Le Père Noël enlevé au Canigou, VII: saint Nicolas retrouvé

c292b6741d3fb924bdedae59490556f7.jpgDans le dernier épisode de cette série vraiment très étrange, nous avons laissé le génie du Quercorb l'Homme-Corbeau alors qu'il poursuivait la dame Sinislën dans les couloirs de son château en volant et en rasant les murs.

À la fin, autour de lui, le silence se fit, et il dut s'arrêter.

Ne sachant où aller, il décida de descendre un escalier qu'il vit au-delà d'un seuil – et bien lui en prit, car il menait à la geôle où le Père Noël était gardé prisonnier. D'abord il trouva un couloir, et des torches l'éclairaient, mais le fond en était obscur, et inquiétant. Une présence sourde semblait le guetter, comme s'il y eût eu un garde qu’il ne voyait pas.

Il avança avec précaution, et passa le long de portes munies de panneaux coulissants, et il crut entendre une voix qui gémissait. Il fit coulisser le panneau, et vit, assis sur un lit de fer, saint Nicolas qui pleurait - et, tout affaissé, murmurait: «Pauvres, pauvres enfants qui n'auront pas de cadeaux cette année en Occitanie. Que vont-ils devenir? Dieu ait pitié, et les prenne en sa sauvegarde.»

Alors l'Homme-Corbeau dit: «Père Noël, Père Noël, je suis venu pour vous libérer. Écartez-vous, je vais faire exploser la porte.» Le bon ange des petits enfants fit: «Hein?» en levant la tête – et aussitôt l'Homme-Corbeau fit jaillir un blanc éclair de sa pierre d'opale frontale, et la porte fut fracassée.

Il entra joyeusement, et s'apprêtait à se diriger vers saint Nicolas pour le réconforter, et l'emmener avec lui, quand soudain il sentit dans son dos lui une vive douleur, et entendit derrière lui un rugissement formidable. Il venait d'être assailli par une autre bête de garde de Sinislën, le sinistre homme-singe des Pyrénées – aux lFemcMwo.jpglongues griffes et au museau massif, comme en ont les gorilles. Mais il avait le poil blanc, et ses yeux jaunes avaient en eux une malignité tout humaine. Il se tenait d'ailleurs sur ses deux jambes de derrière, et c'est en faisant aller sa main griffue de gauche à droite qu'il avait lacéré le dos de l'Homme-Corbeau.

Celui-ci se rendit compte de tout cela en se retournant malgré sa sanglante blessure, et il bondit et donna un coup de pied latéral à ce monstre, qui en plia sous le choc. Mais brièvement, car il était fort et musclé. Déjà il s'apprêtait à se jeter sur l'Homme-Corbeau et à le mettre en pièces.

Un rayon sortit alors des mains levées de saint Nicolas, et le monstre en fut projeté en arrière, et son poil enflammé. Alors l'Homme-Corbeau fit partir un second coup de pied, cette fois fouetté, qui frappa le monstre en pleine face, ce qui projeta sa tête en arrière et manqua de le renverser. Un second coup de poing suivi d'un autre coup de pied latéral le terrassa, et le sang coula de ses blessures, notamment de sa gueule et de ses oreilles. Ses yeux fermés signèrent à l’œil de l’Homme-Corbeau sa victoire. Faiblement, on l'entendait gémir.

Mais il est temps, dignes lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite de cette étrange histoire.

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