05/11/2018

Rudolf Steiner et la science des instruments

Rudolf-Steiner4.jpgRudolf Steiner (1861-1925) avait d'étranges réflexions, qui font bondir tous les esprits raisonnables, habitués à ce qui semble rationnel, mais il en était conscient. Il avait l'idée que la taille des choses était constitutive de leur nature, et trouvait, ainsi, absurde de considérer que des objets grossis par des instruments montraient mieux ce qu'ils étaient qu'à l'œil nu. Dans une conférence retranscrite dont j'ai oublié les références, il affirmait: Aujourd'hui chacun dit par exemple: Eh bien, lorsque j'ai un être vivant de petite dimension que je ne vois pas à l'œil nu, je le mets sous le microscope; alors il grossit et je le vois. - Certes, mais il faudra bien que l'on comprenne que ce grossissement est mensonger; j'agrandis les dimensions de cet être vivant, mais ce n'est plus lui que j'ai, c'est un fantôme. Ce n'est plus une réalité que je vois là. J'ai mis un mensonge à la place de la vérité! Bien entendu, pour l'actuelle manière de voir, ce que je dis là est folie.

Cette critique de la science soutenue par les instruments existait déjà sous la plume de Goethe, qui s'insurgeait contre une connaissance acquise par des artifices visuels ou auditifs, des outils servant à l'observation. Le vrai monde n'est-il pas sous les yeux de l'être humain? Si tout est relatif et si l'univers est ce que voit de lui l'être humain, n'est-il pas erroné de se servir de machines faussement révélatrices? Sans doute, la lentille grossissante ne crée pas l'image du pou dont on voit les détails; si on approche l'œil, on distingue bien les mêmes détails. Mais le pou a pour nature fondamentale de ne pas pouvoir être vu en détails jusqu'au point où la machine devient nécessaire, et penser, comme le fait la science moderne, que les instruments révèlent est profondément illusoire. Déjà, comme je l'ai dit, parce que la taille est constitutive d'une nature. Le rapport à la pesanteur, à l'air, à la terre, à l'eau, n'est pas le même.

Les lecteurs d'histoires de super-héros savent que le personnage de Spider-Man a sa surhumanité fondée sur l'idée que si un homme possédait la force d'une araignée proportionnellement à sa taille, il pourrait soulever pou.jpgdes voitures; mais quoi que prétendent les savants qui spéculent, c'est là du complet merveilleux, c'est radicalement impossible, il faudrait pour cela un miracle, un don du dieu des araignées. C'est conscients de ces errements de la science qui numérise tout, que les Japonais, reprenant et adaptant pour leur public le même personnage et ses histoires, l'ont fait devenir ce qu'il est grâce à des extraterrestres liés à l'Araignée, des êtres par essence magiques. L'idée d'une piqûre radioactive faisant des miracles est aberrante et, en réalité, cent fois moins vraisemblable.

Admettre le caractère merveilleux de ce que montrent les microscopes est la première étape d'une science-fiction affranchie de ses préjugés et rejoignant la mythologie universelle, comme toute littérature doit le faire. C'est aussi la première étape d'une science s'affranchissant des préjugés matérialistes, et appréhendant le réel sans laisser l'humain, avec ses aspirations morales et ses représentations idéelles, à la marge. Quel univers peut bien être réel, si l'humain n'y est pas - puisque l'univers est seulement fait de ce que l'humain perçoit?

08:36 Publié dans Culture, Science | Lien permanent | Commentaires (42) | |  Facebook

Commentaires

Un vif merci pour cette réflexion très adéquate et réaliste.
Très utile dans notre période de transhumanisme.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 05/11/2018

Avec une loupe grossissante on voit mieux ce qui est écrit.
Ainsi grossis les caractères des lettres, ainsi que le sens des textes, sont-ils modifiés?
Simplets que nous sommes ne dirons-nous pas tout--- bêtement qu'avec une loupe quand on y voit mal on y voit mieux!?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 05/11/2018

Merci à vous.

