02/04/2016

Degolio LXXXIII: le salut des héros

apsara-dance-1.jpgDans le dernier épisode de cette obscure série, nous avons laissé nos héros alors que Sainte Apsara venait de se métamorphoser, et que dans un éclair une armure l'avait vêtue, comme venue de nulle part, et que tous quatre fuyaient les monstres de l'Homme-Dragon, qui les poursuivaient dans l'escalier menant à la sortie de leur antre.

Bientôt cependant les Maufaés les rattrapèrent. Les plus rapides d'entre eux, munis d'ailes qui les portaient et de jambes longues et fines, étaient déjà sur leurs talons. Le Cyborg d'argent se retourna et leur lança un foudre, de sa main gantée, et il en atteignit un, qui tomba; mais l'autre brandissait son cimeterre et s'apprêtait à le décapiter, et c'est ce que vit, en se retournant, Sainte Apsara; aussitôt, elle bondit, et, tirant l'épée de son fourreau, elle para, dans les airs mêmes, le coup du monstre. Des étincelles jaillirent. La lame du cimeterre se brisa. Sainte Apsara, emportée par son élan, fit tomber à terre le monstre, et, amortissant sa chute sur lui, elle se rétablit sur les marches de dessous; mais elle était déjà à portée des premiers monstres non munis d'ailes qui les gravissaient.

Captain Corsica s'élança, faisant partir en même temps le feu de son fusil, qui transperça deux monstres d'un coup. Sainte Apsara trancha le bras d'un autre, puis la tête d'un quatrième. Le Génie d'or se dématérialisa, et réapparut derrière les derniers de cette troupe avancée; il les tua en abattant sur eux son bâton enchanté, plus rapidement qu'on ne saurait le dire, puis il saisit Sainte Apsara par le bras, regarda Captain Corsica, et leur enjoignit de précipiter leur course vers la sortie. D'autres monstres arrivaient, poussant d'horribles clameurs. L'on vit, parmi eux, l'Homme-Dragon, la face ruisselante de sang. Et derrière, tout au fond, le monstre tentaculaire dressait ses bras énormes en gravissant également les marches.

Les héros se remirent à courir.

La sortie fut bientôt visible devant eux. Alors, se pensant sauvée, Sainte Apsara, les traits déformés par la rage, voulut faire payer aux démons l'humiliation qu'ils lui avaient fait subir, et se retourna une dernière fois. Elle accomplit une chose étrange: car elle croisa les mains sur la poitrine, baissa la tête, et voici! des copies d'elle-même se détachèrent de son corps, d'abord légères et transparentes, puis prenant de la consistance, et devenant plus solides à mesure qu'elles s'en éloignaient; elles ne parlèrent pas, ne dirent rien - elles étaient comme des suivantes, des guerrières, des nymphes que commandait l'Apsara. Et elles se jetèrent sur les monstres, et les attaquèrent. Elles avaient des épées, qui scintillaient, et les monstres s'arrêtèrent, et se mirent en garde. Le combat dura quelques instants; mais ces êtres n'avaient pas la puissance de leur Lizardman.full.181192.jpgmaîtresse. Rapidement elles cédèrent sous les coups de leurs ennemis.

Cependant, lorsque les monstres les abattaient, elles s'évanouissaient, se changeaient en une sorte de brume claire qui s'élançait vers Sainte Apsara et se fondait en elle, alors qu'elle s'était remise à fuir, et que le Cyborg d'argent, toujours plus surpris, s'écriait: Merveille des merveilles!

L'Homme-Dragon s'était employé à tuer le plus possible de ces copies nées du corps astral de la sainte guerrière: contre lui, elles ne pouvaient que peu de chose. Leurs coups rebondissaient sur son écu et l'entamaient peu; de sa hache il en abattit deux, et elles devinrent pure fumée une fois mortellement atteintes. Les deux autres qui étaient sorties du corps de Sainte Apsara disparurent de la même façon sous les coups des autres guerriers ennemis. Mais les quatre laissèrent par leur attaque le temps à leur maîtresse d'atteindre la sortie, à la grande fureur du monstre.

Mais hélas le moment est venu de laisser pour aujourd'hui cet épisode, ô lecteur. La prochaine fois, nous verrons les héros s'envoler dans le vaisseau spatial de Captain Corsica et souffler un peu avant de discuter des événements vécus.

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25/03/2016

Une étrange vision (XX)

defense-tour-t1-vue-paris-nuit.jpgUn soir de novembre 2015, j'étais en voiture à Genève, une fois de plus bloqué par d'interminables embouteillages. J'avais mis la radio, mais elle m'avait ennuyé, et j'écoutais désormais un de mes disques de musique classique. Je crois que c'était du violoncelle, et que Jean-Sébastien Bach était le compositeur.

Je me souvins des soirées passées chez un oncle, à Neuilly-sur-Seine, à l'époque où j'étais étudiant à Paris; il m'offrait de gros cigares, et nous les fumions en écoutant les mêmes pièces dans son appartement propre et luisant de l'île de la Jatte. Par la fenêtre on apercevait les tours de la Défense, lumineuses tandis que la nuit tombait.

Je songeai à Paris, à l'atmosphère du bois de Vincennes et de la forêt de Fontainebleau, à l'Île de France qui parfois me manque, même s'il s'en dégageait une mélancolie pesante - et même si, à Paris, je me languissais au contraire de la Savoie, de la neige qui tombe dans la vallée du Giffre, et de la pluie, aussi, au mois d'août - se mêlant dans mon souvenir aux forêts alpines, aux cascades, aux torrents. Car quand j'étais petit je vivais dans la région parisienne mais j'allais régulièrement à Samoëns, le village de mes ancêtres, et mes premiers souvenirs et mes premières émotions conscientes remontent à ce temps.

Je songeai aussi aux attentats qui s'étaient déroulés récemment, et je m'imaginais les âmes arrachées inopinément à la Terre, surprises et décontenancées, ne sachant où elles se trouvaient, ni où se diriger, craignant ici le froid, là des foyers de chaleur brûlants. Je me représentai le quartier qui avait vu se fermer leurs yeux à jamais, et que je connaissais un peu. Devant moi une grosse voiture noire avait mis son feu orange. Il clignotait sans fin; la file n'avançait pas.

Puis je ne vis plus que ce feu orange clignotant parmi les lueurs rouges des feux arrière. Ces lumières dans mon esprit devinrent énormes, et je fus comme fasciné. Le monde disparut devant moi. Les feux eux aussi s'estompèrent. Je me sentis comme entouré de ténèbres.

Je prenais peur, mais devant moi je vis une lueur, qui était blanche, et qui me faisait penser à la lune. Elle grossit, et je pus y reconnaître une fontaine; c'était comme une eau brillante qui devant moi faisait une cascade silencieuse, coulant doucement d'un lieu que je ne distinguais pas.

Je la vis venir jusqu'à mes pieds, les longer, et continuer derrière. Sur la rivière qui s'était ainsi créée, je vis un point particulièrement luisant, comme une étoile. Il grossit, et je reconnus en lui un étrange navire, petit, mais bâti à l'ancienne: une voile gonflée le poussait. Il glissa mollement sur l'onde, et s'avança jusqu'à moi. Il était clair et beau, et nulle jointure ne se trouvait entre ses planches, comme si on l'avait taillé dans un seul tronc; car il était bien en bois, mais d'un bois luisant et fin.

Je m'aperçus qu'il y avait quelqu'un sur le pont, qui me regardait. Je reconnus une femme. Elle était vêtue d'un voile blanc, et d'une robe, blanche également; une clarté se dégageait d'elle. Ses yeux étincelaient, jetaient des feux, et leur couleur indéfinissable agitait dans son iris comme des paillettes d'or. Elle fixa le regard sur moi, et sans qu'aucun membre d'équipage se fût manifesté, je vis une passerelle sortir du navire, et se poser devant mes pieds sur le rivage dès que l'esquif se fut arrêté.

Poussées par je ne sais quelle force inconnue, mes jambes me tirèrent vers cette passerelle et m'emmenèrent à bord. Quand je fus parvenu sur le pont, la femme me regarda encore, et puis, finalement, sourit. Alors un souffle venu de l'avant du bateau le retourna doucement et le poussa vers la source de la rivière, dont il était descendu.

(À suivre.)

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12/03/2016

Degolio LXXXII: la fuite des héros

arcane_jewel_magic_wizard_dark_fantasy_hd-wallpaper-1812121.jpgDans le dernier épisode de cette violente série, nous avons laissé nos héros alors qu'ils avaient commencé, par des actes soudains, à attaquer l'Homme-Dragon, qui venait de leur rendre Sainte Apsara: car le joyau enchanté que le Génie d'or avait promis de donner au monstre, il l'avait jeté sur lui et il s'était enfoncé dans son front, le blessant atrocement; et il l'avait arraché et l'avait jeté à terre, puis avait prononcé contre ses ennemis les plus terribles insanités.

Dès cependant qu'elle était tombée au sol, la gemme brillante, loin de se briser, était montée d'elle-même dans l'air, comme mue par son propre feu, prenant la forme d'ailes invisibles. Soudain, elle se jeta sur les Guerriers Noirs, qu'elle traversa au cœur comme une balle de fusil, accomplissant grand carnage sur son passage. Un sillon de lumière lui faisait suite, et on pouvait observer sa trajectoire, passant de l'un à l'autre des Maufaés en allant toujours au plus proche.

Obéissait-elle à distance au Génie d'or, ou était-elle douée d'une volonté propre? Nul de ceux qui étaient présents n'eût su le dire, pas même Captain Corsica. Mais guérir le monde du mal, comme était la mission de cette gemme, n'était-ce pas tuer les démons de cet antre maudit? Ainsi était-il impossible que l'Homme-Dragon la tînt entre ses mains: il fallait qu'elle les brûle, car elles étaient pleines d'impureté, et de péchés: elles étaient corrompues, et sales. C'est ce qu'avait méconnu le monstre et qu'avait prévu le Génie d'or, qui connaissait sa nature profonde.

Cependant, l'être tentaculaire qui se tenait derrière le trône de l'Homme-Dragon bondit, et attrapa la pierre. Il la mit dans sa bouche, et ses yeux s'allumèrent. Il en fut d'autant plus terrifiant. Son corps vibrant augmenta de volume. Ses tentacules, plus longs, plus gros, se déployèrent, se tendirent, et il semblait que la salle fût désormais emplie de sa puissance.

L'Homme-Dragon poussa un nouveau cri de rage, et se précipita vers les quatre fugitifs, en commandant à ses hommes de le suivre.

Or, le Génie d'or et ses amis avaient franchi la porte de la salle, et maître Solcum la referma et la scella, d'un sort apposé par son bâton, qu'accompagna une formule qu'il prononça dans la langue de la Lune. Un fin éclair jaillit de la gemme verte, qui courut le long de la porte, et celle-ci se confondit avec le mur. Et maintenant, fuyons! dit-il. Et ils s'élancèrent vers les marches, remontant vers la sortie, par dessus les cadavres de leurs ennemis abattus.

Mais ils n'eurent pas gravi plus de huit marches que la partie du mur où avait été la porte fit retentir un bruit sourd, et que la caverne trembla: sans doute l'Homme-Dragon se jetait-il sur ce qui avait été la porte, ou le monstre tentaculaire le faisait-il. Le mur se fissurait, sous ces coups de boutoir, et des pierres tombaient du plafond. Les quatre héros n'attendirent pas que ce passage fût rétabli: ils continuèrent de monter les marches quatre à quatre.

