L'horreur de nos montagnes

Alpes affreuses.jpgL’historien romain Ammien Marcellin a parlé de nos montagnes, en insistant surtout sur leur caractère menaçant et hostile, fondant ainsi une tradition qui ne devait s’arrêter qu’avec Rousseau. Chateaubriand a bien essayé de la relancer un peu, en disant des montagnes qu’elles cachaient le Ciel, mais le mouvement général a été autre, contrairement à ce qu’on pourrait s’imaginer : la beauté des montagnes s’est finalement imposée à l’imagination - comme c’était en fait déjà le cas dans la mythologie grecque, dont on peut bien dire qu’elle a précédé l’historiographie romaine : c’est l’image du mont Olympe contenant les dieux - ou de la montagneuse Arcadie contenant une forme de paradis terrestre, avec nymphes, faunes, bergers et le dieu Pan !

Cela va, cela vient : cela dépend du point de vue. Voire de la saison. Tantôt la montagne est le réceptacle de la féerie, tantôt elle en paraît vidée, et donc devenue affreuse et démoniaque par contrecoup. Il y a l’été et l’hiver même dans l’imagination humaine, pour ainsi dire.

Quoi qu’il en soit, cette semaine, Ammien Marcellin méritait bien que je lui consacrasse un article dans Le Messager !

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