Écrit par : Rémi Mogenet | 05/11/2018

P.S.
On peut également embrayer physique quantique mais l'état de la planète pourrait remettre sur le tapis l'enseignement de Mme Blavatsky traitée de voleuse pas Steiner… ces vieilles pas forcément d'accord qui dérangent…!

Besoin d'elles pour se hisser mais après…

De quoi faire se relever d'entre les morts Krisnamurti.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 05/11/2018

Une fois que l'on comprend, que lorsque nous sommes sur la terre ce sont bel et bien le soleil et les autres planètes qui nous tournent autour.
Et si l'on considère l'ensemble de ces champs de forces en mouvement, l'influence de ces corps célestes sur la vie terrestre devient une évidence.

Écrit par : aoki | 05/11/2018

La nature et la science ne sont pas du tout raisonnables! Et l'enseignement respectueux des enfants dans les écoles Steiner est formidable!

Écrit par : Dominique Degoumois | 05/11/2018

Steiner faisait se placer les enfants selon leur tempérament un peu comme des instruments en un orchestre, les cuivres, les bois, les cordes, etc. dans les classes ce qui est remarquable.

Pour le respect Mme Montessori faisait pas mal non plus et les parents français qui choisissent de faire instruire leurs enfants à domicile choisissent (Marianne) de préférence Maria Montessori.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 05/11/2018

Myriam Belakovsky, n'est-il pas aberrant que des hommes doués d'une vue parfaite utilisent le microscope? Faut-il culpabiliser jusqu'aux gens en bonne santé? C'est ça la science postcatholique?

Écrit par : Rémi Mogenet | 06/11/2018

Ils choisissent Montessori par peur superstitieuse de l'enseignement de Steiner, Montessori est bien mais plus incolore.

Écrit par : Rémi Mogenet | 06/11/2018

"Et l'enseignement respectueux des enfants dans les écoles Steiner est formidable!"
Une directrice d'une école Steiner reconnaissait qu'elle ne laissait pas les élèves qui avaient encore une dent de lait passer à une classe supérieure. Tout sur terre a un côté positif et un négatif. Le négatif de l'école Steiner n'est pas à négliger, et son origine se trouve précisément dans les aspects irrationnels des théories de Steiner...

Écrit par : Géo | 06/11/2018

Stagiaires éducatrices nous avons visité et abordé aussi bien Steiner que Montessori et, veuillez me croire, le choix porté sur Maria Montessori n'était en rien par peur superstitieuse de Steiner…

Quelque part comme une incompatibilité… question de ressenti

à respecter, Monsieur Mogenet.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 06/11/2018

Les parents qui choisissent d'instruire leurs enfants à la maison ont des moyens qui leur permettent de rester chez eux les deux ou un seul..
Vu le mépris contemporain précisons que ces parents doivent être d'un niveau d'études supérieures (ils ont donc appris à lire…)

Notre volée de sept stagiaires éducatrices a ressenti, pour trois ou quatre, un malaise à propos des anthroposophes… Plus tard une visite personnelle avec deux personnes proches dans l'une de ces écoles non loin de chez nous a confirmé ce malaise.


Le catholicisme "inspire" comme toujours.

Il est possible de tenir compte de la fin des sacrifices humains par l'histoire d'Isaac.
Puis par le prophète Osée la fin des sacrifices tout court.
Le Divin ne voulant pas des sacrifices sanglants mais des cœurs repentants.

Il est possible de cultiver le savoir-vivre en bonne intelligence… dépendants que nous sommes les uns des autres hors dogmes. MAÎTRE Hillel l'ANCIEN, PRECURSEUR DE JESUS ENSEIGNAIT QUE CELUI QUI RESPECTE SON PROCHAIN EN NE LUI FAISANT PAS CE QU'IL NE VOUDRAIT PAS QUE SON PROCHAIN LUI FÎT RESUMAIT ET PRATIQUAIT EN SA VIE LA "LOI ET LES PROPHETES".


