Poèmes de la Cité, II

22281560_1809015539111932_9104539175768067445_n.jpgL'avant-dernière fois, j'ai publié un poème prononcé le 12 octobre à la Maison de Quartier de Saint-Jean, de moi. Il y en avait deux, et voici le deuxième, à la forme classique, et au propos qui l'est aussi, peut-être, même si le merveilleux n'est pas constant dans la poésie française. Il se nomme Le Chant du ménestrel, et c'est un petit conte en vers.

De ville en ville et de règne en royaume,
Un beau matin parti de ma maison,
Je suis passé marchant vers l'horizon,
Suivant dans l'air un étonnant arôme.

Il me semblait qu'une femme inconnue
Toujours fuyait devant mes pas errants,
Et que sans but allaient mes pieds mourants
Et que mon œil se perdait dans la nue.

Un jour parut sous mon front un abîme;
Et le parfum m'emmenait vers la mort,
Et je sentais que je tombais du bord
Quand une main fit, blanche, un geste infime.

L'instant d'après j'étais sur la pelouse,
Et sur mon corps un souffle descendait;
Et j'entendais une voix qui disait:
Chante pour moi, je serai ton épouse.

Alors la route à nouveau fut mon sort;
Et dans les cours et les palais splendides,
Jouant des airs qu'inspiraient des sylphides,
Sans le vouloir je reçus beaucoup d'or.

Le bleu du ciel un jour sera fendu
Pour qu'on m'emmène au-delà des étoiles,
Et le bateau qui hissera ses voiles
Sera pour moi d'ivoire et d'or battu.

Mais aujourd'hui je vis dans mon château,
Attendant l'heure où je pourrai partir,
Et tristement je scrute le saphir
Qui doit briller au jour de mon bateau.

Tel fut le don que mon doigt conserva
Le lendemain de l'étrange miracle
Où loin de choir je fus mis au pinacle
Où plus d'un cœur d'artiste se rêva.

C'était l'histoire d'un poète qui a eu de la chance – pas nécessairement moi, malgré la première personne. C'est le récit d'un poète béni d'un temps ancien. Je ne sais pas quand j'aurai l'occasion de publier à nouveau des vers, voire d'en composer d'autres, maintenant que j'ai quitté les Poètes de la Cité. Ils me motivaient à en faire. Nous verrons.

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