01/03/2014

Degolio XXXIII: la défaite des Cybernanthropes

38705642_cd566a97a1_z.jpgDans le dernier épisode de cette ésotérique série, nous avons laissé notre héros le Génie d’or, descendu de sa colonne de Juillet grâce à la puissance de projection intérieure de Charles de Gaulle, alors qu’il était sur le point d’être la cible de quatre cyborgs disposant dans leur arsenal de mini-missiles.
 
Mais à ce moment, la lueur bleue qui à travers le heaume du génie indiquait la place de ses yeux se mit à flamboyer, à devenir éblouissante - et, plus vif que l’éclair, avant même que ses adversaires eussent déclenché le mécanisme fatal, il se jeta sur eux, assénant un coup de poing au premier, un coup de pied au second, un coup de poing de l’autre main au suivant, un coup de tête au dernier. Il fut si prompt qu’ils ne le voyaient pas passer de l’un à l’autre, et qu’il ne leur offrait qu’une brève image au moment de les frapper. À peine apercevaient-ils une ligne de lumière, furtive, soudaine, étoile filante dans leur caverne, lorsqu’il se mouvait d’un mécanoïde à l’autre. Cependant des étincelles jaillissaient à chacun de ses coups, et même, des pièces de métal volaient, tant ils étaient puissants. La douleur ne survenait pas tout de suite; mais bientôt elle fit son apparition.
 
Il en fallait néanmoins davantage pour les abattre; et, après être demeurés un instant interdits, stupéfaits de cette vitesse, les hommes de Fantômas se reprirent, pensant toucher cette fois de leurs propres mains leur ennemi, afin que le bref délai que lui donnait le déclenchement du mécanisme des mini-missiles ne pût pas être exploité à son profit.
 
F3C ainsi chercha à donner un coup de poing au Génie d’or - et s’il avait atteint un mur, il l’eût, en spawn_desktop_1920x1080_wallpaper-1007311.jpgvérité, abattu; mais le héros l’évita, se baissant brusquement. Dans son élan, le cyborg heurta le rocher, qui en fut entamé; une fissure, même, apparut dans la paroi. Mais sa main également en fut meurtrie; deux de ses doigts d’acier se brisèrent, et son poing perdit sa forme; sous son casque, on l’entendit crier.
 
L’instant d’après - et plus vite qu’on ne saurait le dire -, Solcum évita un uppercut de F5C en tournant sur lui-même - puis il lui asséna, dans le même mouvement, un violent coup de pied au ventre, qui le fit se plier en deux. Il évita semblablement une attaque de F2C et F4C, répliquant toujours par des coups fracassants, dont le bruit était énorme.
 
Malgré l’incroyable allure des cyborgs, il était plus rapide! L’éclair même eût perdu contre lui une course. Il était plus prompt que la pensée.
 
Le Génie d’or fit alors ce qu’il ne fait que rarement: il éclata de rire.
 
Les quatre Cybernanthropes semblèrent soudain exténués; pourtant, si forte était la volonté de leur maître que de nouveau, quoique sans conviction, ils levèrent les bras, ou bombèrent le torse, ou bDr Strange.jpgaissèrent le front, tentant une dernière fois d’utiliser leur arsenal explosif. Le Génie d’or était lui-même fatigué: il avait perdu de l’énergie; peut-être cette fois l’eussent-ils atteint si, derrière les mécanoïdes, Captain Corsica n’avait surgi, et, du tranchant de sa main, fendu en deux le crâne de F5C, qui se tenait juste devant, puis, de son pied, donné un coup sidérant de force dans le dos de F3C - dont les vertèbres d’acier se rompirent. Il ne restait plus que deux adversaires, pour les deux génies.
 
La suite ne pourra néanmoins être présentée au lecteur qu’une fois prochaine.

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13/02/2014

Degolio XXXII: l’attaque des Cybernanthropes

future-cyborg_tn2.jpgDans le dernier épisode de cette brutale série, nous avons raconté comment le chef des Cybernanthropes, F1C, s’était jeté sur le Génie d’or tout en lançant deux petits missiles de sa main droite vers Captain Corsica, qui en avait évité un mais avait pris l’autre sur la poitrine - ce dont, grâce à son pouvoir, il avait guéri rapidement.
 
Le voyant foncer vers lui le poing brandi, le Génie d’or évita son attaque en sautant - et, alors qu’il était encore dans les airs, il jeta son bâton luisant, s’en servant comme d’un javelot. Or, il transperça l’homme-machine par le dos, le blessant mortellement de ce premier coup! Le cybernanthrope tomba à terre dans un énorme fracas - et, le voyant ainsi rouler au sol, percutant voire brisant plusieurs meubles métalliques qui s’y trouvaient, Fantômas fut stupéfait de le voir aussi rapidement vaincu. Un éclair avait jailli au moment où l’arme l’avait percé de part en part - et il crut même entendre un coup de tonnerre!
 
Car ce bâton, il faut qu’on le sache, avait été taillé dans l’arbre divin du pays immortel; on en avait coupé une branche, pour le bâtir. Et il se nommait Astalcän - ce qui revient à dire, dans la langue des génies, doigt du dieu. Comme pour le fusil de Captain Corsica, un esprit l’habitait; il contenait le feu des étoiles!
 
F1C, qui comme homme s’était appelé Robert Paliard, vit alors sa vie partir en même temps que son sang et l’huile de ses rouages en fer.
 
Un instant surpris, les quatre autres s’arrêtèrent, hésitèrent, puis, entendant leur maître pousser un horrible cri de colère, ils se reprirent, et s’élancèrent tous en même temps sur le sage Solcum.
 
Ce fut leur erreur; car, de près, et sans leurs traits de feu, ils ne lui étaient pas supérieurs, comme ils le croyaient - et ce, malgré leur force énorme. Sa vivacité, son agilité étaient sans égales, même s’il était diminué par le sortilège qui pesait toujours sur lui dans l’antre de Fantômas et l’empêchait de se 3051468455_1_3_plIrE9VP.jpgtéléporter à volonté. Les chances des cyborgs étaient d’autant plus réduites que Captain Corsica s’était à présent remis de sa blessure.
 
D’abord, le Génie d’or dut subir, apparemment impuissant, l’assaut terrible de ces mécanoïdes à face d’hommes, qui le bourrèrent de coups de poing à mettre en miettes les os d’un homme ordinaire; mais s’il reculait, il encaissait sans faillir, gardant les dents serrées, les yeux fermes, la stature droite. Quand il semblait qu’un endroit de son corps était enfoncé par le poing d’un ennemi, on le voyait bientôt se reformer, redevenir plein, comme si une énergie formidable tissait en permanence l’ensemble de son enveloppe physique.
 
Bientôt néanmoins acculé contre la paroi rocheuse qui s’élevait derrière lui, il vit les quatre cyborgs, comme mus par une volonté unique, s’apprêter à lui lancer leurs missiles à bout portant - les uns par la main, les autres par le buste, les derniers par la crâne, selon l’endroit qu’avait choisi Fantômas pour placer le canon de leurs traits terribles.
 
Ce qu’il advint alors ne pourra être dit qu’une fois prochaine.

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01/02/2014

Degolio XXXI: la bataille des Cybernanthropes

tv4.jpgDans le dernier épisode de cette ébouriffante série, nous avons évoqué les véritables origines de Fantômas, afin de bien expliquer pourquoi ses cinq cyborgs lui étaient voués corps et âme.
 
Il savait, en vérité, qu’ils ne seraient pas assez puissants pour arrêter nos deux héros, dont il connaissait la véritable nature. Il leur en faudrait bien plus, pour les vaincre! Eux n’étaient pas réellement des hommes, quoiqu’ils en eussent l’apparence - soit qu’ils l’eussent reçue au cours de leur enfance, soit qu’ils l’eussent choisie pour mieux intervenir sur Terre. Ils étaient des génies au sens propre, antique. Ils tiraient leur puissance du Ciel - et elle demeurait supérieure à celle qu’il avait pu emmagasiner dans ses hommes-machines.
 
Il n’en espérait pas moins gagner du temps, et rejoindre ainsi sans dommage sa base de Paris, encore en construction, mais destinée à devenir immense, invincible, avec en son sein des êtres encore plus grandioses que ses Cybernanthropes, encore plus surhumains! Et qui, cette fois, auraient la puissance d’abattre le Génie d’or, qui ne serait sans doute pas secondé par Captain Corsica, resté sur son île.
 
Or, ses cinq cyborgs avaient eu, à l’origine, des noms qui leur étaient propres; mais il leur en avait donné de nouveaux, faits de nombres et de lettres. Ainsi réduits à des sortes de formules chimiques, ils semblaient toucher à l’essence de la matière - mais c’était là pure tromperie, pur mensonge. Ils avaient perdu par ce biais leur personnalité! Car ils s’appelaient F1C, F2C, et ainsi jusqu’à F5C. F était pour Fantômas, C pour Corse. Ces noms - si on peut les appeler tels - étaient écrits en blanc sur leur sein gauche en lettres régulières, mécaniquement créées.
 
F1C était le chef; il portait au sein droit un insigne rouge, qui le montrait, et qui avait une forme ronde. Grand, large, il pouvait jeter de ses yeux des rayons dévastateurs, et ses doigts contenaient de petits
missiles. Il volait grâce aux jets de feu de ses pieds - et, grâce à son squelette renforcé, il possédait la force de v1382182_614695181907570_1828075283_n.jpgingt hommes. Il s’élança le premier. Captain Corsica fit partir un nouveau coup de feu de son fusil, qui rebondit sur son plastron d’acier: Fantômas l’avait doué d’une vertu incroyable, renforcé au moyen d’un fer météorique!
 
À son tour il fit partir, en plein vol, deux missiles de sa main droite, et Captain Corsica put n’en éviter qu’un - qui alla exploser contre la paroi de pierre, derrière lui. L’autre le toucha de plein fouet. Malgré son costume qui le protégeait (car il avait été tissé dans les salles de Cyrnos par des fées aux doigts purs et, quoiqu’il n’en eût pas l’aspect, il possédait les vertus d’un haubert), la partie humaine de son corps saigna, et une déchirure apparut dans ses mailles, à la poitrine droite. Cependant, sa partie divine eut tôt fait de guérir la plaie; elle se referma à vue d’œil, si son costume resta déchiré. Il en fut quitte pour une atroce mais brève douleur.
 
Il n’en fut pas moins retardé: l’attaque, si elle n’avait pas été meurtrière, laissait son ami le Génie d’or seul face aux cinq monstres, et en particulier à F1C, qui se précipitait vers lui.
 
Ce qu’il advint alors ne pourra néanmoins être dit qu’une fois prochaine.

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12/01/2014

Degolio XXX: les origines de Fantômas

cyborg1.jpgDans le dernier épisode de cette effrayante série, j’ai évoqué les monstres mécanoïdes d’apparence humaine invoqués par leur créateur Fantômas contre le Génie d’or - dit aussi génie de Paris - et Captain Corsica.
 
À présent, ces cyborgs voyaient les ennemis de leur maître, auquel corps et âme ils étaient voués - dont ils étaient les esclaves. Car leur être profond, depuis leur transformation en hommes-machines, avait été confiné dans des ténèbres immenses, loin des corps qu’il avait autrefois habités. En secret, ils gémissaient de cette prison de noirceur dont ils ne pouvaient sortir - voyant que Fantômas les avait floués. Une autre conscience désormais logeait dans leurs membres, née de Fantômas même - ou introduite par lui depuis l’horreur de l’abîme. Et eux demeuraient impuissants, dans cette zone négative que l’ancien temps nommait les limbes.
 
S’ils s’étaient mis au service du spectre, autrefois, cela avait été pour l’argent - et aussi parce qu’il leur avait promis d’accroître leur puissance, de devenir des surhommes, d’acquérir les moyens de combler leurs désirs. Ils s’étaient dits qu’ils seraient ensuite assez malins pour s’arracher à l’emprise de leur maître. Hélas, celui-ci était bien trop malin, bien trop rusé pour eux: il avait vu clair en leur âme!
 
Il était, de fait, de très noble origine. Jadis, qu’on le sache, il avait appartenu à l’une des familles les plus distinguées de Rome: c’est lui qui, lieutenant du général Stilicon, avait eu l’idée d’attaquer Alaric et ses Goths le jour de Pâques, parce qu’ils le fêtaient, étant chrétiens. Rome se sentait trop au-dessus du christianisme pour se soumettre à ses règles: son salut lui semblait celui de l’humanité entière. Ce lieutenant de Stilicon, lui-même, adorait les anciens dieux, était un sectateur de Mithra: il se moquait de Jésus-Christ, et ne croyait qu’au Sol Invictus - lequel il situait au cœur de la Cité.
 
Alaric avait été vaincu - avant de mettre Rome à sac. Fantômas s’était alors exilé, et, plein de haine et d’esprit de revanche, il avait erré à la recherche de l’élixir d’immortalité - lequel il avait trouvé en se vouant aux puissances des ténèbres. D’elles, il avait reçu son nouveau nom, Itshifal: l’ancien sombra dans l’oubli; lui-même voulut fantômas 2.jpgqu’il fût effacé de la mémoire des mortels, si grand était son orgueil, et, dit-on, il assassina plusieurs personnes qui le connaissaient et le publiaient, et, plus tard, il le fit disparaître de toutes les annales et chroniques.
 
Son savoir était immense, son intelligence prodigieuse. Phénoménale était sa science des âmes. Entre ses mains les hommes n’étaient guère que des jouets; à sa guise il les maniait, comme des pantins.
 
Par une terreur sans nom, inspirée par la vision du gouffre auquel il avait couramment accès, avait-il enfoui les conscience qui s’étaient engagées à ses côtés: il les avait rejetées dans les caves du cosmos.
 
Quant à la force de ses cinq Cybernanthropes, elle était énorme. Une grande part de la science de l’abîme était entrée  dans leurs membres, y plaçant des forces arrachées à la Terre…
 
Or, la suite de ce récit ne pourra être dit qu’une prochaine fois.

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20/12/2013

Degolio XXIX: les Cybernanthropes du Spectre

996693_10152024343177420_616359949_n.jpgDans le précédent épisode de cette extravagante série, nous avons laissé le Génie d’or (Docteur Solcum) au moment où il venait de recevoir un coup puissant de son ennemi, Fantômas.
 
Or, celui-ci jadis n’avait été jadis qu’un homme; mais, voué aux puissances de l’abîme, il avait acquis la science qui lui permettait dorénavant d’être pour le moins aussi puissant que les génies: il pouvait désormais affronter Solcum sans crainte!
 
Pendant néanmoins qu’il s’occupait de le meurtrir, Captain Corsica, de son côté, se remettait de la terrible attaque subie par lui-même, et, bientôt, il put le viser de son fusil ravageur - rechargé par le flux des énergies cosmiques, lesquelles il pouvait capter, concentrer, et projeter en rafales. Or se nommait-il Orcïnder, comme revenant à dire foudre furieuse en langage ogre; un esprit l’habitait, placé en lui par Cyrnos et ses nains ouvriers.
 
Le héros tira, et l’être qui était dedans cracha son feu, puisé à celui des astres!
 
Le monstre parvint à l’éviter - si rapide était-il -, et l’éclair ne fit que raser son manteau. Mais des étincelles qui s’en détachaient atteignirent le tissu, et l’enflammèrent.
 
Fantômas s’en débarrassa, le jeta, et les deux héros virent en leur ennemi un corps absolument noir, mais comme tenu par des fils blancs, en réseau. Cependant, dans ses mouvements, ses membres 480359_10151455058498598_1685915935_n.jpgsemblaient se déformer, comme s’ils n’étaient faits que de fumée: étrange chose!
 
Or, se voyant face à ces êtres puissants, il s’exclama: Vous croyez que vous allez m’avoir! Hé bien, amusez-vous! Et, d’un cri qui s’acheva en un grand ricanement, il fit surgir d’un recoin sombre de son affreuse caverne des hommes semblables à ceux que Solcum avait combattus dans l’avion, mais plus mécanisés encore: ils étaient des sortes de robots, d’hommes auxquels on avait adjoint du métal et du plastique - et leur sauvagerie était inouïe, car ils avaient comme perdu leur âme!
 
Un ordinateur avait été intégré à leur cerveau pour commander aux mécanismes insérés dans leurs membres; parfaitement coordonnés entre eux, et comme dirigés par une seule conscience, ils étaient pareils aux doigts d’une main - dont ils avaient le nombre. Aussi les appelait-on les Cinq Cybernanthropes du Spectre!
 
L’appel soudain du démon n’avait, du reste, pas éveillé leur esprit - car ils n’en avaient plus, à proprement parler -, il ne leur avait pas donné un ordre au sens commun du terme, qu’ils eussent été libres de suivre ou non: il avait plutôt déclenché un mécanisme sensible au timbre de sa voix et à certains sons qu’il était le seul à connaître. Alors, spontanément, et pareils à des automates, ils étaient sortis de niches dans lesquelles ils s’étaient tenus jusque-là cachés, immobiles. Si on s’était approché, on aurait pu les voir debout, tels des statues, ou d’obscures sentinelles. Leur entendement, même, ne s’était animé qu’à la faveur de cet appel: sinon, ils étaient comme hors de toute conscience, comme en profond sommeil.
 
Ce qui s’ensuivit néanmoins ne pourra être dit qu’une fois prochaine.