Puisse la parole évangélique méprisée avec le cynisme que nous savons refaire surface à temps: "Prenez garde de ne mépriser aucun de ces petits".

Écrit par : Myriam Belakovsky | 06/11/2018

Myriam, le "ressenti" qui ne s'explique pas vient en général des affinités philosophiques, et le fait est que la plupart des gens se sentent plus à l'aise avec des idées ordinaires, prétendument rationnelles, simplement approuvées par les autorités.

Écrit par : Rémi Mogenet | 06/11/2018

Si je ne disposais pas de ces loupes que sont mes lentilles de contact, je ne pourrais pas même appréhender la réalité conventionnelle et commune à tous.
Vive la science qui nous apprend à nous émanciper de la tyrannie du religieux en bousillant régulièrement et ad vitam aeternam nos concepts figés d'êtres apeurés en quête bien vaine de stabilité et de sécurité.

Écrit par : Pierre Jenni | 06/11/2018

Rémi,

Tout d'abord je n'ai pas compris pourquoi les personnes superstitieuses redouteraient Rudolphe Steiner qui était éminemment chrétien.

De manière habituelle du moment qu'en volée d'éducatrices en formation plusieurs d'entre elles ressentent un malaise en visitant un centre Steiner… le malaise s'appelle Steiner.. mais si nous faisons intervenir les évangiles en l'occurrence Matthieu 15:1O-2O "ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l'homme impur mais ce qui en sort:" en ce cas le malaise ressenti pouvait concerner les éducatrices Steiner faisant office de révélateur.
Ce qui venait du coeur des éducatrices concernées par ailleurs impressionnées par les soins aux enfants grands handicapés non bourrés de chimie en cas de crises mais prenant des bains avec des produits naturels et de la musique.

Mme Montessori était extrêmement sensible à la misère des quartiers les plus défavorisés… en évoquant de la France ses lieux cuisants côté quartiers "durs"
et scolarité faut-il imaginer les écoles Steiner ou Montessori… ou un peu des deux?

Islam, souvent, Montessori et Steiner...écoles "chrétiennes"!?

Madame Blavatsky voulait faire de Krisnamurti, qui refusa, le messie…
Les personnes superstitieuses apprécient-elles Mme Blavatsky, ses maîtres spirituels intérieurs, sa… créativité sans omettre sa connaissance des langues.

Y faut-il repérer présence de l'Esprit de vérité?

Epoque passionnante que celle où il était possible de se passionner à propos de ces grands personnage sans se faire rentrer dedans par les désormais contemporains sachant tout destructeurs de la foi!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 06/11/2018

C'est Annie Besant qui voulait faire de Krishnamurti le Messie...

Le microscope corrige des yeux qui y voient bien. Pas des yeux qui y voient mal. Quand un oeil en bon état met des lunettes correctrices, il n'y voit plus rien.

Écrit par : Rémi Mogenet | 06/11/2018

@Pierre,

L'émancipation par la science est un peu illusoire, d'abord la dépendance à vos vos loupes démontre combien on en quitte une pour passer à l'autre :-), ensuite je pourrais vous approuver si la science n'était devenue en elle même une religion qui nous dicte ce qui est juste et ce que l'on peut croire !

Écrit par : aoki | 06/11/2018

"si la science n'était devenue en elle même une religion qui nous dicte ce qui est juste et ce que l'on peut croire !"
A voir l'utilisation que font les médias de vulgarisation de la physique quantique, on peut croire à un grand retour à la pensée magique. Le grand retour des sorciers et des astrologues, qui prennent plein pouvoir sur les dirigeants qui disposent du feu nucléaire.
Mais les physiciens de la physique quantique portent une très lourde responsabilité dans ce qui va nous arriver. Ils m'ont tout l'air de délirer grave...

