La Liberté et les Gilets jaunes

gilets.jpgLe mouvement des Gilets jaunes a eu d'emblée ma sympathie, parce que je réprouve les taxes incitatives et punitives, comme contraires à la liberté. Et puis il était populaire et non centralisé. Mais il a publié une Charte dans laquelle il demande des choses fondamentales pour la liberté des citoyens, et que ne demande aucun parti: car lorsque les partis parlent de liberté, c'est soit au profit des collectivités, c'est à dire des politiques qui les dirigent - eux -, soit au profit des acteurs économiques - leurs amis, ou donateurs -, alors autorisés à enfreindre les lois morales sous prétexte que l'argent rapporté fera le bonheur des peuples. Aucun ne pose en principe la liberté qui compte vraiment, celle qui a trait à la sphère culturelle, et au sein de laquelle le citoyen est en réalité en opposition à l'État unitaire et centralisé.

Les articles 15 et 16 de cette Charte officielle des Gilets jaunes posent clairement le problème, en demandant la suppression des subventions aux médias, lesquelles servent en réalité à assurer à l'État une forme de propagande; et en exigeant que ce même État ne s'ingère pas dans les libres choix des familles en matière d'éducation et de santé. Car là encore, il utilise son pouvoir pour servir ses intérêts - et répandre sa doctrine préférée.

Globalement, celle du rationalisme philosophique. Je veux dire en France. Ailleurs, ou dans un autre temps, ce sera celle du catholicisme ou de l'islamisme: peu importe. Ce qui compte, c'est la liberté individuelle, car dans la sphère culturelle, ce n'est pas la Providence, qui importe au premier chef, mais l'Esprit; et ses langues de feu sont au-dessus de toutes les têtes: la tentative de confiscation de l'Esprit par les philosophes, professeurs et journalistes agréés par le Gouvernement est grotesque, et contraire à l'évolution humaine.

En éducation, s'agit-il de créer des pions du Système, comme on dit, ou de soutenir les familles dans leur effort d'épanouir des êtres humains? La réponse est évidente. L'État n'a pas à chercher à enlever les enfants aux familles pour leur imposer une culture qu'il juge supérieure parce qu'en fait c'est celle de l'Oligarchie, et qu'elle infériorise ceux qui ne la possèdent pas spontanément – héréditairement. Elle tend à les soumettre, et permet leur exploitation: pourquoi le cacher? À cet égard, le socialisme avait raison.

Pensons seulement à ceci, que les familles transmettent des traditions régionales que l'État refuse de transmettre; c'est complètement anormal. Un professeur d'histoire a pour devoir d'approfondir les parts d'histoire locale que les familles évoquent brièvement le soir, ou pendant les vacances. Pareil pour la Pestalozzi_Porträt.jpglittérature. Et les langues, et tout. Le grand Pestalozzi disait que les professeurs étaient au service des familles, et il avait raison. Ils ne sont pas semblables à ces prêtres qui arrachaient les enfants aux parents pour leur faire abandonner le paganisme, en Amérique. Ils ne doivent pas l'être. L'État républicain qui croirait légitime d'arracher les enfants aux traditions régionales de façon indifférenciée, serait bien un État colonial, qui priverait de liberté les individus. Pour son propre profit. Il ne ferait que détourner dans son sens la démarche des missionnaires religieux d'autrefois, au lieu, comme il pourrait le prétendre, d'émanciper les peuples.

Les Gilets jaunes ont donc raison. Les choix relatifs à la médecine doivent également être respectés: les médecines alternatives n'ont pas à subir le despotisme de l'État. Si elles sont choisies, elles sont valables! Aucune philosophie supérieure ne peut être imposée légitimement, même approuvée par des gens qu'on croit intelligents. Pour la première fois depuis longtemps, la liberté vraie a été défendue en public.

