19/12/2015

Degolio LXXVI: la défaite du monstre aux tentacules

tumblr_inline_mg09b0rIZU1qd2r4f.jpgDans le dernier épisode de cette horrifique série, nous avons laissé nos trois héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils étaient entrés dans l'antre des Ogres et qu'ils avaient été assaillis conjointement par un ogre géant armé d'un marteau et un être tentaculaire caché au fond d'une faille dans la paroi rocheuse; nous avions arrêté notre récit au moment où le Génie d'or se baissant soudainement, le coup latéral de marteau qui lui avait été adressé avait fait un trou dans la roche.

La paroi et le sol tremblèrent, et le monstre dont la tête était invisible tressaillit. Captain Corsica put alors libérer son bras droit, pointer son fusil sur les ténèbres dont les tentacules surgissaient, et déclencher son feu cosmique. Vermeil, affiné comme un trait, il jaillit - et un hurlement immense se fit entendre, et toute la caverne vibra.

Mais ce hurlement était au moins autant de rage que de douleur; car le tentacule dont Captain Corsica s'était libéré reprit aussitôt son bras, et celui qui avait été lancé en avant se saisit à nouveau de son cou. Le tentacule percé, sanglant, s'approcha aussi et, quoique affaibli, entoura sa taille.

En bas de l'escalier, on entendait une rumeur, comme si des guerriers montaient, pour achever les deux héros. Dans l'obscurité, on voyait l'éclat froid de leurs armes, et il s'avançait. Le bruit se rapprochait. Qu'était devenu le Cyborg? La situation était désespérée.

Soudain, trois traits de lumière blanche, fins comme des lames, tranchèrent le tentacule qui tenait le bras gauche de Captain Corsica. Le Cyborg avait pu repousser ses ennemis venus d'en bas, après avoir repris ses esprits, et lancer une salvatrice attaque.

Il surgit du bas des escaliers, volant dans les airs, laissant derrière ses pieds une traîne d'étincelles blanches, et lançant de ses mains d'autres traits argentés vers les ténèbres d'en bas; et l'on entendait des cris, des exclamations de fureur, des hurlements.

L'Ogre immense cependant avait dégagé son marteau de la paroi où il s'était enfoncé, et s'apprêtait à l'abattre sur le Génie d'or, mais celui-ci, quoique couché, fut plus rapide: se remettant sur ses pieds plus vite que la lumière, il bondit et frappa du bout de son bâton - celui portant la gemme - le visage du géant caché par un heaume; et celui-ci se rompit, et le sang jaillit du nez et des yeux du monstre - qui s'abattit, le visage brisé. Une gerbe d'étincelles avait jailli, quand la gemme l'avait touché. Son âme s'enfonçait à présent dans les ténèbres.

Captain Corsica, cette fois, fit partir de son anneau à l'effigie de sainte Julie un rayon bleu; mais il ne commit pas la même erreur que précédemment: il tira non sur l'endroit où il supposait être la tête de la créature, img_3612.jpgmais sur le tentacule qui tenait son bras droit, afin de se libérer. Il fut tranché, et un flot de sang bouillonna. Il saisit alors son luisant stylet, et l'enfonça dans le tentacule qui le tenait au cou. L'étreinte se desserra. Le héros aspira l'air, qui commençait à lui manquer.

Le Cyborg d'argent, n'écoutant que son courage, se jeta sur les tentacules à l'entrée de la faille, où il pénétra également. Captain Corsica et le Génie d'or en furent horrifiés: leur disciple était trop téméraire, comme s'il eût voulu mourir pour la cause qu'il servait! Mais n'était-il pas plus utile vivant, et pouvant résister aux attaques de l'Ennemi avec toute sa raison, et sa prudence? Captain Corsica cria: Non! Reviens! Cyborg!

Et Solcum s'élança. Il plaça son bâton devant le Cyborg, le rejeta en arrière et s'engagea dans la faille à sa place. Il voyait désormais, dans l'obscurité, les yeux terribles du monstres, remplis d'une cruauté affreuse; les tentacules se jetèrent sur lui, mais il était prêt: il se dématérialisa, et l'être immonde ne saisit que de la brume.

Hélas, sa cape, qui le protégeait des forces ondoyantes de l'abîme et l'empêchait de subir les assauts de la Terre périssable, ne se réduisait pas en fumée aussi vite: elle se chargeait des scories de ce bas monde, et, ainsi s'alourdissant, mettait plus de temps à passer dans le royaume occulte. Un tentacule, en se détendant, fouetta l'air jusqu'à elle et la saisit en son extrême bout. L'étreinte était faible, mais elle suffit à le faire revenir dans l'espace physique à l'endroit même où il avait pensé le quitter. Car elle faisait partie de lui: elle était comme une peau, un élément de sa nature manifestée, aussi étrange que cela paraisse.

Cet épisode commence néanmoins à être long, et la suite devra être remise à une autre fois: nous verrons alors se terminer ce dur combat.

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29/11/2015

Degolio LXXV: dans l'antre des Ogres

ellison_cave_mini.jpgDans le dernier épisode de cette terrible série, nous avons laissé nos trois héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils s'apprêtaient à descendre l'escalier fatidique menant au royaume des Ogres; Captain Corsica venait juste d'exiger de passer le premier, pour ne laisser personne être blessé à sa place.

Solcum tourna la tête vers lui, et sembla comprendre. Il le laissa passer. Le Génie d'or ensuite regarda le Cyborg d'argent, et lui demanda de marcher devant lui, entre les deux, afin qu'il pût surveiller leurs arrières et voir de loin ce qui pouvait se tramer: car avec son bras en moins, le Cyborg était maintenant sûr d'être le plus faible des trois. Celui-ci acquiesça, et descendit les marches à la suite de Captain Corsica, déjà descendu.

Dans l'escalier, des torches éclairaient de loin en loin, placées dans des têtes de dragon gravées dans l'or. Les trois héros ne pouvaient douter qu'ils étaient attendus; et ils sentaient qu'on les observait. Dans les ténèbres des rochers, ils distinguaient parfois des lueurs, qui aussitôt disparaissaient.

Ils descendirent ainsi de nombreuses marches, presque étonnés que le repaire des Maufaés fût si profondément enfoui. L'escalier était tout droit, et une paroi rocheuse l'enserrait de chaque côté. Mais bientôt, le plafond s'éleva, et sur la gauche, le rocher s'arrêta, laissant le bord des marches dans le vide. La roche, d'abord, en pente douce, tombait de plus en plus vite dans un gouffre où les trois héros ne distinguaient rien, malgré leurs yeux semi-divins.

Soudain, à leur droite, d'une faille dans le rocher, surgit un tentacule, qui agrippa Captain Corsica, et le saisit au bras, l'attirant vers la faille; un autre tentacule surgit, et le saisit au cou, et encore un autre lui saisit l'autre bras, le privant de toute possibilité de mouvement. Le Cyborg d'argent voulut bondir à son secours, back_pipe_2_1.jpgmais un marteau énorme se fit voir, brandi depuis la faille; et une main le maniait, et l'abattit sur le Cyborg, qui s'en trouva assommé, et envoyé au bas des marches, qu'il dévala. Le Génie d'or vit qu'un Ogre puissant et massif secondait le monstre aux tentacules pour lui permettre de saisir Captain Corsica sans être gêné par ceux qui voudraient l'empêcher. S'arrachant à la faille, il apparut, vêtu d'une armure épaisse, et d'une taille qui dépassait celle du Génie d'or.

Mais, sans attendre, celui-ci se changea en sa fumée bleue ordinaire, et l'Ogre, lorsqu'il voulut abattre sur lui son marteau, ne rencontra que le vent. Il reprit sa forme solide derrière le guerrier géant, et, de l'extrémité inférieure de son bâton munie d'une pointe d'argent, il lui frappa le dos, lui causant une douleur formidable; car il brisa sa cuirasse et fendit sa peau, pourtant dure comme de l'écorce de chêne, et un sang noir coula. Tenant toujours son bâton arraché à la plaie du monstre, le Génie d'or se retourna et fit jaillir, de l'émeraude qui l'ornait, un rayon fin et vert, trait de feu concentré à l'extrême, qui troua le tentacule qui tenait le héros corse au cou. Le souffle libéré, Captain Corsica put s'arc-bouter sur la paroi rocheuse et empêcher le monstre de l'attirer plus avant dans la faille.

Le Génie d'or voulut envoyer un autre trait de sa gemme luisante, mais l'Ogre derrière lui avait tourné sur lui-même, malgré sa blessure sanglante, et, du revers de son lourd marteau, il le frappa. Le coup ne fut pas porté avec une force énorme, car le géant avait fait au plus vite et son élan était faible; mais il suffit à jeter violemment le Génie d'or sur la paroi rocheuse.

Captain Corsica perdait du terrain: le monstre caché de nouveau étirait un tentacule vers son cou, et il avait le plus grand mal à l'empêcher de le saisir, et ne parvenait pas à se libérer les bras.

Déjà l'Ogre, son équilibre repris, se précipitait vers le Génie d'or pour lui asséner un autre coup, plus décisif. Et Solcum, encore étourdi, n'avait point la force de se concentrer pour se changer en brume bleue. Il évita, en se couchant, un coup latéral du marteau, qui fit un trou profond dans la roche.

Mais cet épisode commence à être long; il faudra, pour la suite de ce terrible combat, attendre une autre fois. Il ne fera que s'amplifier, croyez-le bien.

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17/11/2015

Degolio LXXIV: un sang lunaire coulait dans ses veines

Weeping-woman.jpgDans le dernier épisode de cette horrifique série, nous avons assisté à la victoire de nos trois héros (le Génie d'or, Captain Corsica, le Cyborg d'argent) sur les hideux dragons qui gardaient la porte de l'antre des Ogres ainsi que sur leurs progénitures. Une restait vivante et au moment où le Génie d'or s'apprêtait à l'achever, il fut arrêté par ce qu'il aperçut au fond de ses yeux étranges.

Dans un abîme, il crut voir des formes de femmes luisantes - mais torturées, hurlantes, terrifiées -, et il sut de quoi étaient nées ces bêtes ailées; il en ressentit du dégoût, et de la peine - de la peur, lui-même. Ce que voyant, le monstre plissa les yeux, et une flamme sombre s'y plaça, et de son aile gauche, aux bords coupants, il tenta, par un coup, de trancher l'armure du Génie. Mais celui-ci l'avait deviné; et, avant que la bête ne pût achever son mouvement, il abaissa brutalement son bâton et la transperça, lui défonçant la poitrine.