Écrit par : Géo | 06/11/2018

Mais qui parle d'émancipation ? S'émanciper de quoi ? Je cherche l'intégration, l'intégrité. La science m'approche de la cellule et fait taire le cerveau.

Écrit par : Pierre Jenni | 06/11/2018

Il est pourtant relativement important de s'en servir avec efficacité.

Écrit par : Rémi Mogenet | 06/11/2018

Quelle belle assurance de celui qui semble être aux commandes. Mais qui est-il ?

Écrit par : Pierre Jenni | 06/11/2018

Rémi,

Voudriez-vous taper sur Google simplement: "Blavatsky voulait-elle faire de Krisnamurti le messie et lire l'ensemble"…

Traitée de maquerelle en blogosphère une femme qui initiait au yoga parlait de ses adeptes en tant que chercheurs de la vérité.

Mais qui sait quoi!

Diriez-vous rechercher l'intégrité ou en premier lieu en revenir, par ce qu'à force de contraintes et d'obligations il arrive que nous nous perdions de vue avec nous-mêmes… ou en revenir d'abord à l'authenticité?

Une fois redevenus authentiques voire à nous améliorer notamment en intégrité?

Pour pasticher Simone de Beauvoir On ne naît pas forcément bon mais on peut le devenir.

Puis, comme dit simplement par M. Ricard, chercher à s'améliorer.

Ce qui n'est pas tendance… Zeitgeist en ces temps d'accumulation à force de banalisation promesse (Paul Diel) de fin de civilisation.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 06/11/2018

Pierre: Je vous cites "Vive la science qui nous apprend à nous émanciper de la tyrannie du religieux"

Géo: Et si la physique quantique était réellement ce qu'en disent les physiciens (certains), une réalité complétement contre-intuitive pour des physiciens classiques ? De la à prédire des sorciers, astrologues qui prennent le pouvoir sur les détenteurs du feu nucléaire est l'idée la plus irrationnelle que j'aie lue sortir de votre clavier. Une science fiction

Écrit par : aoki | 06/11/2018

@Géo
Gaston Bachelard avait publié en 1934 un livre d'épistémologie (dont il était avant-gardiste en France) lequel s'intitule "le nouvel esprit scientifique".

Inspiré par Jung, il invente une "psychanalyse de la connaissance objective"
Pour Bachelard, faire de la physique suppose d'accepter de travailler contre son cerveau et ses préjugés.
Galilée en 1600 et des brouettes, énonçait que tous corps tombent à la même vitesse dans le vide, alors que on ne savait rien du vide à cette époque, et que cela semblait très contre intuitif dans ce temps.
De la même manière ; penser que la lumière puisse exercer une pression mécanique sur un dispositif paraissait appartenir à de la pensée magique au 19 ème siècle.
Pourtant un siècle plus tard la NASA utilisa le principe du radiomètre de Crookes pour faire avancer les sondes spatiales avec les voiles solaires

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Crookes_Radiometer_in_action.webm#.7B.7Bint:filedesc.7D.7D

Laissons donc ces physiciens et chercheurs délirer à souhait car pour paraphaser A Koyre; "visons l'impossible pour comprendre le réel"

Écrit par : aoki | 06/11/2018

La science fiction n'implique pas une mauvaise compréhension de ce qu'est la science. Si on la confond avec le fantastique, on finit par écrire n'importe quoi, ce qui est dommage.
A propos des limites actuelles de la science, qui se manifestent (si j'ose dire) dans certains effets de la mécanique quantique et dans notre difficulté à en dire plus sur la matière et l'énergie "noires", elles n'impliquent pas que nous soyons revenus dans un monde de farfadets.
Bien des limites" mystérieuses" ont été franchies au cours des temps, des phénomènes "incompréhensibles" ont cédé à la recherche et à l'expérimentation au cours des siècles.
Le faire sans avoir recours à un surnaturel quelconque, c'est justement ce qui définit la science.