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04/12/2013

Degolio XXVIII: le retour du Génie d’or

images.jpgDans le dernier épisode de cette cosmique série, nous avons laissé Captain Corsica au moment où, après avoir sauvé Docteur Solcum appelé par lui le Génie d’or - nom qui durablement lui restera -, il fut frappé du poing par Fantômas - et comme tout contact avec cet être abominé glaçait les âmes, le héros de l’île de Beauté se plia en deux sous le choc!
 
L’infâme allait lui asséner un second coup dont le brave guerrier eût eu de la peine à se relever, qui eût pu même l’achever - lorsqu’il sentit son bras retenu: notre Génie d’or, la force décuplée par la colère, avait brisé les liens dont l’araignée géante l’avait entravé, puis il s’était élancé, il avait bondi, et avait placé le bâton cosmique qu’il tenait en main devant le poignet du malfaisant - l’arrêtant dans son geste! Solcum s’apprêtait à enchaîner par un coup de son poing propre vers la mâchoire du hideux spectre, mais celui-ci, plus rapide qu’on ne saurait le dire, se retourna, et le frappa de sa main gauche.
 
Or, la chair du Génie d’or était moins épaisse, plus superficielle que celle de Captain Corsica, jadis nourri au lait d’une femme mortelle; lui n’avait créé que tardivement une enveloppe, pleine d’une énergie bleue qui lui venait de sa nature vraie, et elle ne ressemblait qu’extérieurement à celle que se crée l’être humain lorsqu’il cherche à naître; en vérité, elle était bien plus fine, et c’est à cause de cela qu’il pouvait disparaître et réapparaître à volonté: il s’en débarrassait comme d’un vêtement, et se tissait le même vêtement un peu plus loin, après avoir voyagé sur les ailes de la pensée!
 
Sans doute, dans son monde propre, dont il était originaire, il avait un visage d’homme, qui était visible à celui qui sait scruter les mystères: derrière son masque, au sein de la lumière d’azur, ses traits d’or po1989ThikseBuddha.jpguvaient apparaître à l’œil véritablement aguerri. Mais, sur Terre, qui eût pu le distinguer? Derrière l’enveloppe qu’il s’était créée, un mortel ordinaire n’eût vu qu’une vague d’énergie bleue dénuée de forme, ou ayant celle d’une sorte de pieuvre dénuée de centre, et il en eût été effaré, se croyant face à un monstre.
 
Mais il n’en était rien. Sa véritable forme était radieuse; il était beau comme un dieu, pareil à Apollon. La reine de son pays sublime l’aimait profondément, et le tenait continuellement à ses côtés: il était un de ses gardes principaux, son homme de confiance. N'avait-il pas, déjà, alors qu'il était tout jeune, protégé le royaume contre l'ennemi aux côtés du roi son père, qui depuis s'en était allé? Son expérience était grande, à cet égard.
 
Toujours est-il que sa nature était telle que la main de Fantômas n’eût pas le blesser, le geler, comme elle avait fait pour Captain Corsica, plus intimement mêlé aux mortels. Il ressentit à peine une brise glacée passer dans son corps, et encore ne fut-ce qu’à la surface. Il reçut plus péniblement le choc, cependant, car le spectre hideux possédait une force fantastique, grâce à l’art qu’il avait appris dans les profondeurs de l’Orc: il savait se servir des éléments, et modifiait la densité de son corps à peu près à volonté; il pouvait donc avoir la main extrêmement lourde, pareille à du plomb!
 
Cependant, cet épisode commence à être long: il faudra poursuivre une autre fois.

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10/11/2013

Degolio XXVII: la justice de Captain Corsica

The-Phantom.jpgDans le dernier épisode de cette étonnante série, j’ai laissé Captain Corsica face à la gigantesque araignée qu’il combattait sous l’Alcudine, en Corse, alors qu’il venait de la blesser deux fois gravement.
 
Il s’écria: Tu croyais que les monstres de la Corse resteraient invulnérables, face à son immortel gardien? Contre moi ton pouvoir est inopérant, ô démon! J’ai appris de mon père le secret d’abattre tous les esprits mauvais du pays. Tu ne peux me prendre par surprise comme tu l’as fait de ce héros venu de Paris, et qui ne connaît pas tes ruses! Qui ne saisit pas en profondeur l’esprit qui t’anime! 
 
Par le pouvoir des dieux je commande aux éléments dont cette île est constituée; or, quoique tu sois plus vieille que Cyrnos même, tu es contrainte, quand tu te manifestes dans son royaume, de te plier à ses lois; usant de sa matière, tu dois en suivre les principes, et j’en ai justement reçu la garde! Et c’est pourquoi, si ce noble justicier parisien - qu’à cause de son pourpoint nous appelons en Corse le Génie d’or - n’a pu t’anéantir, moi, je puis te barrer le passage et te renvoyer dans le gouffre dont cet affreux Fantômas t’a fait sortir, et faire peser à nouveau sur toi le poids énorme de l’Enclume!
 
Ayant dit ces mots - au sein desquels le lecteur aura noté qu’il a donné un nom nouveau à notre héros, qui lui restera durablement -, il leva les mains, et la faille qui avait été ouverte par Fantômas, et avait permis à Dicaliudh de s’arracher à l’Abîme, commença à se refermer sur ses membres encore coincés. Elle poussa un cri horrible, à faire se plonger dans l’effroi des peuples entiers, et Fantômas même demeura stupéfait en voyant ce qui se passait; mais aussitôt après il fut mis en colère par la découverte que tous ses efforts allaient bientôt s’avérer vains!
 
Recule, recule, monstre, dit encore Captain Corsica, et à jamais sois banni de ces lieux! Nous avons assez à faire déjà avec tes filles, qui mordant les hommes les blessent souvent cruellement! Ou avec cet infâme Fantômas qui croit pouvoir devenir maître de cette île avec ses arts immondes! Recule, et disparais, fuis, avant que je ne t’anéantisse!
 
Alors, la bête commença à reculer, à marquer le pas, tout en gémissant, et bientôt on la vit disparaître tout à fait dans la faille obscure dont elle avait jailli et à laquelle elle était cependant restée accrochée, aisheol.jpegnsi que nous l’avons dit. Puis, cette fissure effrayante se referma. Le monstre était retourné dans son monde propre, l’effroyable royaume de l’Orc! Le lecteur doit savoir qu’il se situe sous la surface de la Terre: il est parallèle à celui-ci, mais dans sa face d’ombre…
 
À ce moment, Fantômas, fou de rage, bondit vers Captain Corsica et lui donna un coup de son poing fermé: sa force était grande, mais surtout, tout contact avec lui glaçait, gelait, transperçait le cœur de pics de glace. Captain Corsica en ressentit une douleur sans pareille. Il se courba.
 
Cependant, la suite de ce nouveau combat ne pourra être racontée que dans un prochain épisode.

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23/10/2013

Degolio XXVI: les desseins de Cyrnos

Chasseurs.jpgDans le dernier épisode de cette bizarre série, nous avons tâché d’expliquer comment Captain Corsica, fils d’un ogre et d’une nymphe, s’était impliqué dans les affaires des mortels, se mêlant de les sauver des maux qui les opprimaient. Son père lui-même lui en avait confié la mission!
 
Il l’initia aux arts magiques, et lui fit forger une arme. 
 
Il faut savoir que Captain Corsica était venu à lui avec un fusil de chasse à un coup, que lui avait donné le mari de la femme qui l’avait nourri et qu’il avait longtemps pris pour son père, du temps où il s’appelait encore Pierre Toccoli - nom qu’il conserva lorsqu’il se mêla aux hommes sous l’apparence d’un agent immobilier ordinaire. Car il ne serait pas parti à la recherche du château secret de son père sans moyen de se défendre contre les bandits et les bêtes sauvages. Cyrnos lui prit cette carabine et la confia aux nains de la montagne. Et ils la lui rendirent transfigurée!
 
Elle étincelait, comme refaite en argent lamé d’or, et les joyaux qui la sertissaient jetaient autour d’eux des feux étranges, rayonnant jusque dans l’obscurité! En particulier, ils s’allumaient en présence d’un monstre des profondeurs, d’un être maléfique. Le pouvoir du fusil alors se déchaînait: l’esprit qui était en lui s’éveillait, prêt au combat!
 
Cela explique que, dans la grotte de Fantômas, il ait brillé d’un puissant éclat.
 
Or, Docteur Solcum n’avait pas été le seul à reconnaître ce divin héros: Fantômas fut aussi dans ce cas. Il avait déjà eu maille à partir avec lui! Captain Corsica l’avait chassé du mont Cinto, où i6a00d8341c6c1753ef017ee42ac9b0970d.jpgl avait prétendu installer sa base. Il avait éprouvé la puissance de son fusil aux mille merveilles! Et il était parti se cacher dans le mont Incudine, où il se trouvait désormais.
 
