15/04/2008

Jean-Luc Mélenchon et le Dalaï-Lama

jean-luc_melenchon-3-3-7744e.jpg

Sacré Jean-Luc Mélenchon! Dernièrement, il est venu prendre le contrepied de ce que disait tout le monde, au sujet du Tibet: car ce grand socialiste devant l'Eternel, resté fidèle à Mao et aux purs principes de la Vraie Laïcité, a eu le courage d'être logique avec lui-même, en fustigeant le régime théocratique des Tibétains.

Mais ce qui m'a le plus intrigué, ce sont ses allusions, directes ou indirectes, à la Franche-Comté. Car il a déclaré que Besançon était française depuis moins longtemps que Lhassa n'était chinoise: Besançon, comme on sait, a été annexée par Louis XIV, à la fin du dix-septième siècle. Et il a eu des accents très étranges, pour évoquer le régime tibétain, car ils m'ont rappelé étroitement ce qui finalement relevait bien plus du régime théocratique que la Savoie du temps de François de Sales: c'est la Terre de Saint-Claude, dirigée par un prince-abbé depuis les origines - le royaume burgonde -, et jusqu'à la Révolution.

Les serfs, que Jean-Luc Mélenchon dit avoir existé au Tibet jusqu'à l'invasion chinoise - précisément survenue pour les affranchir - ont pareillement été présents à Saint-Claude jusqu'à l'avènement de la République. Voltaire lui-même s'était indigné de cette situation, et avait traité les moines de stériles paresseux. De surcroît, cette Terre de Saint-Claude (appelée aujourd'hui le haut-Jura) est extrêmement montagneuse et difficile d'accès: les Francs-Comtois vivent plus que les Savoyards dans les montagnes, en réalité, car en Savoie, ce sont les vallées, qui sont surtout peuplées, tandis que les hauts plateaux du Jura ont permis la colonisation - relativement tardive, du reste - d'altitudes assez élevées.

C'était la réflexion que je voulais livrer aujourd'hui.

18:16 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

10/04/2008

Napoléon

Les Savoyards n'avaient pas de sentiment particulier pour le roi de France, étant attachés au duc de Savoie, mais ils furent de grands admirateurs de Napoléon, en général. Le montre la carrière poétique de Joseph Béard, un écrivain rumillien du XIXe siècle sur lequel Le Messager publie cette semaine un article. Il a fait paraître le premier livre d’une épopée sur le grand homme - avant de le voir interdire de diffusion par le roi de Sardaigne. Ce lien avec Napoléon a pu jouer dans la réussite de l'Annexion par Napoléon III, sans doute. Les Savoyards ont été de presque toutes les républiques de la France, et aussi de l'Empire : il n'y a que la royauté française, qu'ils n'ont pas réellement connue. Après cet échec, dont les circonstances sont précisées dans l'hebdomadaire de Haute-Savoie sus nommé, Béard se reconvertit dans la chanson en patois : ses succès, dans ce domaine, seront présentés la semaine prochaine.

11:08 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

24/02/2008

Paul Guichonnet : notre Bonneville

COUV BONNEVILLE.jpgLe professeur Paul Guichonnet, ancien doyen de la Faculté des Sciences économiques & sociales de l'université de Genève, est né à Megève, mais est en fait originaire de Bonneville, où il a grandi. Les éditions Le Tour, dont j'ai déjà parlé à propos de Xavier de Maistre, ont récemment réédité un de ses meilleurs ouvrages, justement une histoire de Bonneville, Notre Bonneville.

On sait que Guichonnet a beaucoup fait pour mieux diffuser l'histoire de la cité de Calvin. Il a également agi en ce sens vis à vis de la Savoie, notamment dans la presse locale. Son livre sur Bonneville est très particulier, car c'est un des premiers qu'il a écrits, et il présente la ville à laquelle il est lié le plus en profondeur. Tout s'y anime donc, un peu comme dans l'épopée.

Les Genevois peuvent s'y intéresser aussi parce qu'il contient un chapitre sur la faune et la flore de Bonneville qui a été écrit par André Charpin, l'ancien directeur du jardin botanique de Genève.

18:16 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook