08/06/2017

Degolio CV: réminiscences du Génie d'or

 wraithsunfire.jpgDans le dernier épisode de cette incroyable série, véritable feuilleton cosmique, nous avons laissé Jean Levau, alter ego du Génie d'or, alors qu'il écoutait le récit étrange d'un clochard appelé Michel Ritrard, évoquant des visions de flammes douées de volonté propre s'affrontant dans la tour Eiffel. Une flamme jaune traversée de fils rouges avait en particulier retenu son attention.

Il avait scruté cette flamme dorée, et un homme lui avait paru y être. Il le décrivit. Il avait une cape, un heaume, un bâton surmonté d'une émeraude qui faisait un bel éclat vert dans le feu qui l'entourait!

À d'autres détails encore, Jean reconnut sa propre vision. Et le nom de l'être lui revint: Solcum le sage, appelé aussi le Génie d'or!

Ce qui lui était apparu comme un rêve soudain s'affirma comme quelque chose de réel. Tout ce qu'il avait vécu lui revint, et la raison pour laquelle Séverine l'avait irrémédiablement oublié, aussi. Il s'étonna même d'avoir pu prendre tout cela pour un rêve. Sa conscience diurne avait jeté un voile sur ces événements, et les idées matérialistes du temps avaient enfoui dessous, placé dans l'obscurité les véritables faits dont il avait été témoin, et quasiment l'acteur.

Mais, ayant repris pleinement conscience de la réalité, il se posait encore une question: Comment le Génie d'or avait-il pu intervenir sans passer par lui? Car il se souvenait parfaitement, à présent, qu'il était son hôte, et que son corps lui servait de porte, de seuil dimensionnel, de point de passage entre les mondes! Il le lui avait dit. Par lui le Génie d'or passait pour entrer dans la sphère des hommes et y agir en faveur du bien et contre le mal. Mais cette fois, bien qu'il n'y eût aucun doute que ce fût bien le Génie d'or qui avait agi et qu'avait aperçu le pauvre homme sans abri, il avait, apparemment, trouvé un autre canal.

Jean demanda à Michel Ritrard quelle heure il était, quand cette seconde flamme était apparue. Il était minuit et quart, répondit l'autre. Les phénomènes précédents avaient duré une heure et quart, et Michel Ritrard les avait trouvés si étranges et en même temps si beaux, si fascinants, que, malgré le froid, il avait passé tout ce temps à les contempler.

Jean essaya de se souvenir de ce que lui-même faisait, le 25 décembre à minuit et quart.

Il était attablé avec Anne Tavagny. C'était justement le moment où il n'avait plus pu parler, bloqué par le souvenir de Séverine Dalaton, et où il avait rougi, et n'avait su répondre. Il avait regardé sa montre. Puis, il inland-empire-david-lynch-02-932x502.jpgavait relevé les yeux, et Anne le regardait d'un air horrifié, qu'il avait pris juste pour une indisposition due à son hésitation, lorsqu'il s'était agi d'évoquer sa vie sentimentale.

Sans savoir pourquoi, craignant que le temps ne passât trop vite, il avait de nouveau regardé sa montre. Or, il était désormais une heure moins vingt.

Comment cela était-il possible? Il avait dû se tromper, la fois précédente. Car ce blanc de vingt-cinq minutes ne pouvait pas s'expliquer. Durant ce trou, qu'aurait-il fait?

Or, à présent, il se souvenait. Il était avec le Génie d'or, qui était sorti de son corps précisément au moment où Anne venait d'évoquer sa vie sentimentale et de l'interroger à ce sujet. Si préoccupé qu'il avait été par Anne et son histoire d'amour, que cette sortie du Génie d'or lui était passée inaperçue, qu'elle avait eu lieu en quelque sorte sous sa conscience, à partir de sa poitrine, dont était sortie une odeur bizarre, et une vague vapeur grise, voire bleue, qu'Anne ne sut expliquer, mais qui l'étonna fort. Elle demeura incertaine, ne sachant si elle devait en parler à Jean, et se contentant de le regarder en haussant les sourcils et en souriant d'un air gêné.

Elle attendait des explications. Mais Jean, de son côté, s'était figé. Il la regardait d'un œil brillant, mais semblant étrangement vide, comme s'il se fût agi d'un diamant froid, sans âme. Il avait un mince sourire aux lèvres, mais ne parlait pas, ne bougeait pas, restait pareil à une statue, et sa peau luisait comme la cire. Pour lui le temps s'était comme arrêté.

Mais il est temps, ô lecteur, de laisser là cet épisode. La prochaine fois, enfin le souvenir du Génie d'or sera net, dans l'esprit de Jean Levau!

08:59 Publié dans Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.