Sans dire un mot, et plus vite qu’on ne saurait le redire, le gardien secret de la Corse épaula, visa et tira dans l’œil du monstre, lequel éclata, comme frappé par un foudre! Un affreux gémissement jaillit de la gueule immonde…
 
Ivre de colère, Dicaliudh tenta de s’en prendre au héros, et, dans sa fureur, il oublia Solcum, qu’il lâcha, alors qu’il était toujours pris dans ses liens. Il lança sa patte droite, mais, à ce moment, le fier guerrier de l’île de Beauté, d’une bague qu’il tenait au doigt majeur de sa main gauche, fit jaillir deux rayons bleus: ils partaient de deux protubérances en forme de pommes qui symbolisaient les seins de sainte Julie de Nonza!
 
La patte noire fut comme saisie dans du feu, et commença à se dissoudre, comme si les rayons étaient de l’acide pur, une eau dissolvante qui guérissait de tous les maux en supprimant les démons, les monstres, le mal!
 
Mais la suite de cette histoire ne pourra être dite qu’une fois prochaine.

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05/10/2013

Degolio XXV: glorieux fils de Cyrnos

6a12bd29.jpgAu sein du dernier épisode de cette insolite série, j’ai laissé mon héros, Docteur Solcum, au moment où, s’apprêtant à être dévoré par un monstre, il vit surgir, devant lui, le gardien secret de la Corse, l’insigne Captain Corsica!
 
Il était, dit-on, le fils de l’ogre Cyrnos et de la dryade Pénélopella. Il vivait parmi les mortels depuis que sa mère l’avait abandonné - ayant été séduite par un prince de la mer, un triton à la beauté radieuse. Il l’avait vue, et l’avait trouvée belle, alors qu’elle marchait sur le rivage; il l’avait appelée de sa douce voix, et, elle, oubliant soudain tout le reste, fascinée par ce son qui venait du large, s’était enfoncée dans l’eau, et à jamais avait disparu.
 
Le héros avait ensuite été trouvé par une mortelle du village de Borgo qui venait précisément de perdre son fils propre, d’une mort subite. Elle l’avait élevé, et c’est ce qui avait fait de lui un homme parmi les hommes: car il avait d’abord été diaphane, transparent, léger, pareil à une vapeur, mais le lait de cette femme lui avait conféré, aux membres, une épaisseur qui confina à la matière pleine et entière que chaque mortel a dans son corps - lui donnant, ainsi, la force de vivre dans l’espace physique.
 
Sans doute, il demeurait mince, et fin; mais sa vigueur n’en était pas moins considérable. Il commandait spontanément aux éléments, qui prolongeaient ses gestes: ils saisissaient sa volonté, et accouraient pour l’accomplir, la seconder. Bientôt il put même se faire obéir d’eux par la parole seule, puis par l’œil: tant fut grande sa puissance! Mais cela dépendait, aussi, du volume de matière à déplacer: plus elle est massive, plus la volonté rétive qu’elle a en elle se soumettait difficilement. Même quand l’âme du héros se projetait directement sur les choses pour les conduire à sa guise, il ne pouvait réaliser des miracles absolus: les lois naturelles continuaient à s’exercer. Il n’en est pas, à cet égard, comme certains croient!
 
Il tenait cette puissance occulte de son père. Dès l’enfance, il l’avait manifestée, attirant sur lui la peur et la haine des autres enfants du village; d’aucuns le nommaient fils du diable, mais d’autres pressentGardien.jpgaient en lui une noble origine, car il était prédisposé à bien faire: il n’utilisait son pouvoir que pour rendre service. Plusieurs fois il sauva des gens atteints de divers maux en posant les mains sur eux et en murmurant des paroles de commandement à l’intention des êtres invisibles qui les avaient infectés. Quoi qu’on le craignît, on éprouvait pour lui de la gratitude, et on mettait en lui de l’espoir: on attendait de lui des prodiges! Il passait pour un mage, et le village était fier de l’avoir en son sein.
 
Devenu adolescent, sa mère lui apprit les conditions dans lesquelles elle l’avait trouvé - et qu’il n’était pas issu de son sein propre, et que le lait qui l’avait nourri avait été destiné à un autre…
 
Alors s’était-il mis à la recherche de son père, suivant les signes qui lui semblaient briller dans l’air. Or Cyrnos vivait dans un palais fabuleux, au cœur de la Corse, au milieu des montagnes. Bientôt son fils le retrouva, guidé par un étrange milan noir. Il le vit, assis sur son trône, l’attendant. Il avait été prévenu de son arrivée par ses sentinelles!
 
Il lui apprit tout ce qu’il devait savoir, et l’envoya accomplir des missions, car telle était la volonté des dieux, et il le savait. Il devait racheter ses ancêtres, qui s’étaient fourvoyés et étaient devenus les ogres détestés des légendes, mangeurs d’enfants et violeurs de femmes…
 
Ce qui s’ensuivit, cependant, sera dit une autre fois.

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21/09/2013

Degolio XXIV: Captain Corsica

1185765_433546910089428_1963250160_n (1).jpgDans le dernier épisode de cette dramatique série, nous avons laissé Docteur Solcum, notre héros, au moment où il s’apprêtait à subir le sort atroce d’une dévoration et d’une digestion devant durer plusieurs millénaires dans l’estomac d’un monstre arachnéen effroyable; et nulle issue ne semblait plus possible.
 
Or, soudain, un terrible fracas se fit entendre. Le sol trembla, et, surpris, le monstre suspendit son geste.
 
Une pluie de pierres s’affaissa; une toucha même Solcum au ventre. Mais la plupart churent sur la grande Veuve.
 
Fantômas se retourna, et Solcum s’efforça de regarder en direction du bruit; Dicaliudh fit de même.
 
Un nuage de poussière brillant, recevant les rayons du soleil, était au-dessus: une ouverture avait été pratiquée dans la montagne! Et bientôt, on vit paraître, au sein de ce nuage, un homme des plus étranges.
 
Il portait un costume entièrement noir, qui lui était comme une seconde peau, et lui recouvrait jusqu’à la tête: il pénétrait ses oreilles dans leurs moindres parties, en épousant leurs plus fins détails; même les conduits semblaient en être revêtus - sans pour autant qu’ils en fussent bouchés, sans que cela le gênât en rien pour entendre.
 
Sur son poitrail avait été brodé, en fils dorés, argentés et vermeils, un canon, de la marque Gribeauval: signe de sa puissance; lorsque le mal approchait, cette image étincelait, comme si des flammes cosmiques devaient en sortir: le fût était un lien avec les forces célestes.
 
Son nez aquilin dénotait du reste une vigueur de volonté unique en son genre.
 
Curieusement, ses yeux, qui avaient la forme d’amandes, n’avaient pas de blanc; pareils à du charbon, ils étaient un puits vers l’infini, au sein de son visage fermé: mais on y décelait de fins éclats d’or, reflet exact des étoiles. Et quiconque subissait son regard se sentait scruté jusque dans ses tréfonds!
 
À sa taille, une écharpe de soie bleu azur était attachée par un nœud léger, et laissait pendre ses pans le long de ses cuisses. Sur ses épaules, une capeline blanche flottait doucement.
 
Or, sa main droite, nue, longue et décharnée - telle était aussi l’autre main -, tenait un fusil encore fumant: et c’était d’un tir de cette arme incroyable qu’il avait fait un trou dans la montagne!
 
Car à l’origine simple fusil de chasse à un coup, elle avait été refondue totalement par les gnomes des profondeurs sous la direction de Cyrnos, le génie de la Corse; et voici! elle scintillait à tous les yeux. Le canon était être taillé que dans un bloc d’argent lamé d’or et serti de pierreries; une inscription avait été gravée en son sein par ce même Cyrnos, qui lui donnait ses pouvoirs miraculeux: il s'agissait d'une formule magique écrite dans le langage des ogres. Par sa grâce, un esprit l'habitait, qui lui donnait sa force!
 
steamcon110208_9.jpg
Quant à la crosse, elle était du bois le plus précieux, taillé dans l'arbre de vie des jardins de Cyrnos - celui dont les fruits rendaient immortel et qui était né de l'arbre de vie du paradis terrestre, aux franges de la Lune: en s'exilant de ce monde supérieur, l'immortel avait emporté la branche qui abritait son ancienne demeure, afin de s'en bâtir une semblable sur Terre; il l'y avait plantée, et il en était né son propre arbre de vie, copie du précédent. Les fruits, les feuilles, les racines, peu à peu, avaient créé, dans la nappe d'éther, une terre, et elle avait pris plus tard le nom de Corse. Mais il s'agit d'une histoire à raconter en détail un autre jour. Toujours est-il que la crosse de ce nouveau héros était faite de ce bois dont est fait celui de l'âme corse, qui est l'essence du pays: sur elle il pouvait s'appuyer lorsqu'il en déclenchait le feu cosmique.
 
