CXXXI: venimeuse blessure pour le Génie d'or

2ca6c27f2cea629f09a3bac0609e7ca5.jpgDans le dernier épisode de cette geste incroyable, nous avons laissé le Génie d'or, gardien secret de Paris, alors que, pénétrant le chemin sous la Seine qui mène à la maudite forteresse de Fantômas, il venait de devoir se débarrasser de sa cape, clouée à la paroi rocheuse par un trait soudain.

Un homme à tête de loup et à la gueule énorme se jeta sur lui et lui saisit le bras gauche, mais il lui asséna un coup de son sceptre d'or, et son ennemi eut le crâne brisé dans de flamboyantes étincelles: il dessera son étreinte mais, toujours vivant, aussi curieux que cela paraisse, il tenta de compenser son manque de force en embrassant le Génie d'or au corps; et ses pieds vibraient, lui déchirant les cuisses. Quelques mailles de son haubert se rompirent, et la chair de l'elfe fut entamée - et son sang bleu coula, tel l'eau d'un saphir fondu, le long de ses jambes.

Mais il leva plus haut son sceptre cosmique, puis l'abattit plus fortement sur le monstre, qui en eut, cette fois, la tête volatilisée. Pourtant, ses membres restaient agrippés à son corps, et il aurait dû les briser un à un, s'il avait tenu à se libérer; mais il n'en avait point le temps, car un être bizarre, à tête de sanglier, se ruait sur lui, et il dut aussi se défendre contre cette attaque.

Il le fit en s'effaçant dans son habituelle brume bleue, et le sanglier à corps d'homme ne rencontra que le vide, chutant par-delà le monticule formé par les êtres tombés sous les coups de son ennemi. Hélas, lorsque le Génie d'or se rematérialisa dans l'air, au-dessus des combattants, il prit conscience de son imprudence; car, au lieu de rester derrière, les membres inertes mais figés de l'homme-loup mort, armés d'un sortilège puissant qui les collait à lui, le suivirent en pénétrant dans sa chair, comme s'ils eussent voulu constituer avec lui un seul corps, et prendre possession de son être. Il entendit, obscurément, le chuchotement de ces bras morts, qui ne l'étaient donc pas tout à fait. L'effet en est qu'il était désormais paralysé de tout son flanc gauche, et que ses mouvements se firent lents, heurtés, dénués de la souplesse et de l'agilité qu'ils avaient eues. Les monstres qui l'entouraient, th.jpgl'observant, s'en aperçurent, en rirent, et pensèrent pouvoir en profiter.

Mal leur en prit. Malgré cette gêne insigne, l'elfe protecteur de Paris continua à faire merveille. Bougeant peu des jambes, tenant de sa main gauche les membres incrustés dans son armure et sa chair, surmontant sa douleur, il faisait tourner devant lui son sceptre d'or de sa main droite, et à chaque tour il lançait une volée de rayons meurtriers sur l'ennemi. Il en atteignit plusieurs, qui en furent percés de part en part, et tombèrent sur le sol.

Voyant cela, les autres hésitèrent. S'arrêtant au-dessous du gardien secret de Paris, ils ne savaient plus comment le vaincre, puisque même leurs sortilèges ne l'empêchaient pas de combattre et de demeurer victorieux, face à eux.

Soudain, de derrière eux, du fond du trou noir dont ils avaient eux-mêmes surgi, vint un murmure étrange, mêlé de gémissements, et, voici! les attaquants en tremblant s'écartèrent. Le Génie d'or, les traits crispés, son sang d'azur coulant de ses plaies, mais tenant en main son sceptre étincelant, attendit en flottant dans l'air enfumé. Sous l'arche rocheuse, une forme se mouvait, et bientôt parvint dans l'obscur champ de lueurs où le combat se déroulait. Ce qu'il vit alors le glaça d'horreur.

Mais cet épisode long doit s'arrêter, pour laisser place à l'annonce d'une bataille contre les zombies de Paris, la prochaine fois!

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