Jacques Chessex à Genève

Le salon du livre de Genève était intéressant, comme toujours. Au départ, je trouve que s’y rendre est compliqué ; au bout du compte, je suis bien content d’y être allé.

Il y avait quelques amis lettrés savoyards, soit venus d’eux-mêmes, soit invités par l’intermédiaire de la Région Rhône-Alpes : car pour les organismes spécifiquement savoyards, je n’ai pas l’impression qu’ils soient spécialement contactés. Il est vrai qu’ils devraient peut-être se relier plus activement à la Région Rhône-Alpes. Mais le fait est qu’ils ne le font pas, et qu’à mon avis, les organisateurs du salon n’en tiennent aucun compte.

Cela dit, mon opinion est que quand un Savoyard prend des initiatives, on les trouve fréquemment ridicules et vides de motivation profonde.

Je parlerai donc plus volontiers des Suisses, et notamment de Jacques Chessex, dont j’ai écouté une partie de l’intervention, tout en discutant avec un ami lausannois. A un certain moment, cet ancien prix Goncourt, dont j’ai lu quelques pages qu’il a écrites sur ses compatriotes du Pays de Vaud, a évoqué sa mère, qu’il n’a jamais vue nue, dit-il. Il avait l’air d’accorder à ce fait profondément moral une importance très grande. C’est curieux, car moi, j’ai des parents qui dans leur jeunesse ont fait beaucoup de nudisme, et sur lesquels les idées nouvelles sur l’amour avaient beaucoup de prise. Chessex voulait se défendre de n’avoir jamais eu aucun sentiment incestueux. Il a raison : il vaut mieux donner de soi bonne réputation. Mais j’ai aussi compris qu’il présentait un livre qu’il avait écrit. Or, il existe tellement de tragédies antiques sur des relations incestueuses, ou même de magnifiques films sur la question, que je me suis demandé ce que, sur le plan esthétique, cela pouvait signifier. De surcroît, rien de ce qui est humain ne doit être étranger à un écrivain, à mon avis. Parlait-il en tant qu’homme public qui devait défendre sa réputation, ou en tant qu’artiste qui eût pu faire n’importe quel bon livre avec n’importe quel sentiment ? J’hésite à répondre.

Commentaires

  • Monsieur Mogenet,

    Etudiant à l'Institut Européen de l'Université de Genève, connaissant les Editions du Tour et étant d'origine savoyarde, j'ai rédigé un travail sur la dimension européenne de la culture alpine. Je pense qu'il pourrait vous intéresser et je peux vous l'envoyer par courriel. Mon adresse est jacquetge@yahoo.fr

    Cordialement

    Gilles-Emmanuel Jacquet

  • Si vous voulez bien, il faudrait plutôt l'envoyer en manuscrit au siège des éditions, au directeur, qui est mon père, Marc Mogenet, lequel décide, en dernière instance, des publications qui sont effectuées, et qui utilise très peu Internet. Pour ma part, je suis plutôt conseiller pour la littérature classique, ou ancienne, et je participe à la diffusion de ce qui a été déjà publié.

  • Monsieur,

    J'aimerais savoir si vous aviez l'adresse de Jacques Chessex, et s'il était possible de me la communiquer,
    je vous prie de bien vouloir me répondre,

    Bien à vous

  • Non, je n'ai pas l'adresse de Jacques Chessex, que je ne connais personnellement pas du tout. Mais je suppose qu'on peut écrire à son éditeur (que je ne connais pas non plus, mais on peut le trouver sur Internet), et qu'il transmettra, ce que font presque toujours les éditeurs.

  • Merci pour votre réponse très rapide, en espérant que ce courrier pourra lui être remis!

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