Or, Solcum, dès qu’il le vit, reconnut en lui un homme vaillant qui lui avait été présenté par sa dame, lorsqu’il avait été envoyé en mission sur la Terre: elle avait, par son art magique, crée son image, et donné son nom, lui expliquant qui il était, d’où il venait, et quelle était sa destinée. Car il avait fallu lui présenter ceux qu’il devait craindre, et aussi ceux sur qui il pouvait compter, qui pourraient se révéler de sûrs alliés, dans sa lutte contre les puissances des ténèbres. Il avait en face de lui le propre fils de Cyrnos, du génie de la Corse, qui en son nom la gardait dans le mystère du monde éthérique, et qu'on nommait Captain Corsica!
 
Or, qui était cet être étrange, et ce qu’il advint ensuite, ne pourra être dit que dans un prochain épisode.

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03/09/2013

Degolio XXIII: la défaite du héros

tiridae1862.jpgDans le dernier épisode de cette épique série, nous avons raconté comment le combat s’était engagé entre le monstre arachnéen Dicaliudh et le héros Docteur Solcum. Nous en étions au moment où celui-ci voulut déchaîner le feu contenu dans son bâton magique par le biais de l'émeraude qui en ornait l'extrémité, et dont le rayonnement était engendré par les astres.
 
Dicaliudh en tressaillit - et on la sentit légèrement frémir. Mais elle ne sembla pas en être blessée de façon particulière. Elle se retourna aussitôt, car elle était d’une agilité fulgurante, quoiqu’elle demeurât attachée au sol par une sorte de queue qu’étrangement elle avait, en plus de sa forme d’araignée, et où se confondaient trois de ses pattes postérieures. Souple néanmoins, elle pouvait se retourner sur elle-même, et frapper: car de la Veuve noire, elle avait l’aspect général, mais elle était, en vérité, d’une autre nature.
 
Elle lança une patte sur Solcum, et celui-ci ne put complètement l’esquiver ni même amortir le coup: et de la pointe acérée qui se trouvait au bout, elle lui perça une cuisse: car il avait tenté de sauter en l’air. Solcum poussa un cri. Il était crocheté! L’araignée immense se mit à tisser autour de lui un cocon qui bientôt le recouvrit tout à fait. Allait-il être détruit? Était-il désormais condamné?
 
Un sort était attaché à cette enveloppe: il ne pouvait plus se dématérialiser pour reprendre corps plus loin. Son pouvoir était dissous par la puissante aura psychique du monstre…
 
Il tenta d’appeler à son secours les mouches dont il était le maître; mais la trappe en haut s’étant refermée, aucune ne put s’introduire dans la caverne…
 
Fantomas.jpgUn seigneur des mouches pouvait-il se défaire d’une maîtresse araignée? C’était écrit dans les astres. Il devait périr! Ou du moins, être vaincu.
 
Fantômas s’avança en ricanant. Maintenant tu fais moins le fier, dit-il! Tu vas mourir. Prépare-toi. Tu seras dévoré durant des éons, capturé, avalé par ce monstre dont j’ai fait mon serviteur. Mouche dans le ventre de l’araignée, tu seras digéré sans fin! Tu vas connaître d’atroces douleurs. Et cela semblait le réjouir: il en riait.
 
Le monstre attira Solcum vers sa bouche énorme, nouveau gouffre sans fond! Le héros se débattait, mais ce fut en vain.
 
Alors il ne bougea plus, demeura coi. Il eut une pensée pour sa dame, qui l’avait envoyé accomplir cette mission. Elle lui apparut brillante, et des larmes coulaient de ses yeux. Car ses pensées montaient jusqu’à elle: ils pouvaient communiquer sans passer par aucune voie physique. Elle le voyait distinctement, l’espace n’étant point pour elle une barrière.
 
Or, Solcum abaissa les paupières, et s’apprêta à subir son terrible sort.
 
Ce qu’il advint ensuite sera dit dans un épisode prochain.

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20/08/2013

Degolio XXII: la Grande Veuve

poison_spider_by_hunqwert-d4xn84e.jpgDans le dernier épisode de cette série faite pour inspirer de la crainte aux plus braves, nous avons raconté comment le docteur Solcum s’était retrouvé dans un gouffre, sous la montagne de l’Alcudine, en Corse, face à une présence terrifiante, qu’il chercha à reconnaître en faisant de la lumière à partir du pommeau d'émeraude de son bâton magique.
 
Il reconnut sans tarder de quelle bête il s’agissait. Son corps noir et luisant, traversé de quatre rangées de taches rouges et muni de huit pattes longues et pareilles à de l’acier, sa face hideuse, rien de ce qu’il percevait ne lui laissait de doute - et il murmura le nom qu’avaient donné à cet être les hommes: Latrodecte malmignatte… La Veuve noire…
 
Cependant, de cette race venimeuse, celle-ci était la mère! Gigantesque, elle emplissait tout l’intérieur de la montagne - tache obscure dans la pénombre, puits d’obscurité absolue dans la lueur bleue que diffusait le bâton du spectre céleste. Elle semblait s’être matérialisée en épaississant les ténèbres. Elle était née d’une larme de colère de Dieu tombée dans le giron de l’abîme!
 
Au fond d’insondables gouffres, elle avait attendu son heure - et, à présent, elle était venue!
 
a6caea520dae47daa3587e7d50f563c5.jpgFantômas l’avait libérée des chaînes dans lesquelles elle avait été placée au-dessous de la Grande Enclume.
 
En vérité, elle était plus ancienne que la Terre même, et un héros l’avait rejetée dans l’Orc au sein d’une époque fabuleuse. Mais voici qu’un sorcier méchant l’en avait arrachée! À présent le vaillant Docteur Solcum se devait de l’affronter.
 
Or la connaissait-il bien. Son nom véritable, dans la langue occulte des mages, était Dicaliudh.
 
Les mortels l’avaient oublié, mais on la disait veuve parce que son époux, encore pire qu’elle, avait été tué et dissous par les dieux à l’aube des temps; son cadavre avait fourni la matière de plusieurs montagnes.
 
Cependant, Solcum, au sein de son effroi et de sa surprise, sentit monter sa colère: il haïssait l’infamie qui avait conduit Fantômas à briser, par son art magique, les liens qui avaient maintenu l’ignoble Veuve dans ses profondeurs!
 
Il jura alors de remettre cette géante dans son puits immonde et de lui en interdire à jamais la sortie.
 
Il se jeta sur elle, et lui asséna un coup terrible de son espèce de sceptre. Des étincelles jaillirent. Mais giant_spider_nest_by_victorelessar-d64w63u.jpgDicaliudh ne broncha pas: les éclairs mêmes qui coururent aussitôt le long de son corps ne parurent lui faire aucun mal. 
 
Elle siffla, et Solcum crut distinguer des injures effroyables, des menaces atroces; puis elle lança vers lui sa mâchoire qui suintait de pus et de pestilence. Le héros faillit être distrait par l’haleine effroyable du monstre, dans laquelle nul mortel n’eût pu respirer sans mourir - mais, au dernier moment, il parvint à se dématérialiser et à se placer derrière la tête informe de l’araignée immense. De nouveau il abattit son bâton magique, mais en se servant cette fois de l'émeraude qui luisait au bout, et en lâchant toute l’énergie dont il vibrait, et qui venait des étoiles!
 
Un aveuglant éclair vert en surgit - flux d'énergie puissant et concentré qui violemment atteignit le monstre à la tête.
 
Ce qu’il advint alors ne pourra néanmoins être dit qu’une fois prochaine.

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06/08/2013

Degolio XXI: la fosse noire

Deep Dark Water.jpgDans le dernier épisode de cette intrigante série, j’ai laissé le héros Solcum, génie lunaire ayant pris forme humaine, sur la cime de l’Alcudine, en Corse, là où l’horrible Fantômas lui avait dit, en langage occulte, avoir une base. Or, dès qu’il se fut posé sur ce plateau qui couronnait la célèbre montagne de l’Alta Rocca, le héros vit une trappe s’ouvrir dans la roche grise; un être étrange en sortit.
 
Il portait une grande cape noire, lui recouvrant tout le corps, et un masque cuivré se tenait à la place de son visage. On ne distinguait pas ses membres, comme si sa robe n’était qu’une obscurité rendue visible par l’art du diable. Et d’une voix qui semblait venir de loin, d’un trou profond, il dit: Vaillant Solcum, je suis là! Viens me chercher! Puis il disparut dans la trappe en faisant entendre un ricanement sinistre.
 
01 PAINTING BY DON MAITZ FOR STANISLAW LEM'S THE TEST.jpgSolcum se transporta au bord de la sorte de puits creusé dans le roc: il était resté béant. Il y plongea le regard, mais même à ses yeux d’immortel, étrangement, les ténèbres demeurèrent complètes. Une malfaisance inouïe semblait habiter les profondeurs. L’obscurité était palpable, et remplie d’une tension qu’on ne saurait décrire. Une épouvante assurément y respirait, s’y mouvait. Une puanteur immonde bientôt monta à ses narines.
 
Puis il distingua, au fond de la fosse, de vagues lueurs rouges.
 
