31/12/2017

Le Père Noël libéré à New York (4)

balrog (2).jpgAvant-hier, nous avons évoqué la bataille entre le monstre qui avait enlevé le Père Noël, l'horrible Ozomatl, et le fils de Camazotz appelé communément Batman. Nous nous sommes arrêtés alors que celui-ci évitait dans son vol celui-là, après lui avoir envoyé une rafale de son rayon oculaire blanc.

Derrière lui, Ozomatl se releva; une de ses ailes était tranchée, et du sang coulait d'une plaie qu'il avait à l'épaule: il était noir, et gluant. Mais sa rage n'en était que plus grande. Ses yeux brillaient désormais comme de flamboyantes braises. Il semblait prêt à tout pour réduire en bouillie le fils de Camazotz!

Celui-ci néanmoins était, lui aussi, prêt à tout, pour rester en vie, et libérer le malheureux saint Nicolas. Il réitéra le jet de feu blanc qui venait d'avoir tant de succès, et le monstre cette fois l'évita, bondissant par dessus, et donnant un coup de son pied droit pareil à un tentacule sur la tête du génie de New York. Celui-ci la sentit presque s'arracher de son corps, tant le coup fut violent. Mais voici qu'Ozomatl, emporté par son élan, se rapprocha de la cage où le Père Noël était gardé prisonnier. Et soudain, faisant jaillir de sa main un lasso doré, celui-ci saisit au cou le monstre, et l'attira vers la cage, où il le lia avec force, le lasso étant enchanté. Il lui faisait un mal terrible: taillé dans la lumière du soleil épaissie, il était pour cette âme damnée un poison, car il ne haïssait rien tant que la lumière du soleil: toute la journée il restait caché dans les murs de l'Empire State Building et seulement le soir venu - et encore si la lune et les étoiles, cachées par des nuages, restaient peu visibles -, seulement alors il s'aventurait au-dehors, tâchant, comme il l'avait fait cette nuit-là, d'attraper au vol des êtres passants: car il ne pouvait s'éloigner des murs de l'immeuble, dont il tirait, étrangement, sa vie.

Dès lors soumettre Ozomatl fut un jeu d'enfant. Car il ne pouvait rien faire pour se libérer du lasso, et il souffrait atrocement. L'homme-chauve-souris lui fit jurer tout ce qu'il voulait, et le Père Noël fut libéré. Avant d'être promené quelque temps comme en laisse, le monstre fut envoyé dans les fondations cachées de l'immeuble, moon-light-scene-with-santa-in-his-sleigh.jpgretournant dans une cavité qui s'y était creusée, et où, une fois seul, il jura, évidemment, de se venger et de revenir vaincre son ennemi infâme, le fils de Camazotz!

Quant à celui-ci, après lui avoir souhaité bon voyage et bonne mission, il regarda repartir sur son traîneau, qui l'attendait, le saint patron de Noël, et lui-même, sans plus s'inquiéter de rien, regagna sa base secrète de la baie d'Hudson. Il se prépara à son repos, et je n'en sais pas plus, sinon qu'on me promit qu'à son réveil, il m'enverrait quelqu'un pour me raconter une autre de ses aventures. Mais cela n'est pas encore arrivé, il dort toujours, après plusieurs jours, naviguant dans les contrées du rêve où il siège à côté de son père, le dieu Camazotz.

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