L'Histoire et les Cathares

cathares.jpgLes historiens officiels tendent à nier l'importance des Cathares, en Occitanie, autant que les occultistes comme Déodat Roché ont tendu à en faire le cœur du génie occitan - son étincelant noyau -, mais caché sous les couches de rationalisme à la française, ou à la romaine. Les historiens officiels sont rationalistes par principe et, en un sens, cela les rend toujours favorables à Paris, et donc au centralisme, même quand ils disent et pensent aimer l'histoire locale: leur pensée est spontanément française, bien qu'ils ne s'en aperçoivent pas, persuadés qu'ils sont que cette pensée française est universelle et aurait pu naître n'importe où dans le monde - avec suffisamment d'Évolution. Ce n'est pas propre à l'Occitanie, j'ai rencontré beaucoup de régionalistes agnostiques aussi en Corse et en Savoie, où la culture, avant d'être assumée par la France, était essentiellement catholique. La méconnaissance des autres pays du monde fait qu'il est même difficile de se rendre compte que c'est un trait parisien, et que le particularisme savoyard, par exemple, était nourri de liens avec l'Italie baroque - telle que Stendhal l'aimait et la chantait, et telle que Dante l'a formalisée dans le merveilleux chrétien de son chef-d'œuvre.

Comme toujours, l'argument des historiens matérialistes est d'affirmer que ceux qui ont parlé des hérésies, des conceptions merveilleuses des uns et des autres, l'ont fait parce qu'ils étaient animés par de la politique - par leur désir de pouvoir. Si Stendhal disait ce qu'il disait de la Savoie, c'était d'abord pour s'opposer, par principe, au régime français. Si tel théologien médiéval évoquait les croyances cathares, c'était pour répandre le centralisme papal, et ses dires n'étaient que prétextes.

On m'a opposé Stendhal, lors de ma soutenance de thèse: je veux dire, on m'a affirmé qu'il ne parlait que par politique. J'ai dû répondre que ses motivations politiques n'empêchaient pas forcément la vérité de ses dires. D'ailleurs, Pierre Leroux les a confirmés, alors même que, contrairement à Stendhal, il désapprouvait ce qu'il voyait. L'un disait du bien des Chambériens, l'autre du mal, mais pour les mêmes choses constatées. Rien ne prouve que les discours des évêques sur les Cathares, qu'ils aient été ou non animés d'intentions politiques, ne se soient pas appuyés sur des faits. Il ne suffit pas de démontrer l'intention politique pour démontrer la fausseté d'observations factuelles.

Mais le plus singulier, dans la méthode ordinaire des historiens officiels, est que l'intention politique n'est jamais démontrée. Elle est constamment supputée, et ressortit au préjugé matérialiste, que tout le monde partage. On croit qu'elle va de soi, alors qu'aucun document ne la confirme, on s'appuie sur un dogme qui aux esprits petits relève de l'évidence.

Au bout du compte, c'est un postulat matérialiste qui pousse à nier le catharisme. Les faits disent qu'il y a bien eu une hérésie importante, nourrie de manichéisme, et que la culture occitane s'est liée en profondeur à elle. Ce n'était d'ailleurs pas nouveau: avant les Cathares, en Occitanie, il y avait eu les Ariens, avant encore, priscillien.jpgles Priscilianistes, il est constant que cette région a différé du catholicisme classique, il est véritable que cela émane de son caractère profond. Le refus de détacher le christianisme de la Nature, notamment, en est un signe clair. Il souffle des Pyrénées un air de féerie qui fait reculer le rationalisme catholique, et qui s'est aussi manifesté dans l'attaque de Charlemagne et de son arrière-garde, à Roncevaux, par les Basques. C'est indéniable, même si les historiens rationalistes tributaires de la pensée française essaient de prouver autre chose.