Malgré lui, le cœur du spectre se serra: il avait connu le fond de l’Abîme, au temps jadis: ce qu’on appelle l’Orc. Et voici qu’il le retrouvait. Des souvenirs effroyables resurgirent à sa mémoire. Un voile d’ombre se posa sur ses yeux; un  poids s’abattit sur son front. Lui qui avait traversé les espaces, sondé les nébuleuses, pénétré les gouffres, parcouru les galaxies, tutoyé les anges, - il tremblait, face à l’horreur tapie devant lui! Il devinait qu’il était face à un péril immense.
 
Car dans l’abîme de la Terre, au sein de l’Orc, fut enseveli jadis le plus puissant des Titans hostiles aux dieux!
 
Il était cependant prêt à l’affrontement sanglant. Ne s’était-il pas, autrefois, dressé contre son propre prince, lorsqu’il était passé du côté du mal? Or, il était d’un rang grandiose aussi! Solcum avait failli y laisser la vie; mais il s’en était sorti. Il avait vaincu l’adversité. Cette fois encore il saurait demeurer l’âme ferme. Face au danger, se surpasser!
 
Soudain, il entendit un ricanement ou étouffé, semblant jaillir de ces profondeurs noires. Il descendit, sans bruit, se suspendant dans l’air par le pouvoir de son bâton.
 
Il entendit un sifflement; une sorte de lance crochue et articulée se jeta sur lui - dont il n’avait eu aucune prescience, comme si ses pouvoirs s’étaient éteints, au sein de ce trou ignoble! Il n’eut que le temps de se jeter en arrière, afin d’amortir le coup - qu’il ne put, néanmoins, éviter, et qui l’envoya à green-lantern-photo-7.jpgplusieurs mètres et le fit s’écraser violemment contre la paroi de la montagne.
 
Sonné, il se laissa choir doucement le long de la roche creusée de l’intérieur - le temps de reprendre ses esprits. Puis, il ordonna à l'émeraude polie qui ornait le bout supérieur de son bâton de faire luire son cœur, comme il en avait le pouvoir, afin de diffuser une lumière suffisante pour qu'il distinguât ce qui se tenait sous lui. Le joyau, qui contenait un esprit venu des astres, et ayant sa volonté propre, s'exécuta. Dans la clarté verte, Solcum alors vit une chose qui le terrifia. Néanmoins, ce dont il s’agit ne pourra être dit que dans un prochain épisode.

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06/07/2013

Degolio XX: le mystère de l’Enclume

1485010540_3e62f76274_b.jpgDans le dernier épisode de cette angoissante série, j’ai raconté comment Docteur Solcum - ainsi qu’on l’appelait parmi les siens, les génies qui habitent la sphère de la Lune -, avait vaincu, sous l’impulsion patriotique de Charles de Gaulle, trois terroristes qui avaient détourné un avion de la compagnie nationale française, et parlé avec leur chef, dans la radio de l’engin.
 
Une fois la conversation finie, le héros médita quelques instants sur ce qui lui avait été révélé: que le chef des terroristes avait une base sous une enclume! Mais il s’agissait d’une énigme. L’être qui se nommait lui-même Fantômas s’était exprimé dans la langue des ombres, lesquelles parlent en rébus. Il fallait comprendre qu’il s’agissait de la montagne de l’Alcudina, en Corse, au sein de l’Alta Rocca - dans la commune de Zicavo. En langue locale, en effet, l’alcudina désignait l’enclume; le reste n’était  point difficile à comprendre: pour les esprits invisibles, une île est une sphère, et toute forme est belle: la beauté et la forme se confondent. Il s’agit pour eux d’une substance, non de quelque chose d’abstrait, comme ça l’est pour les humains. À leurs yeux, elle est semblable à de l’eau; c’est par elle que brillent les choses au regard de l’homme mortel: elle les imprègne comme une grâce, comme un ruissellement lumineux. Son essence est enchantée. Elle est la liqueur par laquelle toute chose se transfigure! Et d’elle est née la légende de l’élixir de jouvence…
 
Or, dans les parages de Zicavo, dit-on, le brouillard qui s’élève contient toujours des vampires et des dyn006_small150_400_681_jpeg_2502298_4ce101c2f2b6a75b8bf982a098fc3f0d.jpgspectres assoiffés de sang, ainsi que des goules que dans le pays on appelle streghe - longues, hâves et bleues, et qui dévorent impitoyablement toutes les âmes qui s’égarent. Sans doute leur nom vient-il des stryges des Anciens! Nul hasard n’avait amené ce brigand qui connaissait le langage occulte - et donc était sans doute un sorcier -, à s’installer dans les profondeurs de cette enclume
 
Sur elle néanmoins des anges avaient forgé leurs lames de foudre: on dit que saint Pierre apparut à deux hommes poursuivis par d’autres qui cherchaient à les tuer, afin de les sauver et leur montrer comment se réconcilier avec leurs ennemis. Car les armes des anges sont souvent celles de la paix et de la bonté, de l’amour. Toutefois leur colère, dit-on, crée des ombres maléfiques; elle survient quand les mortels commettent des fautes qui les révoltent.
 
Solcum demanda, quoi qu’il en soit, aux pilotes de l’avion s’ils pouvaient ligoter le terroriste demeuré en vie, le tenir en respect, et reprendre leur chemin initial; et comme ils lui assurèrent qu’ils maîtrisaient la situation, il se volatilisa, et se matérialisa à nouveau au dehors, au-dessus des nuages. Alors il ordonna à son bâton de se diriger vers la Corse, et voici! le bâton s’exécuta - car il était doué de vie propre. Le héros n’eut plus qu’à se laisser entraîner. Et, bientôt, il arriva en vue de l’île de beauté. Puis, il se posa sur la cime de l’Alcudine!
 
Or, ce qui advint sera dit une fois prochaine.

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28/06/2013

Degolio XIX: le mystérieux interlocuteur

solcum XIII.jpgDans le dernier épisode de cette troublante série, j’ai raconté comment Degolio - dont le vrai nom, en langue extraterrestre et angélique, est Solcum - avait pénétré dans un avion détourné par la voie de la téléportation et vaincu deux pirates de l'air qui le menaçaient.
 
Or, il en restait un troisième. Il se trouvait dans la cabine de pilotage et il parlait dans la radio. Il communiquait visiblement avec son chef, car, ayant vu agir le héros venu d’outre-espace, il évoquait ses exploits, et demandait ce qu’il devait faire à présent. Il écouta la réponse, que nul n’entendit, parce que le son passait par un casque que le malandrin avait aux oreilles. Ayant pris connaissance de ce qu'il avait à savoir, il posa celui-ci, se leva, et attendit Solcum - qui s’approchait de lui, les passagers ayant révélé au héros la présence de ce troisième et dernier pirate dans ce réduit où se tiennent les pilotes.
 
Lorsque le spectre étrange fut devant lui, l’homme dit: Vous! apprenez que mon maître sait qui vous êtes, et qu’il me charge de vous dire qu’il s’occupera bientôt personnellement de votre cas. Si du moins - comme il le pense possible voire davantage -, je ne parviens pas à vous vaincre moi-même! 

MGRR-Raiden.jpgÀ ces mots, il fit jaillir un long sabre de samouraï, qu’il tenait caché le long du corps, et s’efforça d’en transpercer Solcum. Mais celui-ci avait prévu le coup, qui ne le surprit pas; et puis il était d’une rapidité inouïe. Il avait déjà placé sur la trajectoire de la lame fine et brillante son bâton enchanté, qui fit jaillir des étincelles au choc. Cependant, la force du malandrin était grande: il semblait doué de pouvoirs spéciaux. En lui, Solcum, par sa vision enchantée, vit des mécanismes métalliques qui décuplaient sa  force. Sans doute avait-il un maître d’une rare science! Sans doute était-ce lui qui lui avait procuré cette technologie unique!
 
Sous la pression, le héros plia un genou. Le brigand alors lui donna un coup de poing sur la mâchoire: il avait la main pareille à du fer, et l’être magique le sentit profondément.
 
Mais sa propre puissance demeurait supérieure; rassemblant sa vertu, il repoussa le sabre, et l’homme recula. Puis, Solcum le prit à la gorge de sa main gauche, et serra jusqu’au point où il pouvait lui briser les cervicales - même renforcées par de l’acier. Alors, il lui dit: Révèle-moi le nom de ton maître, et où il se trouve!
 
L’autre répondit: Tu n’as qu’à lui demander toi-même, il est toujours sur la fréquence d’ondes de la radio!
 