Elle sursauta, violemment trembla, puis vomit un sang noir, fumant, et acide. Le héros se jeta en arrière, évitant le flot et ses gouttes; mais l'une d'entre elles atteignit sa cuirasse, qui se mit à fumer, et fondre. Il plaça aussitôt la gemme de son bâton au trou créé: l'œuvre de malfaisance s'arrêta, et l'armure ne subit point d'autre dommage. Mais en vérité, le liquide avait pénétré jusqu'à la chair, et Captain Corsica ne fut pas from-deadpool-to-moon-knight-these-superheroes-need-a-tv-show-434925.jpgsurpris de voir couler un sang blanc, qui étonna bien davantage le Cyborg d'argent; il regarda ce ruissellement semblable à du lait, mais luisant, et ne put en détacher de longtemps ses yeux.

Captain Corsica s'en aperçut, et lui dit: La Lune semble avoir imprégné le corps de notre ami de sa lumière; ou bien dans ses veines circule-t-il le sang de cet astre? Et il sourit, en regardant le Génie d'or. Celui-ci ne répondit rien; son visage, sous son heaume, demeura impénétrable. Mais ses yeux étaient orientés vers ceux de Captain Corsica. Dans sa plaie était un éclat de neige, mais Solcum la recouvrit de sa cape, en la ramenant sur son flanc.

Pendant ce temps, l'âme de la créature s'était enfoncée en gémissant dans les ténèbres, rejoignant l'abîme dont elle était issue.

De son œil qui perçait le voile des mondes, le Génie d'or la vit. Puis elle disparut: même ses yeux magiques ne purent plus la distinguer. Si profond était le gouffre des âmes perdues!

Dieux, s'écria le Cyborg d'argent, quelles bêtes infectes!

- Oui, répondit Captain Corsica, elles sont véritablement immondes; on les appelle Ternifels, et elles sont nées d'une union illicite entre des géants de l'abîme et des filles de Noscl, capturées et violées, asservies pour donner le jour à une nouvelle race de guerriers. C'est un des plus grands crimes d'Ortrocos et de ses sbires.

- Il en est d'autres, cependant, fit le Génie d'or de sa voix étrange, comme venant de très loin; et pour éviter que Sainte Apsara ne subisse le même sort, courons à son secours.

Aussitôt qu'il eut dit ces mots, il se dirigea vers l'escalier plongeant dans l'obscur gouffre. Et Captain Corsica le suivit, et l'arrêta: Cette fois, dit-il, c'est à moi d'y aller en premier; on ne marchera pas devant moi dans cette quête, quel que soit le danger.

Ce qu'il en advint ne pourra vous être dit, hélas, qu'une autre fois, cet épisode commençant à être long. On connaîtra alors de toute façon l'intérieur de l'escalier souterrain, et qui le peuple.

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31/10/2015

Degolio LXXIII: la bataille des monstres aux ailes de peau

forest_dragon_by_gerezon-d63yn2w.jpgDans le dernier épisode de cette farouche série, nous avons laissé nos trois héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils combattaient trois dragons sortis d'un escalier souterrain, creusé en pleine campagne, et que d'un dragon tué par le Génie d'or était sorti un un être bizarre, muni d'ailes de chauves-souris et d'une queue pareille à un fouet.

Captain Corsica, ayant sorti son poignard, l'enfonça dans le cou du troisième monstre; il le coupa en deux, et, de la même façon, un monstre nouveau, gluant et ailé, se montra. Mais le héros ne lui lança pas le temps d'agir: il lui enfonça le poignard dans le cœur. La créature infecte hurla, car en sus de la plaie, la lame bénie la tourmentait comme un affreux poison: elle étincelait, en sentant l'âme du monstre entrer en elle; mais lui, corrompu et pervers, en souffrait atrocement.

Ses prières ne lui servirent de rien: il fut bientôt plongé dans la mort.

Le Cyborg d'argent, de son bras droit, avait lancé des rayons jaunes sur le monstre déjà blessé par Captain Corsica; il en fut mortellement atteint, mais dans la flamme qui s'était créée sur son corps, le troisième être gluant et ailé sortit, et se jeta sur le Cyborg, qui n'eut pas le temps de riposter. Or sa force était terrible: et il l'avait saisi au cou, et s'employait à l'étrangler; le Cyborg s'efforçait de desserrer son étreinte, mais il n'y parvenait pas.

Pendant ce temps, le Génie d'or luttait contre l'autre monstre ailé, qui s'était élancé au-dessus de lui et lui avait saisi le bras de sa queue; et d'en haut il lui donnait des coups de pied, qui faisaient chanceler le héros. De nouveau, comme avec l'araignée géante, il ne parvenait pas à se dématérialiser: dès qu'un Maufaé le saisissait, un sort, apparemment, pesait sur lui, qui l'en empêchait.

Il lança son bâton vers la bête, mais il la manqua, car, vive comme l'éclair, elle s'était écartée. Le bâton revint dans les mains du Génie, mais il vit alors dans quelle mauvaise posture était le Cyborg d'argent; et, oubliant les coups qu'il recevait et qui le meurtrissaient, il lança son arme vers le monstre qui étranglait son ami, et le bout orné d'une gemme, heurtant sa poitrine, lui fit lâcher prise: si grand était son pouvoir!

Aussitôt le Cyborg d'argent se retourna et put lancer son poing vers la bête, qui en fut presque décapitée; car étonnamment, si sa vigueur était immense, les parties de son corps qui joignaient les efe626e7e74b7014ddf0388967c1b3ed.jpgmembres les uns aux autres n'étaient pas très dures, ni très solides; elles n'avaient pas eu le temps de prendre de la corne, n'ayant été que récemment formées. Le cou, sous la violence du choc, s'était distendu, et rompu; et la bête regarda le Cyborg de ses yeux pleins de malice et de fureur, mais il réitéra ses assauts, et de ses doigts sortirent de nouveaux rayons jaunes, meurtriers, lumière condensée à l'extrême, et le monstre en fut plusieurs fois transpercé, et il tomba mort.

Captain Corsica, de son côté, avait bondi sur le monstre qui attaquait le Génie d'or, et de son fusil, s'en servant comme d'un gourdin, il lui rompit les vertèbres. Le Génie d'or se tourna, et fit jaillir de son bâton, qui lui était à nouveau revenu, un trait de lumière verte: l'aile droite du monstre fut tranchée, se détacha du corps; il tomba, heurtant violemment la terre.

Solcum se précipita et, recevant son bâton dans la main droite, qu'il tenait en arrière, il s'apprêta à l'abattre sur lui, et à l'achever. Mais lorsqu'il vit ses yeux, il s'arrêta; car il lui sembla voir une immense tristesse au fond de ce regard étrange - ainsi qu'un effroi sans nom. Il hésitait, et le scrutait.

Mais cet épisode a atteint sa longueur règlementaire; et la prochaine fois nous saurons pourquoi le Génie d'or hésitait, et ce qu'il fit ensuite! Les héros pénètreront en outre dans l'antre des Ogres, commençant à descendre le fatidique escalier.

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21/10/2015

Degolio LXXII: la fureur des dragons

001.jpgDans le dernier épisode de cette insigne série, nous avons laissé nos héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils s'apprêtaient à ouvrir la porte du royaume des Ogres, pour y sauver Sainte Apsara enlevée par les Maufaés. Captain Corsica avait tendu le bras vers le loquet, mais le Cyborg d'argent l'en avait empêché, désirant prévenir un piège. Et le héros de la Corse immortelle avait, malgré lui, obtempéré.

Bien lui en prit. Car aussitôt qu'elle fut ouverte, du feu jaillit, et le Cyborg d'argent eut à peine le temps de se protéger de son bras; or, malgré le vivant métal qui le recouvrait, sous le jet, ce bras fondit. Le Cyborg en ressentit de la douleur; car quoi qu'il s'agît d'un membre reconstruit, Tilistal y avait mis de l'éther, qu'il avait lié à son âme.

Il s'agissait de son bras gauche; mais la plaie ne saigna pas. Il ne perdit point trop d'énergie: un éclair fusa de son bras détruit, comme si de la vie s'en échappait, et des étincelles bondirent de l'endroit où il 25185d0ad15d1fd85a6abb517c8f09d3.jpgavait été rompu; mais cela cessa bientôt, et, après avoir senti comme la vie s'écouler de son épaule et avoir mis un genou à terre, ressentant comme une faiblesse, il put se relever. Or, il retrouva rapidement sa vigueur habituelle, par la grâce de l'armure qui lui avait été donnée.

À coup sûr, pensait-il, s'il survivait à cette aventure, Tilistal referait son bras; et si tel n'était pas le cas, il lui en restait un autre, et il était prêt à perdre l'ensemble de son corps pour le service de Captain Corsica et du bien sur Terre!

Pendant que le Cyborg d'argent ainsi songeait, Captain Corsica ne perdit pas de temps; car, épaulant son fusil, il en tira une décharge vermeille qui fut comme une lance, et qui transperça la porte - et aussitôt le feu s'arrêta, et on entendit un hideux grognement: car de l'autre côté était une créature, dont le feu venait.

Le Génie d'or se précipita, pensant achever la bête, mais il eut à peine le temps de se dématérialiser quand un nouveau jet de feu fut lancé: et il passa à travers lui et ne lui fit point de mal.

Trois monstres, en effet, se tenaient au seuil: reptiles effroyables, à tête vaguement humaine, et aux yeux jaunes remplis de malice. Étrangement, ils avaient comme des cheveux, mais qui étaient plutôt des tentacules, ou des vipères, car de minuscules yeux et bouches semblaient se montrer à leurs extrémités.

De la gueule énorme des monstres, le feu jaillissait par traits. Ils avaient par ailleurs des mouvements de cobras, bondissant et se tendant aussi vite que l'éclair. Ainsi, une eau qu'on a accumulée par un barrage, lorsqu'elle trouve une ouverture dans l'amas des pierres amoncelées, s'élance et bondit, semblant défier avec rage et colère les mains qui ont prétendu la contenir. À présent que la porte qu'ils devaient garder était ouverte, les trois dragons, assoiffés de meurtre, s'élançaient, espérant anéantir en un bref assaut leurs trois ennemis.

L'un d'eux toutefois avait été mortellement blessé par le tir de Captain Corsica, et il se tordait à droite de l'ouverture - tandis que de sa plaie du sang noir s'écoulait. Les deux autres se précipitèrent RoD_KeyArt.jpgau-dehors, s'appuyant sur les marches de pierre qu'on apercevait derrière la porte et qui descendaient vers des ténèbres où rien n'était distinct.

