CXLII: la chute de la tour Montparnasse

Paris-fireworks-14-july-2005.jpgDans le dernier épisode de cette intense saga, nous avons laissé le Génie d'or alors que, venant de se débarrasser de plusieurs Gobelins qui s'étaient accrochés à lui, il se précipitait vers les géants de fer qui détruisaient Paris et tuaient ses habitants.

Or donc, il s'élança vers le premier grand robot, qui était vert, et luisait à plusieurs endroits de son corps, portant des clartés électriques et du feu en gestation: plein d’énergie, il était prêt à jeter des rafales de rayons concentrés autour de lui, et des éclairs sillonnaient ses bras, ses mains et sa tête. Il était par là-même menaçant plus qu’aucun ennemi que le Génie d’or eût rencontré.

Et il était en train de détruire la tour Montparnasse, au sud de Paris, et ceux qui à ce moment s’y trouvaient (soit qu’ils y travaillassent, soit que, simples touristes, ils la visitassent) s'enfuyaient par les portes d'entrée, ou tombaient des fenêtres après avoir sauté dans le vide, ne voyant plus d'autre moyen d'échapper aux flammes ou à l'écrasement sous des tonnes de gravats. Car le robot mettait tout en pièces, et incendiait la tour par des rayons de feu sortant de ses yeux ou jaillissant de ses doigts, traits fatidiques et meurtriers, et ceux qui restaient dans la tour (car il y en avait) mouraient ainsi écrabouillés ou carbonisés, le corps brisé par le béton fracassé, ou consumé par le feu.

C'était horrible à voir, et les survivants rares évoquèrent ensuite une ambiance d’apocalypse. Ils se pensaient à la fin du monde, ou qu’une bombe nucléaire avait été jetée sur eux par quelque ennemi, l’Union soviétique ou d'aucuns terroristes affidés: car, sachez-le, ces événements se déroulaient le 17 février 1974, vingt-trois ans après la première apparition du Génie d'or sur la Terre, et en ce temps-là la Russie se disait communiste, et l’ennemie de la France, et de ses alliés d’Occident. (Le temps dans les mondes parallèles passe en effet bien plus lentement que pour les hommes mortels, et en particulier le séjour du Génie d'or chez le Nain Alastor avait été très long, au regard de ce qu'il pourrait paraître; Jean Levau désormais atteignait l'âge de quarante-cinq ans.) 

Et voici! dans le tonnerre de la  destruction et de l'incendie conjugués, on entendait des cris, des hurlements, des gémissements – et des hommes et des femmes appelaient pitoyablement au secours, disant des mots désespérés 12106956_857810737648274_4188358083186168327_n.jpgqui fendaient le cœur, et étaient atroces à entendre. Car qui, en toute raison, eût pu venir les aider, dans ces extrémités où ils se trouvaient? Y avait-il un seul être qui pût les défendre, et empêcher la mort d’abattre sur eux son terrible couperet?

Oui. Il y en avait un. C’était le Génie d'or, gardien secret de Paris.

Lui pouvait leur venir en aide, car, être lunaire ayant pris corps sur la Terre grâce au don et au sacrifice d’un mortel, le noble Jean Levau, à l’âme pure et à l’esprit clair, il disposait de fabuleux pouvoirs, quoiqu'il eût l'apparence d'un homme: car de Jean Levau il était le double secret, et il avait sa silhouette, même s'il était plus musclé, plus épais de poitrine et de bras, comme s'il eût été Jean Levau transformé par quelque grâce extraterrestre.

Et la première chose que fit don Solcum (car tel était son vrai nom, celui qu'il portait dans l'orbe lunaire) ne fut pas de se jeter sur le monstre de fer, mais de pénétrer les étages intacts et de prendre dans ses bras les survivants, afin de les sauver du péril mortel où ils se trouvaient: béni soit-il!

Mais il est temps, divin lecteur, de laisser là cet épisode, et de renvoyer au prochain, quant à ce qui concerne le combat du Génie d'or contre le géant de fer vert de Fantômas.

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