Annecy, Paris: là-bas

Quand France-Inter a annoncé qu’Annecy avait été retenue pour représenter la France à la candidature des Jeux olympiques d’hiver de 2018, le journaliste (dont j’ai oublié le nom) a déclaré que “là-bas”, c’était la fête! Mais là-bas où? Si France-Inter est une station de radio nationale, pourquoi Annecy n’est-elle pas ici? Elle est bien en France, elle aussi.

Au départ, néanmoins, France-Inter ne s’est appelée que Paris-Inter. Pour justifier une diffusion plus large, on a remplacé le nom de la capitale par celui de la nation, mais il n’est pas sûr que, dans l’inconscient, le premier nom ne demeure pas, et que le second soit totalement assumé.

Pour l’adjonction de “Inter”, naturellement, on se doute que les journalistes essayent de toucher à ce fameux universel auquel Pascal Décaillet, par exemple, a dit Maurice Chappaz lié, et qui est une grande idée (peut-être même ce qu’on appelle une tarte à la crème) de la culture française contemporaine. Pourtant, du point de vue de l’univers, Annecy est bien autant ici que Paris, même si son étendue est moindre. Et puis il ne suffit sans doute pas de se présenter comme universel pour en avoir vraiment le sens. Quand déjà Annecy est regardée comme étant “là-bas” par un Français qui parle au nom de la France, on peut se dire qu’on éprouve toujours du mal, au moins psychologiquement, à sortir des limites de sa ville de prédilection!

Commentaires

  • Bien vu! (:o)

  • Merci, ô John!

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