La technologie ouvre-t-elle sur les étoiles?

GÉRARD-KLEIN-HISTOIRES-COMME.jpgJe me souviens avoir eu une petite correspondance avec un écrivain dont j'adorais la fabuleuse imagination: l'auteur de science-fiction Gérard Klein. Dans sa jeunesse, il avait une inventivité géniale, et il a écrit des récits incroyables. Mais plus tard, il s'est intellectualisé, et n'a plus eu la même inspiration, le même feu. Il n'en demeurait pas moins nostalgique et plein d'affection pour le jeune homme qu'il avait été, et qui prolongeait par l'imagination les rêves de conquête de l'espace qu'on faisait alors.

Je lui ai écrit que, dans le ralentissement donné à cette conquête de l'espace par les États, il fallait peut-être voir un coup de la Providence, qui invitait l'être humain à pénétrer le monde des étoiles par l'âme, au moyen de l'imagination, plutôt que par les machines. Pour moi, c'est ce qu'avait magnifiquement fait Gérard Klein même, dans sa jeunesse, avec en fait plus d'éclat et de génie que toutes les compagnies aéronautiques du monde.

Mais l'intéressé, peut-être par modestie, ne voyait pas les choses ainsi, il prévoyait que la conquête des étoiles par des moyens physiques allait bientôt reprendre. Cela date de vingt-cinq ans, et je n'ai rien vu. Par contre, en déménageant en Occitanie, dans l'ancienne seigneurie du Quercorb, j'ai pu constater que moi, j'avais conquis les étoiles. Car dans les vallées de cette ancienne province, comme il y a peu de lampadaires, on voit bien les feux célestes – qui semblent être tout proches, accrochés à un plafond rond, accessibles aux sens, et remplis de vie, d'êtres grandioses.

J'y ai été aidé par mes lectures mythologiques et ésotériques, de textes d'astronomes antiques comme Hygin, de ceux de Rudolf Steiner, de ceux de J. R. R. Tolkien, de ceux de Dante, tous auteurs qui appréhendaient la vie des astres au-delà de leurs apparents mécanismes – sans parler d'Olaf Stapledon, qui, s'appuyant sur l'astronomie cosmoc.jpgmoderne, n'en disait pas moins que les étoiles effectuaient un ballet grandiose, dont l'essence esthétique échappait aux astronomes mécanistes, mais était une réalité, vécue par les étoiles elles-mêmes, douées de conscience!

Et le fait est que Gérard Klein dans certains de ses récits douait aussi les étoiles de conscience, et qu'il m'a bien aidé à ressentir la vie propre des étoiles – quoi qu'il ait dit, à froid, dans ses lettres.

La poésie ouvre le chemin des astres, et la technologie tend à le boucher, éloignant leur clarté par la lumière artificielle, réduisant leurs mondes à des terres à exploiter, à commercialiser, à coloniser. C'est ce que je pense, et d'avoir cheminé sous les étoiles dans une vallée du Quercorb affranchie des lampadaires pour promener de joyeux chiens a achevé de m'en convaincre.

Un soir, en Grèce, à Delphes, j'en avais eu le soupçon, alors que, regardant les bras de mer qui entraient dans les replis des montagnes, j'admirais la terre sombre, dénuée de lumière artificielle. J'ai alors eu une superbe vision, celle d'un pèlerin sur les eaux. Mais la vie m'a donné raison, tout comme du reste l'inaction des États en matière de conquête de l'espace, les robots envoyés sur Mars ne faisant pas si rêver qu'on le dit – même si les déserts caillouteux qu'ils ont montrés ont cet air inquiétant des terres maudites, infestées de démons, dont parlait Lovecraft!