Commentaires

  • Bonjour,
    Deux mots sur les Cathares, merci.
    La doctrine professée par les Cathares, dans les anciennes provinces de Macédoine et de Thrace, avait été importée par les Pauliciens, Manichéens venus de l'Asie Mineure.
    Ces sectaires firent leur apparition en France au commencement du deuxième millénaire et bientôt se répandirent dans toutes les directions. On les trouve en Aquitaine dès l'an 1010 ; en 1023, on en brûlait 11 à Orléans ; vers 1035, on en trouva une petite communauté à Montfort ; on les brûla. Cent ans plus tard, on en trouvait partout.
    On leur donnait différents noms. Un de leurs principaux centre était Albi ; on les appela Albigeois. Ils furent impitoyablement poursuivis de 1210 à 1228.
    Le Catharisme était une révolte de la conscience et de la raison contre le désordre catholique. S'il ressemble au Manichéisme, c'est qu'il a la même origine : un soulèvement des bons instincts contre l'excès du mal, une réaction contre le désordre social généré par le pouvoir du prêtre.
    L'oppression continue de la meilleure partie de la société sous la tyrannie des grands soulevait l'exaspération des gens intelligents et bons. L'iniquité des lois appuyées par la force aveugle entretenait la pire des souffrances, celle des plus nobles instincts. Les femmes révoltées et outragées refusaient d'être mères pour ne pas donner de nouvelles victimes à la tyrannie.
    En 1025, on trouva des Cathares à Arras. Interrogés par l'évêque sur leur doctrine, ils répondirent « qu'elle consistait à se détacher du monde, à réprimer les désirs de la chair, à vivre du travail de ses mains, à ne faire de tort à personne et à exercer la charité. Nous croyons, ajoutèrent-ils, que, en gardant ainsi la justice, on n'a pas besoin de baptême, et que, si on la viole, le baptême ne sert de rien pour le salut. Ils ajoutèrent que leur religion excluait tout culte extérieur, les bonnes œuvres étant le seul hommage que Dieu agrée ; qu'ils se mettaient fort peu en peine qu'on les enterrât n'importe où et n'importe de quelle manière, les cérémonies des funérailles n'étant, du reste, qu'une invention de l'avarice des prêtres. Quant au mariage, ils ne l'admettaient pas comme sacrement, se passant, pour les unions, de la bénédiction du prêtre. »
    On le voit, à toutes les époques il y a eu des gens sensés. Malheureusement, ce ne sont pas eux qui ont écrit l'histoire ; ils étaient les humbles, les petits, ils étaient même les ignorants, car ils ne savaient pas le latin, ils ne savaient même pas lire, ni écrire, talents rares alors. La science de l'époque, c'était la théologie ; tout le monde appelé savant était perverti par les idées dites chrétiennes, la raison et le courage s'étaient réfugiés chez les ignorants de cette science vaine.
    On prit ces êtres courageux pour des monstres humains. A Orléans, dix chanoines furent convaincus de Manichéisme.
    « Orléans était devenu le séminaire de la secte », dit le moine Glaber.
    Partout ils renaissaient sous différents noms : c'étaient les Bogomiles en Bulgarie.
    Les Cathares dans la Flandre.
    Les Vaudois à Lyon.
    Les Coteaux et les Ruptariens à Bourges.
    Les Publicains dans les Pyrénées.
    Les Bonshommes dans le Bourbonnais.
    Les Agenais à Toulouse.
    Les Brabançons, Navarrois, Basques, Aragonais, etc., et surtout les Albigeois, qui avaient la ville d'Albi pour métropole.
    [...]
    Ce fut le premier grand drame sanglant dont l'Église donna le spectacle au monde épouvanté.
    C'était du reste la première révolte sérieuse contre les absurdités de la doctrine dite chrétienne et contre le joug de Rome ; ce fut aussi la première tentative d'un retour à la Vérité antique et à la vie simple, suivant les lois de la Nature et de la vraie morale. Si les Cathares avaient triomphé, l'humanité serait entrée alors dans une ère nouvelle, et les huit siècles de souffrances et d'ignorance qui se sont écoulés depuis auraient été un temps de paix et de rénovation.
    Au lieu de cela, l'Église entra dans la période la plus sombre et fonda l'Inquisition.
    Suite : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/06/les-cathares.html
    Cordialement

  • Le bon sens, sans doute, n'est pas le rationalisme.

  • Merci de vos précisions.

  • Deux textes d'un très grand intérêt. Merci aux auteurs.

  • Anwen traite de tous les sujets! Un puits de connaissances.... Oú les puisez-vous? Hérodote? Des livres historiques ? Je prendrai le temps de faire un tour sur votre site....... C’est le but de vos interventions, non!?

  • Je rejoins Mère-Grand.

    En l'occurrence je plussoie l'extrait d'Anwen dans son apport: car ni les historiens ni les théseux actuels n'ont relevé l'idéologie ni le rôle des cathares, génocidés par l'inquisition catholique de l'époque en pouvoir, versus ce qu'il en était de l'invasion islamique par le sud de l'Europe.

  • divergente@ "ni les historiens ni les théseux actuels n'ont relevé l'idéologie ni le rôle des cathares"
    Ah ouais ? Lisez un peu la bibliographie sur ce site :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Catharisme
    Et à peu près tout le monde a lu "Le Bûcher de Montségur" de Zoé Oldenburg...
    Anwen est une fanatique féministe du type fascistoïde. Cela ne m'étonne pas que Patoucha se pâme d'admiration devant ses élucubrations...

  • Géo, me fiche de votre Patoucha-chérie et de vos sources d'info made in wikipedia. Ce n'est pas là qu'il faut lire sur les cathares, et en informer n'est pas mon job, là on perd son temps.

  • L'hébergeur de ce site et l'auteur de cette note sont informés.
    Reste à Jean Favre de réagir, ainsi qu'à Remi Mogenet.

  • Bien sur ils savait lire leur écrite c'est t'ai grec et avant existent une sort comme égyptien ! Macédoine vous oublier Alexandre lé Grande roi Macédoine ! Aussi roi Bulgare qui à ordonné à Kiril et Méthodi à écrire les l'être slaves cyrillique comme vous dît justement pour éviter les grec qui volé les notre histoire Bulgare ! Et aussi roi Français pour c'est faire argent vit fait à distribué là terre Bulgare et Macédoine au turc ,Grec et Russe même roi des France à utilisé cabale contre le tzar ! Tous ça j'ai trouver dans vieux livres Français ! Mais vous pouvait avantais histoire ! Mais ça tien pas beaucoup

  • Les Cathares ou les Parfaits. Une sorte de protestantisme avant l'heure. La répression fut politique.
    https://www.cai.org/fr/etudes-bibliques/les-huguenots-les-vaudois-les-cathares

  • Votre lien ne le dit pas...

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