Ternifels! s'écria Captain Corsica; car il avait reconnu ces êtres, nés du viol de filles de Noscl par des Géants infâmes, vivant dans les profondeurs. Le Génie d'or se matérialisa à nouveau à leur gauche, de l'autre côté, et abattit sur le crâne du second son sceptre cosmique. Le monstre n'eut point le temps de l'éviter: de la tête défoncée la cervelle jaillit, puante et noire. Mais le corps bougeait encore, et une purulente bave s'écoulait de sa bouche - infectant le sol, consumant l'herbe, ruinant les fleurs. Le Génie d'or lui asséna un second coup, à la base du crâne, et la tête fut séparée du reste; un jet de sang brûlant s'élança, et les héros comprirent qu'ils n'étaient pas au bout de leurs peines, quand ils virent dans le tronc étêté un être gluant, qui soudain sortit et déploya des ailes de peau, s'apprêtant à les assaillir. Il avait une queue longue qui, une fois déroulée, claquait dans l'air.

Ce qu'il en advint ne pourra néanmoins être précisé qu'une fois prochaine. Alors la terrible bataille continuera d'être racontée!

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03/10/2015

Degolio LXXI: la porte des Ogres

Anemone_nemorosa-me.JPGDans le dernier épisode de cette exemplaire série, nous avons laissé nos héros (Captain Corsica, le Génie d'or, le Cyborg d'argent) alors qu'ils venaient de se transporter au-dessus des ruines de Noscl dans le vaisseau spatial de Captain Corsica; et celui-ci avait montré ses ruines, interrompant son discours.

Le Génie d'or regarda alors, et aussi le Cyborg d'argent. Une clairière, dans l'épaisse forêt, laissait passer l'éclat d'une rivière d'argent, et montrait des buttes de gazon pleines de fleurs, qui étaient les tombeaux des hommes de Noscl. C'est là, non loin de la rivière, sur la berge de sable clair, que Captain Corsica se posa.

Le vaisseau spatial toucha le sol sans bruit, et les trois héros, lorsqu'ils en sortirent, n'en firent pas davantage. Captain Corsica en tête, ils s'approchèrent de la tombe des parents de Sainte Apsara, Teledin et Salited.

Là, ils virent des anémones et de l'herbe écrasées, et des traces de sang. Certaines étaient rouge vif: elles venaient des veines de Talcarède, et brillaient encore, car telle est la vertu du sang des Immortels; et d'autres étaient noires et gluantes, et venaient des Ogres.

Des arbustes avaient des branches rompues; derrière l'un d'eux, dégageant une puanteur affreuse, un Ogre mort était étendu. Une plaie béait dans son torse, et l'on voyait son cœur noir; et les vers le ahriman steiner beeld.JPGdévoraient déjà, comme si dès son vivant son corps eût été pourri. Les membres n'étaient déjà plus liés les uns aux autres qu'à peine; et lorsque le Cyborg d'argent voulut lui arracher un long poignard qu'il tenait en main, celle-ci vint sans le bras, et celui-ci se détacha à demi de l'épaule. L'arme, sale, noire, hideuse, barbelée, fut rejetée par le Cyborg, qui vit sur la lame l'éclat glauque du poison.

D'autres taches de sang noir ponctuaient un chemin qui s'en allait vers le nord; parfois elles cessaient, mais d'autres traces d'un passage existaient: branches cassées, herbe piétinée, empreintes de pieds et de bottes. Les trois hommes les suivirent, et parvinrent à un rocher moussu, que surmontaient des halliers. Les traces y menaient, puis disparaissaient.

Captain Corsica connaissait les mœurs et le mode de vie, la manière dont se logeaient les Ogres; et il annonça qu'il fallait, dans ce rocher, chercher une porte.

Ils la cherchèrent, mais tout semblait normal; les pans de rocher ne bougeaient pas, et semblaient naturellement joints. Si camouflage il y avait, il était parfait.

Captain Corsica assura qu'il venait d'un sortilège qui en créait l'illusion. Alors le Génie d'or lui demanda de s'écarter, car il allait éclairer le lieu de sa lumière de vérité. Et il leva son bâton, et le cristal serti dans l'argent de son extrémité se mit à luire; il prononçait, d'une voix basse, sourde, des paroles étranges, dans la langue de son peuple; et cela ressemblait à une formule, à un charme.

La lumière verte s'accrut, et comme le Génie l'approcha du rocher, elle fit disparaître le prestige; les trois hommes purent voir ce qu'il en était: sur la droite du rocher, la forme d'une porte apparut, avec le loquet. Il était simplement en bronze. La porte était d'acier dépoli. Captain Corsica s'avança pour placer sa main sur le loquet, mais le Cyborg d'argent s'interposa, lui demandant de se souvenir de ce que lui avait dit son père; le héros de la Corse libre hésita, puis le laissa ouvrir la porte à sa place.

Nous ne saurons ce qu'il en advint qu'une fois prochaine: nous découvrirons quels étaient les horribles gardiens de la porte.

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19/09/2015

Degolio LXX: l'apprivoisement de la nymphe

r169_457x257_18567_Clouds_2d_sci_fi_spaceship_clouds_landscape_mountains_picture_image_digital_art.jpgDans le dernier épisode de cette ésotérique série, nous avons laissé Captain Corsica, le Génie d'or et le Cyborg d'argent alors qu'ils se dirigeaient vers les ruines de Noscl dans le vaisseau spatial du premier, et que celui-ci racontait comment il avait retrouvé Sainte Apsara après qu'elle avait eu erré durant des siècles dans la forêt perdue de Valdaresca. Il continua ainsi son récit:

Combien d'années avait-elle dû, cette nymphe, hanter la forêt de Valdaresca sans vieillir, devenant sa mystérieuse déesse? Je ne puis les compter. J'avais peine à croire qu'elle n'eût pas disparu, qu'elle ne se fût pas dissipée, avec le temps, dans l'air limpide - qu'elle ne fût pas devenue un spectre, comme l'étaient devenus tant d'hommes de Noscl qui avaient échappé à la ruine de leur cité: car après avoir erré sur Terre, ils s'étaient vidés de leur substance et dreaming-nymph.jpegétaient devenus de légères vapeurs - gémissant de ne pouvoir plus rien saisir.

Par quel miracle avait-elle résisté? Se pouvait-il que la forêt de Valdaresca contînt encore sa force de jadis, quelque éclat venu des gemmes fabuleuses?

Longtemps je la poursuivis, scrutant les traces de ses pieds nus, qui pourtant ne faisaient qu'effleurer la terre. Mais ils laissaient derrière eux une fine lueur, errant par les herbes. Et un jour, je la surpris, endormie au bord d'une fontaine. En me voyant, les deux biches qui étaient couchées à ses côtés se levèrent et s'enfuirent; mais comme elle était lasse, elle ne se réveilla pas. Je m'approchai, et pus constater qu'elle était demeurée jeune et belle, comme au temps du grand désastre. Et à son cou, merveille des merveilles! un joyau brillait: une des cinq gemmes perdues de Noscl! Teldur n'en avait rapporté que quatre, dans le royaume céleste; une avait été laissée, égarée, et voici! je la retrouvai au cou de la fille de Teledïn.

Je fus ébloui; et je restai coi, pétrifié, épouvanté. Un secret venait de m'être révélé. Sainte Apsara avait reçu ce joyau en héritage, et durant plusieurs éons l'avait porté. Il l'avait conservée des vents de la terre périssable, l'empêchant de se dissoudre dans l'air, de se dématérialiser.

Elle s'éveilla; et comme elle me voyait parfaitement immobile, l'œil grand ouvert sur son brillant cristal, agenouillé près d'elle comme stupéfait, elle ne bougea pas; ne se sauva pas. Elle avança sa main, et me toucha; puis me caressa la joue, comme pour se demander si j'étais un homme ou une bête, ou bien quelque statue nouvellement posée sur cette berge. Je la regardai, elle retira sa main; mais je tendis la mienne, et elle y mit la sienne, après avoir hésité. Dans ses yeux d'obscurs souvenirs semblaient remonter à la surface.

Soudain, elle se leva, et se fondit dans l'air. Elle devint un souffle: car elle avait cette faculté. Et je dus la saisir de mes charmes, et commander aux vents de ne point la laisser passer. Elle se retourna vers moi, et m'envoya des bourrasques pareilles à des massues; et je me protégeai d'un bouclier magique, que je forgeai.

Et puis je me souvins, je me rappelai les récits qu'on m'avait faits, et je prononçai son nom; alors elle s'arrêta. Et reprenant sa forme humaine elle chut sans connaissance, comme submergée par l'émotion, Achilles-224x300.jpget par les souvenirs ramenés par ce mot qu'elle n'avait plus entendu depuis des siècles et par lequel ses parents l'avaient nommée. Je la pris dans mes bras, et la menai auprès de Cyrnos.

Celui-ci la reconnut, la fit installer dans une chambre et chargea plusieurs demoiselles de veiller sur elle. Et peu à peu, avec les semaines, les mois, elle retrouva sa pleine conscience. Elle me remercia. Mais elle demeurait triste et solitaire, demeurant souvent seule dans les jardins du roi. Et le reste du temps, elle refusait de voir d'autres personnes que ses plus proches amies, les demoiselles qui s'étaient occupées d'elle. Moi-même je ne pouvais la voir que brièvement, et parce qu'elle se faisait un devoir de m'être reconnaissante.

Et voilà ce que je sais d'elle, et comment je peux me diriger sans souci vers les ruines de Noscl, et même vers la tombe de ses parents, où plusieurs fois j'eus l'honneur de l'escorter. Car plus tard, nous nous rapprochâmes, quand elle vint inopinément me sauver des griffes du terrible Lestrygon.

Mais le récit doit en être remis à plus tard, mes amis; car voyez! nous arrivons.

Ainsi prend fin le discours de Captain Corsica; et la prochaine fois, nous aurons le plaisir d'accompagner nos héros parmi les ruines de Noscl, à la recherche de Sainte Apsara.

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05/09/2015

Degolio LXIX: une lueur parmi les ruines

81c17cedfd042305f509d24fc9d913ca.jpgDans le dernier épisode de cette cosmique série, nous en avons appris davantage sur la ruine de la fabuleuse cité de Noscl, mise à bas par les Ogres infects; et Captain Corsica dans l'épisode d'aujourd'hui continuera son récit, fait pour le Génie d'or parisien et le Cyborg d'argent, gardien de Bonifacio. Rappelons que les hommes de la cité radieuse avaient refusé d'émigrer vers le royaume du ciel, comme l'avaient demandé les dieux. Captain Corsica donc poursuit son discours:

Les quelques survivants de Noscl s'amendèrent, et furent emportés dans la cité de Dordïn, qu'on nomme Astalcur. Mais voici! les parents de Sainte Apsara avaient été tués sous ses yeux par l'Ogre abominable Estraled, et elle avait été saisie de terreur, et s'était enfuie. On ne la retrouva pas de longtemps, et on la crut perdue - tuée ou emmenée dans l'abîme par les Ogres qui étaient parvenus à fuir de devant la face de Teldur dont mille éclairs fusaient, sa colère ayant l'allure d'une tempête.