Solcum resserra légèrement le poing pour faire perdre connaissance au vil pirate et s’empara du casque muni d’un micro: Allô? fit-il de sa voix étrange.
 
images (3).jpgOr, à l’autre bout, une voix grinçante et sinistre lui répondit: Tu vas mourir, spectre infâme! Tu vas apprendre la douleur, si tu ne l’as jamais connue! Viens me rejoindre: car je suis dans un endroit que tu trouveras facilement, si tu as le moindre sens: il est situé sous l’enclume de la haute roche, au sein de la sphère de forme! J’y ai une base. Ose donc t’y rendre! - Quel est ton nom? fit Solcum d’une voix pleine d’autorité. - Écoute bien, immonde démon, écoute mon nom: je m’appelle Fantômas, et tu as trouvé un être pareil à toi à plusieurs égards, et c’est pourquoi je te connais! Tout m’a été révélé, à ton sujet. Je t’attends. Accours donc affronter ton destin! Alors la radio se tut. Solcum la posa. Ce qu’il advint ensuite sera dit une autre fois.

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12/06/2013

Degolio XVIII: la bataille des terroristes

Jetman_OK.jpgDans le dernier épisode de cette étonnante série, nous avons raconté comment le vaillant Solcum, alter ego de Charles de Gaulle, s’était lancé à la poursuite d’un avion détourné par de méprisables pirates de l'air, et avait pénétré à l’intérieur grâce à sa faculté de se transporter d’un lieu à un autre sans passer par l’étendue physique.
 
Toutefois faut-il préciser qu’il ne pouvait le faire que d’un lieu proche à un autre lieu proche, sous peine de ne plus parvenir à se matérialiser à nouveau de façon correcte. Or, lorsqu’il était dans l’avion, il fallait qu’il fût en pleine possession de ses moyens.
 
Et dans l’engin volant qui fait si souvent lever les yeux au ciel aux enfants et pousser des cris d’admiration aux adultes, le héros se tenait juste devant un des malandrins armés: il avait un pistolet de gros calibre, et le tenait à hauteur de son visage, fixant les passagers, et les surveillant. Lorsqu’il aperçut Solcum devant lui, se matérialisant dans son habituelle brume bleue, il écarquilla les yeux d’effarement; mais ce fut bref; apparemment, quoique cela puisse apparaître comme mystérieux, il 13 Iron Man 3.jpgétait préparé à cette éventualité. Il pointa sans attendre son pistolet sur le héros, et tira. Cependant, le spectre, comme s’il avait vu à l’avance ce qui allait se passer, avait déjà placé son bâton d’or sur la trajectoire de la balle. Or, celle-ci n’y rebondit pas: elle s’y incrusta brièvement, puis retomba. Le bâton portait la marque de l’impact; mais il fut saisi d’une sorte de tremblement, comme s’il s’animait de l’intérieur, et l’instant d’après, elle disparut: de nouveau ce sceptre brillait, sa surface restant d’un poli parfait.
 
Alors, à la vitesse de l’éclair, il lança devant lui cette arme, et le brigand s’effondra, comme foudroyé.
Juste derrière, un deuxième terroriste, ayant assisté à la scène, ne perdit pas son temps: il fit jaillir une grenade dans sa main, et la dégoupilla, prêt à mourir et comprenant aussitôt, semble-t-il, à quelle forte partie il avait affaire!
 
Solcum s’élança et sa cape, comme mue de son propre chef, s’ouvrit complètement, créant une sorte batman-primer.jpgde chape immense qui se referma aussitôt sur le brigand, lorsque Solcum se fut collé à lui; or n’eut-il pas le temps de jeter l’engin destructeur qu’il tenait en main. Les deux hommes disparurent sous la cape déployée, et, quand l’explosion eut lieu, on entendit à peine le bruit d’un souffle, et on ne distingua qu’une vague vibration le long des membres du héros, du demi-dieu! Une vapeur ténue sembla s’échapper, également, de la cape.
 
Or, lorsque celle-ci se remit le long du dos de Solcum, on s’effara de ce qu’aucune trace du malandrin ne fût visible: seuls quelques débris métalliques brillaient au sol - et encore n’y en avait-il pas suffisamment pour reconstituer toute la grenade qui avait éclaté! L’homme s’était volatilisé. On ne voyait à la place que quelques volutes de fumée. 
 
À l’intérieur du corps qu’avait formé son propre rêve, Charles de Gaulle sentit la peur monter, face à ce pouvoir incommensurable qu’il découvrait. Mais il n’eut pas le temps d’y penser davantage. Car il restait un troisième pirate, qui se tenait dans la cabine de pilotage.
 
Ce qu’il en advint sera néanmoins dit une fois prochaine.

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27/05/2013

Degolio XVII: détournement d’avion

01.jpgDans le dernier épisode de cette troublante série, nous avons raconté le rêve étrange que fit Charles de Gaulle et qui lui révéla une nouvelle facette de son double extraterrestre: il portait le titre de Seigneur des Mouches.
 
Or, après l’avoir entendu parler en songe, il se réveilla.
 
Il se posa, naturellement, bien des questions: qui était vraiment ce Solcum? Car une mouche était puissante, mais cruelle, et fausse, comme disait le grand savant allemand Oken: pouvait-on vraiment lui faire confiance? Son sceptre - si brillant, si pur - également étonnait Charles: quelle était sa nature? D’où venait-il?
 
Il ne trouva aucune réponse à ces questions, et nulle vision nouvelle pour le moment ne vint mettre en lui une lumière.
 
Or, le soleil se levait. Il commença une fois encore à se demander si tout cela n’était pas simplement un rêve dénué de sens. Il alluma la radio, afin d’écouter les informations. Il était huit heures. Il entendit aussitôt l’orateur effaré annoncer une prise d’otage dans le ciel. Une bande bien organisée avait détourné un avion d’Air France qui venait de Pékin et devait se poser à Paris. Les pirates de l'air prétendaient avoir des motivations politiques, mais leurs revendications étaient floues: ils ne les exprimaient pas clairement.
 
Ayant entendu cela, Charles de Gaulle fut comme pris d’un tremblement. Une flamme noire venue de profondeurs obscures sembla soudain l’envahir. Il sentit une rage démesurée monter en lui. Son indignation était sans limite: oser s’attaquer ainsi à la France!
 
Captain Canada.jpgPuis, il eut un sentiment bizarre. Quelque chose se détachait de lui, comme une vapeur sombre, une ombre. Bientôt il prit forme et il reconnut Solcum - son alter ego!
 
Le spectre se tenait devant lui, matérialisé, arraché aux ténèbres. Les stries sur son heaume luisaient. Il se dégageait de tout son être une vague lueur de cuivre. 
 
Il se produisit alors une chose extraordinaire: Charles se sentit à l’intérieur de Solcum! Il se regardait lui-même, et se voyait de l’extérieur. 
 
Cependant, un voile lumineux se tenait entre son ancien corps et ses yeux d’emprunt: il avait du mal à en distinguer les détails. En revanche, il lui semblait apercevoir, à l’intérieur, des lignes de lumière, dessinant une forme, comme s’il voyait l’être psychique de ses membres; mais ce fut fugace.
 
Or, sous cette apparence de Solcum, il se détourna, se dirigea vers la fenêtre, comme poussé par une volonté plus puissante que la sienne, et il s’en fut en laissant derrière lui une brume bleue. 
 
L’instant d’après, il se vit voler dans les airs, tiré par son bâton doré, dont il jaillissait maintes étincelles - et qui laissait, derrière lui, un sillon d’or!
 
avion_air_France23.jpgSoudain, devant lui, mais volant dans le même sens, apparut, clair dans l’azur, un avion!
 
S’élançant par dessus un champ de nuages qui ressemblait à un pays de neige, Solcum rattrapa l’engin, puis se posa sur sa carlingue. Les passagers, à l’intérieur, entendirent un bruit sourd, et se demandèrent ce qui se passait. Leur étonnement ne connut plus de bornes lorsqu’ils virent, par les fenêtres à droite, un être masqué marcher sur l’aile, et semblant ne souffrir aucunement du vent! Mais ils crurent avoir rêvé, car aussitôt, une brume bleue le remplaça, avant de disparaître elle-même...
 
Or, le héros, à présent, était à l’intérieur de l’aéroplane!
 
Ce qui se passa ensuite sera dit une autre fois, s’il est possible.

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05/05/2013

Degolio XVI: la lueur des mouches

1.jpgDans le dernier épisode, nous avons expliqué pourquoi Charles de Gaulle, tel que nous le peignons dans cette série, a pu penser que Jean-Paul Sartre avait une sorte de clairvoyance qui pouvait être perçue dans sa pièce des Mouches, qui alors se jouait au théâtre.
 
Il se rendit donc à sa représentation, et, après y avoir assisté, il demeura incertain: les costumes étranges, les masques, la mise en scène ritualisée de Charles Dullin lui avaient bien suggéré qu’il s’agissait là d’un mystère au sens où l’entendaient les Anciens. Et pourtant, l’auteur paraissait ironiser. Jupiter y était le Seigneur des Mouches, et semblait ridicule. En même temps il avait une stature puissante, noble, qui inspirait de la peur. Il se souvint d’Amphitryon, de Molière: les figures de Mercure et de Jupiter remplaçant Sosie et l’époux d’Alcmène avaient toujours créé en lui le même sentiment. Cette force inexorable qui n’était bonne que parce qu’elle avait le dernier mot était le fond de la tragédie...
 