Écrit par : Mère-Grand | 07/11/2018

Caramba ! Voilà qui m'apprendra à me relire.
A ma décharge je dois avouer que je n'ai jamais cru en un dieu et j'ai été précocement dégouté de la religion. Je n'éprouve donc nullement le besoin personnel de m'émanciper. Je serais en revanche très heureux de pouvoir partager mes découvertes et permettre à d'autres de se débarrasser de leurs superstitions. C'est en ce sens que je considère que la science nous aide.
Pour revenir aux loupes, ce sont elles qui nous ont permis d'appréhender la taille de l'univers et le fonctionnement des neurones et autres synapses. Nous commençons même à envisager que l'intestin est un deuxième cerveau. Bientôt nous réaliserons que l'intelligence se situe déjà au niveau cellulaire. C'était l'objet des travaux de toute une vie pour Aurobindo, Mère et Satprem.

Écrit par : Pierre Jenni | 07/11/2018

Décidément, Rémi, il semble que votre billet titille les épistémologues de la plateforme et les fasse sortir du bois. Assez amusant de lire qu’on voue aux gémonies les physiciens de la quantique en envoyant des mails par Internet…

La recherche fondamentale est à l’origine de toutes les ruptures technologiques qui ont transformé notre vie. La théorie des ondes électromagnétiques a révolutionné les communications, la découverte de l’électron a lancé l’exploration de l’atome et de l’infiniment petit ouvrant la porte à la mécanique quantique qui elle-même a généré les semi-conducteurs, les lasers, les transistors…Sans relativité générale, pas de GPS possible, merci Albert.

La place de l’homme là-dedans ? Mais elle est centrale, quoi que vous en pensiez, au risque d’apparaître anthropocentrique, et ne quitte jamais, malgré les apparences, la pensée des physiciens qui vous semblent divaguer avec leurs trous noirs et leur vide quantique. Lisez les ouvrages de Luminet, vous trouverez un astrophysicien confirmé (on a donné son nom à un astéroïde), mais aussi un conteur, vulgarisateur, poète et humaniste, digne héritier des Grecs…

Vous écrivez, Rémi, dans le dernier paragraphe de votre billet que j'apprécie vraiment : « l'univers est seulement fait de ce que l'humain perçoit? ». Exact et l’on pourrait ajouter de ce qu’il comprend ou essaie de comprendre. Héraclite disait déjà qu’il existe une harmonie du visible, mais que l’harmonie de l’invisible est encore plus belle. Ce sont ces secrets de l’invisible que le scientifique, avec ses grosses machines (LHC et autres collisionneurs par exemple),tente de débusquer, à la manière d’un photographe du temps jadis trempant son négatif dans le révélateur.Sa quête du Graal en quelque sorte, sûrement.

Écrit par : Gislebert | 07/11/2018

La science-fiction n'est pas fondée sur l'expérience mais sur la fantasmagorie rationaliste.

L'intelligence ne se décèle que depuis la sphère de l'esprit, on ne peut pas dire depuis l'extérieur si une planète ou une cellule a des pensées ou non. Pareil d'ailleurs pour un être humain.

Avec ses machines, le savant moderne ne manifeste qu'une parodie d'invisible, un invisible tronqué et faux.

Écrit par : Rémi Mogenet | 07/11/2018

Là ce n'est plus de l'assurance mais de la présomption.
Merci de définir :
- La sphère de l'esprit
- l'extérieur de quoi
- le caractère d'une pensée
- l'auteur d'une pensée
- l'intelligence
Ce sera un bon début.

Écrit par : Pierre Jenni | 07/11/2018

Gislebert@ Si l'on admet sans autre qu'il y a des univers parallèles où vivent des doubles de vous et moi, alors c'est bon : nous voici retombés dans les affres de l'obscurantisme religieux si cher à Rémi Mogenet...
Et c'est bien le pire qui peut nous arriver, à mon avis.

Écrit par : Géo | 07/11/2018

Alors là Pierre vos considérations et vos références me semblent un peu confuses et cela crée un sentiment d'incohérence.