Or, beaucoup plus tard, alors que je chassais parmi les ruines de Noscl et dans la forêt de Valdaresca dont la lumière s'était éteinte, et qui était réduite désormais à un chaos d'arbres hideux, pâle descendance des véritables châtaigniers et hêtres anciens, j'eus une vision étrange: une jeune fille nue, aux yeux hagards, l'air folle, errait parmi les ombres, pareille à un animal sauvage; et elle avait pour compagnons des oiseaux et des biches. Je ne le savais pas, mais j'avais retrouvé celle qu'on nomme Sainte Apsara - et qui eut jadis un autre nom, que je vous cacherai.

La chute de Noscl est advenue il y de formidables éons, avant même ma naissance: alors, Cyrnos était jeune, et je n'étais qu'un rêve. Mais si mon père est vivant depuis de nombreux millénaires, sache que la longévité des hommes de Noscl était plus grande encore. Leur corps se régénerait à l'infini, et la Terre n'avait point de prise sur eux, notamment grâce aux gemmes rapportées d'Astalcur, et qui avaient été la cause du désastre. Ils étaient immortels, certes; mais aussi pareils à des dieux.

Ils eussent pu vivre dans le Ciel, mais ils n'y avaient pas eu un corps solide et puissant comme sur la Terre: car ils se revêtaient de ses éléments, et acquéraient une force plus grande. C'est précisément pour cette raison qu'ils s'y étaient installés, n'avaient pas voulu s'en couper. Ils aimaient la sensation de tumblr_moy2hrS8kd1rtviq3o1_1280.jpgvivre dans un corps pleinement solide. Ils craignaient, s'ils partaient, de se dissoudre dans la lumière, et de n'y avoir plus de force; d'y perdre leur corps fait d'éther et né de la Terre à une époque fabuleuse, qui la voyait se confondre avec plusieurs astres – en particulier celui qu'on nomme planète Mercure. En restant, ils étaient certains de demeurer maîtres d'une terre, d'un règne.

Bien sûr ces êtres ressemblaient beaucoup aux hommes de Cyrnos: tu l'as compris. Mais ils étaient plus nobles encore, et étaient pour nous ce qu'étaient les dieux pour eux, ou ce que nous sommes pour les mortels. Et leurs nefs parcouraient les étoiles majestueusement, et les hommes de la Terre les vénéraient comme des êtres célestes. Ils commandaient aux éléments, et créaient des êtres vivants; ils connaissaient les secrets de la médecine, et d'eux pouvaient venir et la vie, et la mort.

Mais il était dit que la Terre serait réservée à ses derniers nés.

Or, j'essayai de me saisir de Sainte Apsara; mais elle me fuyait, et me regardait comme l'eût fait une biche effarouchée. Cependant sa beauté m'apparut; je fus stupéfait. Et mon cœur, je dois dire, fut saisi d'amour. Mais je n'en pris conscience que plus tard.

C'est sur ces mots tendres, ô lecteurs, que nous mettons fin à cet épisode. La prochaine fois, nous apprendrons comment Captain Corsica parvint à dompter cette divinité agreste, cette immortelle de la forêt perdue. Ne manquez cela sous aucun prétexte!

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24/08/2015

Degolio LXVIII: le destin de la cité sainte

Tirion.jpgDans le dernier épisode de cette légendaire série, nous avons laissé Captain Corsica alors que, remontant en pensée le temps, il racontait à ses deux amis, le Cyborg d'argent et le Génie d'or, ce qui concernait la mystérieuse cité de Noscl. Il poursuivit en des termes assez grandioses.

On dit qu'elle s'étendait à l'infini - qu'elle s'étirait sans solution de continuité jusqu'aux astres et que ses fondations se confondaient avec l'éternité. Vrai est-il qu'elle fut contemporaine des dieux, du temps où ils vivaient sur Terre, où ils n'avaient pas émigré ailleurs. Or les fondateurs de Noscl les avaient d'abord suivis, mais ensuite ils revinrent, et s'installèrent en ces lieux. C'était avant que le Soleil ne fût créé, que les Immortels avaient une première fois fondé cette cité; ils étaient partis de la Terre pour créer le Soleil avec les êtres divins, mais ensuite avaient voulu revenir. La Lune non plus n'avait pas encore été forgée, dans le bouclier blanc d'Alar.

Lorsque Cyrnos à son tour revint du ciel où il demeurait, les hommes de Noscl étaient déjà présents, et c'est près de leurs fontières qu'il édifia sa cité, devenant leur ami et prenant parmi eux femme, aujourd'hui en allée.

Or un envoyé du royaume céleste vint auprès des Maîtres de Noscl, et leur indiqua que l'heure était venue pour eux de quitter la Terre parce qu'ils n'avaient plus assez de force pour résister à ceux qu'on gem_artifact_by_mar_93-d7vwejn.jpgnomme les Ogres. Ceux-ci, guidés par mon oncle Ortrocos et pervertis et renforcés par l'atroce Mardon avaient désormais acquis suffisamment de vigueur pour assaillir et prendre la grande cité. Et elle abritait des trésors que ses fondateurs avaient amenés du royaume divin, et les dieux ne permettraient pas qu'ils fussent saisis par les Hordes Noires, car ils leur donneraient une puissance sans limites. C'est pour les garder, en vérité, que les pères de Noscl s'étaient rendus sur la Terre et avaient fondé leur cité: ils croyaient que les dieux voulaient s'en emparer, et ils étaient jaloux, ils les aimaient d'un amour démesuré.

Parmi eux se trouvaient des joyaux d'un prix immense, dans lesquels la lumière primordiale, venue des créateurs cosmiques, avait été placée. Si les Maufaés s'en étaient emparés, ils auraient pu créer un monde nouveau, taillé selon leurs vues - ou plutôt celles de Mardon, qui les guidait en sous-main, et qui étaient horribles: dans un royaume entièrement soumis à l'intelligence perfide de ce maître occulte, d'immenses robots vivants, d'énormes monstres mécaniques seraient devenus pareils aux dieux. Les hommes eussent été leurs esclaves, ou même leur eussent servis de nourriture. La Terre serait devenue un organisme entièrement autonome, et défiant à jamais les autres astres; jamais plus les hommes n'eussent pu évoluer normalement - devenir des êtres stellaires, comme c'est leur destin. Voulaient-ils être la cause de ce désastre? Eux-mêmes avaient-ils une place, dans ce projet?

Les Seigneurs de Noscl n'écoutèrent pas l'avertissement. Et les Ogres les attaquèrent, espérant s'emparer des joyaux. Vaillamment la gent de Noscl résista; mais elle reculait toujours plus - et l'ombre s'étendait, et absorbait sa lumière. Alors apparut celle que, toi, Solcum, Génie d'or, tu connus: la terrible Dicaliudh, l'ignoble Araignée! Elle tissa sa toile, et ouvrit des brèches fatales dans la muraille. Le carnage fut atroce. Et les dieux durent intervenir, et le fils d'Alar descendit des étoiles avec ses troupes, et il abattit Dicaliudh, la rejeta dans l'abîme, et rapporta dans la cité de Dordïn les gemmes étincelantes, où elles demeurèrent à l'abri des Maufaés. Ortrocos mon oncle s'enfuit, après que Cyrnos l'eut assailli à la demande de Teldur fils d'Alar; il le poursuivit, mais ne put le rattraper.

Ô lecteurs! ce récit épique commence à être long, pour aujourd'hui; il faudra attendre une prochaine fois sa suite, toujours faite par Captain Corsica: on apprendra comment Dévote Réparate-Brown s'est retrouvée seule et errante dans les ruines de la cité sainte.

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08/08/2015

Degolio LXVII: à la recherche de Noscl

Concept_Art_de_Udûn.jpgDans le dernier épisode de cette vibrante série, nous avons laissé nos trois héros (Captain Corsica, le Génie doré de Paris et le Cyborg d'argent) alors que, ayant résolu de partir à la recherche de Sainte Apsara kidnappée par les Ogres, ils venaient de recevoir un conseil de l'éternel Cyrnos: prendre garde à l'évident guet-apens.

- Tu parles sagement, ô mon père, répondit Captain Corsica. Je n'avais pas pleinement pris conscience que ce pût être un piège: je me disais que les Maufaés avaient pris la fuite en emportant Sainte Apsara, et qu'ils avaient eu trop peur d'être rattrapés et surpris par d'autres gardes du corps qu'elle eût eus - et peut-être est-ce le cas, peut-être n'ont-ils simplement pas eu le temps de tuer, d'achever Talcarède. Mais je me tiendrai sur mes gardes; car même en ce cas ils savent que je vais venir la chercher - et redhorndemon-sms-0908.jpgvoici, ils m'attendent de pied ferme, tendant déjà dans l'ombre leurs mains griffues vers moi, et préparant des guets-apens. J'essaierai d'agir ainsi que tu le dis, ô Cyrnos - quoi qu'il m'en coûte de pousser devant moi mes amis, comme si je fusse un pleutre. En vérité, le moment venu, je ne sais si ma fougue et ma rage m'autoriseront à temporiser! Mais il en sera comme les destins en ont décidé. Ne t'inquiète donc point: la volonté des dieux ne peut être contrée, et il n'en sera pas fait autrement que selon leur sagesse.

Et maintenant, mes amis, allons. Adieu, mon père.

Les trois héros, alors, saluèrent le roi de la Corse immortelle, puis, ayant reçu l'autorisation de s'en aller, sortirent de la grand-salle.

Après avoir vérifié leurs armes, ils s'élancèrent vers le vaisseau de Captain Corsica, et y montèrent. Sans tarder, celui-ci s'éleva dans les airs et prit la direction de l'ouest. Il descendit, ainsi, la vallée mystérieuse de Cyrnos, suivant le cours de la rivière argentée qui déroulait ses plis dans les prés landscapes nature forest valley fantasy art painted artwork drawings 2000x1400 wallpaper_www.wallpaperhi.com_7.jpgd'émeraude. Et puis, soudain, il tourna à droite, dans une autre vallée, où coulait une rivière aux flots moins purs avant de se joindre à la précédente.

Le Génie d'or alors demanda si Captain Corsica s'était souvent rendu en ces lieux indiqués à lui par Talcarède; car peut-être eût-il été utile que celui-ci leur montrât le chemin.