Cependant, quelque chose en lui se mouvait qui franchissait un seuil, allait plus loin que ce qu’il avait vu. Une lumière semblait s’en dégager, mais qui ne l’éclairait que par le bout presque dissous de ses faibles rayons: elle se tenait au bord de son cerveau - sans pouvoir le pénétrer.
 
Or, la nuit suivante, il rêva. Il vit Jupiter, entouré de mouches - tel que Sartre le représente. Il avait le visage de l’acteur ayant joué son rôle au théâtre. Il le regarda dans les yeux, et, soudain, s’aperçut que c’était Docteur Solcum, entouré d’étincelles d’or. Alors, il crut voir qu’il avait effectivement un visage qui, en même temps qu’il était humain, rappelait celui d’une mouche.
 
Il ne s’agissait cependant pas d’une mouche hideuse: elle était belle. Des émeraudes constellaient ses joues. Sur son front luisait une couronne de topazes. À son cou chatoyaient des saphirs. Il était comme 09_mouche_en_echasse_close-up.jpgune mouche royale - prince d’êtres célestes. Ses ailes bleutées étaient traversées de fils d’or, et nimbées d’un éclat d’argent. Toute sa personne brillait; un arc-en-ciel semblait en faire le tour. Sa tête était ceinte d’une auréole éclatante. À coup sûr il venait du pays enchanté - au sein duquel les hommes ont un lien avec l’animal jusque dans leur forme!
 
Alors il l’entendit lui parler, et il reconnut sa voix; et il lui dit: Ô tu as deviné, je suis le génie qui souffle aux mouches leurs désirs! Qui œuvre dans leur volonté. Je suis le Seigneur des Mouches.

En passant de mon monde au tien, j’ai engendré dans l’air des nuées de ces insectes; et tu verras quelque jour prochain qu’elles forment fréquemment, en se collant les unes aux autres, en s’agglutinant, des corps puissants, dans lequel je pourrai placer ma volonté et qui m’obéiront, qui constitueront comme une armée. On ne distinguera plus les mouches, tant elles seront unies: le corps sera semblable à celui d’un être humain. Plusieurs guerriers à mon service en naîtront. Tu ne devras pas en avoir peur; ils seront tes alliés.
 
Car tel est, vis-à-vis des bêtes, le pouvoir de ceux de ma race - de mon peuple.

Alors De Gaulle commença à comprendre. Néanmoins, ce qui s’ensuivit sera dit une autre fois.

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13/04/2013

Degolio XV: l’écrivain voyant

mouches.jpgDans le précédent épisode de cette série, nous avons dit de quelle façon Charles de Gaulle fut intrigué par la présence de mouches nombreuses dans l’immeuble au pied duquel le spectre Solcum lui était apparu, et plus encore par la représentation, au théâtre de la Cité - à Paris -, de la pièce de Jean-Paul Sartre appelée Les Mouches; il pensait que, les écrivains ayant, souvent à leur insu, un don de seconde vue, il pouvait y avoir un rapport.
 
En particulier, ce Sartre lui semblait justement avoir un certain génie pour représenter par ses figures bizarres l’esprit de son temps. S’il était athée, c’était, paradoxalement, à cause de cela: tout proche de l'esprit qui ne cessait de grandir, en France, depuis plusieurs décennies, il en sentait tellement la présence, il en restituait si précisément les contours que le dieu abstrait des chrétiens lui semblait être, en face, pure fumée.
 
Charles se souvint alors d’une étrange idée perçue dans les Confessions de saint Augustin - lesquelles il avait lues récemment: il existait des anges qui n’avaient pas rallié le Christ et qui enseignaient aux Lucifer_az_urral_szemben_(Madach).jpghommes une science ne s’appuyant que sur eux-mêmes. Ils refusaient en quelque sorte de croire en Dieu, n'ayant foi qu’en leur propre intelligence sublime, et, de ce fait, la connaissance qu’ils livraient était géniale - mais froide, dénuée d’amour, vide de substance morale. Elle enorgueillissait tout homme qui y avait accès, car elle était assez profonde pour sembler le placer par-dessus sa propre essence et l’arracher à la matière et à son abominable pesanteur. La condition de l’être humain était comme surmontée par ses perspectives: le surhomme était en vue, la liberté toute proche. L’éternité dormait juste derrière une porte qu’on allait bientôt franchir!
 
La raison détachée des contraintes de la vie matérielle n’allait-elle pas permettre de créer une cité idéale? Lui servirait de base Paris - capitale de la France. Déjà s’y étaient concentrées les forces de l’univers - lesquelles lui avaient fait, au siècle précédent, changer de visage - et, au regard clairvoyant, elle brillait de l’éclat d’un astre! L’être humain, par son intellect délivré des principes contraignants de l'existence, avait saisi l’essence des choses - et il la maniait à sa guise. Par elle, il allait pouvoir créer un monde nouveau! Tout serait transfiguré.
 
Les êtres qui montraient à la conscience de tels horizons étaient réellement grandioses: on ne pouvait le nier. Ils portaient, aux yeux intérieurs de De Gaulle, une amure brillante. Pareille à un miroir poli, elle reflétait ce qui se trouvait devant elle. Or, consciemment ou pas, les philosophes pouvaient y percevoir de véritables mystères, et en restituer, dans leurs écrits, des fragments. Le souffle qui fait aller d’un objet à un œil la lumière d’une image leur parlait, et, voici! ils passaient pour avoir du génie - ce qui n’était pas faux.
 
Sans doute Jean-Paul Sartre était un tel voyant. Il avait, ainsi, fort bien pu distinguer le rayonnement de Solcum… Ce qu’il en est véritablement sera dit une autre fois.

08:52 Publié dans Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

28/03/2013

Le Seigneur des Mouches (Degolio XIV)

occulte9.jpgDans les précédents épisodes de cette série, nous avons dit comment, après avoir vu se détacher de lui une sorte d’esprit pouvant se matérialiser à volonté, Charles de Gaulle assista à sa victoire sur deux voyous dangereux qui s’en prenaient à une pauvre femme, et l’écouta lui dire qui il était. Mais des questions demeurent en suspens.
 
Charles comprit, en tout cas, que lorsqu’il avait cru voir la fée de la République - Marianne - lui donner un saphir rayonnant, il n’avait pas rêvé, comme il lui avait d’abord semblé. Et désormais, il n’aurait de cesse de chercher à se rendre digne d’elle, de la beauté qu’il lui avait vue, de la lumière qu’il avait distinguée dans ses yeux! Car elle reflétait la gloire des dieux, et contenait l’éclat des étoiles: de cela il était sûr.
 
Mais pour l’heure, il rentra chez lui. Il était temps! Son épouse s’était beaucoup inquiétée. Elle l’accueillit avec un air effaré, pâle et l’œil enfoncé dans son orbite - mais, quand elle vit que son mari était joyeux, plein d’énergie, de feu, et qu’il l’embrassait avec passion, elle fut heureuse, et son visage s’éclaira, la couleur lui revint aux joues.
 
La vie ordinaire du général reprit son cours. Mais un soir, en lisant son journal, il apprit quelque chose de curieux: une nuée de mouches s’était installée dans un immeuble en ruines, et gênait les voisins. Leur nombre dépassait toute mesure; de mémoire d’homme, à Paris, on n’avait jamais vu cela! Or, quand il regarda la photographie qui illustrait l’article, avec l’adresse précise de l’immeuble dessous, il eut la surprise de découvrir que celui-ci n’était autre que le bâtiment ayant soutenu le corps de Solcum au moment où il lui était apparu clairement, lui avait parlé! N’était autre que l'édifice où il avait vu s’enfoncer le voyou et sur lequel il avait cru être transporté en vision par un spectre étrange venu d’ailleurs qui était dans le même temps son bon ange, son astre matérialisé!
 
fly.jpgIl demeura songeur. Y avait-il un lien entre cet être et ces mouches - ou n’était-ce là qu’une coïncidence? Il était difficile de croire le fait entièrement fortuit.
 
A cette époque, on donnait à Paris une pièce de théâtre célèbre: Les Mouches, de Jean-Paul Sartre. Charles avait toujours dans l’idée que les grands écrivains, même athées, avaient une sorte de don qui les mettait en relation avec le monde divin et leur faisait révéler, à leur insu, des faits occultes: ils sentaient l’esprit qui volait, qui circulait dans l’air au moment où ils écrivaient, qui dominait l’époque, et leurs figures le représentaient, même quand ils croyaient ne les créer que pour se divertir ou se moquer.
 
La prochaine fois, nous continuerons, si cela est possible, de retracer le cours des réflexions de Charles de Gaulle sur la littérature en général et celle de Sartre en particulier.

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