La connaissance du système nerveux entérique date des année 90 pour commencer...
On le pensait disposer de 100 millions de neurones, aujourdhui on l'évalue à 1/2 milliard... Avec en plus la gestion de la majorité des neurotransmetteurs. Mais cela fait plusieurs millénaires que les philosophies asiatiques qualifient le ventre de deuxième cerveau !

Alors qui libère qui en découvrant quoi ?

Quant à l'intelligence cellulaire ... Satprem et ses maîtres prenait eux-même la science et ses ambitions pour des enfantillages ... Malgré tout, cela fait un moment que Bruce Lipton a situé l'intelligence des cellules dans sa membrane et non dans le noyau et que son livre la "biologie des croyances" fait un tabac pour le plus grand malheur de scientifiques conservateurs.

En fait, on redécouvre ou on valide souvent avec des siècles de retard, ce que les yeux de l'esprit avaient déjà perçu.
Mais il y a souvent une confusion tragique entre la spiritualité; à savoir le travail dans et avec l'esprit et la religion et ses institutions; lieux de pouvoir et d'images figées.

Écrit par : aoki | 07/11/2018

Il y a machines et machines.
Nous sommes nous aussi pas mal instrumentalisés.

En forêt de Brocéliande la quête du Graal se singularisait par le fait que les chevaliers qui sortaient à sa recherche ou en son attente perdaient leur temps.

Le Graal apparaissait-il quand bon lui semblait ou… selon l'ambiance: objectifs, desseins voire visées des chevaliers!?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 07/11/2018

Le Graal surgissait en fonction des forces morales en présence. Cela n'avait rien d'arbitraire. Les forces morales modèlent l'univers dans toutes les mythologies. Cela correspond à ma façon de voir les choses.

La pensée est connue quand un sujet l'exprime, et on observe ses liens avec le monde physique chez les sujets qui l'expriment, en se centrant notamment sur le cerveau. Le sujet pourrait mentir, n'avoir pas de pensée, on ne sait pas, on lui fait confiance et on établit des statistiques avec les autres.

En réalité, tout corps subit les effets des pensées cosmiques. Fabre disait que les insectes agissaient selon une intelligence qu'ils n'avaient pas. Impossible de dire où elle est. Elle n'est pas forcément dans le corps qui la manifeste: elle peut aussi être à l'extérieur, comme quand on voit une lampe se mouvoir intelligemment dans le noir. En réalité, elle est dans celui qui la tient, à distance. Cela ne se découvre qu'en pénétrant les choses de l'intérieur, dans le monde parallèle où se déploie la pensée, si on peut dire. Les observations extérieures ne peuvent que le confirmer. Déduire des observations extérieures les choses intérieures ne mène à rien, c'est arbitraire, les historiens errent continuellement à ce sujet. J'ai produit à ce sujet une conférence à l'université de Chambéry, l'autre jour, et j'ai dit que c'était simple, si on voulait connaître les pensées des gens d'autrefois, il fallait lire leurs recueils de poèmes et leurs essais philosophiques, déduire est absurde.

Écrit par : Rémi Mogenet | 07/11/2018

@Géo

Faut laisser les Univers parallèles et les 11 ou 26 dimensions repliées et cachées aux théoriciens des cordes et prophètes de la Grande Unification, du Grand Tout… Toutes ces foutaises aux poètes de la cosmologie. J’évoquais uniquement les retombées de la mécanique ondulatoire et ses applications pratiques dont vous usez tous les jours avec votre ordinateur. Un petit complément en privé.

Écrit par : Gislebert | 07/11/2018

Les "pensées des gens d'autrefois", Rémi, vous ne le direz ou ne l'écrirez jamais assez.

Des années de doute par ce que les évangiles font dire à Jésus qui s'adresse à Pierre qu'il pêche du poisson et que lui Jésus le fera pêcheur d'homme. Bonne affaire pour le pêcheur en cas de bonne pêche mais pas pour le poisson capturé. De même, en suivant cette pensée, pour Pierre concernant les hommes?

