04/02/2018

Degolio CXVI: l'attaque des gangsters

gang.jpgDans le dernier épisode de cette geste insigne, nous avons laissé le Génie d'or alors qu'il venait de disparaître dans le corps de Jean Levau, son hôte terrestre.

Le mortel demeura immobile un instant, et murmura: Au revoir, donc, Génie d'or. À très bientôt!

Puis il repartit vers son immeuble, qu'il regagna, et où il entra, avant de pénétrer son appartement.

Le lendemain, il dut repartir au travail, comme d'habitude.

Le soir, il se prit à se demander quel était le nom, s'il en avait un, de celui que le Génie d'or avait appelé la gargouille de la tour Eiffel, et aussi celui de l'être auguste qu'il avait capturé. Il repensa à ce qu'avait dit le clochard Michel Ritrard, selon qui le second ressemblait au Père Noël, et cela le fit rire, mais sans gaieté. Il soupçonnait là une profonde énigme, et n'osait pas penser que les fables qu'on raconte aux enfants ont un fond de vérité. Mais bientôt il n'y songea plus, lut quelques pages de Joseph de Maistre, dont il était sur le point de finir le maître ouvrage, puis s'endormit.

Le temps passa. Et vint le jour où le Génie d'or se manifesta à nouveau!

C'était en février, au milieu du mois, exactement le 13.

Dans les rues de Paris, des voitures de police hurlaient, tous gyrophares allumés, et poursuivaient des voitures dont partaient des balles de mitraillettes et de pistolets. Les agents de police ripostaient, protégés par leurs véhicules blindés et leurs gilets pare-balles.

Jean Levau était alors dans la rue; il rentrait chez lui. Dès qu'il vit passer devant lui les voitures en fuite et celles qui les poursuivaient, il se coucha sur le trottoir, de crainte d'attraper des balles perdues. La panique, dans la rue, était totale. Puis il sentit l'habituelle sortie de la brume bleue et scintillante de son corps, il la vit s'élever de sa poitrine, s'épaissir et se solidifier. Le Génie d'or apparut, avec son heaume sombre et sa cape ample, et, tiré par son bâton étincelant, il s'élança vers les véhicules lancés à toute allure, n'attendant même pas que ses jambes fussent entièrement formées, de telle sorte qu'elles ressemblaient toujours à des spirales de fumée bleue quand il dépassa les voitures de police; sur sa cape luisante les gyrophares se reflétèrent, y projetant les couleurs bleue et rouge de la France. Il était tard, néanmoins, et la nuit précoce empêchait les passants terrorisés de le distinguer: ils le prenaient pour une vapeur, éclairée par les gyrophares, si même ils l'apercevaient. Seul Jean Levau le voyait bien.

Les voitures de police, mal préparées à un tel déchaînement de violence, ralentissaient, craignant, aussi, que des innocents fussent blessés dans la fusillade.genie (2).jpg Deux d'entre elles, criblées de balles, avaient le capot qui fumait. Les deux autres laissèrent les malandrins prendre du champ.

Le Génie d'or eut tôt fait de rattraper les deux voitures de ceux-ci. Il ne fut vu que tardivement par les tireurs fous. Eux aussi l'avaient pris pour une vapeur. Au dernier moment, ils tirèrent sur lui, mais le manquèrent, soit qu'ils fussent trop effrayés par cette apparition pour le toucher, soit qu'il ne fût pas pleinement matérialisé et que les balles passassent à travers son corps fait de fumée. Deux balles néanmoins rebondirent sur son bâton qu'il avait placé sur leur trajectoire, comme s'il avait été plus rapide qu'elles; et Jean Levau, qui suivait le combat comme placé à côté du Génie d'or - pendant que son corps restait couché sur le trottoir, la main sur les oreilles, comme tétanisé, frappé de terreur, en transe -, Jean Levau savait qu'il en était bien ainsi, que le Génie d'or était plus rapide que les balles, et maniait son bâton pour les empêcher de le toucher!

Mais il est temps, ô lecteur de laisser là ce palpitant épisode, et de renvoyer au prochain la bataille du Génie d'or contre deux horribles gargouilles!

09:39 Publié dans Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.