CXL: la grande attaque de Paris

celestiales-marvel-ucm-1546873671.jpgDans le dernier épisode de cette geste intense, nous avons laissé le Génie d'or, gardien secret de Paris, alors que, assailli et (apparemment) submergé par les troupes ordinaires de Fantômas sous les murs de sa forteresse, il aperçut aussi des géants de fer qui en sortaient.

Or, si les hordes de démons armés se jetèrent comme naguère sur le Génie d'or, ces géants de fer se détournèrent sans tarder de lui et, sous ses yeux, comme pour le narguer, se dirigèrent vers Paris; et de la voix sortit de leurs bouches qui étaient comme des fentes dans un casque, et un chant se fit entendre, répétitif et lourd, laid et repoussant, mais dont le sens était qu'ils allaient détruire Paris, et en tirer un plaisir ineffable. Car ils haïssaient ce qui était vivant, l'appelaient sale et immonde, parasitaire et gluant, et proclamaient leur désir d'en débarrasser la Terre pour la purifier, pour la transformer en une boule de métal sans tache et sans pourriture. Ils affirmaient que Paris était pleine de boue et de sang, et que la détruire affranchirait l'univers, le libérerait de sa présence importune et infâme.

Le Génie d'or était horrifié par ces paroles pleines d'orgueil et de haine, prétendues vénératrices des choses pures, en réalité méprisantes et envieuses pour tout ce qui poussait, croissait, créait – et passait par les mystères de l'eau, le grand agent chimique.

Ces suppôts de la terre étaient habités par des êtres hideux, apparentés aux gnomes, aux esprits du métal et de la pierre, et ce qui était plastique et évolutif leur inspirait un dégoût satanique, n'étant adeptes que de ce qui était osseux, mort, solide et noir.

Approchant des murs de Paris ils commencèrent à abattre les premiers immeubles de rayons de feu qui sortaient de leurs mains, et qui éclairaient la nuit et se reflétaient sur le métal de leur corps, de leurs bras, de leur plastron, de leurs jambes. Dans un fracas épouvantable et des nuées de poussière épaisses, les bâtiments s'effondraient, et les habitants, avant de mourir dans les décombres et dans leurs chutes, se demandaient s'ils devaient cette catastrophe à des terroristes ou à un tremblement de terre. Car ils ne voyaient rien, n'avaient que la vision de la mort qui abattait sur eux sa faux, et n'en comprenaient pas la cause seconde, ce qui dans le monde physique avait permis sa venue. Et mourant dans l'ignorance, ils en ressentaient une peine plus profonde, hélas!

Tout le monde néanmoins ne mourait pas, et on entendait, sous les gravats entassés, d'horribles cris, de pitoyables gémissements, des voix désespérées et des mots incompréhensibles.

Mais les robots immenses ne faisaient qu'en rire, s'il leur était possible d'en rire, ils ne faisaient qu'en tirer de la joie, une voluptéAjak-Eternos-2.png immonde.

Dès lors le Génie d'or n'eut plus d'autre choix que de se détourner des troupes ordinaires de Fantômas qui l'attaquaient, de les placer à l'arrière, dans son dos, et de poursuivre les géants que la taille n'empêchait pas de se mouvoir à grande vitesse, étant animés par l'art secret de Fantômas et sa science illimitée: dans les profondeurs de la terre, un feu bleu existe, dans lequel il plongeait ses mains, pour en tirer l'âme de ses machines à visage humain.

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là cet épisode, et de renvoyer au prochain, pour la bataille du Génie d'or contre les géants de fer de Fantômas.

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