04/03/2016

Réédition du voyage au long cours de Jacques Replat


livre_voyageaulongcours.jpgLes éditions Livres du Monde ont réédité l'un des chefs-d'œuvre méconnus du grand Jacques Replat (1807-1866), l'excellent écrivain savoyard romantique, Voyage au long cours sur le lac d'Annecy, paru le 1er mars. J'en ai assuré, modestement, la postface et les notes, et Michel Amoudry l'a préfacé: personnalité connue à Annecy, auteur de plusieurs livres d'histoire, il est président de la Société des Amis du Vieil Annecy et vice-président de l'Académie florimontane, où il me permit jadis d'entrer.

C'est un merveilleux petit livre, qui s'inspire, pour la forme, du Voyage autour de ma chambre de Xavier de Maistre (1763-1852) et des récits de voyage de Rodolphe Töpffer (1799-1846), en ce qu'il mêle fantaisie et excursion. Il entend prolonger le voyage minuscule effectué sur le lac annécien par celui qu'il fait, d'une part, sur les montagnes qui y sont reflétées, d'autre part dans le monde de l'imagination, du souvenir – historique ou personnel -, de la légende, de la vision. Il en appelle à la fée Mab, qui se déguise sous les traits de paysannes messagères, ou d'autres encore: elle prend diverses formes.

Avec humour, il crée un mythe, un dédoublement du visible vers le fabuleux, et emmène le lecteur très loin, même sans qu'il ait fait beaucoup de pas, dans la réalité physique – tel Parsifal se rendant dans le sanctuaire du Graal, chez Wagner.

Le livre n'avait pas été réédité depuis 1867. En effet, il se situe dans la sphère culturelle de l'ancienne Savoie, sphère culturelle balayée par l'éducation d'État, uniformisée depuis Paris, qui pour le coup est assez loin d'Annecy.

L'humour n'est pas sa seule force: il est également empreint de mélancolie et de nostalgie, l'histoire chevaleresque de la Savoie se mêlant aux souvenirs personnels liés au lac, et aux femmes qui l'avaient fait rêver sur ses rives, aux fenêtres des châteaux, sous les frondaisons de leurs parcs. On peut dès à présent se le procurer par le biais de Decitre.

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20/04/2012

Écrivains en pays de Savoie à Bonneville

salondesecrivains2012_grande.jpgMon dernier livre, Écrivains en pays de Savoie, est officiellement paru: on peut se le procurer. Sur le site électronique Écrivains voyageurs, un article lui a été consacré, que je trouve forcément excellent, puisqu'il en dit du bien. Et dimanche 29 avril, il sera présenté au public au Salon des Écrivains de Bonneville, en Haute-Savoie: entrée libre toute la journée (à l'Agora). D'autres livres et d'autres écrivains seront évidemment présents: on pourra trouver notamment Paul Guichonnet, qui fut professeur à l'université de Genève et auquel j'ai consacré un chapitre dans mes Muses contemporaines de Savoie; Michel Germain, président de la Société des Auteurs savoyards; Roger Moiroud, qui se fait connaître en ce moment par des romans policiers à succès se situant autour d'Aix-les-Bains; Viviane Söntag, qui a écrit de belles nouvelles fantastiques et qui vient de publier un roman, Simples Femmes, inspiré de ses souvenirs de l'Algérie française duquel je reparlerai à l'occasion, car j'ai également consacré à Viviane un chapitre dans mes Muses contemporaines de Savoie; et bien d'autres, qui sont souvent d'excellents camarades: Daniel Grevoz, Jacques Grouselle, Brigitte Sers-Hermann, Joseph Mino, Bernard Prêtre, Jean Travers, Corinne Bouvet de Maisonneuve, Jean-Claude Bibloque, Babette Perrin, et puis de nombreux écrivains qu'à vrai dire je ne connais pas tellement. Parmi les partenaires, je connais surtout l'excellente responsable de la librairie de Bonneville Préface: Muriel Dargaud; mais aussi Gilbert Laporte, responsable de l'Office de tourisme de la Communauté de Communes Faucigny-Glières, dont toutes les composantes ont, d'ailleurs, participé; mais il y a également le Conseil général de Haute-Savoie et la Région Rhône-Alpes: il ne manque plus que l'État français et son célèbre Ministère de la Culture. Je ne sais pas pourquoi il finance surtout les manifestations littéraires de Paris. Il ne faudrait pas faire croire aux contribuables qu'il n'y a que dans la capitale de la France que la littérature est active; comme l'échelon national est volontiers regardé comme sacré, le risque existe qu'on ait cette impression. (Quelques auteurs présents ont pourtant des titres nationaux, tels Paul Guichonnet et Viviane Söntag.)