Soudain, le mur s'écroula: ils l'entendirent. Et, aussitôt, une clameur retentit, et les monstres s'élancèrent à leur suite dans l'escalier. Il les entendait se rapprocher à une vitesse inouïe.

Sainte Apsara se remettait de ses émotions. Car elle avait été droguée et hypnotisée; sa volonté avait été enfouie. Elle se libéra des bras de Captain Corsica, lui demandant de la laisser, et voici! alors que les trois e588ec5c2136221003644bcdab447bbc.jpgautres la regardaient, elle toucha des deux mains la pierre enchâssée dans sa chair, à sa gorge, et une grande clarté surgit. Lorsqu'elle se dissipa, elle était vêtue d'une armure éclatante! À son côté était une épée.

Quel est ce prodige? demanda le Cyborg d'argent. Sainte Apsara le regarda et sourit: Maintenant je ne vous retarderai plus, dit-elle; j'ai retrouvé toute ma puissance, dont la présence de l'Homme-Dragon m'avait privée. Et elle s'élança, libre, vers les marches, bondissante et agile: tel, le chamois, lorsqu'il court sur les rochers, dans les Alpes, va de l'un à l'autre jusqu'au sommet des plus nobles cimes. Une lumière était en elle; son haubert scintillait, et aussi son heaume. Captain Corsica ne prit point le temps de réfléchir: il s'élança à sa suite. Le Génie d'or regarda brièvement le Cyborg d'argent, et lui dit: Viens, tu en sauras sans doute plus tard, ou ne sauras jamais rien, si tu restes à attendre l'ennemi! Et il bondit à son tour vers les marches, suivant Sainte Apsara, brillant devant eux comme une étoile. Le Cyborg les suivit, se disant: Mais comment est-ce possible? Mais, en son cœur, une joie immense vint.

Cet épisode n'est-il pas déjà trop long, ô dignes lecteurs? La suite sera pour la prochaine fois, et on saura, alors, si nos héros ont pu échapper définitivement aux Maufaés.

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27/02/2016

Degolio LXXXI: le salut de Sainte Apsara

green-lantern-new-guardian-18-mtv-geekcrop.jpgDans le dernier épisode de cette mystérieuse série, nous avons laissé nos héros alors qu'ils négociaient avec un monstre la libération de Sainte Apsara; et le Génie d'or venait de proposer le don d'une pierre céleste, à l'éclat formidable et aux pouvoirs inouïs.

L'Homme-Dragon le regarda un moment, et rit: Ah! dit-il, qui oserait s'en prendre au protégé de la Dame de la Lune? Tu as de puissants alliés, Solcum; et si ce n'était pas le cas, tu ne serais pas si insolent. Mais du coup je vais accepter ton marché. Oui, donne-moi cette pierre qui, dis-tu, guérit et redonne vie aux morts; apporte-la moi, ou confie-la à mon conseiller fidèle, l'humble Torcus.

- Je n'en ferai rien, dit le Génie d'or. Détache d'abord Sainte Apsara, et amène-la jusqu'à nous; je te laisserai la pierre quand nous serons au seuil de cette salle, prêts à repartir.

De nouveau l'Homme-Dragon sembla réfléchir, puis il prononça des mots dans sa langue étrange, s'adressant à ses hommes. Ceux-ci montèrent le long d'une échelle, et délivrèrent Sainte Apsara, qui tomba dans leurs bras.

Aussitôt Captain Corsica bondit et se précipita vers ces Ogres redescendus de l'échelle, puis les dispersa et s'empara de Sainte Apsara; ils voulurent répliquer à ses coups, mais l'Homme-Dragon cria, et ils s'écartèrent, le laissant revenir avec la nymphe.

Celle-ci reprit ses esprits. Elle leva les yeux vers Captain Corsica, et l'amour et la reconnaissance s'y peignaient.

Il lui parla doucement, et elle répondit, le rassurant.

Alors le monstre assis sur son trône dit: Voilà, j'ai fait ce que tu me demandais; maintenant, tiens ta part de marché!

Solcum recula et dit: Attends que nous soyons au seuil et que nul de tes hommes ne soit derrière nous, monstre!

Or, il se passa quelque chose de fatal. Car à une question de Captain Corsica, qu'il avait murmurée, Sainte Apsara rougit et baissa les yeux; puis elle chuchota quelques mots.

Si elle n'avait pas été profondément outragée, au moins l'Homme-Dragon avait laissé tomber sa bave sur son 1546419_1485876355029845_2930755167988851098_n.jpgsein. Cela suffit à mettre Captain Corsica en fureur. Il cessa de pouvoir se contenir. Tenant toujours dans ses bras Sainte Apsara, il leva son fusil et tira en criant: Meurs, monstre!

Or, son bras, dans la colère, avait tremblé. Son feu ne toucha point le monstre, mais son conseiller, qui s'effondra, le sein ouvert, blessé à mort. Un dieu, néanmoins, devait avoir envoyé à Captain Corsica cette furie qui l'avait envahi; car si l'Homme-Dragon eût été touché, il n'est pas probable qu'il en fût mort, son armure le protégeant - car un puissant sort avait présidé à sa confection. En revanche, les conséquences sur Captain Corsica et ses amis en eussent été terribles: la puissance du monstre et l'allant de ses hommes eussent été décuplés par la rage.

Mais la mort du conseiller et la réaction de Captain Corsica devaient suffire à plonger la place dans le plus effroyable chaos. Vivement le Génie d'or jeta la pierre vers l'Homme-Dragon, et elle l'atteignit en plein front. Or, elle était de telle nature, et le Génie d'or l'avait jetée avec une telle force, qu'elle s'enfonça dans ce front, pénétrant la chair et l'os, et qu'elle se mit, atrocement, à le consumer.

Aussitôt s'efforça-t-il de l'arracher, mais ce sont ses mains qui furent brûlées, et il dès qu'elle fut effectivement arrachée, il dut la jeter à terre. Un flot de sang descendit de son front et l'aveugla, et il hurla; car point n'était-il mort, mais à présent un désir de vengeance courait dans ses veines comme un brasier, et lançait des ordres pour qu'on attrape et châtie ses ennemis.

Tel, le sanglier furieux, qu'un trait a blessé, mais non tué, continue à courir et même charge plus rapidement encore les hommes qui l'entourent, cherchant à l'abattre. Ainsi rendu furieux par la ruse de Solcum, le monstre ne désirait plus que la mort des héros, et des pensées de torture le traversaient! Parmi ses insultes infâmes et ses injonctions, il promettait les plus amers supplices à ces traîtres.

Mais il est temps de laisser pour l'heure cet épisode déjà long. La prochaine fois, nous verrons comment les héros pourront s'échapper de la bataille généralisée qu'ils ont déclenchée.

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15/02/2016

Degolio LXXX: l'effrayant débat

aliens-listen-music-with-headphones-736x459.jpgDans le dernier épisode de cette terrible série, nous avons laissé le Génie d'or alors qu'il venait de demander à l'Homme-Dragon de relâcher la belle Sainte Apsara, qu'il tenait prisonnière, lui assurant en échange la gratitude des dieux.

Ayant dit ces mots, le Génie d'or se tut. Sans ciller, le monstre le regarda longuement de ses yeux atroces. Or le Génie d'or ne détourna pas le regard, quoiqu'il se sentît scruté au fond de l'âme, par-delà son heaume aux luisantes lentilles bleues. Leurs volontés étaient en lutte, sourdement. Solcum soutint ce combat, et soudain une image apparut en lui, et il devina qui était ce monstre. Il comprit de qui il était le fils!

Il en eut un frisson, mais resta le regard fixé sur lui. Celui-ci, alors, cligna de l'œil, détourna le regard, puis sourit - et ce sourire était hideux. Il fit ouïr sa voix sifflante et rauque - mais qui résonnait dans la salle, et qui était comme une nuit se répandant; et soudain le feu du fond parut s'affaiblir, comme craignant jusqu'aux échos de cette voix infâme.

Solcum, susurra-t-il, Solcum, oui, ce nom, je le connais, on m'en a parlé. Je t'entends, héros, orgueilleux guerrier - et je te comprends. Mais, dis-moi, quelle reconnaissance puis-je attendre des êtres célestes, si je vous laisse partir, si je vous laisse même emmener Sainte Apsara? Je ris à la pensée qu'ils pourraient venir m'offrir un présent, ô génie doré! Comment y croire, en vérité? Leur bonté irait-elle jusque-là? Ah! tes paroles sont pleines de charme et de séduction, mais je ne sais si je peux m'y fier. Dis-moi plutôt: qu'est-tu prêt à m'offrir, dès maintenant, Solcum? Quels présents peuvent venir d'un membre du peuple d'Ëtön, d'un homme de sa maison? Si tu en as, montre-les moi.

Le Génie d'or resta coi quelques instants, et sentit la colère revenir dans le cœur de Captain Corsica; son œil s'alluma, et une étincelle en jaillit. Tel, le léopard, lorsque, tenaillé par la faim, il se tapit dans les hautes herbes, guettant le petit du gnou, furieux contre cette proie qui ne s'est pas déjà donnée à lui et qui prétend échapper à son ventre en vaquant à ses occupations propres; tel, Captain Corsica, face à l'Homme-Dragon qui ne s'était pas empressé, en le voyant, de lui rendre Sainte Apsara, était tout prêt à bondir et à provoquer une atroce bataille dans l'antre du Maudit.

Mais le Génie d'or répondit: Oui, j'ai un présent, Homme-Dragon. J'en ai même deux. Le premier est ta vie; car tu as commis assez de crimes pour être condamné à mort, je crois bien. Mais tu pourras le contester. Le second, et que tu ne pourras pas contester, c'est ceci. Et soudain il leva la main et l'ouvrit, montrant en sa paume une pierre qui brillait de sa propre lumière. Oui, prince de ce royaume, reprit-il, il s'agit bien d'un joyau sacré, d'une de ces pierres contenant la clarté de la Lune et disposant de la puissance des étoiles, et poussant comme un fruit sur les arbres du jardin de ma Dame. 1.jpgElle est de la même race que celle qui orne le pommeau de ma canne, de mon sceptre. Et grands sont ses pouvoirs: elle guérit, et redonne vie aux morts, s'ils l'ont perdue récemment; elle rend la joie aux cœurs désespérés, chasse les démons dont viennent les maladies. Elle donne puissance et gloire à son possesseur! Accepte-la, et laisse-nous.

Captain Corsica alors s'écria: Non, mon ami, comment peux-tu effectuer un tel don à un tel monstre? N'en fais rien. Attaquons-le et mourons, ou tuons-le, selon ce qu'est notre destin. Mais ne lui faisons aucun présent, surtout pas un de ce genre!

Le Génie d'or rétorqua: Ne crains rien, Captain Corsica; qui sait si sa main pourra le tenir, et si au contraire ce joyau ne la consummera pas? Et songe à Sainte Apsara, et n'écoute pas seulement ta colère, car elle doit être sauvée, et ne le sera pas, si nous mourons.

