Jacques Ancet, prix Guillaume Apollinaire 2009

On parle trop du prix Goncourt et pas assez de son équivalent pour la poésie, le prix Guillaume Apollinaire, le plus important prix de poésie francophone qui existe. Jean-Vincent Verdonnet l’a eu il y a quelques années, et la dernière fois, en 2009, il a été donné à l’Annécien d’origine lyonnaise Jacques Ancet, qui est un des premiers poètes contemporains que j’aie lus.

Lao-Tseu.jpgJacques Ancet a livré récemment à Annecy un récital consacré à l’œuvre qui a reçu le prix, L’Identité obscure, titre qui reprend Lao-Tseu:
Fusionne toutes les lumières,
Unifie toutes les poussières,
C’est l’identité obscure.

Ce livre est comme un stream of consciousness en vers blancs de treize syllabes, et en treize chants: le poète y vit le réel en essayant de déceler sous les mots qui s’enchaînent au rythme de la vie le secret de celle-ci, l’éclat obscur qui l’éclaire, notamment en embrassant l’univers entier. Il y a parfois de la nausée de Sartre, dans cette poésie, comme une expérience du vide de la matière, mais il y a aussi l’accès au pur néant qui contient la lumière unique du divin, comme cela doit être le cas chez les Ancet.jpgpoètes. De belles images évoquent souvent l’élan de l’âme vers ce pur monde:
je l’appelle le présent, ce feu, il est partout,
il est insaisissable, la main se tend, ne touche
rien d’autre que le vide, une sorte d’ombre claire,
l’envers des choses qui s’effacent et elles jaillissent,
dessinent sur les yeux le leurre de la présence

Quand il récite sa poésie, Jacques Ancet enchaîne à l’infini la parole, comme un flot, et c’est une psalmodie sortie d’un état qui est à moitié celui du rêve. C’est beau, émouvant. J’aime beaucoup. Il a lu chez Michel Dunand, dans sa Maison de la Poésie, passage de la Cathédrale. Annecy aussi est une belle ville, une pure et noble cité.

Commentaires

  • merci pour l'article! très intéressant à lire! I love your blog!

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