Commentaires

  • Les Étoiles, l’Univers et la Vie.
    Dans les primitives Cosmogonies, on expliquait le mécanisme de l'Univers par l'action d'une force émanant des astres incandescents. Cette force n'est autre que le dynamisme inhérent à la radiation des astres, surtout du soleil, dont l'action est la plus puissante sur la terre, puisque c'est l'astre le plus rapproché de nous.
    Cette force reçoit dans toutes les langues un nom qui est presque toujours une onomatopée, c'est-à-dire un mot qui représente imitativement une force.
    Chez les Hindous, c'est « Brahm ».
    Chez les Egyptiens, c'est « Ptah ».
    Cette radiation solaire n'est pas seulement une force, c'est un principe chimique. La radiation est un courant d'atomes d'oxygène, qui génère la lumière blanche qui nous éclaire.
    Mais cette force radiante ne vient pas seulement du soleil ; elle vient aussi des étoiles, qui sont multiples et rayonnent dans l'espace sept autres principes chimiques qui génèrent les sept couleurs du prisme. Telle est l'origine du septénaire.
    Le principe radiant, considéré comme force cosmique, a été appelé :
    - Chez les Phéniciens : Ilus ; El ; Elion.
    - Chez les Chaldéens : Ilaï ; Ilah.
    - Chez les Assyriens : El ; Ilu.
    - En Arabie : Il ; All ; Allah.
    Enfin chez les Hébreux : Elohim, mot qui est le pluriel de Eloha. Le premier verset du Sépher (La Genèse), dit : « Berechith bara Elohim eth ha chamaïm veeth ha aretz ».
    Traduction : « En principe les Elohim ordonnent ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre ».
    Si ce mot est mis au pluriel, c'est parce qu'on savait qu'il n'existe pas une force cosmique, mais qu'il y en a plusieurs.
    Et, d'abord, on expliquait ce qu'est une force cosmique en montrant que c'est le principe actif qui entretient la combustion des astres incandescents, lequel est transporté dans l'espace par les radiations astrales. On le représentait par un point dans un cercle : ⊙
    La théorie des atomes, transmise par Lucrèce, Leucippe et Epicure, a été prise par eux chez les Phéniciens qui l'avaient reçue de la Déesse Astarthé, appelée Istar en Chaldée. La femme réelle qui avait reçu ces surnoms était Dercéto.
    Le courant nerveux, qui résume toute la puissance vitale de l’individu, qui est l’essence même de la vie, a pour agent, un courant d’atomes d’oxygène incessamment renouvelé. Comme dans le courant électrique il reste à l’état naissant et se propage par le « cylindre axe » autour duquel les atomes restent libres parce qu’ils sont isolés de l’organisme par la « myéline » avec laquelle ils ne peuvent pas se combiner ; s’ils se combinaient ils perdraient leur activité et la circulation nerveuse s’arrêterait. C’est à l’extrémité des nerfs seulement que le courant s’arrête et, alors, on voit apparaître, comme dans les phénomènes électriques qui se produisent en dehors de l’organisme, des actions thermiques, mécaniques et chimiques. Si le courant d’atomes radiants d’oxygène n’est pas incessamment renouvelé la vie s’arrête. Or, nous posons en principe que l’agent qui entretient une fonction est toujours l’agent qui a créé cette fonction. L’oxygène à l’état naissant entretient la vie ; l’oxygène à l’état naissant a créé la vie.
    Cordialement.

  • Je suis un techno fan et je place un grand espoir dans le potentiel du génie humain qui développe des outils susceptibles de le seconder efficacement.
    Rien n'arrêtera le besoin de comprendre. Tout. Et donc l'espace, l'univers dans lequel nous évoluons.
    Maintenant, il y a un moyen assez simple de voyager aux confins de l'univers qui se trouve vraisemblablement en nous, l'infiniment petit rejoignant l'infiniment grand. Il consiste à ingurgiter des produits disponibles dans la nature comme le psilocybe dont les vertus commencent seulement à se faire connaitre au delà des craintes exprimées par certains dans les années septante. On commence seulement à comprendre que certaines substances naturelles permettent de guérir d'addictions aux drogues et d'éradiquer de manière permanente la déprime qui grève considérablement notre système santé.
    Il est donc possible de voyager intérieurement sans devoir se déplacer et visiter l'univers qui vit à l'intérieur de chacune de nos cellules.

  • Pour moi la seule bonne façon de pénétrer les étoiles est par l'imagination disciplinée, car c'est par elle que l'être humain parvient à se détacher des affections du corps, comme disait Spinoza, sans perdre conscience. Il apparaît alors que les étoiles ont bien une vie et une âme propres, et que leurs mécanismes rappellent seulement ceux qu'on attribue aux autres, et qu'on ne s'attribue jamais à soi-même, persuadé qu'on est qu'on est justifié ontologiquement dans ses pensées, ses paroles et ses actions, tandis que les autres seuls obéissent à des lois extérieures. C'est ce que dit avec raison Olaf Stapledon.

  • Ben c'est marrant mais pour moi c'est juste l'inverse. L'imagination ne peut tout simplement pas être disciplinée. La discipline implique méthode, vérification, travail et effort qui sont directement antagonistes à l'imaginaire, l'aventure, la surprise, la découverte.
    Seul le corps sait. Le mental vient foutre le souk et se prend méchament au sérieux dans son rôle usurpé de maître de cérémonie.
    Quant à la conscience, on attend encore la définition. Personne n'est déjà d'accord sur les questions de cerveau et d'esprit, Alors la conscience, c'est un gros mot à éviter.
    Je n'ai rien compris à votre seconde phrase. Peut-être devrais-je lire Olaf Stapledon...

  • Les mythologies sont des imaginations disciplinées, ou ordonnées. Même la science extérieure leur reconnaît une structure. Toutes les religions du monde leur attribuent justement une valeur initiatique. Même le scientisme a la science-fiction.

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