L'Homme-Dragon dit: Bien! C'est un noble présent, Solcum! Mais qui pourrait m'empêcher de te l'arracher de force, en vérité? Le Génie d'or répondit: Viens donc me l'arracher, ô prince; ou envoie un de tes hommes, pour en voir l'effet!

Mais il est temps, ô lecteur, de laisser là cet épisode, et de renvoyer la suite de ce dialogue à la fois prochaine; alors, nous verrons aboutir une négociation tendue, mais au résultat inattendu.

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30/01/2016

Degolio LXXIX: négociations avec le Monstre

1453558_931260393629448_428097686736958960_n.jpgDans le dernier épisode de cette psychédélique série, nous avons laissé nos héros alors qu'ils venaient de découvrir Sainte Apsara, l'Immortelle de Noscl, enchaînée nue à la paroi de la caverne de l'Homme-Dragon.

Elle semblait inconsciente, et gardait le front baissé. Mais peut-être était-ce la pudeur, qui l'y contraignait. Car sa chair blanche, pure, éclatante, était éclairée par les flammes du feu du fond de la salle, et sa beauté en était rehaussée, et le désir devait en venir à tout homme. Et même le Génie d'or, si dévoué à sa Dame, princesse de la Lune, ressentait pour elle de l'amour, mêlé à de la pitié.

Quant à Captain Corsica, la honte de voir son corps dévoilé lui dévorait le cœur et allumait en lui un feu atroce. Le poignard qu'il tenait en main jeta une vive clarté, et le fusil qu'il avait ramassé, après l'avoir laissé à terre pour mieux lutter contre les Maufaés, lança autour de lui des étincelles, comme s'il aspirait ardemment à jeter son feu. Les deux armes, pareilles à des êtres vivants, sentaient la colère de leur maître et la répercutaient.

Cependant, il était sage de ne rien faire. Car la puissance de l'être-dragon était grande, et l'issue d'une bataille, incertaine.

Dans l'ombre, à droite, le Génie d'or vit ramper un être plein de tentacules, longeant le mur et glissant sur le sol, pour atteindre peu à peu le trône de l'Homme-Dragon. Solcum reconnut l'être qui l'avait attaqué dans l'escalier, et il comprit que le combat était trop dur, et qu'il fallait transiger et échanger la sûreté du monstre contre la liberté de la belle. Mais encore fallait-il en convaincre Captain Corsica, qui écumait de rage. Son œil, allumé par la colère, semblait jeter la foudre: une furie était en lui, remplissant son cœur, faisant trembler ses membres. À peine lui restait-il assez de raison pour ne pas bondir sur l'Homme-Dragon et venger l'injure reçue.

Le Génie d'or se tourna vers lui, et dit, d'une voix ferme, quoique sans âcreté: Stanbild! Ne combattons pas: exigeons Sainte Apsara en échange de la paix, et repartons! Ils sont trop nombreux. Leurs alliés sont trop puissants. Nous n'en repartirions pas vivants, et Sainte Apsara même resterait entre leurs mains. Plus tard songeons à nous venger, et à réparer l'injure commise.

Captain Corsica ne répondit point.

D'accord? demanda le Génie d'or. Une ombre passa sur le regard du héros de la Corse libre, et il acquiesça d'un léger signe de tête. Le Cyborg d'argent regardait tour à tour ses aînés, attendant de voir ce qui allait s'ensuivre.

Le Génie d'or s'adressa alors au monstre: Qui que tu sois, dit-il, ô prince de ce règne souterrain, sache que mon nom est Solcum, et que l'on m'appelle aussi le Génie d'or, ou génie doré de Paris - car je suis le protecteur sacré de cette cité. Et ma mère se nomme Segwän, et mon père se nomme Astälc, de la maison d'Ëtön: car il était son frère.

Jadis mon oncle posséda une cité puissante sur les bords de la Seine, qui plus tard fut dans ses profondeurs cachées. Nous ne voulons point te combattre, malgré l'injure reçue, mais seulement récupérer Sainte Apsara, qui est notre amie, et que tu retiens injustement, contre son gré. Que tu aies insulté sa pudeur ne sera pas 11846659_830656970363651_6734345726013260757_n.jpgaujourd'hui pris en compte. Mais laisse-nous la délivrer, et nous en aller. Tu as vu, ou ouï, notre puissance: je ne sais si, au cas où une bataille serait dans cette salle déclenchée, tu en sortirais vivant, bien que je ne le sache pas davantage de nous; mais à quoi bon prendre le risque, puisque seule Sainte Apsara nous intéresse? Et à toi, de quelle importance sera-t-elle, si elle te manque?

N'as-tu pas dans tes geôles, ou dans tes chambres, autant de femmes que tu le désires, et qui aiment ta puissance ou y cèdent, et sur lesquelles nous ne te demandons aucun compte? Aussi laisse-la partir, et tu t'en trouveras bien; ou sinon, tremble devant le bâton des dieux que je tiens en main, et devant le fusil du ciel que Captain Corsica tient en main, et devant le feu de Cyrnos que le Cyborg d'argent a dans ses mains, que le roi lui a confié. Tes hommes déjà ont goûté à leur puissance, et même ta créature aux tentacules, et ton Ogre n'a pu y résister: il est mort, et son sang coule sur les marches de l'escalier qui mène à cette salle et que nous venons d'emprunter.

Ne tente pas le sort, ô prince de ces lieux proscrits! Car, observe! un feu nous entoure tous trois, qui vient de puissances face auxquelles tu ne peux rien. Reconnais-le, et soumets-toi à leur volonté, en m'accordant ce que je te demande: ils t'en seront reconnaissants, ils t'en sauront gré.

Après ces paroles du Génie d'or, il s'avère que cet épisode est particulièrement long; il faut donc s'arrêter en attendant, pour la prochaine fois, la réponse terrible de l'Homme-Dragon.

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16/01/2016

Degolio LXXVIII: face à l'Homme-Dragon

12493982_1678687219082090_8665689517527080712_o.jpgDans le dernier épisode de cette terrible série, nous avons laissé le Génie d'or et ses deux amis, Captain Corsica et le Cyborg d'argent, alors qu'ils venaient de passer un seuil fatidique et qu'ils étaient entrés dans un espace dont les éléments les étonnèrent – eux qui pourtant avaient vu plusieurs mondes.

Au centre d'une immense salle, un trône de fer se dressait sur un piédestal énorme, qui le plaçait très haut; mais, au-dessus de lui, le plafond était plus éloigné encore, et on le distinguait à peine. On eût pu le prendre pour un ciel étoilé, car des joyaux brillants l'ornaient, mais à vrai dire on ne reconnaissait pas les constellations, et c'était comme si on avait voulu imiter les étoiles mais en se moquant, et sans chercher à reproduire les formes qu'elles faisaient dans le ciel.

Sur ce trône était un être des plus effrayants - et des plus étranges. Il s'agissait d'une sorte d'homme-dragon, mélange énorme de géant et de serpent, vêtu d'une armure aux mille écailles luisantes, et armé d'une épée qu'il tenait sur ses genoux. Une queue de lézard revenait dans son giron, après être sortie de son échine, et son visage était à la fois celui d'un homme et d'un ignoble reptile, et une intelligence maligne se voyait dans ses yeux. Sa bouche rappelait celle d'un homme, mais, entrouverte, montrant une langue rouge, elle faisait entendre un sifflement sourd.

Sur son front était posé un heaume, dont dépassaient deux immenses cornes, qui semblaient naturelles, et attachées à son crâne. Une crête luisante et un panache étaient sur ce heaume, et le Génie d'or n'eût su dire si elle épousait une crête de peau ou si elle était entièrement factice, ornementale.

Le Génie d'or distingua dans cet être une rage contenue d'une puissance exceptionnelle; un feu noir l'entourait, dérobant la lumière, l'avalant.

Pourtant une vigueur incroyable épaississait ses membres, et son armure palpitait comme si elle fût vivante.

À ses pieds de noirs serviteurs rampaient, prosternés, terrifiés; d'autres se cachaient derrière son trône, effrayés par les trois héros, et craignant de périr de la colère de leur maître. Seul, à la gauche du monstre, se tenait, debout, un homme long et maigre, à la peau bleutée, mais fade et terne, au visage hideux, semblable à la mort, ou à quelque spectre hâve. Ses yeux vitreux brûlaient d'un feu immonde, au fond d'orbites profondes, et on y voyait comme sous une couche de glace des étincelles, des braises. Il avait le front caché par un capuchon sombre, mais, lorsqu'il levait sa tête répugnante, il montrait son œil blanchâtre, cruel, froid. Régulièrement il se tournait vers son maître, approchait sa bouche de son oreille, et chuchotait des yeux qu'on n'entendait pas, remuant des lèvres noires et visqueuses; quand il parlait les yeux du monstre s'allumaient. Une sorte de vapeur rouge, même, s'en échappait, marquant des accès de fureur.

Un grand foyer jetait derrière lui des flammes; une chaleur suffocante régnait dans la pièce. À droite, en haut, attachée à deux chaînes, une pour chaque bras, les pieds fixés au mur par anneaux de fer, le Génie d'or vit Tim#1.jpgune femme d'une étonnante beauté. Elle était nue. Il se tourna vers Captain Corsica, qui l'avait vue aussi, et qui ne se tenait plus de rage: elle déformait son visage, et agrandissait ses yeux.

Curieusement, le monstre ne semblait pas avoir pris à Sainte Apsara sa pierre, car elle brillait à son cou, comme une étoile lointaine et solitaire, au sein de la nuit. Le Génie d'or distingua néanmoins qu'il en était ainsi probablement parce que sa chair l'enchâssait: aucun collier n'était distinct à sa gorge. La pierre était devenue une partie de son corps - tel un cœur qui se fût porté à la surface. Si le monstre ne l'avait point arrachée, c'était soit parce qu'il ne l'avait pas reconnue, soit parce qu'il ne voulait pas tuer, ou du moins mutiler la jeune femme. Car il ne savait peut-être pas ce que comprit le Génie d'or: c'était cette pierre enchâssée dans son corps qui assurait à l'immortelle sa force, au sein de ce monde déchu, et par-delà les siècles qui avaient vu s'éteindre sa race ou l'avaient vue s'en aller vers les astres - s'installer sans doute sur celui qu'on nomme l'étoile de Mercure. Car, sur Terre, cette race de Noscl ne pouvait plus vivre, en principe. Les conditions le rendaient désormais impossible.

Mais cet épisode commence à être long, et la suite devra être livrée une fois prochaine: alors Sainte Apsara sera délivrée; et l'on verra comment.

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02/01/2016

Degolio LXXVII: sanglante bataille

272306_433453023365270_1625258078_o.jpgDans le dernier épisode de cette furieuse série, nous avons laissé le Génie d'or alors qu'un monstre aux tentacules énormes s'était saisi de sa cape et l'avait contraint à se rematérialiser devant lui, dans la faille rocheuse par laquelle il jetait ses bras et où le héros s'était engagé pour sauver le Cyborg d'argent.

Il était en grand péril. Mais le Cyborg d'argent, voyant cela, lança encore une rafale d'énergie vers les yeux que lui aussi désormais apercevait - et ceux-ci clignèrent, et un bruit affreux et sourd se fit entendre, et de nouveau le sol et les murs tremblèrent.

