Égalités face à l’éducation

ancien-lycee.jpgJe croyais que les lycées étant plus riches que les collèges, puisqu’ils dépendent de la Région alors que les seconds dépendent du Département, il serait plus facile d’organiser des sorties culturelles dans mon nouvel établissement, le lycée de Limoux, mais on me dit qu’on n’y a pas d’argent. À vrai dire, à Boëge, nous faisions payer les parents, mais on me dit qu’à Limoux c’est impossible parce que trop d’entre eux sont pauvres.

J’avais déjà remarqué que les loyers chers de la Haute-Savoie ne poussaient pas le Gouvernement à adapter les salaires des professeurs, qui après tout sont mieux lotis dans le département de l’Aude; mais apparemment, les enfants de l’Aude ne bénéficient en rien de l’aide gouvernementale. En tout cas pas pour permettre de réaliser les pensées pédagogiques des enseignants, car les élèves ont tous reçu, comme cadeau, un ordinateur de la Région, mais les professeurs, rien. Pourtant on leur recommande de se servir d’un ordinateur pour leurs tâches; ils sont quasiment obligés d’en avoir un chez eux, à présent.

Plus le Gouvernement est en situation de force parce qu’il apporte l’essentiel de l’argent, moins les enseignants ont de liberté, puisqu’ils ne peuvent pas compter sur les décisions des parents pour les soutenir. Ils sont dès lors obligés de se soumettre à l’État central plus profondément encore, et n’exécuter que les projets culturels proposés par lui.

C’est bien une question d’argent, je pense, car au lycée de Morez, où j’étais il y a une vingtaine d’années, on en recevait des entreprises locales, puisqu’il y avait des filières de spécialité, et les projets y étaient également plus aisés 1200px-Logo_Occitanie_2017.svg.pngà réaliser. À moins que je me souvienne mal que la première année d’enseignement dans un établissement, on n’accorde jamais rien à un professeur...

Je pensais que le régionalisme était plus intense en Occitanie qu’en Savoie, c’est la réputation qu’elle a. Et je me disais que c’était beau, parce qu’en même temps il y avait un lien avec la tradition française, puisque l’Occitanie est rattachée à la France depuis le Moyen Âge. Mais je ne suis plus très persuadé, car l’un de mes projets était relatif aux troubadours.

On ne peut pas tout faire. Le programme officiel, ou les projets officiellement proposés, et les projets individuels pour ainsi dire alternatifs, s’appuyant sur la tradition locale, ou autre chose.

Peut-être que de toute façon les élèves n’ont pas très envie de ces projets alternatifs, qui ne rapportent rien. De nos jours, vient-on encore au lycée pour une autre raison que l’espoir de gagner de l’argent? L’éducation y est devenue une simple formation. On est inséré dans un protocole au sein duquel on sortira muni de la silhouette d’un petit rouage de la grande machine économique. Même si on sait que des robots pourront un jour faire mieux, à cet égard, que les hommes, on gagne toujours du temps – sans espoir, mais l’avenir est un combat contre le déclin inéluctable, apparemment. C’est la philosophie dominante – Lovecraft l’avait, du reste.

On subit la fatalité.

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