- En vérité, répondit le héros de la Corse libre, je connais parfaitement l'endroit. Je sais sur quelle tombe Sainte Apsara a prié, car c'est là que je la trouvai, jadis. Et pour que tu saches ce qui me lie à elle, je vais brièvement te raconter son histoire. Écoute, toi aussi, Cyborg, car il faut que tu connaisses les secrets de notre royaume.

Sachez que Sainte Apsara, appelée par les hommes Dévote Réparate-Brown, est née dans l'illustre cité de Noscl, sur la terre de Valdaresca, alors qu'elle était florissante, radieuse, belle, et qu'elle semblait taillée dans le quartz. Des gemmes rayonnantes ornaient ses portes et ses fenêtres - comme si elle avait su tirer le meilleur de la terre, en saisir les racines les plus profondes et les faire paraître au jour. 9c71dad66c414f1ce6960c06a7479dcf.jpgElle était si splendide que les hommes qui parvenaient à l'apercevoir la croyaient stuée parmi les étoiles; et ils prenaient ses cristaux pour des astres.

La forêt qui l'entourait était aimable, verdoyante, et ses arbres balançaient sur ses toits leurs branches souples et odorantes; et ils prolongeaient la ville en accueillant des familles vivant dans leur entrelacs comme dans des loges, des maisons de bois vivant. Noscl réalisait une forme de symbiose entre le minéral et le végétal: les deux s'y confondaient

Les arbres les plus fréquents y étaient des hêtres et des châtaigniers - et leurs fruits avaient en eux comme une lueur. Les anges fréquemment se promenaient parmi eux, admirant leur beauté - et parfois ils passaient les portes d'or de la cité de marbre.

Mais ce récit doit momentanément s'interrompre, la place manquant; et laisser pour la prochaine fois la révélation de la cité de Noscl, ses origines, sa fin, son destin!

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18/07/2015

Degolio LXVI: au secours de Sainte Apsara

10403594_1574376866179793_160177096558801158_n.jpgDans le dernier épisode de cette frémissante série, nous avons laissé le Génie d'or alors qu'il venait d'entendre Captain Corsica s'écrier qu'il allait partir chercher une certaine Sainte Apsara, enlevée par des Ogres.

- Ô Captain Corsica, vaillant fils de Cyrnos, dit alors le Génie d'or, laisse-moi t'accompagner; ainsi pourrai-je payer la dette que j'ai envers toi! Ainsi pourrai-je t'aider comme tu m'as aidé!

- En es-tu sûr, noble Solcum? répondit le héros de la Corse immortelle. Il s'agit de mon combat, et tu as tant à faire, à Paris, contre Fantômas!

- Comment aurais-je la force d'agir à Paris si je n'ai pas pu te seconder ici, ô ami? Ce n'est point me retarder, que de te suivre, mais me donner le courage d'accomplir mes futures missions. Si je ne venais point avec toi, j'en serais si marri que le cœur me manquerait, face à l'ennemi!

- Alors viens, fit le héros, fils de Cyrnos. Et toi, Cyborg d'argent, en es-tu aussi? Car je pourrais te contraindre à venir, mais je ne veux point le faire: je ne veux point exiger de toi ce devoir.

- Peux-tu en douter, noble fils de Cyrnos? s'exclama le Cyborg d'argent. Ce n'est pas pour moi une charge, mais une joie, de payer, comme Solcum, ma dette à ta lignée, et à toi. Je suis pressé de 11001939_753674721395210_5162667827839813824_n.jpgconnaître les ressources de ma nouvelle armure, mue non par les forces mécaniques, mais par les forces éthériques - mon armure vibrante de vie, étincelante, souple, irisée, tissée de rayons de lune. À la seule pensée que je vais affronter des Ogres, elle jette des feux bleus; car elle est avide de les assaillir, de les presser. Et mes bras aussi vibrent, à l'idée de les combattre! Allons, car j'ai hâte d'y être. Et prions pour que Sainte Apsara soit encore en vie.

- Mon père, dit alors Captain Corsica en se tournant vers Cyrnos; je demande la permission de quitter immédiatement ton palais pour poursuivre ces Ogres ignobles, et partir en quête de Sainte Apsara – ma chère Dévote Réparate-Brown.

Cyrnos, en réponse, eut ces paroles: Je t'y autorise, mon fils, et te presse de faire au mieux, dans cette aventure. Néanmoins, il faut que tu sois des plus prudents. J'espère qu'il ne t'a pas échappé qu'il s'agit là d'un piège. Car comment sinon expliquer qu'ils aient laissé Talcarède en vie? Il est peu probable qu'ils l'aient cru mort. Ils comptent sur ta venue, et pensent pouvoir rallumer la guerre avec nous. Ils désirent que tu sois leur première prise! Ils t'attendent de pied ferme. Ne va donc pas te jeter dans la gueule d'un dragon: car il y en aura un, crois-moi, à l'entrée de leur royaume!

Ce que j'espère est qu'ils n'aient pas prévu que tu serais accompagné du Génie d'or et du Cyborg d'argent, dont ils ne connaissent pas l'existence. Ils croient que tu viendras seul, ou secondé par des guerriers ordinaires. Donc appuie-toi, comme jamais, sur ces deux héros, sur ces deux amis, et fie-toi à leurs pouvoirs. Quoi qu'il en coûte à ta fierté, compte davantage sur eux que sur toi-même, car ils seront ceux qui te sauveront, et te permettront d'échapper aux ruses du Maufaé.

Et quant à vous, messieurs (dit-il en s'adressant aux deux amis de son fils), songez à ce que je viens de dire, et précédez mon fils à la bataille et dans les pièges: car ils seront faits pour lui, mais vous avez des pouvoirs spécifiques. Ouvrez-lui la voie, et il pourra vous secourir, après avoir déjoué les ruses de l'Ennemi. Sacrifiez-vous pour lui, s'il vous est cher. Et soutenez-le, si vous le voyez en péril.

Enfin, tous les trois, faites attention: car il se pourrait que derrière ce traquenard mon frère Ortrocos ait sa main. Et vous connaissez sa méchanceté, son infamie, son âcreté.

C'est sur ces paroles néanmoins que cet épisode doit s'achever. La prochaine fois, nous assisterons au départ des trois héros vers la forêt de Valdaresca.

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03/07/2015

Degolio LXV: l'enlèvement de l'Apsara

ruins_by_iidanmrak-d5wmt54.jpgDans le dernier épisode de cette épique série, nous avons laissé nos héros alors qu'un messager ensanglanté venait de leur annoncer qu'une personne nommée Sainte Apsara (ou Dévote Réparate-Brown) avait été enlevée par les Ogres de Valdaresca, et qu'il s'apprêtait à en narrer les circonstances.

- Voici, dit celui qui venait d'être nommé, et après avoir bu d'une eau qui ondoyait dans le gobelet d'argent que lui avait tendu Tilistal dès qu'il avait entendu les mots de son maître: nous étions, elle et moi, dans les ruines de la cité immémoriale de Noscl, où vous savez qu'elle aime à séjourner, parce qu'elles lui rappellent les temps heureux où elle y vivait avec ses parents. Hélas! la plaie de son cœur ne s'est pas refermée, et, une fois par mois, elle effectue un pèlerinage sur le tombeau de ses géniteurs. Elle y pose des fleurs, répand de l'eau lustrale – puis, tournant ses pensées, sa voix et ses paumes vers le séjour céleste, elle prie les dieux, qui ont accueilli l'âme des siens, de les traiter comme s'ils étaient leurs propres enfants.

Je me tenais en arrière, veillant comme d'habitude sur elle, scrutant les alentours, puisque ce lieu - nul ici ne l'ignore - reste infesté d'Ogres, le sang qu'ils ont répandu les y ramenant inlassablement. Ils se nourrissent, en effet, de cadavres, et s'efforcent d'absorber les mânes qui s'élèvent encore au ciel: retardataires, tourmentées et demeurant près de ce sol maudit dans l'espoir de revoir leurs proches, eprayer_by_furtivelungs.jpglles sont pour eux une proie facile. Plus liées qu'il ne faudrait à leur ancienne maison, c'est aussi, vous le savez, pour les soulager que Sainte Apsara se rend à Noscl. Par ses mots ailés, par le feu de ses suppliques, elle s'efforce de les délivrer de leurs chaînes terrestres et de les préserver des filets atroces des Ogres, qui les attrapent pour s'en repaître abominablement. Par ses charmes elle ouvre une porte dans la voûte céleste, et les étoiles leur apparaissent, et des êtres en viennent, qui leur tendent la main et les emmènent. Mais je crains que ce ne soit justement cette œuvre sublime que les Maufaés n'aient voulu détruire, en enlevant notre chère amie, notre svelte princesse.

- Tu vois sans doute juste, Talcamède! s'écria Captain Corsica. Mais comment est-ce précisément arrivé? Raconte-le-nous, je t'en prie!

- Soudain, reprit le messager funeste, alors que Sainte Apsara se tenait toujours agenouillée, ont surgi six Ogres armés, immenses et terribles. Trois démons plus petits les accompagnaient, ignobles Gnomes. Je poussai un cri, sortis mon épée, et me jetais au-devant d'eux, pour la défendre au péril de ma vie. Je tentai de blesser un des Ogres, mais deux Gnomes me saisirent par les pieds, et je m'affalai. Puis tous trois s'élancèrent, armés de gourdins, entreprenant de m'assommer.

La dernière chose que je vis, avant de sombrer dans l'inconscience, fut Sainte Apsara, qui, prévenue par mon cri, s'était retournée et commençait à sortir son épée brillante de son fourreau d'ivoire.

Quand je revins à moi, hélas! elle n'était plus là. Mais elle s'était bien défendue: elle avait fait mieux que moi. Car, sur les lieux de l'enlèvement, les restes d'un Gnome transpercé et d'un Ogre décapité demeuraient. Cependant, sa chemise soyeuse avait dû être déchirée, car il en restait, à terre, un morceau, teinté de sang. Je vous l'ai rapporté: le voici. Et il le montra.

- Par ma foi! rugit Captain Corsica en s'en saisissant; s'ils ont touché un cheveu de sa tête, ils le paieront cher. Car je m'en vais tout de suite la délivrer, et plonger dans leur repaire.

Sur ces paroles menaçantes du héros de la Corse libre, il faut arrêter cet épisode, et renvoyer la suite à la fois prochaine. On apprendra comment plusieurs héros partirent à la recherche de Sainte Apsara!