Cependant, d'en bas, les guerriers de l'Orc arrivaient, et Captain Corsica, que les tentacules du monstre avaient tous lâché, dut se tourner vers eux. Il descendit les marches, venant à la rencontre de l'ennemi, et fit merveille. Car si son fusil ni sa bague n'avaient eu le temps de se recharger de leur feu cosmique, et s'il combattait désormais à mains nues, simplement armé de son stylet à la pointe brillante, il n'en était guère moins efficace.

Virevoltant au milieu des Maufaés, faisant étinceler son arme dans la mêlée obscure, il mettait à mort les soldats du Mal sans leur laisser le temps d'ajuster leurs coups, et les évitait à la vitesse de la pensée.

Ses adversaires avaient beau l'entourer et le submerger, ils ne le domptaient pas, et, dans leur tas amassé, il frappait plus vite qu'eux tous et parait leurs attaques même quand ils étaient au-dessus ou derrière - à croire qu'il avait aussi des yeux derrière la tête! Il sentait leur présence, les voyait sans même avoir besoin d'ouvrir les yeux. Ils lui apparaissaient comme des ombres, et elles étaient lentes, à son entendement, car lui était dix fois plus rapide.

Bientôt ils formèrent à ses pieds un tas de cadavres. Mais il en venait continuellement d'autres.

Le monstre aux tentacules, pendant ce temps, avait reculé. Le Génie d'or lui avait lancé un nouveau rayon de lumière concentrée de sa pierre d'émeraude, et le tentacule qui tenait sa cape l'avait lâchée. Il put se Annihilation_Nova_Vol_1_3_Textless.jpgdématérialiser, et occuper l'espace qui était hors de la faille, dans l'escalier. Il ordonna au Cyborg d'argent de surveiller la créature, mais celle-ci se retira, sentant qu'elle avait affaire à trop forte partie. Et le Génie d'or, sans attendre, se retourna vers les Guerriers de l'Obscurité venus d'en bas, et vint épauler Captain Corsica. Et ce fut un carnage.

Les deux héros tuaient par poignées, si l'on peut dire. Les corps sans vie bouchaient désormais le passage de l'escalier, et ceux d'en bas ne pouvaient plus avancer. Mais les deux immortels avançaient, eux, faisant tomber sur les autres les cadavres entassés et créant d'autres tas, et quand le Cyborg d'argent vit que le monstre aux tentacules ne bougeait plus, qu'il s'était retiré pour de bon dans les ténèbres, lorsqu'il n'aperçut plus aucune trace de lui, il vint les aider, et, pour les ennemis, ce fut pire. La Horde Noire commença cette fois à fuir, malgré sa stupidité et la terreur que lui inspirait son roi, qui l'avait envoyée contre nos héros.

Ceux-ci la poursuivirent, continuant à l'abattre comme on moissonne les blés! Et le sang ruisselait, noir et fumant, et les héros en étaient couverts, jusqu'aux genoux il tachait leurs armures, et ils allaient parmi les cadavres mutilés, enfonçant leurs pieds dans une masse atroce.

Bientôt ils arrivèrent en bas de l'escalier, dans une petite salle. Les Fils de l'Orc achevèrent de fuir, et ils les laissèrent. Ils les virent disparaître par une porte que baignait une lumière rougeoyante.

Autour d'eux tout mouvement cessa. Ils étaient seuls. De la porte, ils entendirent venir des gémissements, des cris, puis ce fut le silence.

Ils s'avancèrent. Passèrent la porte. Et ce qui s'offrit à leur regard fut la chose la plus étonnante qu'il leur eût été jamais donné de voir.

Mais le lecteur ne pourra pas en savoir davantage cette fois-ci, à cause de la longueur de cet épisode. La prochaine fois, il aura une vision terrible de l'Homme-Dragon.

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19/12/2015

Degolio LXXVI: la défaite du monstre aux tentacules

tumblr_inline_mg09b0rIZU1qd2r4f.jpgDans le dernier épisode de cette horrifique série, nous avons laissé nos trois héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils étaient entrés dans l'antre des Ogres et qu'ils avaient été assaillis conjointement par un ogre géant armé d'un marteau et un être tentaculaire caché au fond d'une faille dans la paroi rocheuse; nous avions arrêté notre récit au moment où le Génie d'or se baissant soudainement, le coup latéral de marteau qui lui avait été adressé avait fait un trou dans la roche.

La paroi et le sol tremblèrent, et le monstre dont la tête était invisible tressaillit. Captain Corsica put alors libérer son bras droit, pointer son fusil sur les ténèbres dont les tentacules surgissaient, et déclencher son feu cosmique. Vermeil, affiné comme un trait, il jaillit - et un hurlement immense se fit entendre, et toute la caverne vibra.

Mais ce hurlement était au moins autant de rage que de douleur; car le tentacule dont Captain Corsica s'était libéré reprit aussitôt son bras, et celui qui avait été lancé en avant se saisit à nouveau de son cou. Le tentacule percé, sanglant, s'approcha aussi et, quoique affaibli, entoura sa taille.

En bas de l'escalier, on entendait une rumeur, comme si des guerriers montaient, pour achever les deux héros. Dans l'obscurité, on voyait l'éclat froid de leurs armes, et il s'avançait. Le bruit se rapprochait. Qu'était devenu le Cyborg? La situation était désespérée.

Soudain, trois traits de lumière blanche, fins comme des lames, tranchèrent le tentacule qui tenait le bras gauche de Captain Corsica. Le Cyborg avait pu repousser ses ennemis venus d'en bas, après avoir repris ses esprits, et lancer une salvatrice attaque.

Il surgit du bas des escaliers, volant dans les airs, laissant derrière ses pieds une traîne d'étincelles blanches, et lançant de ses mains d'autres traits argentés vers les ténèbres d'en bas; et l'on entendait des cris, des exclamations de fureur, des hurlements.

L'Ogre immense cependant avait dégagé son marteau de la paroi où il s'était enfoncé, et s'apprêtait à l'abattre sur le Génie d'or, mais celui-ci, quoique couché, fut plus rapide: se remettant sur ses pieds plus vite que la lumière, il bondit et frappa du bout de son bâton - celui portant la gemme - le visage du géant caché par un heaume; et celui-ci se rompit, et le sang jaillit du nez et des yeux du monstre - qui s'abattit, le visage brisé. Une gerbe d'étincelles avait jailli, quand la gemme l'avait touché. Son âme s'enfonçait à présent dans les ténèbres.

Captain Corsica, cette fois, fit partir de son anneau à l'effigie de sainte Julie un rayon bleu; mais il ne commit pas la même erreur que précédemment: il tira non sur l'endroit où il supposait être la tête de la créature, img_3612.jpgmais sur le tentacule qui tenait son bras droit, afin de se libérer. Il fut tranché, et un flot de sang bouillonna. Il saisit alors son luisant stylet, et l'enfonça dans le tentacule qui le tenait au cou. L'étreinte se desserra. Le héros aspira l'air, qui commençait à lui manquer.

Le Cyborg d'argent, n'écoutant que son courage, se jeta sur les tentacules à l'entrée de la faille, où il pénétra également. Captain Corsica et le Génie d'or en furent horrifiés: leur disciple était trop téméraire, comme s'il eût voulu mourir pour la cause qu'il servait! Mais n'était-il pas plus utile vivant, et pouvant résister aux attaques de l'Ennemi avec toute sa raison, et sa prudence? Captain Corsica cria: Non! Reviens! Cyborg!

Et Solcum s'élança. Il plaça son bâton devant le Cyborg, le rejeta en arrière et s'engagea dans la faille à sa place. Il voyait désormais, dans l'obscurité, les yeux terribles du monstres, remplis d'une cruauté affreuse; les tentacules se jetèrent sur lui, mais il était prêt: il se dématérialisa, et l'être immonde ne saisit que de la brume.

Hélas, sa cape, qui le protégeait des forces ondoyantes de l'abîme et l'empêchait de subir les assauts de la Terre périssable, ne se réduisait pas en fumée aussi vite: elle se chargeait des scories de ce bas monde, et, ainsi s'alourdissant, mettait plus de temps à passer dans le royaume occulte. Un tentacule, en se détendant, fouetta l'air jusqu'à elle et la saisit en son extrême bout. L'étreinte était faible, mais elle suffit à le faire revenir dans l'espace physique à l'endroit même où il avait pensé le quitter. Car elle faisait partie de lui: elle était comme une peau, un élément de sa nature manifestée, aussi étrange que cela paraisse.

Cet épisode commence néanmoins à être long, et la suite devra être remise à une autre fois: nous verrons alors se terminer ce dur combat.

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29/11/2015

Degolio LXXV: dans l'antre des Ogres

ellison_cave_mini.jpgDans le dernier épisode de cette terrible série, nous avons laissé nos trois héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils s'apprêtaient à descendre l'escalier fatidique menant au royaume des Ogres; Captain Corsica venait juste d'exiger de passer le premier, pour ne laisser personne être blessé à sa place.

Solcum tourna la tête vers lui, et sembla comprendre. Il le laissa passer. Le Génie d'or ensuite regarda le Cyborg d'argent, et lui demanda de marcher devant lui, entre les deux, afin qu'il pût surveiller leurs arrières et voir de loin ce qui pouvait se tramer: car avec son bras en moins, le Cyborg était maintenant sûr d'être le plus faible des trois. Celui-ci acquiesça, et descendit les marches à la suite de Captain Corsica, déjà descendu.

Dans l'escalier, des torches éclairaient de loin en loin, placées dans des têtes de dragon gravées dans l'or. Les trois héros ne pouvaient douter qu'ils étaient attendus; et ils sentaient qu'on les observait. Dans les ténèbres des rochers, ils distinguaient parfois des lueurs, qui aussitôt disparaissaient.

Ils descendirent ainsi de nombreuses marches, presque étonnés que le repaire des Maufaés fût si profondément enfoui. L'escalier était tout droit, et une paroi rocheuse l'enserrait de chaque côté. Mais bientôt, le plafond s'éleva, et sur la gauche, le rocher s'arrêta, laissant le bord des marches dans le vide. La roche, d'abord, en pente douce, tombait de plus en plus vite dans un gouffre où les trois héros ne distinguaient rien, malgré leurs yeux semi-divins.

Soudain, à leur droite, d'une faille dans le rocher, surgit un tentacule, qui agrippa Captain Corsica, et le saisit au bras, l'attirant vers la faille; un autre tentacule surgit, et le saisit au cou, et encore un autre lui saisit l'autre bras, le privant de toute possibilité de mouvement. Le Cyborg d'argent voulut bondir à son secours, back_pipe_2_1.jpgmais un marteau énorme se fit voir, brandi depuis la faille; et une main le maniait, et l'abattit sur le Cyborg, qui s'en trouva assommé, et envoyé au bas des marches, qu'il dévala. Le Génie d'or vit qu'un Ogre puissant et massif secondait le monstre aux tentacules pour lui permettre de saisir Captain Corsica sans être gêné par ceux qui voudraient l'empêcher. S'arrachant à la faille, il apparut, vêtu d'une armure épaisse, et d'une taille qui dépassait celle du Génie d'or.

