m'apaisa et me réchauffa: car à présent, j'étais terrifié et glacé.

Une lumière douce vint dans mon âpre obscurité. Un feu fondit le gel qui s'était emparé de mes membres. Mais j'étais encore trop faible pour me relever.

Un son se fit entendre, dans l'air devant nous: c'était comme un crépitement. Ithälun se redressa. Je levai les yeux.

Un être flamboyant se tenait sur un arc de braise.

Je compris qu'il s'agissait de Tornither. Ithälun lui parla dans une langue que je ne compris pas, et il disparut. Elle semblait lui avoir fait des reproches. Puis elle m'annonça que nous devions nous poser au sol.

(À suivre.)

07:18 Publié dans Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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