N'hésitez pas à venir à Bonneville, quoi qu'il en soit. On peut par exemple y admirer les ruines du château des seigneurs du Faucigny, fondé par Pierre II, que Charles-Albert Cingria a appelé le fondateur de la patrie vaudoise; ou la Colonne Charles-Félix, créée en hommage au roi du même nom par un premier ministre du gouvernement de Turin originaire de Bonneville, et sur le socle de laquelle la nymphe de l'Arve est représentée au naturel et enchaînée par la magie du prince, qui la tient de la pointe d'Andey rayonnante: son feu secret se plaçait dans son sceptre. On peut visiter aussi l'église Sainte-Catherine, de style néoclassique et joliment décorée. Beaucoup de bonnes raisons de venir!

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23/01/2012

Gérard Bosson, fondateur du Vol de Pente

viewer2.pngLes éditions Le Tour, de l'association de soutien desquelles je suis le secrétaire, ont publié, récemment, la relation autobiographique de Gérard Bosson, Quels Vols a-t-il faits? Elle est consacrée à la fondation de ce que l'auteur appelle le Vol de Pente, et qu'on nomme communément le Parapente. Car il y a participé, avec deux autres personnes. C'était à Mieussy, en Haute-Savoie; car Gérard Bosson est né à Saint-André-de-Boëge, et vit de l'autre côté de Vouan - la montagne mystérieuse aux fées occultes -, à Viuz en Sallaz, au bord de la rivière qui coule depuis Bogève, dans un épais bois.

Le récit est agréable et empreint de simplicité. Comme Gérard Bosson a initié un tas de pays lointains à son art, on découvre avec lui des mœurs, des coutumes, des croyances, des atmosphères. On découvre également qu'il existe, dans le monde, des gens très riches qui sont prêts à donner abondamment, pour s'initier à cet art nouveau, à cette technique révolutionnaire du Vol de Pente! On dit pourtant que les gens n'ont plus d'argent pour les choses dont on ne peut pas tirer un profit clair - pouvant se chiffrer. C'est vrai quand on parle de poésie; mais dès qu'on entre dans des régions un peu moins éthérées, dans des distractions plus matérialistes, cela ne l'est pas: le mécénat existe toujours. D'ailleurs, mon ami poète Jean-Vincent Verdonnet me disait,Paragliding.jpg il y a peu, que l'État français avait supprimé ses subventions aux poètes et à leurs organes de publication; mais je crois que celles qui existent pour le cinéma, ne serait-ce qu'au travers des chaînes de Télévision publiques, créent toujours une faille importante dans les équilibres financiers de la France.

Car, on le sait, je suis opposé à ce que l'État se mêle de culture. Gérard Bosson raconte, d'ailleurs, qu'il a surtout été aidé par des sponsors privés. Pour ce qui est de l'État central, il a (affirme-t-il) d'abord refusé de reconnaître le Vol de Pente comme une discipline spécifique, et, quand il a constaté que cela fonctionnait, il a essayé de se l'approprier, déjà en changeant son nom en Parapente: cela explique l'attachement de Gérard au nom que lui avait donné. Le livre se termine d'ailleurs par la demande que son rôle soit reconnu, et qu'on ne lui enlève rien. Il essaye globalement de faire preuve d'humilité, en accordant qu'il n'a pas eu l'idée le premier de la chose; mais il se plaît tout de même à faire la liste des pays qu'il a parcourus et l'ont intérieurement enrichi. Au demeurant, il en fait partager les autres. Le livre peut être lu par tous ceux qui aiment le sport, les innovations techniques, voire l'exotisme!

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25/08/2010

Rêves de futurs à Bonneville

FlyerBonneville2010.jpgLes jeudi 2 et vendredi 3 septembre prochains, à 20 h 30, sera présenté, au château de Bonneville, un spectacle dont j'ai écrit le texte, Rêves de futurs, conçu et produit par mon collègue et ami Jean-Pierre Anchisi. Il sera donné à l'occasion du 150e anniversaire de l'intégration de la Savoie à la France, et des allusions à l'histoire seront constamment présentes. Les symboles propres à Bonneville et à ses environs seront également mis en avant.

C'est un spectacle qui se veut avant tout onirique et plein de vie et de fantaisie, et Jean-Pierre Anchisi n'est pas pour rien un grand admirateur de Fellini, que j'apprécie beaucoup aussi. Cela dit, je reconnais que je préfère la gravité de certains autres cinéastes, et quand j'étais petit, j'adorais Excalibur, adhérant complètement à ce qui était dedans: cela risque de se voir également.

Je rappelle que Jean-Pierre Anchisi a créé, il y a quelques années, un spectacle son & lumière sur l'Escalade, à Genève. Il a aussi dirigé la Tour au Loup, qui reste l'association qui a pris en charge ce nouveau spectacle. Cette année, néanmoins, de vrais acteurs parleront en direct, sur la scène: cela se mêle au théâtre proprement dit. On entendra ainsi ma voix, mais je devrais également parler en direct, et on devrait me voir, alors.

C'est la communauté de communes Faucigny-Glières qui a commandé le spectacle. Je pense qu'il reste des places!

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