Mais, sans attendre, celui-ci se changea en sa fumée bleue ordinaire, et l'Ogre, lorsqu'il voulut abattre sur lui son marteau, ne rencontra que le vent. Il reprit sa forme solide derrière le guerrier géant, et, de l'extrémité inférieure de son bâton munie d'une pointe d'argent, il lui frappa le dos, lui causant une douleur formidable; car il brisa sa cuirasse et fendit sa peau, pourtant dure comme de l'écorce de chêne, et un sang noir coula. Tenant toujours son bâton arraché à la plaie du monstre, le Génie d'or se retourna et fit jaillir, de l'émeraude qui l'ornait, un rayon fin et vert, trait de feu concentré à l'extrême, qui troua le tentacule qui tenait le héros corse au cou. Le souffle libéré, Captain Corsica put s'arc-bouter sur la paroi rocheuse et empêcher le monstre de l'attirer plus avant dans la faille.

Le Génie d'or voulut envoyer un autre trait de sa gemme luisante, mais l'Ogre derrière lui avait tourné sur lui-même, malgré sa blessure sanglante, et, du revers de son lourd marteau, il le frappa. Le coup ne fut pas porté avec une force énorme, car le géant avait fait au plus vite et son élan était faible; mais il suffit à jeter violemment le Génie d'or sur la paroi rocheuse.

Captain Corsica perdait du terrain: le monstre caché de nouveau étirait un tentacule vers son cou, et il avait le plus grand mal à l'empêcher de le saisir, et ne parvenait pas à se libérer les bras.

Déjà l'Ogre, son équilibre repris, se précipitait vers le Génie d'or pour lui asséner un autre coup, plus décisif. Et Solcum, encore étourdi, n'avait point la force de se concentrer pour se changer en brume bleue. Il évita, en se couchant, un coup latéral du marteau, qui fit un trou profond dans la roche.

Mais cet épisode commence à être long; il faudra, pour la suite de ce terrible combat, attendre une autre fois. Il ne fera que s'amplifier, croyez-le bien.

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17/11/2015

Degolio LXXIV: un sang lunaire coulait dans ses veines

Weeping-woman.jpgDans le dernier épisode de cette horrifique série, nous avons assisté à la victoire de nos trois héros (le Génie d'or, Captain Corsica, le Cyborg d'argent) sur les hideux dragons qui gardaient la porte de l'antre des Ogres ainsi que sur leurs progénitures. Une restait vivante et au moment où le Génie d'or s'apprêtait à l'achever, il fut arrêté par ce qu'il aperçut au fond de ses yeux étranges.

Dans un abîme, il crut voir des formes de femmes luisantes - mais torturées, hurlantes, terrifiées -, et il sut de quoi étaient nées ces bêtes ailées; il en ressentit du dégoût, et de la peine - de la peur, lui-même. Ce que voyant, le monstre plissa les yeux, et une flamme sombre s'y plaça, et de son aile gauche, aux bords coupants, il tenta, par un coup, de trancher l'armure du Génie. Mais celui-ci l'avait deviné; et, avant que la bête ne pût achever son mouvement, il abaissa brutalement son bâton et la transperça, lui défonçant la poitrine.

Elle sursauta, violemment trembla, puis vomit un sang noir, fumant, et acide. Le héros se jeta en arrière, évitant le flot et ses gouttes; mais l'une d'entre elles atteignit sa cuirasse, qui se mit à fumer, et fondre. Il plaça aussitôt la gemme de son bâton au trou créé: l'œuvre de malfaisance s'arrêta, et l'armure ne subit point d'autre dommage. Mais en vérité, le liquide avait pénétré jusqu'à la chair, et Captain Corsica ne fut pas from-deadpool-to-moon-knight-these-superheroes-need-a-tv-show-434925.jpgsurpris de voir couler un sang blanc, qui étonna bien davantage le Cyborg d'argent; il regarda ce ruissellement semblable à du lait, mais luisant, et ne put en détacher de longtemps ses yeux.

Captain Corsica s'en aperçut, et lui dit: La Lune semble avoir imprégné le corps de notre ami de sa lumière; ou bien dans ses veines circule-t-il le sang de cet astre? Et il sourit, en regardant le Génie d'or. Celui-ci ne répondit rien; son visage, sous son heaume, demeura impénétrable. Mais ses yeux étaient orientés vers ceux de Captain Corsica. Dans sa plaie était un éclat de neige, mais Solcum la recouvrit de sa cape, en la ramenant sur son flanc.

Pendant ce temps, l'âme de la créature s'était enfoncée en gémissant dans les ténèbres, rejoignant l'abîme dont elle était issue.

De son œil qui perçait le voile des mondes, le Génie d'or la vit. Puis elle disparut: même ses yeux magiques ne purent plus la distinguer. Si profond était le gouffre des âmes perdues!

Dieux, s'écria le Cyborg d'argent, quelles bêtes infectes!

- Oui, répondit Captain Corsica, elles sont véritablement immondes; on les appelle Ternifels, et elles sont nées d'une union illicite entre des géants de l'abîme et des filles de Noscl, capturées et violées, asservies pour donner le jour à une nouvelle race de guerriers. C'est un des plus grands crimes d'Ortrocos et de ses sbires.

- Il en est d'autres, cependant, fit le Génie d'or de sa voix étrange, comme venant de très loin; et pour éviter que Sainte Apsara ne subisse le même sort, courons à son secours.

Aussitôt qu'il eut dit ces mots, il se dirigea vers l'escalier plongeant dans l'obscur gouffre. Et Captain Corsica le suivit, et l'arrêta: Cette fois, dit-il, c'est à moi d'y aller en premier; on ne marchera pas devant moi dans cette quête, quel que soit le danger.

Ce qu'il en advint ne pourra vous être dit, hélas, qu'une autre fois, cet épisode commençant à être long. On connaîtra alors de toute façon l'intérieur de l'escalier souterrain, et qui le peuple.

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31/10/2015

Degolio LXXIII: la bataille des monstres aux ailes de peau

forest_dragon_by_gerezon-d63yn2w.jpgDans le dernier épisode de cette farouche série, nous avons laissé nos trois héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils combattaient trois dragons sortis d'un escalier souterrain, creusé en pleine campagne, et que d'un dragon tué par le Génie d'or était sorti un un être bizarre, muni d'ailes de chauves-souris et d'une queue pareille à un fouet.

Captain Corsica, ayant sorti son poignard, l'enfonça dans le cou du troisième monstre; il le coupa en deux, et, de la même façon, un monstre nouveau, gluant et ailé, se montra. Mais le héros ne lui lança pas le temps d'agir: il lui enfonça le poignard dans le cœur. La créature infecte hurla, car en sus de la plaie, la lame bénie la tourmentait comme un affreux poison: elle étincelait, en sentant l'âme du monstre entrer en elle; mais lui, corrompu et pervers, en souffrait atrocement.

Ses prières ne lui servirent de rien: il fut bientôt plongé dans la mort.

Le Cyborg d'argent, de son bras droit, avait lancé des rayons jaunes sur le monstre déjà blessé par Captain Corsica; il en fut mortellement atteint, mais dans la flamme qui s'était créée sur son corps, le troisième être gluant et ailé sortit, et se jeta sur le Cyborg, qui n'eut pas le temps de riposter. Or sa force était terrible: et il l'avait saisi au cou, et s'employait à l'étrangler; le Cyborg s'efforçait de desserrer son étreinte, mais il n'y parvenait pas.

Pendant ce temps, le Génie d'or luttait contre l'autre monstre ailé, qui s'était élancé au-dessus de lui et lui avait saisi le bras de sa queue; et d'en haut il lui donnait des coups de pied, qui faisaient chanceler le héros. De nouveau, comme avec l'araignée géante, il ne parvenait pas à se dématérialiser: dès qu'un Maufaé le saisissait, un sort, apparemment, pesait sur lui, qui l'en empêchait.

Il lança son bâton vers la bête, mais il la manqua, car, vive comme l'éclair, elle s'était écartée. Le bâton revint dans les mains du Génie, mais il vit alors dans quelle mauvaise posture était le Cyborg d'argent; et, oubliant les coups qu'il recevait et qui le meurtrissaient, il lança son arme vers le monstre qui étranglait son ami, et le bout orné d'une gemme, heurtant sa poitrine, lui fit lâcher prise: si grand était son pouvoir!

Aussitôt le Cyborg d'argent se retourna et put lancer son poing vers la bête, qui en fut presque décapitée; car étonnamment, si sa vigueur était immense, les parties de son corps qui joignaient les efe626e7e74b7014ddf0388967c1b3ed.jpgmembres les uns aux autres n'étaient pas très dures, ni très solides; elles n'avaient pas eu le temps de prendre de la corne, n'ayant été que récemment formées. Le cou, sous la violence du choc, s'était distendu, et rompu; et la bête regarda le Cyborg de ses yeux pleins de malice et de fureur, mais il réitéra ses assauts, et de ses doigts sortirent de nouveaux rayons jaunes, meurtriers, lumière condensée à l'extrême, et le monstre en fut plusieurs fois transpercé, et il tomba mort.

Captain Corsica, de son côté, avait bondi sur le monstre qui attaquait le Génie d'or, et de son fusil, s'en servant comme d'un gourdin, il lui rompit les vertèbres. Le Génie d'or se tourna, et fit jaillir de son bâton, qui lui était à nouveau revenu, un trait de lumière verte: l'aile droite du monstre fut tranchée, se détacha du corps; il tomba, heurtant violemment la terre.

Solcum se précipita et, recevant son bâton dans la main droite, qu'il tenait en arrière, il s'apprêta à l'abattre sur lui, et à l'achever. Mais lorsqu'il vit ses yeux, il s'arrêta; car il lui sembla voir une immense tristesse au fond de ce regard étrange - ainsi qu'un effroi sans nom. Il hésitait, et le scrutait.

Mais cet épisode a atteint sa longueur règlementaire; et la prochaine fois nous saurons pourquoi le Génie d'or hésitait, et ce qu'il fit ensuite! Les héros pénètreront en outre dans l'antre des Ogres, commençant à descendre le fatidique escalier.

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21/10/2015

Degolio LXXII: la fureur des dragons

001.jpgDans le dernier épisode de cette insigne série, nous avons laissé nos héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils s'apprêtaient à ouvrir la porte du royaume des Ogres, pour y sauver Sainte Apsara enlevée par les Maufaés. Captain Corsica avait tendu le bras vers le loquet, mais le Cyborg d'argent l'en avait empêché, désirant prévenir un piège. Et le héros de la Corse immortelle avait, malgré lui, obtempéré.

Bien lui en prit. Car aussitôt qu'elle fut ouverte, du feu jaillit, et le Cyborg d'argent eut à peine le temps de se protéger de son bras; or, malgré le vivant métal qui le recouvrait, sous le jet, ce bras fondit. Le Cyborg en ressentit de la douleur; car quoi qu'il s'agît d'un membre reconstruit, Tilistal y avait mis de l'éther, qu'il avait lié à son âme.

Il s'agissait de son bras gauche; mais la plaie ne saigna pas. Il ne perdit point trop d'énergie: un éclair fusa de son bras détruit, comme si de la vie s'en échappait, et des étincelles bondirent de l'endroit où il 25185d0ad15d1fd85a6abb517c8f09d3.jpgavait été rompu; mais cela cessa bientôt, et, après avoir senti comme la vie s'écouler de son épaule et avoir mis un genou à terre, ressentant comme une faiblesse, il put se relever. Or, il retrouva rapidement sa vigueur habituelle, par la grâce de l'armure qui lui avait été donnée.

