09/12/2018

La pourriture comme phénomène global

pomme_pourrie.jpgOn fait de la pourriture un phénomène essentiellement physique, provoqué par les microbes, mais il est partout ressenti comme également moral: l'animal et le végétal qui ont cessé d'être bons à manger semblent avoir intégré le principe de la mort, qui donne des maladies. La correspondance morale de cette évolution du vivant est connue: on parle de corruption des mœurs pour désigner les maladies de l'âme - ce qui la fait tendre à la mort, l'anéantissement intime.

Mais la vie, plus qu'on ne croit, est une qualité morale donnée à la matière, et il serait absurde de ne pas regarder la vie comme supérieure à la mort: il ne s'agit pas de deux états spirituellement indifférents. Les microbes, de ce point de vue, sont la manifestation d'une corruption morale. D'ailleurs, s'ils étaient grossis, artificiellement, par des microscopes, et confrontés à des êtres humains, on retrouverait le modèle héroïque d'Hercule affrontant des monstres informes - répété et répercuté, en réalité, dans les récits et images de cosmonautes du futur se défendant contre de hideux extraterrestres qui ont justement l'apparence de microbes géants.

La portée morale en est évidente, puisque, entre la mythologie grecque et la science-fiction, le christianisme l'a cristallisée par la figure de l'archange Michel et du dragon, issue de l'Apocalypse de Jean. On peut se représenter, si on veut, les forces d'un médicament comme des robots luisants combattant au nom des hommes des monstres qui sont d'abominables microbes - et d'ailleurs la science-fiction appelle fréquemment ses monstres imaginaires des virus.

Mais il n'y a là rien de physique, c'est purement symbolique. La réalité des forces de vie et de mort, de bien et de mal, d'ombre et de lumière ne peut être saisie que par des images créées depuis le cœur dans l'élan de sagesse - et on découvrira, quelque jour prochain, que même dans le cas des maladies, ce sont bien des forces spirituelles qui s'affrontent dans l'organisme.

La science romantique allemande l'a déjà établi, mais il faudra du temps avant que le matérialisme spontané l'admette. Elle se fondait sur l'idée d'une forme idéale abîmée par les infections, porteuses d'esprits du etherique.jpgchaos. Là était le fond de la santé face aux maladies. Les animalcules n'en étaient que les effets physiques immédiats, subtilement perceptibles, et donc préparant - mais non causant - le phénomène observable à l'œil nu.

Dans l'ordre de la pensée, le pourri est ce qui est faux, et les idées mêmes que je développe ici sembleront avoir, par analogie ou extension, une odeur délétère à ceux qui les trouveront fausses, et qui auront une sensibilité esthétique à cet égard. Toutefois, le scandale peut venir aussi du choc créé par les idées inhabituelles, qu'on trouve fausses parce qu'elles défient les idées ordinaires. Mais c'est pour dire que, en toute clarté ou bien dans les ténèbres, le sentiment que la pourriture est aussi un phénomène moral ou intellectuel est spontanément présent jusque dans les esprits matérialistes.

09:48 Publié dans Poésie, Science, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Je fais actuellement une cure de jus de fruits/légumes fermentés, c'est rien d'autre que de la pourriture dans du jus et que c'est très bon pour notre système digestif! Une centrifugeuse, des légumes des fruits et du gingembre/curcuma frais bio, et hop 3/4/5/6 jours au frigo et le tour est joué, ça ne coute pas cher et c'est génial pour la santé!

Écrit par : Dominique Degoumois | 10/12/2018

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