Commentaires

  • "les médecines alternatives n'ont pas à subir le despotisme de l'État. Si elles sont choisies, elles sont valables!"
    C'est une position défendable, mais qui se heurte très vite à des limitations, qui ne peuvent être qu'étatiques, puisque le système de la participation (ou de la prise en charge) aux frais est étatique.
    Demander aux Etats de prendre en charge tout ce qui "est choisi" comme alternative pour notre santé ou notre bien être(y compris notre santé ou bien être psychique) est impossible, sinon il faudrait rembourser aussi bien les chamans que les prêtres (pour m'en tenir à ces exemples).
    Vous écrivez "médecines alternatives", ce qui sous-entend probablement déjà une limitation: certaines pratiques que l'on qualifie ainsi sont pris en charge, en général parce qu'elles sont enseignées dans nos facultés, d'autres subissent le "despotisme de l'Etat" sans que le choix fasse (ou même puisse faire) l'objet d'un accord de tous ceux qui disent se sentir mieux à leur pratique.

  • sur youtube il y a pleins de reportages ou d'émissions de télé de ces 15 dernières années, où on parle des problèmes sociaux des français et des européens, on ne peut donc pas dire "je ne savais pas", comme macron l'autre soir! Le problème est que tout le système est corrompu, et que l'Europe de Bruxelles est faite sur mesure pour les escrocs! C'est cette Europe là qu'il faut combattre, et ce ne sont pas nos gouvernements qui vont le faire puisqu'ils profitent de tous les avantages de cette corruption! Je ne doute pas que le cas échéant ils utiliseront l'armée pour nous combattre "légalement", n'oublions pas que ce sont eux qui ont fait les lois! Je pense que le boycotte est une arme très efficace pour autant que tout le monde le pratique, et je doute qu'avec internet et les iphone les gens sont prêt à mettre au pas les GAFA et toutes les multinationales, alors que c'est très facile de le faire! On doit apprendre à faire corps par "solidarité"! Mais ce mot "solidarité" à été squatté par les politiciens qui l'on dévoyé! Le couple Pinçon/Charlot, Etienne Chouard, Emmanuel Todd sont des guides, depuis près de 20 ans tous nous mettent en garde contre le système! Ce même système qui n'a pas prit garde de les écarter tellement il ne voyait pas en eux "l'ennemi non corruptible"! Ne nous laissons pas récupérer par la gauche et les syndicats, eux sont du côté du "pouvoir corrompu" même si officielle ils le combattent!

  • Les cours des universités sont orientés aussi par des agents du Gouvernement. Ils trouvent toujours le moyen de mettre fin à ce qui ne leur plaît pas.

    Le droit à la santé est celui de se soigner selon ses choix. Si un médicament est dangereux, ce n'est pas ne pas le rembourser, qu'il faut faire, mais l'interdire. L'hypocrisie du remboursement choisi est énorme. En tout cas c'est mon avis. C'est en fait un moyen de limiter la liberté. D'acheter les consciences.

  • Combattre le mal c'est bien mais créer du bien est plus difficile...

  • En l'occurrence "créer ce bien" est inenvisageable sans la participation active des citoyens… que de regards ailleurs ou silences gênés depuis des années lorsque l'on croyait pouvoir aborder simplement l'ensemble de ces problèmes en société.
    Magnifiques articles et commentaires présents de Rémi Mogenet, Mère-Grand et Dominique Degoumois.

  • Cher rémi@ il y a des SDF dans nos rues, libre à vous d'aller vers eux avec un sourire et de leur donner quelque chose, des vêtements, à manger! Aller vers celui qui a besoin, c'est aussi faire le bien!

  • Merci du conseil... Pour ma part je préfère pour le moment communiquer dans le sens de l'accroissement des libertés, contre le centralisme et l'étatisme, contre l'intervention de l'Etat dans la sphère culturelle. L'âme humaine à aussi besoin de cette respiration, de se lier par elle-même, sans structures étatiques, aux éléments et aux astres.

Les commentaires sont fermés.