Jésus, finalement, était-il un charlatan beau-parleur comme pas possible?

Puis un éclaircissement lu récemment: nous ne serions pas des créatures humaines appelées à faire une expérience spirituelle mais des créatures spirituelles appelées à faire une expérience humaine.

Une image nouvelle... pêcheur, Pierre utilisait des filets.

Filets avec lesquels attraper des poissons.
Mais nous savons que nous sommes invités au Royaume (à commencer sans doute par un nouvel état d'esprit) et c'est par cette image d'invitation, ce "filet qui nous rassemble", que nous sommes conduits ou guidés vers celui qui nous ayant invités nous attend.

Juge?

Jésus se présente médecin.

Or, précise Jésus, "qui m'a vu a vu mon Père."

En nous fondant sur cette assurance nous nous préparons à présenter à Dieu ce médecin des cœurs blessés aux esprits plus ou moins dysfonctionnant afin qu'il nous réconforte et nous soigne (la médication en général comme en particulier étant plus ou moins agréable) et nos églises et temples, mosquées et synagogues seraient des salles d'attente en attendant notre tour pour être introduits auprès de ce médecin...

Eviter de blesser ou désespérer notre prochain est la recommandation biblique par excellence.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 07/11/2018

@ Rémi Mogenet

Permettez-moi de reprendre de manière critique trois de vos affirmations:

"La science-fiction n'est pas fondée sur l'expérience mais sur la fantasmagorie rationaliste."
Bien des romans de science-fiction, notamment ceux d'Arthur C. Clark mettaient en scène (ou transcrivaient dans la fiction) des théories scientifiques complétées par des données expérimentales (les premières étant souvent confirmées par les secondes). Ils se laissent aussi inspirer par des expérimentations réalisées dans le présent pour en étendre le champ d'application au futur, souvent au moyen de nouvelles idées théoriques ou de l'extension d'anciennes.
Ils ne s'aventurent pas pour cela dans un monde surnaturel. Personnellement je n'utiliserais donc pas le terme de fantasmagorie pour cela, le réservant aux auteurs comme Lovecraft, qui y ajoute le surnaturel.

"L'intelligence ne se décèle que depuis la sphère de l'esprit, on ne peut pas dire depuis l'extérieur si une planète ou une cellule a des pensées ou non. Pareil d'ailleurs pour un être humain."
Les examens fait par IRM et autres appareils d'investigation (qui agissent de l'extérieur) permettent de mettre en évidence l'absence ou la présence de pensées et de les situer notamment dans les domaines du rêve et des certains types d'émotions. Votre affirmation dépend évidemment de ce que vous incluez dans le concept d'intelligence.

"Avec ses machines, le savant moderne ne manifeste qu'une parodie d'invisible, un invisible tronqué et faux." Si on remplace "esprit" par un équivalent de l'anglais "mind" (cerveau, fonctionnement mental au autre) on se trouve simplement face à une lapalissade, toute pensée s'y situant nécessairement et toute expérience étant nécessairement traduit en pensée (ou en sensation) à travers lui. Si vous remplaciez "parodie" par "modèle" (ajoutant éventuellement "intelligible") votre critique serait en même temps plus plus adéquate, mais elle ne deviendrait alors qu'une remarque sur les limites de la théorie scientifique.
Le choix d'utiliser le mot "esprit" permet de faire référence à un au-delà de nos connaissances et dé notre compréhension, accessible, contrairement au monde d'une science aboutie, complète et absolue (objet d'une visée ou d'un idéal inaccessible), au monde de la connaissance mystique, qui transcende toutes les tentatives des humains ordinaires dans leurs vaines tentatives ou prétentions rationnelles (ou non), n'est accessible qu'à des démarches mystiques.