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21/06/2015

Degolio LXIV: la fin du récit du Cyborg d'argent

styka_lestrygons.jpgDans le dernier épisode de cette mystifiante série, nous avons laissé le Cyborg d'argent alors qu'il venait de raconter à ses amis comment il avait été lié à un esprit céleste par le biais d'une gemme magique ornant son front; et nous avons fini l'épisode par la demande instante du Génie doré de Paris: ce nouveau héros serait-il, à son tour, préposé à la garde d'une cité?

- Oui, répondit le Cyborg d'argent; car depuis que Captain Corsica a détruit le Lestrygon, sa base de Bonifacio est restée vide. Or, elle pourrait être occupée par un de ses adeptes – un de ceux auxquels il a appris la magie noire. Sous une enveloppe d'homme, il pourrait faire revivre son horrible tyrannie – et ramener son esprit à la surface de la Terre. Afin de l'éviter, je me suis vu confier la clef de son repaire secret: j'en suis le gardien. Il s'étend sous la ville, derrière la falaise qu'on voit depuis la mer. Toute la cité des Lestrygons y est contenue.

Dans les premiers temps du monde, ils furent des êtres bons, venus des étoiles, et ils bâtirent de belles et puissantes choses. Mais ils sont peu à peu devenus mauvais. Un jour, l'un de leurs princes se lia à l'Abîme, parce que, craignant les hommes qui se multipliaient, ils voulaient acquérir le pouvoir de les abattre; et il chercha à provoquer une guerre avec ceux-ci, mais comme le roi du temps ne le permettait pas, il le fit assassiner, prit sa place, et lança sa guerre. Il asservissait les mortels qu'il pouvait trouver, et les élevait pour les dévorer, ou satisfaire tous ses désirs, même les plus infâmes. La légende se répandit, alors, de ces Lestrygons anthropophages.

Parmi les hommes, néanmoins, un héros se dressa, né d'une nymphe de la mer. Il rassembla autour de lui les mortels qui avaient du courage et refusaient l'asservissement, et il parvint, aidé de sa mère et thetis2_west.jpgdes immortels des ondes, à chasser les Lestrygons, et à les confiner dans leur cité maudite: grâce aux charmes que lui avait appris sa famille, il tissa une barrière infranchissable n'ayant qu'une seule entrée, dont il possédait la clef. Ses enchantements rendirent le seuil de cette cité pareil, pour les mauvais géants, à un feu destructeur, et ils restèrent sous la falaise ainsi que dans une prison, ou une tombe: car ils étaient désormais comme morts.

Par dessus, ce héros, fils de la Nymphe, érigea une cité, que l'on connaît sous le nom de Bonifacio. Il ordonna aux prêtres de conserver close la trappe qui menait à la partie maudite, à la ville des monstres, et une église fut bâtie dessus. De cette sorte, le génie de la cité sous la forme du saint protecteur, en gardait l'entrée, et interdisait aux hommes de l'emprunter.

Mais les mortels devinrent négligents, cessèrent de sacrifier à ce génie, qui vint moins souvent, fut moins présent; et la porte fut rouverte, ainsi que je l'ai dit. Et Captain Corsica dut intervenir, et rejeter plus loin encore les Lestrygons – les précipiter dans l'Orc.

Mais à présent, son père souhaiterait, si lui-même est d'accord, me confier la garde de la cité maudite, et la transformer, en faire une base pour le bien, et un château pour moi, un repaire d'où je pourrais mener mes actions salvatrices pour l'humanité. Il voudrait en quelque sorte faire de moi le nouveau génie de Bonifacio, et c'est pourquoi l'ancien s'est placé dans cette gemme que vous voyez à mon front et s'est uni à moi. Je relaie son action, si l'on peut dire.

- Je comprends, dit le Génie d'or. Noble est désormais ta tâche! Et je...

Il fut soudain interrompu. Un homme armé venait d'entrer bruyamment, forçant la porte, couvert deWounded_Samurai.jpgsang, haletant, et se précipitant sur les cinq amis. Il s'écria: Sainte Apsara, Dévote Réparate-Brown, elle... elle...

- Eh bien, quoi? fit Captain Corsica en se dressant.

- Capturée... par... les Orci – les Ogres de Valdaresca! dit l'homme – et sa voix s'entendait à peine, car le souffle lui manquait.

- Dieux! s'écria Captain Corsica.

- Par mon père cosmique, comment cela est-il arrivé? parle, ô Talcamède, dit Cyrnos. Bois seulement un peu d'eau de la fontaine sacrée, et tu seras remis, et prêt à tout nous raconter.

C'est sur ces paroles néanmoins que doit s'achever cet épisode, qui promet de nouvelles directions pour ce récit, et la remise en mouvement de nos héros! La prochaine fois, sera évoquée la cité perdue de Valdaresca.

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07/06/2015

Degolio LXIII: le mystère de la gemme blanche

cybo.jpgDans le précédent épisode de cette faramineuse série, nous avons laissé le Cyborg d'argent alors qu'il venait de révéler comment il avait pris le chemin du bien et quitté celui du mal, et qu'il mettait en garde le Génie doré de Paris contre Fantômas parce qu'il s'apprêtait à attaquer Paris. Il poursuivit en disant:

Mais voilà, quoi qu'il en soit, mon histoire et ce qui pouvait en être révélé, mes chers amis. Puissiez-vous me pardonner le mal que j’ai fait à la Corse et au monde - et Dieu puisse pardonner à mes camarades, qu’en vérité je connaissais à peine, et que vous avez dû tuer - puisse-t-il accueillir leur âme en son sein, et qu’ils aient le chance de se racheter, car ils ont été trompés comme moi.

Oh, si vous saviez! J’ai terrorisé le peuple de Provence, de Ligurie, de Toscane - commettant des crimes, dévastant des maisons, poursuivant des gens de ma vindicte, simplement parce qu'ils refusaient de se soumettre à Fantômas. Mais j’agissais comme en rêve, à la façon d'un automate - un autre que big_thumb_b1a9f5a14a206ebfb3e5c2f4b362da67.jpgmoi gouvernait mes membres. Je veux réparer mes fautes en devenant le gardien de la Corse, en aidant Captain Corsica, afin que le mal n’y pénètre plus. Puisse cela se faire avant ma mort!

Captain Corsica alors s’exprima: Tu me parais rempli de belles intentions, Cyborg! N’aie crainte, car Cyrnos a dit la vérité, quand il a déclaré que le jugement des dieux n’était point sans mansuétude. Et puis faut-il regarder au profit que de ses actions on peut tirer? Une fois qu’on a vu la clarté qui est dans le bien, on est heureux d’y tendre, et d'y vivre, de s'y mouvoir, ainsi que dans un bain; et on se moque de ce qui doit advenir.

- Il est vrai, ô Captain Corsica, répondit le Cyborg d’argent. Il serait tellement orgueilleux de s'en vouloir parce que je n'ai pas été autre que ce que j'ai été! Parce que je n'ai pas été un héros, un saint, mais un homme faible et lâche, je devrais m'indigner? Mais est-ce que je vaux mieux que ce que j'ai pu faire? À présent je sens près de moi cette clarté dont tu parles. Je la vois, même! Car par mes bonnes Mind_Gem_from_Avengers_Vol_5_29.jpgrésolutions, elle s'est rapprochée - et il me semble pouvoir la toucher, et y puiser le feu dont j'ai besoin. Un être y vit, qui m'aime, et me donne des forces. J'en verse de nouvelles larmes, mais de joie, de bonheur.

À ce moment, les héros aperçurent, sur le front du Cyborg d'argent, une gemme blanche. Elle jetait un puissant éclat. Comme Captain Corsica s'en étonnait, Cyrnos dit: Voyez ici l'esprit qui a été lié au Cyborg d'argent pour le délivrer de l'emprise de Fantômas et lui donner une nouvelle puissance! Il s'entend nommer, et il s'éveille. Il vient de la sphère céleste, et fut désigné pour garder, par le corps du Cyborg d'argent, Bonifacio et toute la Corse - et même un jour le monde. Son pouvoir est grand - et lorsque vous verrez un rayon blanc jaillir de cette pierre, c'est qu'un monstre aura décidé de se dresser contre le bien, et qu'il faudra l'abattre. Le Cyborg devra alors se mouvoir.

- Un noble miracle! fit le Génie doré de Paris. Et ce haut esprit, sans doute, je le connais; j'ai dû le croiser, au sein de l'Infini. Lui et moi appartenons à la même race. Mais qu'est-ce à dire? Le Cyborg d'argent sera donc le protecteur spécial d'une cité, lui aussi?

C'est sur cette question, chers lecteurs, que cet épisode doit finir. La prochaine fois, ce sera la conclusion du récit du Cyborg! Et il sera de nouveau question des Lestrygons d'Homère.

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24/05/2015

Degolio LXII: la rédemption du Cyborg d'argent

sepik.jpgDans le dernier épisode de cette sidérante série, nous avons laissé nos héros alors que Captain Corsica demandait au Cyborg d'argent s'il lui était possible de révéler aux autres comment il s'était sorti des ténèbres intérieures dans lesquelles l'avait plongé l'effroyable Fantômas. Et voici ce qu'il répondit:

- Je puis le tenter, ô fils vaillant de l'éternel Cyrnos; car lorsque je me réveillai - après que, ayant été amené ici, je me fus évanoui sous l'action magique de Tilistal - je fus encore pris de terreur. Ce noble médecin et le roi ton père tentèrent de me parler, mais j'eus si peur, au son de leurs voix, que je sombrai à nouveau dans l'inconscience. Or, j'y fis comme des rêves. Je voyais des formes hideuses, dans un feu affreux; et, chose horrible à dire, d'elles venaient l'écho des paroles de Tilistal et Cyrnos: mais il résonnait en moi à la façon de cris d'animaux. Je me voyais déjà dévoré, ne sachant plus où j'étais. Je me pensais dans quelque jungle. Le désespoir s'empara de moi.

Dans ma nuit profonde, je vis un éclair doré; il venait de la couronne que portait un être beau. Il me ressemblait, mais embelli, idéalisé. Il tendit le bras vers moi, et j'eus peur; mais l'autre bras, il le tendit derrière lui, cherchant à me montrer quelque chose. Et je revis les formes terribles que j'avais vues en rêve. Mais l'être beau cligna des yeux, et, voici! la scène changea: elles étaient maintenant deux url.jpg48.jpghommes élégants et princiers. L'un était assis sur un trône, et l'autre était debout, mais plus bas que lui - comme au bas d'un escalier. Une intense lumière les ceignait, et je ne distinguais pas leurs visages. L'être beau cligna des yeux une nouvelle fois, et je me réveillai; or, devant moi se tenait, grand et majestueux, Cyrnos - et à côté de lui, comme vous vous en doutez, Tilistal. Et soudain je compris. Je sus quelle avait été ma folie. Depuis, je suis sorti des ténèbres, et puis distinguer mes véritables amis de mes véritables ennemis. Grâces en soient rendues aux puissants êtres du ciel!