À coup sûr, pensait-il, s'il survivait à cette aventure, Tilistal referait son bras; et si tel n'était pas le cas, il lui en restait un autre, et il était prêt à perdre l'ensemble de son corps pour le service de Captain Corsica et du bien sur Terre!

Pendant que le Cyborg d'argent ainsi songeait, Captain Corsica ne perdit pas de temps; car, épaulant son fusil, il en tira une décharge vermeille qui fut comme une lance, et qui transperça la porte - et aussitôt le feu s'arrêta, et on entendit un hideux grognement: car de l'autre côté était une créature, dont le feu venait.

Le Génie d'or se précipita, pensant achever la bête, mais il eut à peine le temps de se dématérialiser quand un nouveau jet de feu fut lancé: et il passa à travers lui et ne lui fit point de mal.

Trois monstres, en effet, se tenaient au seuil: reptiles effroyables, à tête vaguement humaine, et aux yeux jaunes remplis de malice. Étrangement, ils avaient comme des cheveux, mais qui étaient plutôt des tentacules, ou des vipères, car de minuscules yeux et bouches semblaient se montrer à leurs extrémités.

De la gueule énorme des monstres, le feu jaillissait par traits. Ils avaient par ailleurs des mouvements de cobras, bondissant et se tendant aussi vite que l'éclair. Ainsi, une eau qu'on a accumulée par un barrage, lorsqu'elle trouve une ouverture dans l'amas des pierres amoncelées, s'élance et bondit, semblant défier avec rage et colère les mains qui ont prétendu la contenir. À présent que la porte qu'ils devaient garder était ouverte, les trois dragons, assoiffés de meurtre, s'élançaient, espérant anéantir en un bref assaut leurs trois ennemis.

L'un d'eux toutefois avait été mortellement blessé par le tir de Captain Corsica, et il se tordait à droite de l'ouverture - tandis que de sa plaie du sang noir s'écoulait. Les deux autres se précipitèrent RoD_KeyArt.jpgau-dehors, s'appuyant sur les marches de pierre qu'on apercevait derrière la porte et qui descendaient vers des ténèbres où rien n'était distinct.

Ternifels! s'écria Captain Corsica; car il avait reconnu ces êtres, nés du viol de filles de Noscl par des Géants infâmes, vivant dans les profondeurs. Le Génie d'or se matérialisa à nouveau à leur gauche, de l'autre côté, et abattit sur le crâne du second son sceptre cosmique. Le monstre n'eut point le temps de l'éviter: de la tête défoncée la cervelle jaillit, puante et noire. Mais le corps bougeait encore, et une purulente bave s'écoulait de sa bouche - infectant le sol, consumant l'herbe, ruinant les fleurs. Le Génie d'or lui asséna un second coup, à la base du crâne, et la tête fut séparée du reste; un jet de sang brûlant s'élança, et les héros comprirent qu'ils n'étaient pas au bout de leurs peines, quand ils virent dans le tronc étêté un être gluant, qui soudain sortit et déploya des ailes de peau, s'apprêtant à les assaillir. Il avait une queue longue qui, une fois déroulée, claquait dans l'air.

Ce qu'il en advint ne pourra néanmoins être précisé qu'une fois prochaine. Alors la terrible bataille continuera d'être racontée!

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03/10/2015

Degolio LXXI: la porte des Ogres

Anemone_nemorosa-me.JPGDans le dernier épisode de cette exemplaire série, nous avons laissé nos héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils venaient de se transporter au-dessus des ruines de Noscl dans le vaisseau spatial de Captain Corsica; et celui-ci avait montré ses ruines, interrompant son discours.

Le Génie d'or regarda alors, et aussi le Cyborg d'argent. Une clairière, dans l'épaisse forêt, laissait passer l'éclat d'une rivière d'argent, et montrait des buttes de gazon pleines de fleurs, qui étaient les tombeaux des hommes de Noscl. C'est là, non loin de la rivière, sur la berge de sable clair, que Captain Corsica se posa.

Le vaisseau spatial toucha le sol sans bruit, et les trois héros, lorsqu'ils en sortirent, n'en firent pas davantage. Captain Corsica en tête, ils s'approchèrent de la tombe des parents de Sainte Apsara, Teledin et Salited.

Là, ils virent des anémones et de l'herbe écrasées, et des traces de sang. Certaines étaient rouge vif: elles venaient des veines de Talcarède, et brillaient encore, car telle est la vertu du sang des Immortels; et d'autres étaient noires et gluantes, et venaient des Ogres.

Des arbustes avaient des branches rompues; derrière l'un d'eux, dégageant une puanteur affreuse, un Ogre mort était étendu. Une plaie béait dans son torse, et l'on voyait son cœur noir; et les vers le ahriman steiner beeld.JPGdévoraient déjà, comme si dès son vivant son corps eût été pourri. Les membres n'étaient déjà plus liés les uns aux autres qu'à peine; et lorsque le Cyborg d'argent voulut lui arracher un long poignard qu'il tenait en main, celle-ci vint sans le bras, et celui-ci se détacha à demi de l'épaule. L'arme, sale, noire, hideuse, barbelée, fut rejetée par le Cyborg, qui vit sur la lame l'éclat glauque du poison.

D'autres taches de sang noir ponctuaient un chemin qui s'en allait vers le nord; parfois elles cessaient, mais d'autres traces d'un passage existaient: branches cassées, herbe piétinée, empreintes de pieds et de bottes. Les trois hommes les suivirent, et parvinrent à un rocher moussu, que surmontaient des halliers. Les traces y menaient, puis disparaissaient.

Captain Corsica connaissait les mœurs et le mode de vie, la manière dont se logeaient les Ogres; et il annonça qu'il fallait, dans ce rocher, chercher une porte.

Ils la cherchèrent, mais tout semblait normal; les pans de rocher ne bougeaient pas, et semblaient naturellement joints. Si camouflage il y avait, il était parfait.

Captain Corsica assura qu'il venait d'un sortilège qui en créait l'illusion. Alors le Génie d'or lui demanda de s'écarter, car il allait éclairer le lieu de sa lumière de vérité. Et il leva son bâton, et le cristal serti dans l'argent de son extrémité se mit à luire; il prononçait, d'une voix basse, sourde, des paroles étranges, dans la langue de son peuple; et cela ressemblait à une formule, à un charme.

La lumière verte s'accrut, et comme le Génie l'approcha du rocher, elle fit disparaître le prestige; les trois hommes purent voir ce qu'il en était: sur la droite du rocher, la forme d'une porte apparut, avec le loquet. Il était simplement en bronze. La porte était d'acier dépoli. Captain Corsica s'avança pour placer sa main sur le loquet, mais le Cyborg d'argent s'interposa, lui demandant de se souvenir de ce que lui avait dit son père; le héros de la Corse libre hésita, puis le laissa ouvrir la porte à sa place.

Nous ne saurons ce qu'il en advint qu'une fois prochaine: nous découvrirons quels étaient les horribles gardiens de la porte.

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19/09/2015

Degolio LXX: l'apprivoisement de la nymphe

r169_457x257_18567_Clouds_2d_sci_fi_spaceship_clouds_landscape_mountains_picture_image_digital_art.jpgDans le dernier épisode de cette ésotérique série, nous avons laissé Captain Corsica, le Génie d'or et le Cyborg d'argent alors qu'ils se dirigeaient vers les ruines de Noscl dans le vaisseau spatial du premier, et que celui-ci racontait comment il avait retrouvé Sainte Apsara après qu'elle avait eu erré durant des siècles dans la forêt perdue de Valdaresca. Il continua ainsi son récit:

Combien d'années avait-elle dû, cette nymphe, hanter la forêt de Valdaresca sans vieillir, devenant sa mystérieuse déesse? Je ne puis les compter. J'avais peine à croire qu'elle n'eût pas disparu, qu'elle ne se fût pas dissipée, avec le temps, dans l'air limpide - qu'elle ne fût pas devenue un spectre, comme l'étaient devenus tant d'hommes de Noscl qui avaient échappé à la ruine de leur cité: car après avoir erré sur Terre, ils s'étaient vidés de leur substance et dreaming-nymph.jpegétaient devenus de légères vapeurs - gémissant de ne pouvoir plus rien saisir.

Par quel miracle avait-elle résisté? Se pouvait-il que la forêt de Valdaresca contînt encore sa force de jadis, quelque éclat venu des gemmes fabuleuses?

Longtemps je la poursuivis, scrutant les traces de ses pieds nus, qui pourtant ne faisaient qu'effleurer la terre. Mais ils laissaient derrière eux une fine lueur, errant par les herbes. Et un jour, je la surpris, endormie au bord d'une fontaine. En me voyant, les deux biches qui étaient couchées à ses côtés se levèrent et s'enfuirent; mais comme elle était lasse, elle ne se réveilla pas. Je m'approchai, et pus constater qu'elle était demeurée jeune et belle, comme au temps du grand désastre. Et à son cou, merveille des merveilles! un joyau brillait: une des cinq gemmes perdues de Noscl! Teldur n'en avait rapporté que quatre, dans le royaume céleste; une avait été laissée, égarée, et voici! je la retrouvai au cou de la fille de Teledïn.

Je fus ébloui; et je restai coi, pétrifié, épouvanté. Un secret venait de m'être révélé. Sainte Apsara avait reçu ce joyau en héritage, et durant plusieurs éons l'avait porté. Il l'avait conservée des vents de la terre périssable, l'empêchant de se dissoudre dans l'air, de se dématérialiser.

Elle s'éveilla; et comme elle me voyait parfaitement immobile, l'œil grand ouvert sur son brillant cristal, agenouillé près d'elle comme stupéfait, elle ne bougea pas; ne se sauva pas. Elle avança sa main, et me toucha; puis me caressa la joue, comme pour se demander si j'étais un homme ou une bête, ou bien quelque statue nouvellement posée sur cette berge. Je la regardai, elle retira sa main; mais je tendis la mienne, et elle y mit la sienne, après avoir hésité. Dans ses yeux d'obscurs souvenirs semblaient remonter à la surface.

Soudain, elle se leva, et se fondit dans l'air. Elle devint un souffle: car elle avait cette faculté. Et je dus la saisir de mes charmes, et commander aux vents de ne point la laisser passer. Elle se retourna vers moi, et m'envoya des bourrasques pareilles à des massues; et je me protégeai d'un bouclier magique, que je forgeai.

Et puis je me souvins, je me rappelai les récits qu'on m'avait faits, et je prononçai son nom; alors elle s'arrêta. Et reprenant sa forme humaine elle chut sans connaissance, comme submergée par l'émotion, Achilles-224x300.jpget par les souvenirs ramenés par ce mot qu'elle n'avait plus entendu depuis des siècles et par lequel ses parents l'avaient nommée. Je la pris dans mes bras, et la menai auprès de Cyrnos.

Celui-ci la reconnut, la fit installer dans une chambre et chargea plusieurs demoiselles de veiller sur elle. Et peu à peu, avec les semaines, les mois, elle retrouva sa pleine conscience. Elle me remercia. Mais elle demeurait triste et solitaire, demeurant souvent seule dans les jardins du roi. Et le reste du temps, elle refusait de voir d'autres personnes que ses plus proches amies, les demoiselles qui s'étaient occupées d'elle. Moi-même je ne pouvais la voir que brièvement, et parce qu'elle se faisait un devoir de m'être reconnaissante.

