09/11/2018

Soutenance de thèse

jacob_bellecombe.jpgJ'ai, durant cinq années, rédigé une thèse de doctorat sur la dimension mythologique de la littérature de l'ancienne Savoie, et j'ai la joie de vous annoncer que je dois la soutenir le 20 décembre prochain à l'université Savoie Mont Blanc, sur le site de Jacob-Bellecombette (bâtiment 10, salle 10011 à 14 h). C'est un sujet qui vient de loin, mais inattendu, car, à l'origine, je me destinais à faire une thèse sur J. R. R. Tolkien - ayant commis, à la Sorbonne, un D.E.A. sur le sujet dans les années 1990. Mon directeur de recherche, lassé par Tolkien, a cependant préféré me renvoyer à Montpellier, dont j'étais venu pour faire ce D.E.A. Découragé, j'ai simplement pris mon poste de professeur de Collège.

Plus tard, j'ai recontacté François Gallix dans le but d'effectuer un travail sur Owen Barfield, philosophe disciple de Rudolf Steiner et ami de J. R. R. Tolkien et C. S. Lewis. Il a été intéressé, mais cela n'a pas abouti, car je voulais surtout publier une traduction de son meilleur essai, Saving the Appearances, et la faire valider comme thèse de doctorat, mais bien sûr il fallait aussi faire un commentaire.

Entretemps, j'avais découvert, en piochant dans la bibliothèque de feu mon grand-père, la littérature de l'ancienne Savoie, au catholicisme si proche de celui de Tolkien - avec en tête Joseph de Maistre et François de Sales: le second, agréé par les Anglicans, a d'ailleurs été proclamé meilleur auteur religieux chrétien par C. S. Lewis. J'explorai les auteurs romantiques savoyards, pour découvrir que, comme les anglophones que je chérissais, ils avaient mêlé le merveilleux au christianisme, l'inspiration populaire à la tradition religieuse – et, comme j'habitais en Savoie, je sautai sur l'occasion pour faire découvrir leur littérature au public par des usmb.jpgarticles dans la presse locale, puis des livres, puis des blogs - dont celui-ci -, et en rééditant d'anciens ouvrages de cette ligne. Le couronnement vint quand le Conseil du Département m'eut commandé un rapport sur les châteaux de Haute-Savoie dans la littérature. L'ayant rédigé, et ayant touché plus d'argent que jamais je ne l'avais fait pour un travail littéraire, je me demandais quelle suite donner à cette belle entreprise, quand il me vint l'idée d'en faire une thèse de doctorat, de faire entrer ce sujet dans la sphère universitaire - dont il était resté globalement exclu. J'écrivis à l'école doctorale de Chambéry, et Michael Kohlhauer, spécialiste des frères Maistre et directeur des Cahiers d'études maistriennes, répondit à l'appel, acceptant de diriger mes efforts.

Je délivrai, au bout de quelque temps, une première mouture, qui ne faisait qu'ajouter des notes précises à mes différents articles et ouvrages d'amateur, et mon guide dut m'indiquer les nombreuses corrections à faire, réclamant plus de problématisation et de théorisation. Craignant que si je m'orientais clairement vers la dimension mythologique qui réellement m'intéressait, je fusse plus ou moins sanctionné parce qu'elle est contraire au dogme rationaliste, j'hésitai, mais Michael Kohlhauer m'encouragea à procéder comme je l'entendais, et, après m'être creusé la cervelle et avoir rendu mon ouvrage plus philosophique, je le délivrai une seconde fois - et il fut approuvé.

Je dois remercier, pour le travail préparatoire qu'il a permis, Jean-François Mabut lorsqu'il me sollicita pour le présent blog - et, presque le premier, montra un réel enthousiasme pour la culture de l'ancienne Savoie. En général, s'y intéresser était mal vu, notamment en France. Depuis, j'ai aussi effectué une conférence à l'université de Chambéry, et elle a été bien reçue. Je n'ai pas suivi un chemin sur lequel un tapis rouge, comme on dit, avait été mis; mais on se fait son propre chemin dans les fourrés, si on en a la patience.

Commentaires

Quel beau parcours, sincères félicitations Docteur.

Écrit par : lecteur | 09/11/2018

Félicitations, Rémi!

La manière avec laquelle vous rendez compte de ce parcours, on peut le dite, de vaillant combattant est très intéressante. C’est la preuve d’une belle volonté qui importe tout autant que le fruit du travail qu’elle a produit.

Comme vous n’avez pas indiqué le lieu où se situait l’Université Savoie Mont Blanc, j’ai lancé une recherche sur Google. Voici ce que Wikipedia en dit mais vous avez dû le lire, bien sûr:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Université_Savoie-Mont-Blanc

Encore bravo, je retiens la date de votre soutenance et espère pouvoir venir y assister!

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 09/11/2018

Merci.

J'ai bien indiqué le lieu, Hélène: c'est Jacob-Bellecombette, une commune limitrophe de Chambéry. L'université est néanmoins disséminée, physiquement, dans les deux départements savoyards, il y a aussi des parties à Annecy-le-Vieux, d'autres près d'Aix-les-Bains...

Au plaisir de vous voir le 20 décembre, en tout cas!

Écrit par : Rémi Mogenet | 09/11/2018

Oui, Rémi, j’avais lu le nom de ce lieu!

Mais disons que, justement, pour qui ne connaît pas la région aussi bien que vous, cela reste un peu énigmatique... :-)

Je ferai tout mon possible pour venir le 20, soyez, en tous les cas, assuré de toute mon estime.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 09/11/2018

A nous ...............1602!!!!!

Écrit par : Dominique Degoumois | 10/11/2018

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