- Comme cela est réjouissant à entendre, Cyborg d'argent! dit alors le Génie doré de Paris. Car nous doutions, Captain Corsica et moi, que tu pusses jamais guérir; le poids de tes crimes était si grand! Et finalement cela est arrivé assez vite.

- Je me réjouis que tu t'en réjouisses, ô Solcum, répondit le Cyborg d'argent. Car quant à toi, je le pressens, de dures épreuves t'attendent. Ce sera ton rôle, désormais, de combattre seul Fantômas, sa goule, son armée! Et quand j'y songe, je me souviens du temps que j'ai passé avec eux - et je te dis: fais attention! prends garde! Grande est leur force. Ne sont-ils pas soutenus par des seigneurs anciens de l'Abîme, de l'Orc? Et seul contre eux seras-tu, car je crois savoir que Captain Corsica ne pourra point te suivre dans la capitale de la France - où tu as ton château, ton repaire secret.

Il est temps néanmoins de laisser là ce récit, ô lecteurs. La prochaine fois, nous prendrons connaissance du mystère de la gemme blanche - celle qui contenait une âme céleste!

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16/05/2015

Degolio LXI: le souvenir du Lestrygon

11045285_792040717558610_4366178139726690291_n.jpgDans le dernier épisode de cette impressionnante série, nous avons appris, par le récit du Cyborg d'argent au Génie doré de Paris et à ses amis, que Fantômas avait créé une abominable secte en Corse. Et alors que, frappé par le désespoir qu'exprimait le malheureux homme-machine, Cyrnos lui demandait de continuer à raconter les choses:

- Je le veux bien, répondit le Cyborg d'argent en pleurant. Et donc, j'ajouterai que les membres de sa secte, qui en recrutaient partout d'autres - et en particulier, évidemment, dans les villes environnantes -, étaient des fanatiques vivant en autarcie dans les montagnes et défiant les autorités légales. C'est à cette époque que, sur les indications de Fantômas, quelques-uns d'entre eux réveillèrent le Lestrygon: le sortirent de sa tombe, prison éternelle où il demeurait à demi vivant; et je sais que Captain Corsica eut maille à partir avec lui, et qu'après des déboires terribles il finit par le vaincre. Fantômas ne voulut pas s'en mêler, mais il était content de détourner l'attention par ce géant venu du fond des âges; pendant ce temps, lui pouvait agir librement, et tranquillement!

- Il est donc à l'origine de ce fléau! interrompit Captain Corsica.

- Oui, répondit le Cyborg d'argent. Et pendant que tu le combattais, mon ancien maître, en compagnie de celle que je croyais avoir aimée, la Grande Chasseresse, se sont rendus à Paris, nous laissant, mes compagnons et moi, dans l'obscurité de sa base corse. Il revenait quand il voulait diriger certaines opérations, et c'est ainsi qu'il fut trouvé dans l'Alta Rocca par le Génie d'or. Mais à Paris, où il est reparti, il fomente un immense complot, une énorme révolution – créant, dans les profondeurs cachées, une base plus vaste que celle de Corse, et remplie de machines plus puissantes, de robots fastueux, de cyborgs ultimes, de géants d'acier!

- Hélas, cela est venu déjà à ma connaissance, fit le Génie de Paris; je l'ai vu en vision: quand j'ai scruté son regard infâme, cela m'est apparu. Cependant j'avoue ne pas en connaître tous les détails.

- Ô écoute, mon ami! Il a une science dont on ne dira jamais assez l'incroyable étendue. Guidé par les 10991380_753948844701131_2717299074396185964_n.jpgpuissants esprits de l'Abîme avec lesquels il s'est allié, il puise au feu souterrain qu'il s'emploie à dominer depuis plus d'un millénaire - se liant à l'électricité et au magnétisme, qui déjà n'ont plus guère de secrets pour lui, mais aussi aux forces de l'atome, dont on entend depuis quelques années parler - et qui sont plus mystérieuses encore, plus obscures. De grandes œuvres en sortiront, et l'on croira assister à une nouvelle ère, on pensera changer d'époque - et beaucoup d'hommes seront séduits, et il sera difficile de les combattre. Pour moi du reste cela restera impossible, car je suis à présent comme mis à demeure sur cette noble île de Corse; c'est comme la peine que je subis, et que j'accepte: je mérite tellement davantage, comme châtiment! J’ai été fou; j'ai été un misérable. Mais Tilistal et Cyrnos m’ont ouvert les yeux, m’ont montré l’univers tel qu’il était - le réel dans sa plénitude.

Captain Corsica alors demanda: Mais comment est-ce arrivé? Car la dernière fois que nous t'avons vu, Solcum et moi, tu étais comme pris de panique; tu semblais avoir perdu toute ta raison. Un tel changement s'est opéré en toi qu'on peut bien l'appeler un miracle. Te serait-il possible de nous en livrer le fond caché?

Mais il faudra attendre quelque temps avant de connaître la réaction du Cyborg d'argent; la prochaine fois, nous découvrirons les étranges expériences intérieures que le Cyborg d'argent effectua durant sa convalescence.

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06/05/2015

Degolio LX: la secte de Fantômas

url.jpgDans le dernier épisode de cette métaphysique série, nous avons laissé le Cyborg d'argent alors qu'il racontait à ses nouveaux amis (Captain Corsica, Solcum le Sage, Tilistal, Cyrnos) comment sa bien-aimée, retrouvée sur un champ de bataille, lui avait montré sa duplicité et l'avait trahi affreusement. Il dit alors:

Cependant vint la fin de la guerre. Fantômas décida de mettre en relatif sommeil sa base corse; il ne s'en servirait, dorénavant, que pour imposer à l'île une sourde terreur.

Car il faisait régner, autour de sa base, l'épouvante, enlevant les promeneurs qui auraient pu la découvrir, et les jetant du haut des airs, ce qui fait qu'ils mouraient atrocement. On s'étonnait de ces morts, car on retrouvait les corps au sommet des montagnes: quels avions avaient pu les expulser de leur carlingue? Et comment y étaient-ils montés, eux qu'on avait vu partir à pied la veille pour ces mêmes montagnes? Le mystère était profond, et le peuple inquiet murmurait, évoquant d'antiques sorcières, des esprits des vents, de la brume. Fantômas, de fait, apparaissait ou nous faisait apparaître, aux villageois, dans les orages - que du reste il provoquait: car il avait ce pouvoir. Il commandait aux éléments. Or étions-nous pris pour les ogres abominables des légendes. Parfois les cadavres des égarés ne donnaient pas seulement le sentiment d'avoir été jetés d'en haut, mais d'avoir été aussi Agent-of-Coulson-Alive-Theory-Vision.jpgdépecés, torturés, dévorés; car notre maître, hélas! s'adonnait sur eux à d'horribles expériences - à d'infâmes essais, assouvissant par ce moyen son désir de connaissance occulte, en même temps qu'il se donnait le plaisir d'asservir le peuple par l'horreur qu'il inspirait.

Il leur faisait dire, par ses adeptes - hommes qu'il avait laissé pénétrer dans son sanctuaire et instruits, voyant en eux des proies faciles, des âmes crédules -, qu'on lui devait des offrandes: en argent, en femmes, en hommes, en enfants; et ainsi autour de lui se créa une véritable secte. Il en cristallisa le rituel par le culte d'une statue que mystérieusement il animait, et qu'il faisait passer pour un être des étoiles. Il en disait l'exacte représentation, voire le corps figé et conservé par delà les éons: un jour, affirmait-il, il se réveillerait, et récompenserait les bons qui l'adoraient, et punirait les mauvais qui le méprisaient. Il assurait qu'il était de ceux qui avaient civilisé l'être humain à l'aube des temps, le sortant de la nuit ténébreuse de l'animalité. Il le faisait parfois parler, délivrer des oracles – annonciateurs aussi de son réveil final. Car alors ses yeux s'allumaient d'un vague éclat, ses lèvres remuaient, et des paroles obscures sortaient de sa bouche, que ses premiers adeptes étaient chargés de traduire à la foule.

En vérité, un démon s'y trouvait, qui faisait ces miracles! Fantômas le connaissait: il l'avait rencontré au cours de ses pérégrinations dans l'Abîme, et il était son ami, voire tel pour lui qu'un frère. Tous deux, dans le puits situé sous le faux temple bâti pour abriter la statue, riaient de l'humaine sottise; et ils étaient si intimement liés qu'on les confondait parfois – on disait que Fantômas amenait ce démon avec lui à l'air libre, comme le médecin dont j'ai parlé portait l'esprit de Fantômas dans l'hôpital où il travaillait, et la ville où il vivait. Oh! quand je songe à ces horreurs, auxquelles je fus mêlé, un désespoir immense me vient; comment puis-je être pardonné d'avoir commis tant d'atrocités, d'avoir participé à des actions aussi abjectes? Dieux!

- Ô Cyborg d'argent! lui dit alors Cyrnos. Ta douleur est poignante, et je verse aussi des larmes; car je ne sais, moi-même, si tant de crimes peuvent être aisément pardonnés. Mais il serait criminel de mettre fin à tes jours; le mieux que tu puisses faire est de tourner tes actions vers le bien et garder espoir en la mansuétude divine. Et en attendant, poursuis ton récit, car il nous apprend mille choses passionnantes sur Fantômas et son abominable action.

Mais il est pour nous temps, justement, de laisser là ce récit, ô lecteurs!

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18/04/2015

Degolio LIX: la trahison de l'aimée

b84952a698bacb5407ac56900597ef55.jpgDans le dernier épisode de cette éprouvante série, nous avons laissé le récit effectué par le Cyborg d'argent à ses nouveaux amis - Docteur Solcum, Captain Corsica, Cyrnos, Tilistal - alors qu'il évoquait ses missions, ordonnées par Fantômas, qui l'avaient porté à faire la guerre à des peuples eux-mêmes en guerre; il en était au moment où il venait de revoir, dans le ciel, la femme qu'il avait aimée à l'époque où il avait signé le contrat autorisant Fantômas à le transformer en cyborg. Voici qu'il continua en des termes non moins grandioses; il dit:

Lorsque la mission fut achevée et que nous rentrâmes, semblables à des éclairs passant au-dessus de la mer, brûlant de renouer avec elle j'essayai d'attirer son attention. Je lui fis un signe, et mon cœur battit plus fort. Alertée, elle me regarda - mais ses yeux étaient dénués d'expression; ce fut comme si elle ne m'avait jamais vu. À un mot de Fantômas, elle tourna la tête vers lui; car il volait avec nous, sur son engin habituel - celui avec lequel vous l'avez vu s'enfuir. Et l'écoutant elle poursuivit son vol, portée par une machine qui accrochée à son dos faisait jaillir un feu étincelant, sans plus se soucier de moi.