Et voilà ce que je sais d'elle, et comment je peux me diriger sans souci vers les ruines de Noscl, et même vers la tombe de ses parents, où plusieurs fois j'eus l'honneur de l'escorter. Car plus tard, nous nous rapprochâmes, quand elle vint inopinément me sauver des griffes du terrible Lestrygon.

Mais le récit doit en être remis à plus tard, mes amis; car voyez! nous arrivons.

Ainsi prend fin le discours de Captain Corsica; et la prochaine fois, nous aurons le plaisir d'accompagner nos héros parmi les ruines de Noscl, à la recherche de Sainte Apsara.

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05/09/2015

Degolio LXIX: une lueur parmi les ruines

81c17cedfd042305f509d24fc9d913ca.jpgDans le dernier épisode de cette cosmique série, nous en avons appris davantage sur la ruine de la fabuleuse cité de Noscl, mise à bas par les Ogres infects; et Captain Corsica dans l'épisode d'aujourd'hui continuera son récit, fait pour le Génie d'or parisien et le Cyborg d'argent, gardien de Bonifacio. Rappelons que les hommes de la cité radieuse avaient refusé d'émigrer vers le royaume du ciel, comme l'avaient demandé les dieux. Captain Corsica donc poursuit son discours:

Les quelques survivants de Noscl s'amendèrent, et furent emportés dans la cité de Dordïn, qu'on nomme Astalcur. Mais voici! les parents de Sainte Apsara avaient été tués sous ses yeux par l'Ogre abominable Estraled, et elle avait été saisie de terreur, et s'était enfuie. On ne la retrouva pas de longtemps, et on la crut perdue - tuée ou emmenée dans l'abîme par les Ogres qui étaient parvenus à fuir de devant la face de Teldur dont mille éclairs fusaient, sa colère ayant l'allure d'une tempête.

Or, beaucoup plus tard, alors que je chassais parmi les ruines de Noscl et dans la forêt de Valdaresca dont la lumière s'était éteinte, et qui était réduite désormais à un chaos d'arbres hideux, pâle descendance des véritables châtaigniers et hêtres anciens, j'eus une vision étrange: une jeune fille nue, aux yeux hagards, l'air folle, errait parmi les ombres, pareille à un animal sauvage; et elle avait pour compagnons des oiseaux et des biches. Je ne le savais pas, mais j'avais retrouvé celle qu'on nomme Sainte Apsara - et qui eut jadis un autre nom, que je vous cacherai.

La chute de Noscl est advenue il y de formidables éons, avant même ma naissance: alors, Cyrnos était jeune, et je n'étais qu'un rêve. Mais si mon père est vivant depuis de nombreux millénaires, sache que la longévité des hommes de Noscl était plus grande encore. Leur corps se régénerait à l'infini, et la Terre n'avait point de prise sur eux, notamment grâce aux gemmes rapportées d'Astalcur, et qui avaient été la cause du désastre. Ils étaient immortels, certes; mais aussi pareils à des dieux.

Ils eussent pu vivre dans le Ciel, mais ils n'y avaient pas eu un corps solide et puissant comme sur la Terre: car ils se revêtaient de ses éléments, et acquéraient une force plus grande. C'est précisément pour cette raison qu'ils s'y étaient installés, n'avaient pas voulu s'en couper. Ils aimaient la sensation de tumblr_moy2hrS8kd1rtviq3o1_1280.jpgvivre dans un corps pleinement solide. Ils craignaient, s'ils partaient, de se dissoudre dans la lumière, et de n'y avoir plus de force; d'y perdre leur corps fait d'éther et né de la Terre à une époque fabuleuse, qui la voyait se confondre avec plusieurs astres – en particulier celui qu'on nomme planète Mercure. En restant, ils étaient certains de demeurer maîtres d'une terre, d'un règne.

Bien sûr ces êtres ressemblaient beaucoup aux hommes de Cyrnos: tu l'as compris. Mais ils étaient plus nobles encore, et étaient pour nous ce qu'étaient les dieux pour eux, ou ce que nous sommes pour les mortels. Et leurs nefs parcouraient les étoiles majestueusement, et les hommes de la Terre les vénéraient comme des êtres célestes. Ils commandaient aux éléments, et créaient des êtres vivants; ils connaissaient les secrets de la médecine, et d'eux pouvaient venir et la vie, et la mort.

Mais il était dit que la Terre serait réservée à ses derniers nés.

Or, j'essayai de me saisir de Sainte Apsara; mais elle me fuyait, et me regardait comme l'eût fait une biche effarouchée. Cependant sa beauté m'apparut; je fus stupéfait. Et mon cœur, je dois dire, fut saisi d'amour. Mais je n'en pris conscience que plus tard.

C'est sur ces mots tendres, ô lecteurs, que nous mettons fin à cet épisode. La prochaine fois, nous apprendrons comment Captain Corsica parvint à dompter cette divinité agreste, cette immortelle de la forêt perdue. Ne manquez cela sous aucun prétexte!

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24/08/2015

Degolio LXVIII: le destin de la cité sainte

Tirion.jpgDans le dernier épisode de cette légendaire série, nous avons laissé Captain Corsica alors que, remontant en pensée le temps, il racontait à ses deux amis, le Cyborg d'argent et le Génie d'or, ce qui concernait la mystérieuse cité de Noscl. Il poursuivit en des termes assez grandioses.

On dit qu'elle s'étendait à l'infini - qu'elle s'étirait sans solution de continuité jusqu'aux astres et que ses fondations se confondaient avec l'éternité. Vrai est-il qu'elle fut contemporaine des dieux, du temps où ils vivaient sur Terre, où ils n'avaient pas émigré ailleurs. Or les fondateurs de Noscl les avaient d'abord suivis, mais ensuite ils revinrent, et s'installèrent en ces lieux. C'était avant que le Soleil ne fût créé, que les Immortels avaient une première fois fondé cette cité; ils étaient partis de la Terre pour créer le Soleil avec les êtres divins, mais ensuite avaient voulu revenir. La Lune non plus n'avait pas encore été forgée, dans le bouclier blanc d'Alar.

Lorsque Cyrnos à son tour revint du ciel où il demeurait, les hommes de Noscl étaient déjà présents, et c'est près de leurs fontières qu'il édifia sa cité, devenant leur ami et prenant parmi eux femme, aujourd'hui en allée.

Or un envoyé du royaume céleste vint auprès des Maîtres de Noscl, et leur indiqua que l'heure était venue pour eux de quitter la Terre parce qu'ils n'avaient plus assez de force pour résister à ceux qu'on gem_artifact_by_mar_93-d7vwejn.jpgnomme les Ogres. Ceux-ci, guidés par mon oncle Ortrocos et pervertis et renforcés par l'atroce Mardon avaient désormais acquis suffisamment de vigueur pour assaillir et prendre la grande cité. Et elle abritait des trésors que ses fondateurs avaient amenés du royaume divin, et les dieux ne permettraient pas qu'ils fussent saisis par les Hordes Noires, car ils leur donneraient une puissance sans limites. C'est pour les garder, en vérité, que les pères de Noscl s'étaient rendus sur la Terre et avaient fondé leur cité: ils croyaient que les dieux voulaient s'en emparer, et ils étaient jaloux, ils les aimaient d'un amour démesuré.

Parmi eux se trouvaient des joyaux d'un prix immense, dans lesquels la lumière primordiale, venue des créateurs cosmiques, avait été placée. Si les Maufaés s'en étaient emparés, ils auraient pu créer un monde nouveau, taillé selon leurs vues - ou plutôt celles de Mardon, qui les guidait en sous-main, et qui étaient horribles: dans un royaume entièrement soumis à l'intelligence perfide de ce maître occulte, d'immenses robots vivants, d'énormes monstres mécaniques seraient devenus pareils aux dieux. Les hommes eussent été leurs esclaves, ou même leur eussent servis de nourriture. La Terre serait devenue un organisme entièrement autonome, et défiant à jamais les autres astres; jamais plus les hommes n'eussent pu évoluer normalement - devenir des êtres stellaires, comme c'est leur destin. Voulaient-ils être la cause de ce désastre? Eux-mêmes avaient-ils une place, dans ce projet?

Les Seigneurs de Noscl n'écoutèrent pas l'avertissement. Et les Ogres les attaquèrent, espérant s'emparer des joyaux. Vaillamment la gent de Noscl résista; mais elle reculait toujours plus - et l'ombre s'étendait, et absorbait sa lumière. Alors apparut celle que, toi, Solcum, Génie d'or, tu connus: la terrible Dicaliudh, l'ignoble Araignée! Elle tissa sa toile, et ouvrit des brèches fatales dans la muraille. Le carnage fut atroce. Et les dieux durent intervenir, et le fils d'Alar descendit des étoiles avec ses troupes, et il abattit Dicaliudh, la rejeta dans l'abîme, et rapporta dans la cité de Dordïn les gemmes étincelantes, où elles demeurèrent à l'abri des Maufaés. Ortrocos mon oncle s'enfuit, après que Cyrnos l'eut assailli à la demande de Teldur fils d'Alar; il le poursuivit, mais ne put le rattraper.

Ô lecteurs! ce récit épique commence à être long, pour aujourd'hui; il faudra attendre une prochaine fois sa suite, toujours faite par Captain Corsica: on apprendra comment Dévote Réparate-Brown s'est retrouvée seule et errante dans les ruines de la cité sainte.

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08/08/2015

Degolio LXVII: à la recherche de Noscl

Concept_Art_de_Udûn.jpgDans le dernier épisode de cette vibrante série, nous avons laissé nos trois héros (Captain Corsica, le Génie doré de Paris et le Cyborg d'argent) alors que, ayant résolu de partir à la recherche de Sainte Apsara kidnappée par les Ogres, ils venaient de recevoir un conseil de l'éternel Cyrnos: prendre garde à l'évident guet-apens.

- Tu parles sagement, ô mon père, répondit Captain Corsica. Je n'avais pas pleinement pris conscience que ce pût être un piège: je me disais que les Maufaés avaient pris la fuite en emportant Sainte Apsara, et qu'ils avaient eu trop peur d'être rattrapés et surpris par d'autres gardes du corps qu'elle eût eus - et peut-être est-ce le cas, peut-être n'ont-ils simplement pas eu le temps de tuer, d'achever Talcarède. Mais je me tiendrai sur mes gardes; car même en ce cas ils savent que je vais venir la chercher - et redhorndemon-sms-0908.jpgvoici, ils m'attendent de pied ferme, tendant déjà dans l'ombre leurs mains griffues vers moi, et préparant des guets-apens. J'essaierai d'agir ainsi que tu le dis, ô Cyrnos - quoi qu'il m'en coûte de pousser devant moi mes amis, comme si je fusse un pleutre. En vérité, le moment venu, je ne sais si ma fougue et ma rage m'autoriseront à temporiser! Mais il en sera comme les destins en ont décidé. Ne t'inquiète donc point: la volonté des dieux ne peut être contrée, et il n'en sera pas fait autrement que selon leur sagesse.

Et maintenant, mes amis, allons. Adieu, mon père.

Les trois héros, alors, saluèrent le roi de la Corse immortelle, puis, ayant reçu l'autorisation de s'en aller, sortirent de la grand-salle.