Écrit par : Mère-Grand | 08/11/2018

Ici, rien sur Pestalozzi (vous avez vos rues Pestalozzi, non?).
Motus sur Fröbel (c'est lui qui a inventé les jeux géométriques, repris par Montessori & vendus sous copywright US. Génial, non?).
Rien sur Piaget,pivot mondial début XXe siècle,

Rien d'historique, zéro info, nul votre texte, M. Mogenet.
Aucun commentaire ne relève vos lacunes.
Aucun lien n'est proposé, avec ces pédagogues et rien de leurs inter-influences, de la Reform Pedagogik allemande en ces temps, à l'origine d'une réforme pédagogique mondiale.
Rien sur les intellectuels russes, repris aux USA, écho en Nord-Europe.

Bizarre cette absence de connaissances, face aux vôtre M.Mogenet, chez les commentateurs.
Passer de Steiner à Montessori, ignorer Fröbel, Pestalozzi, éviter Piaget sans autre, quel trou intellectuel!

Montessori était devenue l'amante d'un français à Gve, lorsque medecin en Italie auprès d'asiles pour orphelins, elle est venue se former chez Piaget sur le tas.

J'arrête là. Lire tant d'idioties et constater tant d'incultes prétentieux alors que vous avez une biblio wiki gratos sous la main, c'est pathétique.

Écrit par : jandur | 08/11/2018

Je connais bien Arthur C. Clarke et il mêlait sa science-fiction de fantasy en permanence, significativement il adorait Lord Dunsany et dans les introductions à ses nouvelles il admet généralement avec humour que ce qu'il décrit n'arrivera probablement jamais. Il est en fait proche de Lovecraft, avec plus de légèreté.

J'ai fait beaucoup d'articles sur Pestalozzi, à lire sous la rubrique "Education", et les remarques de Steiner recopiées ici n'ont rien à voir avec l'éducation, il a abordé beaucoup d'autres sujets.

Écrit par : Rémi Mogenet | 08/11/2018

Sur cette page 5 de la rubrique citée on trouve mes articles sur Pestalozzi, aussi sur Bachelard: http://remimogenet.blog.tdg.ch/archives/category/education/index-5.html

Écrit par : Rémi Mogenet | 08/11/2018

jandur

Les commentateurs et commentatrices écrivent ce que la lecture d'un article fait jaillir en eux, en elles, sans prétention d'"affiche"!

Les éducateurs connaissent pas mal les noms que vous apportez sans, en l'occurrence, les citer parce qu'ils parlent, selon ressentis, moins à leur coeur qu'à à leur minuscule intellect.

Montessori dont, discrets non "punaises de lit", on ne recherche pas les affaires privées était extrêmement sensible au dénuement des classes les plus pauvres et son talent, aujourd'hui, en France, par exemple, ne serait pas de trop alors que, selon Marianne, ce ne sont pas les familles "superstitieuses" qui choisissent sa pédagogie mais les familles aisées et intellectuelles qui souhaitent instruire leurs enfants à la maison.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 08/11/2018

M. Mogenet, et vous le motivez comment votre grand écart entre le suisse Pestalozzi, pionnier pédagogue né en 1746 et fondateur des théories qui vont motiver Piager plus tard,

et ce français Bachelard né en 1884, "philosophe" de son état, que vous mettez ici en avant et en opposition à Pestalozzi?

Vous semblez ignorer un pan entier de cette période de l'histoire.


Sinon, C'était quoi déjà la question du sujet de votre blog de votre fil de discussion?

Écrit par : jandur | 08/11/2018

jandur

Mon commentaire n'est pas encore publié mais vous apprendrez, Monsieur l'érudit, que "Fröbel" s'écrit sauf erreur Froebel.

Scientifiques de l'éducation.

En cours de formation d'éducatrices nous reçûmes à l'Ecole une brochette de psys et pédagogues renommés avec des enfants.
Ces experts firent si bien, passant de la théorie à la pratique, qu'à la pause les enfants sortirent dans le jardin filèrent chez eux et ne revinrent pas.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 09/11/2018

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