13/11/2018

Réformes de l'éducation et collectivisation

livre-vendredi-livre-fees-elfes-lutins-L-ZwkALF.jpegL'obsession collectiviste et nationaliste fait beaucoup de mal à l'éducation, car l'être humain n'est pas seulement un nœud du tissu social, il a une individualité pleine et entière. Il faut en tenir compte à, pour le moins, une importance égale - l'éducation doit se centrer bien davantage sur la personne profonde et originale que chaque professeur a devant lui. On m'a raconté que, dans une école, on offrait à chaque enfant, à la fin de l'année, un livre différent, adapté à sa personnalité, et que des collectivistes ont décrété qu'il ne fallait pas individualiser les enfants de cette façon, mais créer un capital collectif, et on a acheté des instruments de musique pour toute la classe, rangés dans un placard – que personne ensuite n'ouvrait, alors que le livre reçu, chaque élève le gardait précieusement et le consultait régulièrement, le prenant comme guide de sa vie propre.

Les programmes nationaux d'enseignement ont au fond le même effet. Ce sont des éléments rangés dans un placard collectif qu'on n'ouvre que contraint et forcé, qu'on n'a pas envie d'ouvrir, et qu'on fait semblant de trouver grandioses pour avoir de bonnes notes et de bons salaires. En littérature, on ouvre superficiellement Molière, Racine et autres auteurs rebattus pour délivrer les mêmes tartes à la crème sur la grandeur de la satire gauloise ou de la clarté française, dégoûtant des qualités de ces écrivains - pas forcément aussi universelles qu'on le prétend, mais quand même pas réduites, du moins à l'époque où on pouvait comprendre ce qu'ils disaient: car il faut bien l'avouer, Captain-America-Marvel-Comics-Avengers-Steve-Rogers-h.jpgl'immense majorité des élèves ne comprennent rien au langage qu'ils utilisaient, qu'on s'en plaigne ou qu'on s'en réjouisse.

Il est évident qu'il faut établir des programmes adaptés aux individus qu'on a devant soi - déjà en supprimant la clause nationale, l'obligation d'imposer à tous les mêmes références purement françaises - alors même que dans l'époque mondialisée qui est la nôtre, la France est petite, et que les références globales, permettant d'échanger facilement avec le monde entier, ne sont pas les siennes, mais celles de l'Amérique et du monde anglophone. Qu'est-ce qui autorise les programmateurs à imposer la littérature française si ce n'est, au regard de la Terre entière, le régionalisme? Or, souvent, il n'est pas assumé, car la littérature prétendument nationale est ancrée dans la France parisienne et centrale, celle qui est franque depuis les origines. Elle est dans les faits complètement détachée de bien des parties du territoire français, dont les habitants ne se sentent aucunement touchés par ce que raconte le professeur fonctionnaire d'État. Il faut individualiser la culture en la régionalisant, en parlant aux élèves de ce qui les touche localement, de ce qui a un lien avec l'endroit que physiquement ils connaissent.

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