04/10/2017

Une vision à Tampa, suite (39)

a4879ec31dd8b322beec2122be5ffc7c.jpg(Dans le dernier volet de ce récit de voyage en Amérique, j'ai évoqué la nuit où, marchant comme un automate, j'ai cru voir Captain America à Tampa, et l'ai suivi.)

Nous arrivâmes bientôt en vue de la grille d'entrée du lotissement et, à ma plus grande surprise, sans que Captain America parût rien faire, ni déclencher aucun signal, elle s'ouvrit, comme si elle avait obéi à son seul regard. Elle le fit silencieusement, comme dans un rêve, et je la passai. Derrière moi elle se referma, comme mue de son propre chef.

En suivant mon guide luisant, je devais aller vite, quoique je ne fisse que marcher, car la forêt, des deux côtés de la route, n'était guère distincte à mes yeux, et je ne voyais clairement que l'être qui marchait devant moi, et peut-être traçait à mes pas une voie magique qui m'emportait à toute allure à travers l'air. Le sol même était indistinct, et je ne voyais que des lignes, comme quand, en voiture, on se met à regarder la route en bas, en se penchant par la fenêtre.

J'apprendrais incessamment que Captain America avait des pouvoirs différents, et plus grands, que ceux dont parlent les comics, et qu'une certaine puissance sur les éléments notamment était son lot, l'air en particulier lui obéissant. Cela peut expliquer sa vigueur exceptionnelle, car qui peut croire à l'élixir du professeur Reinstein dont Stan Lee et Jack Kirby ont parlé? Je devais bientôt apprendre que l'origine de sa force était tout autre.

Derrière lui, au sol, une traînée lumineuse allait jusqu'à mes pieds, et semblait me porter, me soulever même de terre, jusqu'à me faire passer tout près des astres!

Je vis peu de chose de ce qui suivit, et en compris moins, mais surtout, je serais bien incapable de le redire clairement, les mots ne pouvant rendre que bien mal un moment confus mais sublime, dans lequel des feux tournaient autour de moi, semblant courir dans les airs en troupeaux, tandis que des voitures passaient à droite et à gauche, et dessous, et dessus, aussi étrange que cela paraisse.

Mais il ne s'agissait peut-être pas de voitures, car elles étaient pareilles à de petits avions brillants, glissant silencieusement au vent, comme dans les comics, de nouveau, en ont les équipes de super-héros telles que eternals#7celestialonchairvehicle.jpgles Quatre Fantastiques. Quant à moi, les voyant passer aussi dessous, je ne doutais plus que je volais dans les airs.

Soudain, mon guide bleu s'arrêta, devant un grand mur blanc orné étrangement, et s'inclinant sur une montagne boisée. Je le rejoignis mais, au moment où je pensai pouvoir le toucher à l'épaule, il s'esquiva, et entra dans le mur. Je ne vis pas par où il était passé. Il avait dû se glisser par une ouverture quelconque. Il avait en tout cas disparu.

Je cherchai une porte, mais ne la trouvai pas. Le mur était comme ces monuments tout en pierre muni d'enfoncements simulant des portes impossibles à ouvrir. Alors je soupirai, et laissai échapper de ma bouche un mot de dépit.

Je sentis soudain, sous mes pieds, un grondement. Devant moi, dans le mur, deux grands battants s'ouvrirent, me laissant plus de place qu'il ne m'en fallait pour entrer.

L'intérieur était sombre, mais de fines lueurs dansaient lentement tout au fond. Je me demandai de quoi il s'agissait, mais, à nouveau poussé la curiosité, j'entrai.

(La suite bientôt.)

08:03 Publié dans Conte, Culture, Voyages, Voyages en Amérique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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