Le Père Noël enlevé au Canigou, XII: le combat de l'Opaclite

cf8d611202563c877076ba58064b29ad.jpgDans le dernier épisode de cette série vraiment étrange, nous avons laissé les sept alliés du bien alors qu'ils s'étaient tournés vers l'Opaclite Solicirn de la maison de Mardon, pour le combattre d'un commun élan.

La première à donner un coup fut Sinislën. Voulant mesurer la force de ses serpents jaillissant de son épaule gauche à celle des tentacules qui servaient de bras à l'Opaclite, elle leur ordonna, de sa pensée, de s'enrouler autour du bras droit déroulé de Solicirn. Et ils le firent – mais sentirent aussitôt la force terrible du monstre, car le tentacule palpitait sous leur étreinte, et ses mouvements étaient à peine gênés par eux. Finalement d'un coup brusque il leva son tentacule, et les serpents ne purent le retenir, et Sinislën fut tirée brutalement en avant, et tomba.

Le monstre s'apprêtait à fondre sur elle; mais Captain Corsica sortit, plus vif que l'éclair, son fusil magique, qu'il tenait suspendu à sa ceinture, et envoya une rafale d'énergie cosmique qui bloqua le démon et l'empêcha d'avancer – sans toutefois lui faire plus de mal. Mais ce fut assez pour donner le temps à Sinislën de se relever, aidée par l'Homme-Corbeau.

Comme les deux chevaliers de la fée étaient honteux, et de n'avoir pas remarqué que leur ami Torcamil avait été remplacé par un monstre horrible de la race des Opaclites, et de n'avoir pas été assez rapides pour secourir leur dame avant que ne le fît l'Homme-Corbeau à l’infinie célérité, ils brandirent leurs épées dégainées et se jetèrent d'un commun élan vers le monstre.

Celui-ci reçut les pointes blanches sur son pourpoint épais de cuir, qui toutefois s'en trouva percé; mais les lames furent arrêtées par la peau même de Solicirn, et n'y entrèrent pas plus que pour y créer des jrhtyxd5lrwfihdapvru.pngégratignures. Pendant ce temps les tentacules inférieurs du monstre s'enroulèrent autour des pieds des deux hommes, puis d'un coup les soulevèrent pour les envoyer violemment contre le mur du fond de la prison – celui-là même dont avait surgi tout à l’heure l'homme-singe aux dents âpres, et aux bras épais.

Captain Corsica profita de ce mouvement pour attaquer par la droite; il donna un coup de pied violent au flanc du monstre, qui légèrement en plia; mais aussitôt ensuite il étendit son tentacule brûlant vers le cou du bon génie de la Corse, qui en fut saisi et immobilisé, chauffé même d'une manière extrêmement dangereuse.

Il faut croire que l'Homme-Corbeau était destiné à ne faire qu'aider ses compagnons sans prendre d'initiative propre, car il se jeta sur le tentacule meurtrier et le coupa d'un violent coup du tranchant de sa main - cela étant rendu possible par l'extrême tension du tentacule étiré par Captain Corsica, qui s'était rejeté en arrière de toute sa vigueur. En quelque sorte, c'était une action conjointe qui leur avait permis de réaliser cet exploit, ils avaient mis leurs forces en commun et étaient parvenus à blesser profondément leur ennemi puissant.

Mais il est temps, dignes lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite de cette sanglante histoire.

 

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