Après avoir vérifié leurs armes, ils s'élancèrent vers le vaisseau de Captain Corsica, et y montèrent. Sans tarder, celui-ci s'éleva dans les airs et prit la direction de l'ouest. Il descendit, ainsi, la vallée mystérieuse de Cyrnos, suivant le cours de la rivière argentée qui déroulait ses plis dans les prés landscapes nature forest valley fantasy art painted artwork drawings 2000x1400 wallpaper_www.wallpaperhi.com_7.jpgd'émeraude. Et puis, soudain, il tourna à droite, dans une autre vallée, où coulait une rivière aux flots moins purs avant de se joindre à la précédente.

Le Génie d'or alors demanda si Captain Corsica s'était souvent rendu en ces lieux indiqués à lui par Talcarède; car peut-être eût-il été utile que celui-ci leur montrât le chemin.

- En vérité, répondit le héros de la Corse libre, je connais parfaitement l'endroit. Je sais sur quelle tombe Sainte Apsara a prié, car c'est là que je la trouvai, jadis. Et pour que tu saches ce qui me lie à elle, je vais brièvement te raconter son histoire. Écoute, toi aussi, Cyborg, car il faut que tu connaisses les secrets de notre royaume.

Sachez que Sainte Apsara, appelée par les hommes Dévote Réparate-Brown, est née dans l'illustre cité de Noscl, sur la terre de Valdaresca, alors qu'elle était florissante, radieuse, belle, et qu'elle semblait taillée dans le quartz. Des gemmes rayonnantes ornaient ses portes et ses fenêtres - comme si elle avait su tirer le meilleur de la terre, en saisir les racines les plus profondes et les faire paraître au jour. 9c71dad66c414f1ce6960c06a7479dcf.jpgElle était si splendide que les hommes qui parvenaient à l'apercevoir la croyaient stuée parmi les étoiles; et ils prenaient ses cristaux pour des astres.

La forêt qui l'entourait était aimable, verdoyante, et ses arbres balançaient sur ses toits leurs branches souples et odorantes; et ils prolongeaient la ville en accueillant des familles vivant dans leur entrelacs comme dans des loges, des maisons de bois vivant. Noscl réalisait une forme de symbiose entre le minéral et le végétal: les deux s'y confondaient

Les arbres les plus fréquents y étaient des hêtres et des châtaigniers - et leurs fruits avaient en eux comme une lueur. Les anges fréquemment se promenaient parmi eux, admirant leur beauté - et parfois ils passaient les portes d'or de la cité de marbre.

Mais ce récit doit momentanément s'interrompre, la place manquant; et laisser pour la prochaine fois la révélation de la cité de Noscl, ses origines, sa fin, son destin!

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18/07/2015

Degolio LXVI: au secours de Sainte Apsara

10403594_1574376866179793_160177096558801158_n.jpgDans le dernier épisode de cette frémissante série, nous avons laissé le Génie d'or alors qu'il venait d'entendre Captain Corsica s'écrier qu'il allait partir chercher une certaine Sainte Apsara, enlevée par des Ogres.

- Ô Captain Corsica, vaillant fils de Cyrnos, dit alors le Génie d'or, laisse-moi t'accompagner; ainsi pourrai-je payer la dette que j'ai envers toi! Ainsi pourrai-je t'aider comme tu m'as aidé!

- En es-tu sûr, noble Solcum? répondit le héros de la Corse immortelle. Il s'agit de mon combat, et tu as tant à faire, à Paris, contre Fantômas!

- Comment aurais-je la force d'agir à Paris si je n'ai pas pu te seconder ici, ô ami? Ce n'est point me retarder, que de te suivre, mais me donner le courage d'accomplir mes futures missions. Si je ne venais point avec toi, j'en serais si marri que le cœur me manquerait, face à l'ennemi!

- Alors viens, fit le héros, fils de Cyrnos. Et toi, Cyborg d'argent, en es-tu aussi? Car je pourrais te contraindre à venir, mais je ne veux point le faire: je ne veux point exiger de toi ce devoir.

- Peux-tu en douter, noble fils de Cyrnos? s'exclama le Cyborg d'argent. Ce n'est pas pour moi une charge, mais une joie, de payer, comme Solcum, ma dette à ta lignée, et à toi. Je suis pressé de 11001939_753674721395210_5162667827839813824_n.jpgconnaître les ressources de ma nouvelle armure, mue non par les forces mécaniques, mais par les forces éthériques - mon armure vibrante de vie, étincelante, souple, irisée, tissée de rayons de lune. À la seule pensée que je vais affronter des Ogres, elle jette des feux bleus; car elle est avide de les assaillir, de les presser. Et mes bras aussi vibrent, à l'idée de les combattre! Allons, car j'ai hâte d'y être. Et prions pour que Sainte Apsara soit encore en vie.

- Mon père, dit alors Captain Corsica en se tournant vers Cyrnos; je demande la permission de quitter immédiatement ton palais pour poursuivre ces Ogres ignobles, et partir en quête de Sainte Apsara – ma chère Dévote Réparate-Brown.

Cyrnos, en réponse, eut ces paroles: Je t'y autorise, mon fils, et te presse de faire au mieux, dans cette aventure. Néanmoins, il faut que tu sois des plus prudents. J'espère qu'il ne t'a pas échappé qu'il s'agit là d'un piège. Car comment sinon expliquer qu'ils aient laissé Talcarède en vie? Il est peu probable qu'ils l'aient cru mort. Ils comptent sur ta venue, et pensent pouvoir rallumer la guerre avec nous. Ils désirent que tu sois leur première prise! Ils t'attendent de pied ferme. Ne va donc pas te jeter dans la gueule d'un dragon: car il y en aura un, crois-moi, à l'entrée de leur royaume!

Ce que j'espère est qu'ils n'aient pas prévu que tu serais accompagné du Génie d'or et du Cyborg d'argent, dont ils ne connaissent pas l'existence. Ils croient que tu viendras seul, ou secondé par des guerriers ordinaires. Donc appuie-toi, comme jamais, sur ces deux héros, sur ces deux amis, et fie-toi à leurs pouvoirs. Quoi qu'il en coûte à ta fierté, compte davantage sur eux que sur toi-même, car ils seront ceux qui te sauveront, et te permettront d'échapper aux ruses du Maufaé.

Et quant à vous, messieurs (dit-il en s'adressant aux deux amis de son fils), songez à ce que je viens de dire, et précédez mon fils à la bataille et dans les pièges: car ils seront faits pour lui, mais vous avez des pouvoirs spécifiques. Ouvrez-lui la voie, et il pourra vous secourir, après avoir déjoué les ruses de l'Ennemi. Sacrifiez-vous pour lui, s'il vous est cher. Et soutenez-le, si vous le voyez en péril.

Enfin, tous les trois, faites attention: car il se pourrait que derrière ce traquenard mon frère Ortrocos ait sa main. Et vous connaissez sa méchanceté, son infamie, son âcreté.

C'est sur ces paroles néanmoins que cet épisode doit s'achever. La prochaine fois, nous assisterons au départ des trois héros vers la forêt de Valdaresca.

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03/07/2015

Degolio LXV: l'enlèvement de l'Apsara

ruins_by_iidanmrak-d5wmt54.jpgDans le dernier épisode de cette épique série, nous avons laissé nos héros alors qu'un messager ensanglanté venait de leur annoncer qu'une personne nommée Sainte Apsara (ou Dévote Réparate-Brown) avait été enlevée par les Ogres de Valdaresca, et qu'il s'apprêtait à en narrer les circonstances.

- Voici, dit celui qui venait d'être nommé, et après avoir bu d'une eau qui ondoyait dans le gobelet d'argent que lui avait tendu Tilistal dès qu'il avait entendu les mots de son maître: nous étions, elle et moi, dans les ruines de la cité immémoriale de Noscl, où vous savez qu'elle aime à séjourner, parce qu'elles lui rappellent les temps heureux où elle y vivait avec ses parents. Hélas! la plaie de son cœur ne s'est pas refermée, et, une fois par mois, elle effectue un pèlerinage sur le tombeau de ses géniteurs. Elle y pose des fleurs, répand de l'eau lustrale – puis, tournant ses pensées, sa voix et ses paumes vers le séjour céleste, elle prie les dieux, qui ont accueilli l'âme des siens, de les traiter comme s'ils étaient leurs propres enfants.

Je me tenais en arrière, veillant comme d'habitude sur elle, scrutant les alentours, puisque ce lieu - nul ici ne l'ignore - reste infesté d'Ogres, le sang qu'ils ont répandu les y ramenant inlassablement. Ils se nourrissent, en effet, de cadavres, et s'efforcent d'absorber les mânes qui s'élèvent encore au ciel: retardataires, tourmentées et demeurant près de ce sol maudit dans l'espoir de revoir leurs proches, eprayer_by_furtivelungs.jpglles sont pour eux une proie facile. Plus liées qu'il ne faudrait à leur ancienne maison, c'est aussi, vous le savez, pour les soulager que Sainte Apsara se rend à Noscl. Par ses mots ailés, par le feu de ses suppliques, elle s'efforce de les délivrer de leurs chaînes terrestres et de les préserver des filets atroces des Ogres, qui les attrapent pour s'en repaître abominablement. Par ses charmes elle ouvre une porte dans la voûte céleste, et les étoiles leur apparaissent, et des êtres en viennent, qui leur tendent la main et les emmènent. Mais je crains que ce ne soit justement cette œuvre sublime que les Maufaés n'aient voulu détruire, en enlevant notre chère amie, notre svelte princesse.

- Tu vois sans doute juste, Talcamède! s'écria Captain Corsica. Mais comment est-ce précisément arrivé? Raconte-le-nous, je t'en prie!

- Soudain, reprit le messager funeste, alors que Sainte Apsara se tenait toujours agenouillée, ont surgi six Ogres armés, immenses et terribles. Trois démons plus petits les accompagnaient, ignobles Gnomes. Je poussai un cri, sortis mon épée, et me jetais au-devant d'eux, pour la défendre au péril de ma vie. Je tentai de blesser un des Ogres, mais deux Gnomes me saisirent par les pieds, et je m'affalai. Puis tous trois s'élancèrent, armés de gourdins, entreprenant de m'assommer.

La dernière chose que je vis, avant de sombrer dans l'inconscience, fut Sainte Apsara, qui, prévenue par mon cri, s'était retournée et commençait à sortir son épée brillante de son fourreau d'ivoire.

Quand je revins à moi, hélas! elle n'était plus là. Mais elle s'était bien défendue: elle avait fait mieux que moi. Car, sur les lieux de l'enlèvement, les restes d'un Gnome transpercé et d'un Ogre décapité demeuraient. Cependant, sa chemise soyeuse avait dû être déchirée, car il en restait, à terre, un morceau, teinté de sang. Je vous l'ai rapporté: le voici. Et il le montra.

- Par ma foi! rugit Captain Corsica en s'en saisissant; s'ils ont touché un cheveu de sa tête, ils le paieront cher. Car je m'en vais tout de suite la délivrer, et plonger dans leur repaire.

Sur ces paroles menaçantes du héros de la Corse libre, il faut arrêter cet épisode, et renvoyer la suite à la fois prochaine. On apprendra comment plusieurs héros partirent à la recherche de Sainte Apsara!

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