En mon cœur quelque chose se brisa; je sentis une fosse noire en mon sein se creuser. La destruction de ma volonté, commencée avec ma transformation, s'en acheva. Désormais, comme mû de l'extérieur, pareil à une marionnette, je serais absolument l'esclave de Fantômas.

J'avais encore eu des velléités de révolte, lorsqu'il m'avait libéré de mon apathie forcée pour me pousser à des missions affreuses. Je croyais que, au sein de l'action, je demeurais le maître de moi-même: quand je renversais des immeubles en me jetant dessus ou en les bombardant de petites missiles sortis de mes mains, je pensais consciemment le vouloir, et songeais que ces médiocres qui empêchaient la réalisation des rêves de gloire de mon maître méritaient leur sort; je me disais que, désirant agir comme Fantômas le demandait, je pouvais aussi, si je voulais, porter mes membres dans un autre sens. D'ailleurs, lorsque j'exécutais ses ordres, j'avais pour habitude de maugréer, de pester, de protester, d'évoquer mille difficultés, de me plaindre, de me montrer acrimonieux. À dater de ce e55cb896dabb8594e5d5a5826dad3ccc.jpgjour, je n'agis plus que comme un robot, sans rien dire, le cœur lourd, la conscience enfouie, l'âme en peine. Et l'esprit qui était en moi en riait d'autant plus.

Ô prenez garde - toi surtout, Solcum! Car cette femme puissante, cette traîtresse, règne à Paris. Elle s'y présente comme la fille cachée d'une femme d'une autre planète que les anciens hommes prirent jadis pour une déesse, étant issue d'une civilisation bien plus avancée, et dont le pouvoir est immense: c'est celle qu'ils ont appelée Vénus. Or, je l’ai vue combattre, et rien ne l’arrête; elle maîtrise les arts occultes - et possède une science qui ne sera répandue parmi les hommes que dans bien des siècles. Elle est le meilleur et le premier disciple de Fantômas – et pareille à son épouse, en vérité, même si elle se vend selon les desseins qu'il a, même si elle n'hésite pas à se donner à d'autres, si cela peut servir ses projets! Elle se nomme Itelnës – et on la surnomme la Chasseresse cosmique, car on dit qu'elle poursuit les ennemis de Fantômas à travers les astres, qu'elle s'élance dans les cieux et affronte jusqu'aux dieux, lorsqu'ils sont injustes; si grand est son orgueil!

Mais il faut remettre la suite à une fois prochaine.

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04/04/2015

Degolio LVIII: les missions du Cyborg

the_legion_by_22zddr-d59or1o.jpgDans le dernier épisode de cette taraudante série, nous avons laissé le Cyborg d'argent alors qu'il venait de raconter au Génie de Paris, à Captain Corsica, à Tilistal, à Cyrnos, tous rassemblés dans le palais de ce dernier, comment Fantômas l'avait transformé en être surhumain et avait ouvert sa conscience à un autre monde; il poursuivit en des termes tout aussi stupéfiants.

Un jour, Fantômas me déclara qu'il avait besoin de moi en Corse; Paris, ce serait pour plus tard.

Je fus envoyé dans l'île de Beauté, et devins l'un des cyborgs entreposés dans la base que vous prîtes d'assaut il y a peu, et que vous conquîtes. Je fus placé dans une niche, et on eût pu aisément me confondre avec une statue, car j'avais ordre de ne pas bouger, et ma conscience était généralement éteinte - j'étais comme endormi. Je ne sortais de cet état cataleptique que pour accomplir d'horribles missions – dans le but de terroriser le peuple. Volant par dessus la mer, je me rendais, avec mes compagnons, en France et en Italie, et nous attaquions les habitants. Les armées régulières nous prenaient pour des sortes d'avions inconnus. Comme nous étions plus agiles qu'aucune machine connue des hommes, certains nous dirent venus d'une autre planète, notamment Mars: car les hommes la croient habitée. Si la science de Fantômas venait bien d'êtres des étoiles, nous big_thumb_17cbc16fc9520ae152ae659b73540586.jpgétions de vrais Terriens! D'ailleurs les militaires n'en doutaient pas, nous assimilant à leurs ennemis, persuadés qu'ils avaient trouvé de nouveaux moyens de faire la guerre: car alors celle-ci faisait rage, et l'Allemagne occupait la France et l'Italie et y résistait aux assauts des Anglais et des Américains; le chaos régnait, et nous l'accroissions selon les desseins subtils de notre hideux maître. La terreur se répandait partout; désormais la mort pouvait survenir à tout moment, ou du moins la destruction, puisque nous étions indécelables et plus rapides et vifs qu'aucune machine connue. Nous projetions de la lumière colorée devant nous, et nous étions appelés une arme secrète, et l'on nous vouait une sorte de culte, nous inspirions une forme de superstition dont nous tirions un immense orgueil.

Fantômas voulait, sur les ruines de l'Europe, et dans l'épouvante généralisée, bâtir un empire nouveau: il l'espérait. Dans les faits, il s'alliait avec Adolf Hitler, quoique celui-ci n'en sût rien: dans son délire mystique, il nous prenait pour des envoyés des mystérieux Géants de Feu, qu'ils croyait ses soutiens. Il nous pensait des guerriers de Wotan, son cher dieu germain! Fantômas en riait bien. Il n'avait que mépris pour l'homme, mais il escomptait récupérer son projet, et se saisir de son royaume millénaire dès qu'il serait mis en place. Cela n'a pas eu lieu, néanmoins, car la guerre a été perdue, et Fantômas lui-même n'avait pas estimé la puissance américaine à sa juste mesure. Mais cela pour lui ne serait que partie remise.

Néanmoins, durant les missions que nous accomplîmes jusqu'en 1945 - date à partir de laquelle nous nous fîmes plus discrets, Fantômas ne voulant agir que dans l'ombre -, je revis la femme qui m'avait con309045.jpgvaincu de participer à toutes ces actions infâmes. Je l'aperçus alors que nous dévastions la région de Pise. Elle volait dans les airs près de Fantômas, lui servant en vérité de garde du corps. Elle était vêtue en âpre guerrière, en furie de notre temps, portant une armure douée de vertus extraordinaires, et ornée de teintes diverses et de symboles étranges; elle tenait à la main un sabre de feu bleu, qui jetait des éclairs et coupait n'importe quelle carlingue d'avion: car nous nous jetions sur l'aviation alliée pour montrer notre puissance et effrayer l'armée anglaise, la contraignant ainsi de plus en plus à demander l'aide américaine - ce qui avait pour but de l'affaiblir, à terme, en Europe.

Mais il faut arrêter ce récit pour cette fois, et laisser la suite à une autre.

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22/03/2015

Degolio LVII: la transformation miraculeuse

Dans le dernier épisode de cette fantastique série, nous avons laissé le récit effectué par le Cyborg d'argent au Génie d'or et à ses amis alors qu'il raco390068.jpgntait qu'il avait accepté de signer sa transformation en homme-machine par le médecin éclairé par la science de Fantômas. Et voici qu'il continua par des mots tout aussi palpitants.

La femme dont j'ai parlé me félicita, disant que cette résolution était bien digne de moi et me ferait devenir ce que j’étais vraiment - manifestant mes mérites insignes, me faisant remplir les termes de ma destinée! Elle promettait de ne m’en aimer que davantage...

On m’emmena à l’hôpital, et je me plaçai sur la table de chirurgie, où on m’endormit. À mon réveil, j’étais tel que vous m’avez vu quand vous m’avez combattu - transformé en ce qu'on nomme un cyborg.

Je fus dès lors totalement attaché à Fantômas: il m'était impossible de me déplacer sans son ordre. J'étais en contact permanent avec lui: même quand il n'était pas physiquement présent, nous communiquions directement par la pensée. J'entendais souvent des voix, et il me fut dit qu'elles étaient celles du monde des hommes: je pouvais capter les ondes hertziennes, et les interpréter. Mais j'entendais aussi des murmures plus diffus, et Fantômas me révéla qu'ils étaient ceux d'êtres puissants et invisibles qui habitaient l'air et contrôlaient les âmes au-dessous de la conscience: je vivais dancingdemons.jpgdésormais à demi dans leur sphère. Ainsi devais-je apprendre à devenir l'un d'eux! Cela me fut néanmoins annoncé avec un rire; je me demandai si l'on se moquait.

Je découvris peu à peu que mes yeux refaits pouvaient, de ces êtres aériens, distinguer les contours - sous forme de flux électromagnétiques perçus et interprétés de façon appropriée par la science de mon maître. Je participais d'un monde supérieur, rempli d'êtres divins! Du moins fut-ce là ma pensée.

Pour ce qui est de la femme que j'aimais, elle ne reparut plus. Comme, m'en étonnant, je questionnai mon maître, il me dit qu’elle était partie pour ses affaires, et qu'elle reviendrait bientôt; mais je sus plus tard qu’elle l’aidait à séduire d'autres hommes dans le but de leur faire accepter les marchés proposés par Fantômas, qu'elle était sa créature, et qu'elle ne faisait rien qu'il ne lui eût dit de faire, de telle sorte que si je la revoyais, elle ne serait plus pour moi la même, puisque j'avais signé le contrat pour lequel elle avait feint de m'aimer; et il en fut ainsi, ainsi que je vous le montrerai le moment venu.

Cependant, j'avais l'impression de vivre dans un rêve, ou un cauchemar: ma conscience était embrouillée, Palpatine_disturbance.jpget je n'avais pas la force de mouvoir de claires pensées. J’étais désormais comme passif, même quand j'agissais, car je ne le faisais que mû par la volonté de Fantômas, qui me parlait à l'intérieur de moi. J'accomplissais comme un simple pantin ce qu’il ordonnait, sans pouvoir me révolter, mes membres ne m’obéissant plus, mon âme ne m'appartenant plus. Je n'avais que les pensées qu'on voulait que j'eusse.

J’avais pourtant accepté de signer en m’imaginant que, je pourrais, si je le souhaitais, échapper à mon maître, que je serais libre avec une puissance nouvelle; mais je sentais toujours en moi cet être qui dirigeait mes membres - et le chœur des voix maudites de l'air vide qui me chuchotait ce que je devais faire, dire, croire.

Mais la suite de ce récit ne pourra être donnée qu'une autre fois.

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