On a vu combattre le Père Noël à Genève (conte mythologique de Noël, 5)

13466475_10208718421829522_2595428585895190099_n.jpgDans le dernier épisode de cette série spéciale, nous avons laissé les elfes du Père Noël alors qu'ils venaient de blesser le démon Mérérim qui attaquait leur maître, mais qu'il n'était que ralenti dans son action mauvaise, non arrêté.

Trois des elfes, s'élançant sur les chemins de l'air, sortirent leurs épées et l'assaillirent, après s'être portés à sa rencontre. Malgré leur vitesse incroyable, le monstre para leurs coups de sa queue virevoltante, ainsi que de ses bracelets: car il en portait, qui était d'argent pur, et brillaient comme si leur créateur fût parvenu à saisir assez de rayonnement lunaire pour en forger des anneaux compacts. C'était le cas.

Des étincelles jaillissaient quand une lame rencontrait sa queue ou ses bracelets, et plus d'un homme crut à une pluie d'étoiles filantes, en les voyant. Quand une épée parvenait jusqu'au corps de Mérérim, elle ne rompait aucunement ses mailles, mais rebondissaient dessus en créant de nouvelles gerbes d'étincelles. Les elfes voyaient bien qu'ils ne pourraient venir à bout de lui, qu'il était trop fort pour eux.

Jusque-là, ils ne lui avaient pas laissé le temps de riposter; mais ils savaient qu'il disposait de pouvoirs fulgurants, et que, dès qu'il aurait un moment, il en userait. Or, ils commençaient à fatiguer. Et leurs coups pareils à des éclairs devenaient plus lents.

Soudain, sa queue s'élança vers l'un des trois elfes, et le frappa à la poitrine. Celle-ci fut aussitôt ouverte. La cuirasse qui la recouvrait avait été rompue sans effort apparent, et le sang jaillissait de la plaie, et l'elfe glissait vers le sol, quasi inconscient. L'instant d'après, parant encore deux coups, le monstre leva sa main droite et un éclair blanc en jaillit, rafale d'énergie pure qui atteignit un autre elfe au front; et celui-ci tomba, à son tour, le heaume brisé, le sang s'écoulant sur ses joues. Le troisième n'attendit point son heure dernière; Satana.jpgcomprenant qu'il n'avait aucune chance, il courut vers le traîneau, qui s'élançait au loin. Mais le démon, qui volait dans les airs plus vite que ne le fait un faucon, le rattrapa, l'abattit d'un coup de sa main destructrice, après avoir brisé son épée, qui se levait, d'un coup de queue des plus violents. La lame brandie se brisa lorsque cette queue l'atteignit, et le démon n'eut qu'à asséner un coup de poing à l'elfe, qui s'écroula. Car au moment où le poing l'avait touché, il était flamboyant d'énergie blanche, et la force du coup en avait été décuplée, et des foudres avaient jailli, qui avaient anéanti l'elfe sans retour.

Exalté par cette victoire, exultant de la souffrance qu'il avait causée, le démon se précipita plus vite que jamais vers sa proie, et saint Nicolas, le voyant arriver, commanda aux quatre elfes restants de fuir et de partir chercher du secours, puisqu'ils ne pouvaient rien contre le monstre infâme.

Puis il se retourna, et prépara la plus grande force qu'eût jamais contenue sa crosse transfigurée. Elle vibra, étincela, ses extrémités s'entourèrent de globes de feu. Le corps même de saint Nicolas devint luisant, rayonnant, et plus d'un mortel, en le voyant, crut à un météore. La force du trait de feu qui jaillit du bâton sacré eût suffi à précipiter le dragon de saint Michel dans l'abîme, et Mérérim le prit à la jambe droite, ayant bondi dans les airs au dernier moment dans le but de l'éviter, mais ne le pouvant.

Oyez! cette jambe fut tranchée net au-dessus du genou, et soudain Mérérim devint boiteux.

Il est cependant temps, lecteurs, de laisser là cet épisode, pour annoncer que dans le prochain seulement nous assisterons à la capture effective du Père Chalande.

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